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mercredi 11 septembre 2019

Cochon à la barre

Accusé, levez-vous!...
                               Il fut un temps, pas si lointain, où les cochons et autres animaux faisaient parfois les quatre cents coups ou même de mauvais coups.
   Toujours prêts à leurrer les humains et à les offenser, pourtant leurs généreux nourriciers. Ces ingrats parfois ne se gênaient pas, profitant de la liberté relative qu'on leur accordait, à  statut parfois privilégié. De vraies têtes de lard et parfois ils mordaient, les cochons!
   IL fallut intervenir. Pas question de jouer les Chicken run ou la ferme des animaux, façon Orwell.
   Toute faute mérite sanction Il ne faut pas laisser de délits impunis.
Qui aime bien châtie bien.
     Fallait pas rigoler avec les lois humaines, toutes imparfaites qu'elles étaient, que l'on soit cochons, mouton, dindon ou même bourdon.
   Depuis ils se sont assagis et ne méritent plus la vindicte populaire.
  Oui, au MA, les hommes ne badinaient pas avec nos amis les bêtes, du moins avec certaines, portés au larcin, même les porcins.
    Il fallait les punir après un procès en bonne et due forme.
Cochon, qu'avez-vous à dire pour votre défense? On y mettait les formes, même si cela se terminait souvent en eau de boudin.
  Oui, il fut un temps où des procès d’animaux avaient lieu. On ne badinait pas avec les incartades animalières.:    Excommuniés! Foi d'historien!
  On vous raconte tout...
     Une pratique qui n'a pas tout à fait disparu, si l'on en croit ce fait divers récent relevé en Israël, où un chien peu orthodoxe fut condamné à la lapidation.
           Ces vielles pratiques heureusement sont abandonnées. Nous sommes plutôt portés à les réhabiliter, voire à les idéaliser. Mais le mystère de l'animalité nous dépasse et nous perturbe.
   L'ambivalence est grande, même dans notre rapport aux animaux domestiques et le seul l'utilitarisme domine trop souvent.
Il existe une masse de cochons qui vivent l'enfer:

       Too manies american pigs!
  Les braves cochons de chez nous n'en reviendraient pas, eux qui ont encore une vie à peu près humaine, pas trop cochonne, sauf en certains lieux et dans certaines conditions où l'on a américanisé, taylorisé la production.(On ne dit plus élevage)
 Pareil pour les vaches.
   Même dans l'usine picarde à mille vaches, on est loin d'atteindre ces sommets.
      Dans certains Etats des USA, c'est l'horreur et ils sont vraiment...emmerdés!
                 Et tout ça, pour quelle bidoche?

 Il serait temps de valoriser l'animal, de sortir de l'anthropomorphisme et de l' instrumentalisation de ceux que François d'Assise appelait "frères".
       La fascinante biodiversité animale nous laisse trop souvent indifférents. elle qui détermine largement notre vie et notre survie.

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mardi 30 août 2011

Sales bêtes !..

Vraiment?

