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mardi 8 décembre 2009

Amiante: destruction massive


Le plus grand scandale sanitaire du siècle enfin sur le devant de la scène judiciaire

Une première:des dirigeants de multinationales en accusation

Soupçonnés depuis le début du 20°siècle, reconnus dans les années 50, la nocivité, les dangers de l'amiante n'ont pourtant été pris en compte que récemment. Quand on a perdu deux membres de la famille, dont un frère, décédés d'un cancer dû à l'amiante, on ne peut être insensible à ce dossier qui a été scandaleusement occulté ou minimisé

- Ainsi que le souligne l’avocat français Jean-Paul Teissonnière, qui va défendre des parties civiles : « Ce procès est très en avance sur le plan mondial. » Loin de n’être qu’une procédure italienne, il est en quelque sorte « le contre-exemple de Bhopal », vingt-cinq ans après l’explosion en Inde de l’usine chimique de l’Union Carbide. Pour la première fois, des poursuites pénales mettent en cause des dirigeants de multinationales habitués à l’impunité. Ce procès dira si les industriels peuvent continuer à abandonner des usines avec leurs cortèges de morts et de malades, et à laisser en l’état des villes et des régions entières empoisonnées. Il s’agit bien d’une première, et nombreux sont ceux qui vont le suivre avec attention, en particulier en Asie et en Amérique Latine, continents où l’amiante continue ses ravages. (Monde Diplo)
[-Amiante : l'OMC avale son chapeau libre-échangiste-]
[-_La plainte du Canada contre la France_]

-100.000 morts d'ici à 2025
Cinq usines d'Eternit, aujourd'hui filiale d'Etex, font l'objet d'une instruction judiciaire centralisée au pôle de santé publique de Paris : Vitry-en-Charolais (Saône-et-Loire), Valenciennes-Thiant (Nord), Caronte-Martigues (Bouches-du-Rhône), Albi (Tarn) et Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine).Pour l'association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva), "pour la première fois c'est un industriel et pas simplement un employeur qui devra rendre des comptes à la justice".En France, l'amiante est jugée responsable de 10% à 20% des cancers du poumon et devrait être responsable de 100.000 morts d'ici 2025, selon l'Agence santé-environnement (Afsset). Son caractère cancérigène est connu depuis les années 1950 mais le premier décret réglementant son usage ne date que de 1977 et son interdiction de 1997. (Le Figaro)

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A Turin, le grand procès de l'amiante:
"Le 25 novembre, M. Joseph Cuvelier, directeur d’Eternit France entre 1972 et 1994, accusé d’avoir exposé ses salariés à l’amiante, a été mis en examen pour « blessures et homicides involontaires ». En Italie, c’est un procès capital qui va s’ouvrir, à Turin, le 10 décembre : deux hauts dirigeants d’Eternit, le baron belge Louis de Cartier de Marchienne et le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, comparaissent pour « désastre sanitaire ». Des milliers de personnes se sont portées parties civiles. A Casale Monferrato, dans le Piémont, c’est toute la ville qui a été, et est encore, recouverte de poussière d’amiante....

La tenue du procès, les victimes de l’hécatombe la doivent avant tout à leur combat acharné, mais aussi à l’obstination du procureur de Turin. Guariniello a la constance de ceux qui se font une haute idée de leur métier. Dans les années 1970 déjà, comme le rapporte la journaliste suisse Maria Roselli (3), il n’hésite pas à s’intéresser de très près au mastodonte de l’industrie italienne, la Fiat. Gianni Agnelli, le patron de l’automobile, lui devra d’être entendu par la justice : un crime de lèse-majesté. Guariniello a mené des dizaines de procédures concernant la sécurité au travail. Mais quand, en 2001, il ouvre une enquête pour homicides par négligence, après la mort, une fois rentrés au pays, d’une douzaine d’ouvriers italiens qui ont travaillé dans les usines suisses d’Eternit, peut-être n’imagine t-il pas les difficultés qu’il va rencontrer. Ou peut-être si, après tout._________Passons sur les péripéties que rencontre sa demande d’entraide judiciaire effectuée auprès de l’Office fédéral suisse de la justice. Il n’obtiendra communication des dossiers médicaux et des adresses des anciens salariés italiens ayant travaillé en Suisse qu’après plusieurs années d’une bataille incessante, due aux tentatives d’obstruction d’Eternit et de l’Assurance suisse pour les maladies du travail, la Suva. Entre-temps, l’enquête s’est élargie : elle vise désormais les quatre usines italiennes d’Eternit, dont Casale Monferrato. Guariniello cherche méthodiquement, et il trouve, collectant près de trois mille dossiers de décès dans ces sites industriels, mais aussi dans les territoires proches.Le procureur de Turin n’entend cependant pas limiter son investigation à la seule Italie et ne viser que les directeurs d’établissement. Il veut remonter jusqu’à la tête, et cette tête, en l’occurrence, est double. En août 2007, il clôture son enquête et transmet ses conclusions aux juges compétents afin que soit instruite une plainte contre les anciens propriétaires des établissements Eternit en Italie : le baron belge Louis de Cartier de Marchienne et le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny. Les avocats de ces derniers auront beau, lors des audiences préliminaires du printemps 2009, contester la compétence du tribunal et soulever toute une série d’exceptions en nullité de procédure, rien n’y fera. En juillet dernier, la juge Cristina Palmesino ordonne le renvoi des deux anciens magnats de l’amiante devant le Tribunal de Turin pour « désastre sanitaire ». Ils risquent douze ans de prison. Une fin de parcours que le dernier de la lignée des Schmidheiny n’avait sans doute jamais envisagée...."