Les animaux, sont souvent injustement traités, les grands comme les petits, victimes de nos préjugés.
Nous aimons les classifications sommaires, bien manichéennes.
Nous distinguons les
bons, surtout ceux qui supportent notre compagnie ou qui ont un aspect avenant...et les mauvais, ceux qui nous font peur, qui nous révulsent, ceux que nous appelons nuisibles ou incommodants, répulsifs...
Certes, nous aimons bien l'abeille pour son nectar, quoique nou
s ne soupçonnions pas toujours son immense importance dans l'écosystème.
Mais nous n'avons aucune tendresse pour les fourmis, par exemple, qui sont pourtant remarquablement organisées et qui ont un rôle important dans l'équilibre de la nature.
Même les mouches méritent notre considération et, parmi tous les insectes, il n'y a pas que les coccinelles que nous devrions admirer.
-Pour les invisibles, comme les microbes, par exemple, nous n'en voyons injustement que les aspects néfastes.
-Les bactéries, notamment, nous sont très utiles.
"Leur rôle sur la planète ne se limite pas à provoquer occasionnellement des épidémies, loin de là. L'oxygène, qui nous est indispensable, a commencé à s'accumuler dans l'atmosphère il y a deux milliards d'années grâce à l'action de bactéries photosynthétisantes. Et l'organe qui permet aux plantes d'assurer aujourd'hui la photosynthèse a évolué à partir de ces bactéries. Nous ne pourrions pas nous alimenter sans notre flore intestinale, formée de bactéries, dont la plus connue est Escherichia Coli. Sans les bactéries, les bovins ne pourraient pas ruminer et digérer les herbes qu'ils broutent. L'azote indispensable au développement des plantes est converti par voie chimique sous une forme utilisable, grâce à l'action de bactéries. Ce sont encore les bactéries qui décomposent les déchets biodégradables pour les transformer en éléments nutritifs pour les plantes ; qui réduisent les rejets pétroliers en mer ; qui permettent la fabrication du yaourts et des fromages ; et qui transforment la matière organique morte. Les bactéries sont le grand cimetière de la planète..."
Notons encore que
-Les vers de terre, ces travailleurs de la terre, jouent un rôle important dans la structure des sols et la chaîne alimentaire.
-La taupe, jugée importune, est plus utile qu'on ne le croit.
-La chauve-souris , tant redoutée, a une structure sociale complexe.
Bref, bien des animaux ne trouvent pas grâce à nos yeux ignorants, comme le vautour, qu'on réhabilite aujourd'hui, ainsi que loup, longtemps diabolisé.

____Nos petites classifications sommaires sont surtout le reflet de notre ignorance et de nos diverses peurs, personnelles et culturelles .
La méfiance, la crainte, la répulsion sont à la source de fantasmes , qui peuvent aussi parfois idéaliser des espèces que nous jugeons attrayantes.
L'anthropomorphisme spontané ou élaboré, à travers le prisme de notre subjectivité, est une vieille attitude, dont il subsiste bien des restes. Difficile pour l'homme de ne pas juger ce qui n'est pas lui, ce qui lui est étranger, voire étrange, à partir de ses propres schémas de référence internes, voire intimes. La moralisation du monde animal en est la conséquence logique.
Des animaux, que l'on jugent parfois cruels, nous ressemblent-ils vraiment?
______Le mystère de l'animalité
nous dépasse et nous perturbe.
L'ambivalence est grande, même dans notre rapport aux animaux domestiques.
La fascinante biodiversité animale nous laisse trop souvent indifférents.

Il fut un temps pas si lointain où des procès d’animaux avaient lieu.
Le Moyen âge nous en offre maints exemples. (Pas de chance, le cochon!)
Une pratique qui n'a pas tout à fait disparu, si l'on en croit ce fait divers récent relevé en Israël, où un chien fut condamné à la lapidation.

jeudi 23 octobre 2025

Loyauté contestée

 Des faits occultés

            Selon que vous serez puissants ou misérables....