-Info amiante-
-ANDEVA
-Rapport du Sénat
-Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir, Rapport d’information no 37 du 20 octobre 2005 ; procès-verbaux des auditions -L’amiante dans l’environnement de l’homme : ses conséquences et son avenir
-Amiante : sites et documents francophones
-HESA - Dossiers
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Article repris ici: Amiante : destruction massive - AgoraVox


samedi 1 juillet 2017

Portrait d'un tueur

Une histoire déjà (trop) longue
                                              Un scandale qui dure.
        Quand on a perdu deux membres de sa famille proche, décédées de l'amiante de manière reconnue, du fait de manipulations industrielles non encadrées, on est particulièrement sensibilisé à ce problème.
           Un problème qui est en train de devenir chez nous un naufrage judiciaire.                                   Un nouveau scandale sanitaire sans responsable .... (*)
     Y aura-t-il un jour un procès pour évaluer le rôle et les responsabilités des industriels et des pouvoirs publics dans les décès liés à une exposition prolongée à l'amiante ? Les écrits récents des magistrats du tribunal de grande instance de Paris semblent indiquer le contraire. Selon les informations publiées mercredi par le Monde, le parquet a requis l'arrêt de l'instruction dans plusieurs dossiers ouverts après les plaintes de familles de personnes mortes après une exposition à l'amiante.
       Sur ce dossier, le Canada, gros producteur, est à la  traîne.
     En Italie, un procès a bien eu lieu contre Eternit, mais la Cour de cassation a fait machine arrière.
  En Belgique la procédure eut plus de succès. La cour d’appel de Bruxelles a mis un terme à dix-sept années de procédure en estimant qu’Eternit connaissait depuis les années 1970 les effets cancérigènes de l’amiante-ciment mais n’avait pas pris les mesures nécessaires pour protéger ses travailleurs et les personnes vivant à proximité de ses usines.
     Mais les effets nocifs du produit sont déterminés depuis bien plus longtemps.
         Quand tirera-t-on définitivement et radicalement des leçons pour l'avenir?
  On peut retenir que"L’amiante est responsable chaque année de près de 5 000 maladies reconnues comme étant liées au travail. Il s’agit de la deuxième cause de maladies professionnelles et de la première source en terme de coût. Toute personne victime des effets de l'amiante peut obtenir une indemnisation de son préjudice auprès du Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA). Dans certaines circonstances d'exposition professionnelle, il est également possible de bénéficier d'une allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante."
    Cela fait longtemps que la question de l'amiante pose problème. Ce qui n'était que soupçon médical dès le début du XX° siècle, est aujourd'hui enfin une certitude avérée et partagée.
     Le miraculeux produit rocheux tuerait 1.700 personnes par an en France.
              Elle pourrait faire jusqu'à 100 000 morts d'ici à 2050, selon certaines estimations.
                    Même dans certains hôpitaux, on ne voit pas le problème.
     Mais les marchands de doute veillent, quel que soit le domaine.
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      (*) La décision du parquet de Paris de demander la fin des investigations dans plusieurs enquêtes pénales concernant l'amiante est «un véritable naufrage de l'institution judiciaire», dénoncent l'association nationale des victimes de l'amiante (Andeva) et la fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath). «100.000 morts de l'amiante annoncées, 21 ans d'instruction pour en arriver là ! C'est un véritable naufrage de l'institution judiciaire», déclarent les associations dans un communiqué commun.
     Pour elles, il s'agit d'un «énorme scandale judiciaire» qui prépare «un enterrement de première classe», 21 ans après le dépôt des premières plaintes.
     Andeva et la Fnath estiment que «ce n'est pas une date mais une période d'exposition que les magistrats auraient dû retenir pour établir la certitude d'un lien de causalité entre la faute pénale et le dommage des victimes».
      Cette décision «va bien au-delà des victimes de l'amiante» et pourrait entraîner «des décisions analogues demain» pour les «victimes de produits à effets différés (cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques)», ce qui reviendrait «à délivrer par avance un 'permis de tuer' aux auteurs de crimes industriels 'non datables ».
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mercredi 2 septembre 2009

Un juge qui dérange(suite)

Reprise en main

Un projet trés controversé, même dans la majorité

[Suppression du juge d'instruction: une partie de la droite s'y oppose | Mediapart]

"
On va remplacer un juge d’instruction inamovible et indépendant par un procureur aux ordres du ministère de la Justice. Qu’adviendra-t-il des affaires politico-financières, ou même de santé publique, comme l’amiante ou les hormones de croissance? Ces affaires verront-elles seulement le jour? Si on supprime le juge d’instruction, il est indispensable de réformer le mode de désignation du procureur. Tant que sa carrière dépendra du garde des sceaux, il ne sera pas libre d’enquêter."
(A.V.)

-"Demain, s’il n’y a plus de juge d’instruction, le procureur instruira toujours à charge. En face, le justiciable sera bien démuni. Et à moins d’employer une armada d’avocats pour le défendre, il sera broyé"
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-Le juge d’instruction «dérange évidemment le pouvoir politique»:
"Le juge Renaud van Ruymbeke voit dans la suppression du juge d’instruction, que devrait préconiser mardi un rapport sur la réforme de la procédure pénale remis à Nicolas Sarkozy, «une volonté de mettre au pas» un magistrat indépendant du pouvoir politique.«Il n’est pas illogique de voir aujourd’hui, au moment où il y a une concentration des pouvoirs, une volonté de mettre au pas ce juge», a affirmé le célèbre juge financier mardi matin sur France Info.De manière générale, le juge d’instruction «dérange bien évidemment le pouvoir politique (…) surtout depuis les années 90, depuis qu’(il) s’est intéressé aux affaires politico-financières. On le supprime, donc le problème n’est plus là», a ajouté Renaud van Ruymbeke.Une commission présidée par le haut magistrat Philippe Léger doit remettre mardi après-midi au président de la République une série de propositions pour réformer la procédure pénale, parmi lesquelles la suppression du juge d’instruction.Cette mesure aura pour effet de faire du parquet, hiérarchiquement subordonné au pouvoir exécutif, l’unique autorité dirigeant les enquêtes pénales.La commission «ne veut pas couper le lien entre le pouvoir exécutif et le parquet», a poursuivi Renaud van Ruymbeke. «Je ne suis pas contre la suppression du juge d’instruction mais à ce moment là, donnez l’indépendance au parquet qui va être très puissant demain! C’est une question de libertés individuelles.»«On surexploite l’affaire d’Outreau comme si (ce n’) était la faute que du juge d’instruction. C’était l’occasion (…) de tout remettre à plat. En réalité, on a bien compris que le président de la République avait pris position pour la suppression (de ce juge) et la commission s’est engouffrée derrière directement», a-t-il encore indiqué.Le juge van Ruymbeke, qui instruit notamment l’affaire du trader Jérôme Kerviel, est une figure emblématique de la justice financière en France. Dans le passé, il a enquêté sur l’affaire Elf ou encore celle des frégates de Taïwan."

- Et le Pouvoir pourra étouffer toutes les affaires gênantes - AgoraVox:
"...C’est la fin des juges indépendants qui osaient enquêter sur des affaires embarrassantes pour le Pouvoir : le procureur, aux ordres du ministre de la Justice, pourra décider seul s’il y a lieu d’ouvrir une enquête. Une régression démocratique sans précédent. "Pour faire contrepoids, le rapport suggère toutefois que les enquêtes pénales se déroulent à l’avenir sous le contrôle d’un "juge de l’enquête et des libertés", poursuit l’article. Celui-ci serait notamment chargé d’autoriser les mesures "les plus attentatoires aux libertés", comme les perquisitions et les écoutes téléphoniques. Il serait également "garant de la loyauté de l’enquête". Des propositions qui (...) hérissent au plus haut point les syndicats de magistrats : l’Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature le martèlent, les procureurs ont l’obligation d’obéir à l’exécutif et ne pourront guère qu’enterrer les affaires sensibles. Quant au futur juge de l’enquête et des libertés, ces mêmes syndicats l’imaginent d’ores et déjà privé de pouvoir réel et réduit à valider ce qu’on voudra bien lui montrer"










-"Des personnes à la tête de l'Etat veulent avoir les coudées franches" :

"Jacques Terray, vice-président de l'ONG Transparence International – qui lutte contre la corruption des gouvernements –, s'inquiète de la réforme de la procédure pénale à partir du rapport Léger, qui préconise la suppression du juge d'instruction et des pouvoirs accrus au procureur.-Supprimer le juge d'instruction, comme le préconise le rapport Léger, est défendable sur certains points. Parfois juge et procureur font double emploi puisqu'ils ont tous les deux le pouvoir d'instruire des affaires. Néanmoins, dans les affaires de grande corruption, le procureur sera soumis à l'autorité du ministre de la justice, par conséquent il hésitera à mener une enquête et à s'exposer.Si les magistrats n'étaient pas indépendants du pouvoir politique, toute une série de grandes affaires ne seraient jamais sorties. C'est la raison pour laquelle si l'on supprime le juge d'instruction il faut absolument que le procureur recouvre son indépendance.-Selon vous, quelles sont les affaires récentes qui n'auraient jamais été instruites sans l'indépendance des juges d'instruction ?L'affaire ELF a été extrêmement gênante pour le pouvoir, et elle l'est encore. Elle a révélé des réseaux de corruption français avec des Etats africains. L'affaire Clearstream est également dérangeante. Dans celle du juge Borel [assassiné en mars 1995 à Djibouti alors qu'il était détaché par la France auprès des autorités djiboutiennes], il est évident que l'Etat a menti..."

-«Sans juge d'instruction, le scandale de l'amiante aurait-il éclaté?

"...Les travaux du comité ne font qu’habiller une réforme voulue et annoncée de longue date par Nicolas Sarkozy. Le juge d’instruction a toujours été un personnage controversé, il n’a jamais été très apprécié de la classe politique, à droite comme à gauche. C’est un empêcheur de tourner en rond. Il dérange et instruit des affaires très délicates impliquant des responsables politiques.-Quelles conséquences pratiques peut avoir la suppression du juge d’instruction ?Elle fait peser deux menaces essentielles. La première, l’indépendance de la Justice. On va remplacer un juge d’instruction inamovible et indépendant par un procureur aux ordres du ministère de la Justice. Qu’adviendra-t-il des affaires politico-financières, ou même de santé publique, comme l’amiante ou les hormones de croissance? Ces affaires verront-elles seulement le jour? Si on supprime le juge d’instruction, il est indispensable de réformer le mode de désignation du procureur. Tant que sa carrière dépendra du garde des sceaux, il ne sera pas libre d’enquêter.-Quelle est la deuxième menace ?La suppression du juge d’instruction met en péril l’égalité des justiciables. Aujourd’hui, c’est le juge d’instruction qui enquête, à charge et à décharge. Il instruit de façon objective, sans aucun a priori, avec pour objectif d’établir la vérité quelle qu'elle soit.Demain, s’il n’y a plus de juge d’instruction, le procureur instruira toujours à charge. En face, le justiciable sera bien démuni. Et à moins d’employer une armada d’avocats pour le défendre, il sera broyé. La seule solution serait alors de renforcer considérablement l’aide juridictionnelle."(Cliquer ici pour télécharger en pdf le rapport du comité Léger.)

-Justice : la suppression du juge d'instruction provoque un tollé
-Réforme de la procédure pénale: les principaux points du rapport Léger
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-Fin du juge d'instruction ?
-Fonctionnaires épinglés

vendredi 18 décembre 2009

Savoir et lobbying

Récupérations(climatiques)

De la science aux enjeux politiques et économiques

Dans ce problème complexe sur le climat, au delà des débats d'experts de bonne foi, se livrent des conflits d'intérêts, le plus souvent masqués, dans un sens ou dans l'autre
Comment repérer l'instrumentalisation de l'écobusiness ou de l'écophobie?
Pas toujours facile...
Un discours brouillé