                                 –... Cellule de luxe, réception chez Macron, visite de Darmanin, gardes du corps personnels au sein de la prison, manifestation de vieux riches et soutien médiatique. La République des privilèges : comment les puissants se déclarent au-dessus des lois – Ce mardi 21 octobre, le malfrat Nicolas Sarkozy faisait ses entrées à la prison de la Santé. C’est la première fois qu’un chef d’État européen se retrouve derrière les barreaux. Condamné à cinq ans de réclusion pour association de malfaiteurs dans l’affaire des financements libyens pour sa campagne de 2007, il est condamné aux côtés de cinq autres prévenus, dont ses anciens acolytes Brice Hortefeux et Claude Guéant. Il ne passera certainement que quelques semaines en prison, le temps pour la Cour d’appel de Paris de statuer sur la demande de mise en liberté déposée après l’incarcération. Nicolas Sarkozy est pourtant l’homme du tout sécuritaire, qui réclamait la tolérance zéro envers les délinquants. Il a mis en place la politique du chiffre au sein de la police et de la gendarmerie, faisant exploser le nombre de gardes à vue et d’incarcérations. Il a en outre mis en place les peines planchers pour les récidivistes. Rappelons que Sarkozy avait déjà été condamné à 3 ans de prison dans l’affaire Bismuth, puis à un an de prison dans l’affaire Bygmalion. Il devrait donc être le premier satisfait de la fermeté de la justice, tout comme ces bourgeois qui squattent habituellement les plateaux télés pour hurler au laxisme de la justice, et qui aujourd’hui hurlent à sa trop grande fermeté. Ne leur en déplaise, l’exécution provisoire n’est pas l’exception, elle est la norme. 57% des peines de prison ferme sont assorties d’une exécution immédiate. Ce taux grimpe à 86% pour les comparutions immédiates. Mais les puissants ne supportent pas qu’on touche à l’un des leurs.