-_______« McDonald's et ses partenaires s'engagent dans la lutte contre le réchauffement climatique. A l'occasion de la conférence de l'Onu à Copenhague, nous pensons que c'est notre responsabilité de chefs d'entreprise et de citoyens de prendre position clairement contre le réchauffement climatique. »La chaîne de fast-food, qui réfléchit déjà à comment réduire les rots des vaches pour polluer moins, rappelle son « bilan depuis 1992 » et annonce ses propres objectifs de réduction pour 2020, en précisant :« Réduire de 60% nos émissions de gaz à effet dans nos restaurants et de 20% sur le périmètre global de nos activités »... on découvre la pub de Renault pour sa nouvelle voiture électrique (Z.E.) annoncée pour 2012, un sujet qui fait polémique parmi les écolos. On tourne encore la page, et EDF Suez nous parle de Cofely, son système de chauffage par le sol qui nous promet 30% d'économies d'énergie..."
_______-l’International Policy Network, une organisation lobbyiste britannique, reprend la thématique des mythes environnementaux, si chère à Fred Singer et publie « Environment & Health : Myths & Realities » (Environnement et Santé : Mythes et Réalités). Notons au passage que IPN est un nom de marque. La raison sociale réelle de cette organisation est Atlas Economic Research Foundation UK, identique au think tank de Fairfax qui a généreusement hébergé gratuitement le SEPP en 1995. IPN est financé à 75% par les entreprises, avec 450 000 livres sur les 600 000 livres de son budget total 2001. .Entre 1998 et 2005, IPN a reçu du pétrolier ExxonMobil 295 000 dollars, dont 45 000 en 2004 spécifiquement destinés à soutenir son action sur les « questions du changement climatique et de l’énergie ».En 2005, la contribution d’ExxonMobil représentait de l’ordre de 30% du budget total de l’IPN. Le communiqué de presse d’IPN énumère les thèmes abordés: Les pesticides sont bénéfiques pour l’homme___La dangerosité des produits chimiques perturbateurs endocriniens (qui modifient l’équilibre hormonal et les fonctions reproductives) n’est pas établie. (Sur l’état des connaissances scientifiques en la matière, voir Wikipedia Modulateur Endocrinien)___Les nitrates ne sont pas dangereux pour la santé humaine__Les efforts visant à prévenir les irradiations à bas niveau sont inutiles.Les craintes sur la toxicité de la dioxine sont totalement injustifiées.__Le réchauffement climatique aura des effets bénéfiques et l’on ne doit pas s’inquiéter d’éventuelles surmortalités dues aux canicules.."
-En marge de Copenhague
- Comment les entreprises profitent de Copenhague
-Copenhague 2009: quels enjeux?

-Prophétisme écologique?-
__
Plus vert que vert-__ Ecologie et société de coopération-__Pour un "localisme" ouvert-__G8 : Ecobusiness ?- __Développement durable ou décroissance soutenable ?

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Climat et Lobbying : Ramifications françaises:
"Mythes écologiques, version anglaiseEn 2004 l’International Policy Network, une organisation lobbyiste britannique, reprend la thématique des mythes environnementaux, si chère à Fred Singer et publie « Environment & Health : Myths & Realities » (Environnement et Santé : Mythes et Réalités). Notons au passage que IPN est un nom de marque. La raison sociale réelle de cette organisation est Atlas Economic Research Foundation UK, identique au think tank de Fairfax qui a généreusement hébergé gratuitement le SEPP en 1995. IPN est financé à 75% par les entreprises, avec 450 000 livres sur les 600 000 livres de son budget total 2001. .___Entre 1998 et 2005, IPN a reçu du pétrolier ExxonMobil 295 000 dollars, dont 45 000 en 2004 spécifiquement destinés à soutenir son action sur les « questions du changement climatique et de l’énergie ».___En 2005, la contribution d’ExxonMobil représentait de l’ordre de 30% du budget total de l’IPN. __Le communiqué de presse d’IPN [3]énumère les thèmes abordés : Les pesticides sont bénéfiques pour l’homme ---- La dangerosité des produits chimiques perturbateurs endocriniens (qui modifient l’équilibre hormonal et les fonctions reproductives) n’est pas établie. -(Sur l’état des connaissances scientifiques en la matière, voir Wikipedia Modulateur Endocrinien)__Les nitrates ne sont pas dangereux pour la santé humaine__Les efforts visant à prévenir les irradiations à bas niveau sont inutiles. __ Les craintes sur la toxicité de la dioxine sont totalement injustifiées. __Le réchauffement climatique aura des effets bénéfiques et l’on ne doit pas s’inquiéter d’éventuelles surmortalités dues aux canicules....."

-Fred Singer, l’étrange référence de Vincent Courtillot et Claude Allègre

-Climato-sceptiques : Fred Singer, lobbyiste professionnel__>> Fred Singer, « Prix Nobel » ?

-La Servitude Climatique : un livre qui tombe à pic - AgoraVox
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- -L’offensive libertarienne contre le Giec n’est pas dénuée d’arrière-pensées et d’appuis financiers:
"... l’Institut de physique du globe et membre de l’Académie des sciences, proche de Claude Allègre( Il)vient de publier un livre, Nouveau Voyage au centre de la terre, où il veut tisser des liens entre géologie et climat. A l’occasion du sommet de Copenhague, France Culture (l’émission « Science publique ») l’invite pour exposer son point de vue : ce n’est pas le CO2 mais le soleil qui joue un rôle majeur dans le changement climatique. Selon lui, comme il s’en explique dans une vidéo promotionnelle (voir ci-dessous) tournée par son éditeur, Odile Jacob : « Au lieu que le gaz carbonique soit le premier effet sur le climat, et le soleil un petit effet, c’est peut-être le contraire. C’est l’hypothèse que nous faisons. » Il croit savoir que « le réchauffement climatique ne se poursuit pas, il s’est interrompu depuis dix ans » et que « pour l’instant les prévisions qui associaient à la température, non pas le soleil, mais le gaz carbonique, se trompent beaucoup. » Une analyse très contestée par ses pairs, sur le fond et sur la forme (la parution d’un article dans une revue scientifique tronquant des données, voir ici les articles de Sylvestre Huet dans son blog Science 2 et ceux du site realclimate, ici et là, sur cette ténébreuse affaire)
Sur quels travaux de recherche s’appuie Vincent Courtillot pour relativiser à ce point le rôle du carbone dans la crise climatique ? Dans cette vidéo, il cite deux sources
: Richard Lindzen, « climatologue très célèbre du MIT (Massachusetts Institute of Technology) », et Nicola Scafetta, « physicien du soleil reconnu ». Qui sont ces deux chercheurs américains ? En les pistant sur internet, on retrouve leurs traces dans les publications du Heartland Institute, un think tank dédié à « la découverte, le développement et la promotion des solutions du libre marché aux problèmes économiques et sociaux ». Par exemple, en matière d’éducation, d’assurance-santé, de protection de l’environnement et de privatisation des services publics.____
Richard Lindzen a participé au printemps dernier à une conférence « internationale » du Heartland Institute à New York sur le changement climatique (voir ici comment le Heartland Institute organise ses « conférences internationales »). C’est un scientifique reconnu, quoique « de plus en plus idéologique »