⚫ Le rouleau-compresseur médiatique et politique pour imposer un discours victimaire
Depuis des années, le rouleau-compresseur médiatique tente d’imposer un récit : celui d’un pauvre homme innocent, harcelé par une justice et des magistrats «rouges» qui veulent sa peau. Ces dernières semaines, ce récit propagé par les médias des milliardaires s’est intensifié. Tous les éditocrates bourgeois et femmes ou hommes politiques véreux se sont ligués autour d’un des leurs, qu’on a osé attaquer. Ils se pensent au-dessus des lois. Qu'un membre de leur clan soit condamné, même si sa culpabilité est évidente, leur paraît impensable. C’est un crime de lèse-majesté.
Ils reprennent une tactique savamment orchestrée par Sarkozy lui-même, qui se présente depuis 12 ans comme la victime d’un complot organisé par Mediapart, le parquet financier, et tous ces fameux «juges rouges». Passant sous silence le fait que cinq autres personnes ont été condamnées à ses côtés, prenant garde de ne jamais rappeler qu'il s'agit d'une association de malfaiteurs avec un dictateur ayant commis des actes terroristes, qu'il y a eu 12 ans d'enquête approfondie et plusieurs recours, mobilisant de nombreux magistrats.
Rappeler de simples éléments du dossier à la population serait remettre en question l’image intouchable de Sarkozy. Le tribunal reconnaît notamment le pacte de corruption avec le terroriste Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi, commanditaire de l’attentat contre le vol DC 10 de la compagnie UTA au Niger, en 1989, qui a tué 170 personnes. En tant que ministre de l’Intérieur, Sarkozy avait promis la levée du mandat d’arrêt contre le terroriste, en échange du soutien financier de sa campagne. Des familles de victimes s’étaient d’ailleurs portées partie civile dans le procès de Sarkozy, mais ces dernières n'ont jamais été invitées sur les plateaux télé. Leur parole n’existe tout simplement pas.
Sur ces plateaux en revanche, toute la classe bourgeoise se met en branle pour défendre l’un des leurs. Ses avocats sont partout, criant à l’injustice, au “jour funeste pour la France” que constitue cette incarcération. Sur Europe 1, l’homme d’affaires Jean-Claude Darmon expliquait très bien : «C’est un choc pour des gens comme nous ! Nous ne sommes pas faits pour la prison, nous ne sommes pas des animaux, c’est terrible». Le sous-entendu est clair : la prison, c’est pour les animaux, donc les personnes non blanches, les pauvres, les sans-papiers. Pas pour les puissants.
Ses défenseurs tournent en boucle sur l’absence de preuves, se permettant de refaire le procès. Dans cette histoire, tout le monde devient juge. Pourtant, les juges - véritables ceux-ci - ont acté qu’il y avait bien eu transfert d’argent depuis la Libye, et que le trésorier de Sarkozy, Eric Woerth, était bien au courant. La note révélée par Mediapart, où est inscrite noir sur blanc l’accord du régime libyen pour un financement de 50 millions d’euros, a bien été jugée irrecevable par la présidente du tribunal le 25 septembre. Néanmoins, la justice avait déjà tranché deux fois sur ce document, à la demande même de Nicolas Sarkozy, et affirmé qu’il ne s’agissait ni d’un faux intellectuel, ni d’un faux matériel. Mais ça, personne n’en parle.
Une chose est sûre, on n’en aura jamais autant appris sur le système carcéral français que ces derniers jours. Les médias, si peu enclins à partager les chiffres sur la surpopulation carcérale (le taux d’occupation moyen des prisons françaises est à plus de 130% et certaines montent à 200%) ou sur le taux de suicide dans les prisons (6 fois plus élevé qu’à l’extérieur), nous offrent une foule de détails. Ils nous apprennent qu’il s’est lancé dans l’écriture de son nouveau livre en prison, qu’il aurait amené la biographie de Jésus et le Comte de Monte-Cristo avec lui… On connaîtra bientôt le contenu de ses repas et l'heure où il va aux toilettes.
Le Parisien, le journal de Bernard Arnault - qui faisait partie des 55 prestigieux invités de l’ancien Président au Fouquet’s le soir de son élection de 2007 - révélait carrément dans ses pages le plan de la cellule du Président. Celle-ci est la copie – en plus salubre – d’un logement du CROUS où vivent des centaines de milliers d’étudiant·es en France. Mais cela semble déchaîner les passions des Bourgeois, scandalisés qu’on inflige un tel traitement à l’un des leurs.
Ici, plus personne pour dire que la prison serait un Club Med. Il bénéficie pourtant de conditions infiniment plus confortables qu’un détenu lambda, bénéficiant d'une cellule individuelle avec télévision, ligne de téléphone fixe personnelle pour continuer ses activités de malfrat, une salle de bain individuelle. Il se trouve dans l'aile VIP de la prison, avec une cour de promenade séparée et un accès privilégié aux activités sportives, jeux de société, lecture… Et il dispose même de ses gardes du corps à plein temps dans des cellules voisines !
À l’heure actuelle, plus de 4.500 détenus, eux, dorment à même le sol dans des cellules à 3 ou 4 personnes, dans des conditions insalubres, parfois infestées de cafards. On se doute que celle de Sarkozy sera d’une propreté immaculée. Mafieux parmi les mafieux, il était défendu par Patrick Balkany sur RTL, qui lui donnait ses petits conseils pour “survivre” à la prison : ne pas porter de bleu marine et ne pas avoir d’eau de Cologne. Sans rire.
⚫ La mise en scène de Nicolas Sarkozy
Le condamné lui-même se met en scène dans cette séquence, et la journée de son incarcération était orchestrée au millimètre. Dans la Tribune du dimanche, il expliquait qu’il allait écrire un livre s’inspirant du comte de Monte-Cristo et des lettres écrites par le capitaine Dreyfus… Convoquer l’imaginaire de ces deux illustres – l’un réel, l’autre fictif – condamnés à tort, Sarkozy n’a honte de rien. Le matin, il publiait un communiqué, affirmant “ce n’est pas un ancien président de la République que l’on enferme ce matin, c’est un innocent”, parlant de “chemin de croix”. Son fils chéri Louis Sarkozy avait également organisé un rassemblement à la Villa Montmorency, ce repère de riches parasites, où les Sarkozy ont un hôtel particulier.
Des dizaines de vieux bourgeois fanatisés y hurlaient leur amour comme à une rockstar. Des t-shirts avec le visage du multirécidiviste étaient même distribués, sur lesquels on pouvait lire : «la fin de l’histoire n’est pas écrite» et des hurlements de retraités du 16ème arrondissement contre «la gauche» et «la justice» retentissaient. L’ancien président, lui, marchait au pas, le visage grave, Carla au bras, au son de la Marseillaise, au milieu de la foule en délire. Une véritable scène de télé-réalité à l’américaine. Et ironiquement, les médias nationaux ont beaucoup plus couvert cette pathétique manif de soutien que le procès en lui-même !
⚫ La fin de la séparation des pouvoirs
L’un des fondements de la démocratie est la séparation des trois pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire. Mais cela n’est pas un problème dans la France de Macron. On apprenait que Nicolas Sarkozy était reçu à l’Élysée par le président vendredi 17 octobre, quelques jours avant son incarcération, pendant plus d’une heure. Recevoir un multirécidiviste, cela ne gêne pas le président, ces gens sont des mafieux. Emmanuel Macron a également profité de l’incarcération pour proposer un débat sur l’exécution provisoire, afin d’assurer à ses petits copains de pouvoir éviter la case prison à l’avenir.
Gérald Darmanin, ministre de la justice et violeur, a exprimé sans honte sa «profonde tristesse» face à l’incarcération de celui qu’il considère comme son mentor – avoir un multi-condamné pour mentor quand on est ministre de la Justice, ça ne s’invente pas – et qu’il rendrait visite au repris de justice en prison, lors d’une interview à France Inter le 20 octobre. Il a même déclaré : «Je ne peux pas être insensible à la détresse d'un homme». L’indépendance des juges, le respect d’une décision de justice ? Il n’en a que faire : ce qui prime, c’est la loyauté entre les puissants. Et tant pis si cela représente une forme de pression sur les magistrats. Le Syndicat de la magistrature s’est d’ailleurs inquiété de cette annonce, déplorant que «toutes les personnes détenues méritent l'attention du garde des Sceaux, y compris celles qui ne sont pas ses amies».... _________

samedi 24 août 2024

David et Goliath

    Résistance  [Notes de lecture]

       Vietnamienne engagée, Tran to Nga eut à subir dans sa chair les effets de l'"agent orange", hautement toxique, qui fut abondamment utilisé par l'armée américaine pour défolier les forêts du Vietnam, à des fins militaires, et cela pendant plusieurs années. Comme beaucoup des siens, elle eu à subir, comme une de ses enfants les effets terribles de ces substances larguées du ciel, produites par des firmes comme Mosanto-Bayer.  Elle ne renoncera pas ...                                "... Des études américaines l'ont largement prouvé. Des effets qui durent encore. Ce qui fut à l'origine de son combat judiciaire.  ___ "...Il fut ensuite utilisé pour empêcher les résistants vietnamiens de se cacher dans les forêts du Sud-Vietnam, pour détruire leurs récoltes, mais aussi afin de dégager les abords des installations militaires américaines et y prévenir les attaques. Des essais concluants au Vietnam ont lieu dès 1959 sous la présidence de Dwight David Eisenhower.Ces opérations de guerre chimique débutèrent en 1961, le premier épandage ayant lieu le 10 août dans la province de Kontum au centre du pays. Le programme, intitulé opération Hadès puis rebaptisé opération Ranch Hand, débuta ensuite progressivement avec le feu vert du président John F. Kennedy en  jusqu'à atteindre son apogée en 1965..." (Wiki)