C’est au nom de l’éthique scientifique du doute et de la vérification empirique des faits que les climato-sceptiques aiment justifier leur démarche : ne pas prendre les conclusions du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour acquises, toujours les remettre en cause et douter du rôle du CO2 dans le réchauffement de la planète. Ils oublient le plus souvent de se livrer au même exercice d’autocritique. C’est dommage car il y a beaucoup à apprendre en fouillant les données qu’ils citent pour étayer leurs hypothèses....__________Nicola Scafetta est statisticien à Duke University, et l’un des auteurs du rapport que le think tank a publié pour contrer le Giec et se moquer du panel de chercheurs de l’ONU : « Climate change reconsidered », signé par le NIPCC (« non governemental international panel on climate change »), acronyme en forme de jeu de mots car en anglais le Giec se dit « IPCC ». Epais document de plus de 700 pages, ce texte s’attache à réfuter les méthodes de calcul et les conclusions du Giec. C’est une bible pour les climato-sceptiques, parue en juin dernier, en plein débat parlementaire américain sur la loi sur le climat. Les liens de ces deux scientifiques américains avec le think tank sont donc récents, et précèdent la parution du livre de Vincent Courtillot – sorti en septembre 2009. Sur sa page personnelle, Nicola Scafetta cite le « non-rapport du GIEC » en première ligne de ses publications.
Pour être complet, il faut ajouter que les articles de Nicola Scafetta font l’objet de vigoureuses critiques et même de réfutations de la part de ses pairs. Les auteurs du modèle permettant de mesurer l’éclairement solaire que le statisticien utilise dans un récent article ont rejeté ses conclusions. Et contesté l’usage qu’il fait de leurs calculs. Il continue pourtant de publier dans les revues scientifiques, et pas les plus mauvaises.
*Amiante, plomb, PCB... : des dangers « exagérés »
En fouillant le site du Heartland Institute, on trouve des choses encore plus intéressantes. La relativisation, par exemple, des effets nocifs sur la santé de l’amiante, du plomb, du mercure, des pesticides, du PCB, des perturbateurs endocriniens... « Dans chaque cas, de nouvelles recherches ont prouvé que les menaces avaient été beaucoup exagérées. » Résultat, fort regretté par les lobbyistes : « Le coût des politiques publiques adoptées a de loin dépassé leur intérêt. » En pleine bataille juridique des victimes de l’amiante ou des pesticides de par le monde pour défendre leurs droits, le think tank choisit le camp des pollueurs.
Nombreux sont les domaines couverts par le think tank : l’éducation, l’environnement, l’assurance-santé... et le tabac. Chercher l’erreur. Avec un axe majeur de travail sur ce dernier sujet : dénoncer « l’exagération des groupes anti-tabac ». Joseph Bast, président du Heartland Institute, a publié un livre sur le sujet élégamment intitulé : Please don’t poop in my salad (« S’il vous plaît, ne chiez pas dans ma salade »), pour dénoncer l’excès de taxe sur les cigarettes. L’ouvrage est préfacé par Joel Sherman, président de Nat Sherman International, fabricant de cigares et de cigarettes de luxe. Des centaines d’exemplaires en ont été distribués aux marchands de tabac de la région de Chicago, nous apprend encore le site. Un livre anti-taxation du tabac préfacé par un fabricant de cigarettes... on n’est pas loin du dossier de presse savamment enrobé.
La vitrine web du centre ne nous dit rien sur les financements du Heartland Institute. C’est ailleurs qu’il faut aller voir : sur sourcewatch.org, site consacré au décryptage des groupes de pression américains. Les enquêteurs de Sourcewatch ont eu la bonne idée de jeter un œil à un rapport budgétaire interne de Philip Morris. On y découvre qu’en 1995, le fabricant de tabac finançait Heartland Institute pour les aider à toucher l’opinion publique. Résultat : 25.000 dollars de subventions en 1993, 65.000 en 1995, 50.000 en 1996, idem en 1997 et 1998. Un ancien membre du conseil d’administration du think tank, Roy E. Marden, dirigeait les affaires industrielles de Philip Morris jusqu’en mai 2003, où il s’occupait notamment de lobbying.
________________________Autre contributeur de choc aux activités du Heartland Institute : ExxonMobil. Selon des données de Greenpeace, le think tank a reçu 676.500 dollars du groupe pétrolier entre 1998 et 2006. Précision de la multinationale : Exxon ne les finance plus depuis 2006. Ce qui confirme bien qu’il les finançait avant. Difficile ensuite de croire à l’autonomie scientifique et à l’intégrité intellectuelle du centre.
Enrôlé comme agent promoteur de ses sponsors, à l’origine d’un discours anti-protection sociale et environnementale, le Heartland Institute a tous les attributs d’un lobby industriel déguisé sous un vernis pseudo-scientifique. Cela ne suffit pas en soi à discréditer scientifiquement ce que ses auteurs et contributeurs produisent. Mais il y a de quoi jeter la suspicion sur le sérieux des publications du Heartland. Le think tank n’a rien d’un centre de recherche soumis aux règles académiques de la bonne foi et de la vérification des faits. C’est une structure politique avide d’agit-prop libertarienne. Or à l’évidence, Vincent Courtillot puise dans cette littérature pour appuyer sa contestation du rôle du CO2 dans le changement climatique. Sans expliquer la nature idéologique et biaisée de ses sources, il induit en erreur son public. Et offre, indirectement, au Heartland Institute un écho et une influence inédits dans l’Hexagone.
L’affaire dite du climategate met aujourd’hui en cause les méthodes de calcul du Giec. A quand une véritable contre-expertise des climato-sceptiques ?
"(Mediapart)

mercredi 13 mai 2009

Nucléaire: RAS?



Sous-traitance à hauts risques

Que l'on soit pro ou anti- nucléaire, le document diffusé par Arte, hier soir, soulève un problème qui concerne directement notre sécurité : la gestion actuelle de la maintenance dans les centrales nucléaires.
Un personnel sous-traitant,représentant jusqu'à 80% des employés d'une centrale, au statut improbable, mal payé , soumis à des déplacements constants, souvent démotivé. Travail dans des conditions de risques majeurs, un suivi médical aléatoire...
Une conséquences des objectifs de rentabilité absolue ,devenue la règle d'or d'un secteur en voie de privatisation rampante ou accomplie. On est passé de l'objectif "risque 0" à celui de "risque calculé"...Pas rassurant du tout!