"Parmi les grands crimes contre l'humanité impunis du XXème siècle, on trouve la guerre coloniale des USA au Vietnam. La puissance impérialiste tout entière mise en œuvre pour soumettre le peuple vietnamien : un tapis de bombe d'une intensité inégalée, des déluges de Napalm brûlant tout, végétations, animaux et humains, des modifications du climat pour noyer les routes, mais aussi l'usage massif de produits chimiques toxique sur les forêts. L'armée américaine a même sérieusement envisagé d'envoyer des bombes nucléaires sur le pays !
Le bilan à la fin de l'invasion US était effroyable : 1,7 million de morts, trois millions de blessés et de mutilés et 13 millions de réfugiés. Mais les conséquences de cette guerre ne se sont jamais arrêtées, car les produits déversés par les USA continuent d'empoisonner des générations d'enfants.
Le 10 août est la journée de commémoration des millions de victimes de l'agent orange-dioxine, puissant défoliant mis au point par l'industrie agrochimique américaine. Aujourd'hui 22 août, c'est pourtant l'une de ces victimes qui s'est vue déboutée par la Cour d'appel de Paris, jugeant irrecevable l'appel de Tran To Nga. Sur le banc des accusés, des poids lourds de l'industrie agrochimique comme Dow Chemical ou Bayer-Monsanto, habitués des procès. Rappelons qu'à l'heure actuelle, Bayer-Monsanto est impliqué dans pas moins de 40.000 procès à travers le monde.
Tran To Nga a 24 ans en 1966. Elle est alors journaliste et résistante, et couvre la guerre impérialiste que les États-Unis ont lancé au Vietnam. Comme des millions de Vietnamiens, mais aussi de Laotiens et de Cambodgiens, elle subit l'épandage de l'agent orange-dioxine, dont les États-Unis font usage en masse – environ 100 millions de litres seront déversés entre 1961 et 1971 – afin de détruire les forêts dans lesquels les combattants et les combattantes se cachent, et les affamer. 20% des forêts du sud du Vietnam sont détruites. Aujourd'hui encore les zones touchées sont toujours contaminées. Il s'agit sans doute du premier écocide délibéré de l'histoire.
On estime aujourd'hui à 5 millions le nombre de personnes contaminées par l'agent orange. La perversité de ses effets est qu'ils se transmettent de génération en génération, avec des conséquences terribles sur les enfants qui naissent aujourd'hui. Depuis la fin des années 1960, des bébés naissent sans bras ou sans jambes, avec de graves malformations cardiaques ou des handicaps mentaux lourds. De nombreuses photos prises dans les hôpitaux vietnamiens et rapports médicaux en témoignent. Il en est ainsi pour les enfants de Tran To Nga, dont la première fille est décédée à 17 mois d'une malformation cardiaque grave. Ses deux autres filles, ainsi que ses petits-enfants souffrent également de graves pathologies, toutes liées à l'agent orange.
La bataille juridique de Tran To Nga a démarré il y a 10 ans contre l'armada d'avocats de Bayer-Monsanto et compagnie. En 2021, le tribunal judiciaire d'Evry reconnaissait "l'immunité de juridiction", autrement dit admettait que les industriels n'auraient eu aucune marge de manœuvre et auraient simplement obéi aux ordres de l’État américain. On en connaît d'autres qui ont tenté de nier leur participation à un crime contre l'humanité sous le fallacieux prétexte de "l'obéissance aux ordres"...
Si ces entreprises étaient vierges de tout soupçon, pourquoi auraient-elles accepté de dédommager des vétérans américains également touchés par l'agent orange ? Le deux poids deux mesures entre les victimes des pays occidentaux et les victimes des autres pays est criant. William Bourdon, l'un des avocats de Tran To Nga, indiquait de son côté : "la dioxine n'est pas le fruit d'une contrainte, mais du zèle des laboratoires pour plaire à l'administration du Pentagone". En effet, la toxicité de l'agent orange était connue depuis 1957. Pire, la dioxine aurait été volontairement surdosée par les fabricants accusés, pour provoquer le maximum de dégâts.
Aujourd'hui, la Cour d'appel de Paris a donc confirmé l'impunité des géants de l'agrochimie, mais Tran To Nga ne compte pas s'arrêter là et va faire appel de la décision. "
---Pour aller plus loin, suivez le Collectif Vietnam Dioxine de Tran To Nga : http://vietnamdioxine.org
Peut être une image de texte qui dit ’100.000 ENFANTS VICTIMES DE L'AGENT ORANGE ET 5 MILLIONS DE VIETNAMIENS EMPOISONNES PAR LA DIOXINE REPANDUE PAR L'ARMEE DES USA DAVID CONTRE GOLIATH LE PROCES D'UNE VICTIME DE L'AGENT ORANGE CONTRE LES GEANTS DE L'INDUSTRIE AGROCHIMIQUE LA PLAINTE DE TRAN TO NGA DEBOUTEE PAR LA JUSTICE’
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dimanche 5 décembre 2010

Du lard ou du cochon


Dur, dur d'être un cochon!

Ou un porc , comme on veut...



__Je me considère comme injustement traité et j'aimerais que les hommes qui me connaissent bien militent pour la défense de mon espèce, pour les "droits du cochon", souvent déconsidéré moralement et maltraité physiquement.
Je suis à la fois la fois ou tour à tour déprécié et apprécié, méprisé et valorisé. C'est selon. Allez comprendre!...Je subis le poids d'une déjà longue histoire alimentaire chargée d'une symbolique riche et contrastée .
Cette ambivalence est ancienne, sans doute depuis que les hommes m'ont adopté, que je me su
is moi-même attaché à eux. Car je suis très sociable, même s'il m'arrive parfois d'être grognon.
Je suis en fait très
familier et attachant. Proche de la famille, je me nourris souvent de leurs restes et vaque autour de la ferme, toujours curieux, les yeux vifs malicieusement cachés derrière mes oreilles souvent tombantes. Du moins c'était comme ça autrefois...
J'envie mon cousin corse ou vietnamien, qui a moins de contraintes spatiales, et parfois je rêve de la liberté totale de
mon ancêtre supputé, le sanglier.
Mais à force de côtoyer les humains, j'apprécie de ne pas avoir le souci de chercher ma nourriture. Il faut savoir choisir dans la vie! Evidemment , la contre-pa
rtie fâcheuse de cette sédentarité forcée mais confortable est de prendre de l'embonpoint, de "faire du lard", de vite dépasser le "poids idéal" et de réjouir le fermier qui me tâte souvent, rêvant déjà de boudin et de côtelettes grillées...C'est le but du jeu. Un cochon anorexique ne ferait pas de vieux os.
_Je suis plus propre qu'on ne le dit si on m'offre de bonnes conditions de vie et si l'on prend soin de moi. Ce sont les hommes qui nous rendent "cochons".
Je ne supporte pas le confinement et la trop grande promiscuité. J'ai ma fierté. Je proteste contre les conditions faites à mes frères esclaves des industriels de la bidoche, immobilisés sur un minimum de place, tenant à peine sur leurs pattes et subissant force piqûres et fast food insipide. Je préfère pommes de terre, petit lait et reliefs de repas à heure fixe, que me propose la fermière soir et matin, avec un mot gentil.
Les enfant
m'adorent, quand je suis petit. Sur mon compte, on a forgé pour eux historiettes, chants et contes moraux.
Il est vrai que je suis du genre plutôt gentil, pas agressif pour un sou, sauf si on me maltraite. Je n'ai pas un caractère de cochon, quoiqu' on dise. Je sais ce que je veux, c'est tout! Je suis un animal très familier et, si l'on l'on sait me prendre, je peux même faire le bonheur de la famille, en compagnie du chien et du chat. Certains aujourd'hui m'élèvent uniquement pour le plaisir de la compagnie. Le rêve!

Je suis bon à tout de bout en bout,du groin jusqu'à la queue.Les hommes savent le reconnaître justement, quand au grand jour du meurtre rituel festif, "la fête du cochon", ils me rendent un juste hommage en se mettant à festoyer, à boire et à chanter:

Tout est bon dans le cochon
Du groin jusqu'au jambon, c'est bon.
La rate
et les rognons,
La queue en tire-bouchon, c'est bon.

Désormais je veux chanter le cochon Le pâté, le saucisson.
Répétons sur cet air polisson:
"Qui c'est qu'est bon c'est le cochon. C'est bon....."