-"Dans la fuite en avant ultra libérale de cette fin du XXe siècle, la rationalité instrumentale tend à imposer une valeur unique et ultime du sens et des transformations de l'organisation du travail: la compétitivité. Cette valeur est désormais donnée comme “naturelle” et première, rendant caduque toute référence à d'autres valeurs, qu'il s'agisse du sens de la production économique (énergétique), ou des formes sociales de celle-ci. C'est ainsi que la compétitivité s'est imposée comme valeur absolue, sur laquelle un consensus social fort s'est structuré autour du défi nucléaire. Un slogan la résume : " le nucléaire ou la bougie ". Impérieuse est donc, pour l'entreprise EDF, la recherche de tout abaissement des coûts de production susceptible de concourir au maintien de la compétitivité du nucléaire comme énergie de l'avenir. Or, la direction du parc nucléaire est confrontée à une contradiction majeure entre la sûreté des installations et la protection contre les rayonnements ionisants des agents de maintenance..." (A.T-Mony)
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-"Marcel Boiteux, ancien PDG d'EDF estime (dans le film) qu'à force de sous-traiter les fonctions stratégiques, « peut-être qu'un jour pourra s'introduire la petite faille qui pourra conduire à une erreur ».
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-"A partir du moment où le but d’une centrale n’est plus de fabriquer de l’électricité, mais de rapporter énormément d’argent - si Suez a racheté ElectraBel en Belgique c’est parce que ça représente une manne incroyable - fatalement les choses changent, donc la libéralisation des marchés entraîne un changement de sens dans le travail." (A de Halleux)
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Les nomades du nucléaire:

"On les appelle les « nomades du nucléaire ». Ils parcourent la France de centrales en centrales pour effectuer les travaux de maintenance dans les zones les plus radioactives. En quinze ans, leurs conditions de travail et de vie se sont dégradées. Et les experts craignent pour le bilan sanitaire des années à venir. Enquête sur ceux qui se surnomment « les esclaves du nucléaire »..

...La direction d’EDF affirme appliquer « la politique du "mieux disant". » « Nous on dit que c’est au « moins disant », ironise Yves Adelin, ancien cadre d’EDF, responsable CGT. En fait EDF fixe officieusement un prix. Aux sociétés de proposer moins ».

Et quand le contrat d’une société n’est pas renouvelé, des salariés se retrouvent sur le carreau. C’est ce qui s’est produit en février à la centrale de Cruas (Ardèche). La société CIME qui employait 71 salariés a perdu son contrat au profit de la société Essor. Cette dernière s’était engagée à reprendre tous les employés. Mais au début du chantier, la promesse n’est tenue que pour 45 d’entre eux. Le 14 février, installés dans des caravanes devant l’entrée de la centrale, neuf prestataires ont entamé une grève de la faim pour sauver leur emploi. Elle a duré dix jours. Ils ont finalement obtenu gain de cause.Pour chaque contrat, EDF paie au forfait. A la société sous-traitante de gérer sa productivité, parfois à la limite de la légalité. Selon une enquête réalisée par le Centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique publiée en 2004, « les glissements de planning et des imprévus nécessitent des rattrapages qui peuvent se faire qu’en faisant passer la durée du travail de 8 à 10 heures par jour, en décalant le travail de jour en travail de nuit ainsi qu’en prolongeant le travail dans la semaine pendant le week-end. » Selon l’étude, 80% des prestataires interrogés en ont fait l’expérience.En 1990 un arrêt de tranche durait entre 2 à 3 mois. Aujourd’hui les plus longs durent un mois et demi. « Pour les arrêts simples, certains battent des records à 18 jours » précise Yves Adelin. EDF réplique : « la diminution de la durée des arrêts s’inscrit dans le cadre d’une volonté d’améliorer la disponibilité des centrales nucléaires d’EDF. »
Pour Yves Adelin, « en clair, 24 heures d’arrêt de tranche c’est une perte d’1 million d’euro pour EDF. Il y a 58 tranches par an en France. Faites le calcul. Sur toute la France si vous gagnez une journée d’arrêt de tranche, c’est 58 millions d’euros de gagné pour EDF. C’est pas des petites sommes »...Les prestataires du nucléaire reçoivent 80 % de la dose collective d’irradiation subie dans l’industrie française du secteur. Cette dose est contrôlée sur chaque prestataire grâce à un film et à un badge dosimétriques qu’ils portent sur eux. Quand la limite est atteinte, c’est « la mise au vert », c’est-à-dire le chômage, en attendant que la dose redescende. « Alors pour garder leur boulot, il arrive que des gars dissimulent leur film et leur badge quand ils sont dans des zones où ça crache » confie Philippe Caens.L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) effectue régulièrement des inspections dans les centrales, « mais le suivi des doses dépend de l’employeur. A chaque société de contrôler ses salariés », explique Evangelia Petit, de l’ASN.« La loi impose aux employeurs de fournir une attestation d’exposition à leurs salariés, précise Michel Lallier, membre du Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaires. Le problème c’est que les prestataires changent constamment de centrale et de société, du coup il y a une énorme confusion sur qui doit délivrer ces attestations. On s’aperçoit aujourd’hui que la plupart des gars qui partent à la retraite n’ont pas d’attestation sur la dose toxique qu’ils ont reçue durant leur carrière. Dans 10 ou 15 ans, quand les premiers cancers apparaîtront, ces employés ne pourront pas faire reconnaître leur pathologie en maladie professionnelle. »A ce jour, aucune étude n’a été réalisée en France sur les risques cancérologiques qu’encourent les prestataires du nucléaire. « Je crains le pire, affirme Michel Lallier. Il n’est pas improbable qu’on se retrouve dans quelques années face à un problème comparable à celui de l’amiante » L’amiante a tué près d’un millier d’agents EDF. 5000 sont contaminés."