__Bon, je le suis même pour la médecine,dans les laboratoires où je sais rendre d'utiles services à mes cousins les hommes,malades (insuline, greffes de peau, organes...) .
Je suis si proche de lui, même si cela ne lui plaît pas toujours de le reconnaître...
__C'est peut-être d
u fait de cette proximité spatiales et physiologiques que les hommes ont des attitudes très ambivalentes à mon égard, faites d'intérêts et de dégoûts, voire de tabous ancestraux dans certaines cultures (comme ici aussi). ("...Parmi les ruminants et parmi les animaux à sabot fourchu et fendu, vous ne pourrez manger ceux-ci : le chameau, le lièvre et le daman, qui ruminent mais n'ont pas le sabot fourchu ; vous les tiendrez pour impurs. 8. Ni le porc, qui a bien le sabot fourchu et fendu mais qui ne rumine pas : vous le tiendrez pour impur. Vous ne mangerez pas de leur chair et ne toucherez pas à leurs cadavres". (Deutéronome, XIV, 7-8)
Je me demande bien pourquoi... Difficile à comprendre pour un cochon. Est-ce que je diabolise les hommes, moi? Les hommes me surprendront toujours par leurs croyances parfois bizarres. Ils se compliquent souvent bien la vie.
_Bon pour ma chair, je le suis aussi pour tous les préjugés
Les hommes m
'utilisent beaucoup pour exprimer ce qu'ils sont eux-mêmes...ils appellent cela projection. "Cochons" eux-mêmes à bien des égards, ils m'attribuent du coup leurs propres défauts et vices. Je suis même parfois un contre-modèle éducatif (" travailler comme un cochon"). Il leur faut bien un bouc émissaire, les pauvres! Les plus proches sont souvent les premiers visés. Il est arrivé que Le cochon soit toujours coupable. Belle manière de faire de l'anthropomorphisme à bon compte et de s'innocenter soi-même!...
("A Falaise, en 1386...on est allé jusqu'à vêtir un cochon_de mauvaise vie?_ d'habits humains pour l'exécuter, et inviter les paysans à voir le spectacle avec leurs porcs pour que ça leur serve de leçon ! La fréquence de ces procès d'animaux reste un mystère, mais une chose est sûre : neuf fois sur dix, cela concernait des cochons..").
Sont cons, les hommes!


_J'ai cru deviner qu'ils m'aiment et prennent soin de moi surtout pour les sausissons et tout le parti qu'ils tirent de moi, la vaste gamme des produits salés, fumés qu'ils sont habiles à fabriquer avec tant de talent et de diversité, de la Flandre à la Corse...Je leur rends de grands services...alimentaires. C'est la cochonaille qui les motive. Je les connais bien, les hommes...
Car je les les ai côtoyés depuis des siècles; j'ai déjà une longue histoire, mon origine est ancienne.
Je suis devenu une référence de premier plan en milieu rural, le roi des campagnes! La prospérité paysanne aurait-elle pu se développer sans moi? (
"...le cochon fut longtemps la viande favorite des habitants des campagnes, « n'y ayant point de paysan , rapporte Vauban dans ses Oisivetés, si pauvre qu'il soit, qui ne puisse élever un cochon de son crû par an »).
Je suis à l'origine de traditions encore vivaces dans nos campagnes. Hélas! les viandeurs bretons sont en train de les tuer et les supermarchés m'ont réduit à un produit banal et insipide..Adieu boudin frais du jour, saloir, fumage lent et amoureux. Je hais le progrès, qui a tué le vrai cochon à peu près partout, sauf dans de rares régions où vivent encore d'heureux cochons...Mais ailleurs...
On ne vend plus que du sous-cochon, de la cochonnerie.
Beurk! Cochon!

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Toute allusion à des souvenirs d'une enfance rurale n'est évidemment pas fortuite...
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Article paru dans Agoravox