-Compétitivité et sous-traitance nucléaire:
"...Les donneurs d'ordre ne s'estiment pas responsables des problèmes d'emploi qui peuvent apparaître chez leurs sous-traitants du fait des fluctuations de leur propre activité. Le recours aux emplois temporaires ou aux prêts de main d'œuvre devient, pour les entreprises sous-traitantes, la seule stratégie possible pour faire face à ces fluctuations sans mettre en péril leur survie économique et leur compétitivité face aux autres sous-traitants.
M.L. Morin montre également comment la différenciation des niveaux de salaire et des conventions collectives joue également un rôle dans les relations de sous-traitance, car elle permet, pour les donneurs d'ordre, un abaissement du coût du travail sans que ce dernier ait dû être négocié avec les organisations syndicales dans leurs propres établissements.
Les employeurs sous-traitants sont prisonniers d'une double contradiction: l'une les oblige à gérer dans des délais de plus en plus étroits et à des prix de plus en plus bas les exigences techniques et de qualité constamment renforcées posées par les donneurs d'ordre; l'autre met en opposition l'ensemble des contraintes imposées par les donneurs d'ordre et les conditions de travail, d'emploi et de rémunération de leurs salariés.
M.L. Morin l'écrit, le droit du travail n'a pas de prise sur ces rapports de domination qu'instaurent les relations de sous-traitance. En effet, ils s'exercent, non pas entre un employeur et des salariés dans le cadre d'une relation contractuelle assortie de garanties, mais dans un assujettissement total des salariés des entreprises sous-traitantes au jeu de la concurrence dans le cadre d'une relation marchande “client-fournisseur”...
L'engagement d'EDF dans la compétitivité internationale et la stratégie d'exportation (du courant électrique et de centrales nucléaires), imposent de rompre avec la logique d'une négociation salariale qui encadrait trop étroitement la politique de gestion du personnel, des salaires et des conditions de travail. C'est en référence à un discours sur la modernisation, le projet d'entreprise et de nouvelles formes de management (dont un ouvrage collectif présente les différents aspects idéologiques: H.Y. Meynaud, 1996), que la direction d'EDF engage les réformes structurelles qui vont conduire à une externalisation quasi complète de la maintenance.
Comme dans le cas d'autres grandes entreprises nationalisées, s'engager dans la voie de la sous-traitance, c'est pour la direction d'EDF et l'État - sans avoir à le justifier par d'autres motifs que la rationalisation gestionnaire - se dégager des contraintes du Statut du Personnel et du mode de relations salariales établi dans l'entreprise depuis 1945, dont plusieurs ouvrages retracent les origines et l'histoire (L. Duclos, N. Mauchamp, 1994; N. Gérôme, 1989; Groupe de recherches historiques de la centrale de Cheviré, 1987; J. Janiaud, 1990).
S'appuyant sur le partenariat industriel déjà existant avec les constructeurs des centrales (en particulier, Framatome et Alsthom) qui assurent, depuis le démarrage des centrales, la maintenance hautement spécialisée de ces dernières, la stratégie du Parc Nucléaire français, à partir de 1988, est de sous-traiter la quasi-totalité de l'exécution des travaux de maintenance en ne gardant, à l'interne que les tâches de préparation et de contrôle de ces travaux. Le volume de maintenance sous-traitée passe en 5 ans de 20 à 80 %.
Ce choix de la sous-traitance n'est pas annoncé officiellement en tant que tel mais il est entériné, sans concertation avec les organisations syndicales, par un rapport du Service de Production Thermique EDF concernant “l'amélioration de la sûreté nucléaire en exploitation ?” (Rapport Noc 1990). L'objectif affiché de ce rapport est de répondre à la question: “Comment réaliser un progrès significatif en matière de qualité et de sûreté d'exploitation dans la maintenance ?” la réponse donnée par la direction d'EDF s'appuie sur un double mouvement:
- le développement d'une activité interne à EDF et “à personnel constant” de préparation, de contrôle et d'analyse des interventions de maintenance. Cela suppose une transformation des qualifications des agents EDF et le recrutement exclusif de diplômés (au minimum bac+2). L'objectif recherché est un “changement culturel” vers une “multicompétence fonctionnelle” et l'augmentation de la partie méthodes et contrôles de la maintenance; - La sous-traitance des tâches d'exécution au nom d'une gestion rationnelle du “bon et plein emploi”:
“Pour des raisons économiques évidentes dans le cadre du bon et plein emploi une part importante de ces activités (c'est-à-dire Ia manutention du combustible, le traitement des déchets solides, l'assistance-chantier qui comporte laverie, décontamination, nettoyage montage, échafaudage, sas manutention) doit être sous-traitée, la maîtrise de étant assurée par la préparation et le contrôle technique de celles-ci”.
Les raisons économiques “évidentes” ne sont pas désignées concrètement, mais les “métiers” évoqués le montrent, il s'agit de travaux peu qualifiés dont le coût, à l'interne, est beaucoup plus élevé que s'ils sont sous-traités.
Un agent EDF résume ainsi ce que représente pour lui la transformation de l'organisation de la maintenance sur les sites nucléaires, au cours d'un colloque, organisé par les CCAS EDF, en mars 1995, sur les conditions de travail dans la maintenance nucléaire:

“Un arrêt de tranche, c'est mille salariés, C'est pratiquement le double d'effectifs qu'il y a en agents statutaires. C'est quelque chose de phénoménal sur un site comme le nôtre; en 1990, le nombre d'heures effectuées en sous-traitance totale, c'est-à-dire en arrêt et hors arrêt, était de 85 000 heures. En 1993, il a été de 220 000 heures. Et cette augmentation n'est pas simplement liée à une augmentation des travaux. On aurait effectué davantage de travaux de 90 à 93. Or, la quantité de travaux a été quasiment identique, le nombre d'arrêts de tranche a été quasiment identique, donc il s’agit bien d'un transfert de travaux qui jadis étaient faits aux sein d’EDF qui ont été vers la sous-traitance.
Les enjeux de la maintenance depuis 1990 ? Le principal c'est la maîtrise des coûts de maintenance. Il faut savoir que sur un kWh produit, à la sortie de l'alternateur il y a dix pour cent qui est consacré à la maintenance. Pour maîtriser les coûts ça a été, au niveau des agents EDF de se recentrer vers des activités d'ingénierie et de préparation. Les activités d'exécution étant sous-traitées en arrêt de tranche.
On nous rabâche toujours que l'agent EDF revient beaucoup plus cher si on compte les taux horaires et tout ce qui vient se greffer autour, les avantages. Alors bien sûr on nous dit toujours que l'agent extérieur qui intervient sur les sites a un coût de revient nettement moindre. Mais ce qu'on oublie de préciser, c'est qu'il y a la préparation qui est faite par EDF, il y a tout un tas de choses qui viennent se greffer là-dessus.
Les agents EDF ont l'impression qu'on veut les éliminer un petit peu. Sous l'aspect réduction d'effectifs, réduction des coûts, on dit : les agents EDF ne sont pas rentables donc on préfère donner les activités au privé.
La nature du travail des agents EDF a changé et c'est une question fondamentale. Tout était certes dans un cadre conflictuel mais tout était encadré, techniciens, ouvriers tendus vers l'objectif de la réussite de l'entreprise, de notre conception du service public, de la conception technologique que nous avions.
Il y a quinze ans, l'arrêt de tranche, on ne regardait pas la rentabilité. On faisait de la sûreté au départ. C'était la première chose, la sûreté et la sécurité du personnel. On prenait garde à la sécurité du personnel. Et l'évolution actuelle est plutôt une tendance inverse. On fait des arrêts de tranche de plus en plus courts sous l'égide de la rentabilité. Maintenant, on n'entend parler dans les arrêts de tranche qu'argent, enveloppe. On entend moins parler de sûreté, et de sécurité du personnel, on n'en entend plus parler. Aujourd'hui, l'objectif qu'impose EDF pratiquement à tout le monde, c'est celui de la rentabilité, c'est celui qui doit faire en sorte qu'EDF devienne une entreprise privée comme les autres avec une taille telle qu'elle se trouve en situation d'exploiteur vis-à-vis de ses partenaires. On devrait montrer un peu l'exemple vis-à-vis de ces gens-là. Mais malheureusement c'est un rapport de fric, un rapport d'argent”.
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-Enquête sur les esclaves du nucléaire - AgoraVox

-La précarité des travailleurs du nucléaire nuit-elle à la santé ?
"Avec la libéralisation du marché de l'énergie, la transformation d'EDF en société anonyme en 2004, la fusion de GDF-Suez en 2008 et l'expansion d'Areva sur les marchés étrangers, les méthodes de ces entreprises n'ont que peu à voir avec le service public. Le recours aux sous-traitants s'est généralisé, non sans conséquences sur la sécurité.Ils seraient 22 000 en France à assurer ce boulot, au gré des « arrêts de tranche », ces périodes de maintenance des réacteurs, de plus en plus courtes. Comme ces « jumpers » qui sautent dans le générateur de vapeur pour une durée maximale de 2 minutes, et qui admettent que « ça fait peur »
>video

-Controverses nucléaires
-La sous-traitance abusive dans l’industrie nucléaire

>Programmes à la semaine - ARTE
-La privatisation du nucleaire est en marche...

samedi 25 mars 2023

Pas bonnes mines

 Un record

                              La santé écologique de ce immense pays n'est vraiment pas bonne, même si les terres sont sans fin...Le bilan carbone ne faiblit pas, au contraire, et on voit mal comment il pourrait se réduire dans les prochaines années. "...En 2007, le Canada était le 7e plus gros émetteur de CO2 au monde, avec environ 2 % du total des émissions, et l'un des premiers émetteurs de gaz à effet de serre par habitant (en raison notamment de l'exploitation des sables bitumineux). Le Canada est le 5e plus gros producteur mondial de pétrole brut et de gaz naturel, ainsi qu'un des plus gros producteurs d'hydroélectricité au monde. L'empreinte écologique par personne du Canada était en 2012 de 9 hag, ce qui est très supérieur à la moyenne mondiale (2,6 hag), en raison d'un mode de vie très consommateur en énergie fossile . Il  s'agit de l'une des plus fortes empreintes au monde...." (Wiki)   Résultat de l'extraction à grande échelle des gisements miniers, gaziers? et pétroliers. Malgré les promesses de Trudeau, sous la pression des écologistes, un virage reste à inventer. Pour l'instant, c'est une faillite.... L'industrie minière, notamment, est montée du doigt, pas seulement sur le territoire national.  Car elle s'exerce un peu partout dans le monde, notamment au Mexique et en Colombie britannique, où les scrupules sont moindres. Les vestiges de la mine Giant, par exemple, sont toujours là, et pour longtemps. Dans une partie de l'Alberta, c'est la désolation...A l'étranger, certaines méga-firmes se comportent comme des conquistadors...                                                                                     Le Canada est -il le paradis des exploitations minières?

         Le vaste pays ne manque pas de ressources souterraines, qui constituent une bonne part de sa richesse. En plus d'être aussi un petit paradis fiscal.
     Pays qui s'est fait une spécialité de prospecter et d'exploiter aussi à l'étranger: en Amérique Latine, en Afrique, en Nouvelle Calédonie...en Europe.
     Les ressources naturelles diverses ne font pas défaut, jusqu'ici.
   Le pays est devenu une plaque tournante de l’industrie minière: "Trois sociétés minières sur quatre ont leur siège social au Canada. "
   Mais pour ne parler que d'eux, les Québequois ont quelques soucis avec leurs mines! La complaisance officielle est source de nombreux problèmes, pas seulement écologiques.
    Le « paradis minier canadien » est soumis a bien des critiques et une législation satisfaisante  a bien du mal à se mettre en place; étant donné la puissance de lobbies dans ce domaine, aussi hautement spéculatif.
Diavik Diamond Mine
    A l’étranger, l'impunité semble être totale. Certaines compagnies sont même dans la ligne de mire d’Ottawa.
    Différents projets de loi ne sont pas parvenus à leurs fins.
        La pollution des gaz de schiste suscite un tollé au Canada.
        On connaît trop bien maintenant les effets de l'amiante sur la la santé, dont les effets sont encore à venir...mais pour les pays peu regardants, c’est bon pour les exportations. Va-t-on vraiment vers la fin de ce poison?
          On sait comment se passe l' exploitation des schistes bitumineux du côté de l'Alberta
  Que peut, que veut Justin Trudeau?
         Le Canada: combien de temps encore un paradis naturel?

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