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mercredi 14 juin 2017

Macron et le "modèle" suédois

   A la recherche du Graal ?             
                                              Notre Président, dans sa volonté réformatrice, s'est plusieurs fois référé, comme d'autres avant lui,  au modèle scandinave, et tout particulièrement à celui d'une Suède qui aurait opéré une mutation économique et sociale exemplaire dont il conviendrait de s'inspirer.
      Pour nos gouvernants, leurs conseillers ou leur think tank, c'est une tendance constante, voire un tropisme récurrent, de se référer à un modèle étranger de gouvernement économique. Presque une obsession. Les clés de la réussite n'étant pas à la maison et l'herbe étant supposée  plus verte ailleurs, on se tourne vers un modèle supposé qui servirait de référentiel pour sortir de nos problèmes. La solution serait ailleurs...
    Après Le défi américain de JJSS, vint le modèle japonais, puis le modèle allemand schröderisé, qui séduit déjà moins. Sans se poser le problème de l'adaptabilité à notre propre culture, à notre type de démographie, à l'histoire de nos institutions, à notre culture.
       Depuis sa révolution libérale, beaucoup regardent maintenant ver la Suède, supposée avoir établi un équilibre entre les performances économiques, les questions de l'emploi et celles de la redistributionn, dans le contexte d'une même mondialisation et de ses rudes exigences d'adaptation et de mutations.
                ...Mais ce modèle ferait-il long feu?
      Après examen, on comprend vite que la petite taille de ce pays, son histoire propre, sa culture si spécifique, son héritage luthérien si particulier interdisent une transposition simple à nos propres normes, faute de trouver chez nous nos propres solutions. On remarque aussi que chaque pays scandinave a ses modes de fonctionnement qui ne ressemblent pas à l'autre. La politique de Stockholm n'est pas celle d'Oslo ni celle de Helsinki,  étant donné l'histoire, les différences des ressources, des modes d'organisation , des choix politiques. Malgré certaines analogies que l'on peut faire de Paris, en matière éducative par exemple, où il y aurait beaucoup à apprendre.
       Le modèle scandinave n'est pas si idéal que ça, si l'on veut bien y regarder de près. Il faut cesser de s'y référer de manière mythique ou naïve.
        Le type de capitalisme mis en place là-bas depuis quelque temps n'est pas "exportable" tel quel, comme le disent eux-mêmes certains responsables économiques de ces pays. De plus, il n'est loin d'être sans imperfections, même si on vante à juste titre l'excellence du système éducatif finlandais, par exemple, mais qui investit énormément de moyens pour la formation des maîtres et la réduction des effectifs de classe.
    De plus, si le taux d'emploi est plus élevé de 10% en Suède, et que le taux de chômage de longue durée y est plus bas, le revenu d'activité y est plus faible, comme la sécurité de l'emploi. Si l'on retrouve plus facilement un emploi en Suède, la part des contrats d'au maximum 6 mois y est bien plus grande qu'en France (13,86% en Suède, contre 9,30% en France). Ce sont donc deux système très différents : si dans l'un, l'emploi est plus difficile à obtenir (la France), les revenus d'activité y sont meilleurs et les emplois stables plus fréquent, quand dans l'autre (la Suède) il est plus facile d'y trouver ou retrouver un emploi, mais avec plus de précarité et un peu moins de revenus. "
   Les secteurs publics sont soumis à la dure loi de la privatisation et de ses arbitraires, lieux d'une compétitivité organisée.
     Les tableaux comparatifs parlent d'eux-mêmes. Si d'un point de vue macro-économique, les réformes suédoises ont eu un effet positif, il semble que celles-ci ne se répercutent pas aussi profondément sur la qualité de vie des populations : logement, revenu, et santé sont mieux placés en France, tandis que le chômage, et les disparités entre les sexes sont moins importants en Suède. Le modèle suédois, selon l'OCDE, ne serait donc peut-être pas la panacée... 
     L'esprit du capitalisme suédois, sous ses jours les plus divers, montre ses limites et n'est pas transposable chez nous.
    Malgré un système social encore très protecteur, beaucoup sont d'avis que le modèle social suédois serait  en train de se fissurer, par création de nouvelles inégalités.
       Un système hybride, avec ses qualités et ses défauts, mais qu'il serait impossible et vain de vouloir "copier", même si tel ou tel aspect mériterait réflexion.
  C'est à chaque pays de trouver, de manière originale, ses voies de renouveau, avec son génie propre.
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mercredi 29 mai 2013

Modèle suédois?

 Le modèle suédois a pris du plomb dans l'aile.
________________________________________Malgré une prospérité industrielle retrouvée après une crise sévère, la Suède connaît, sous la houlette d'un gouvernement libéral, une croissance des inégalités parmi les plus fortes des pays européens.
Même si la pauvreté en Suède reste encore mesurée, par rapport à d'autres pays comparables, un masse importante de la population surtout immigrée hétérogène connaît un sort peu enviable du fait d'un chômage qui l'affecte particulièrement et aux réductions, voire aux suppressions des aides sociales et des projets d'intégration.
 La Suède n'est pas le paradis que certains imaginent encore, même si le pays semble se porter mieux que le nôtre dans le secteur manufacturier. Le pays de Volvo, Ikea, Saab, Electrolux, Ericsson a encore de beaux restes...
___En 2010 dèjà, la crise dans ce pays annonçait des tensions nouvelles qui ont surpris. __[Précisons de Lord sur les particularités de l'immigration en Suède]__
Aujourd'hui, certaines banlieues craquent.
A l'occasion des émeutes récentes,  les faiblesses de ce modèle apparaissent mieux.
Une vitrine se brise:
 "... Le 14 mai, un rapport de l'OCDE constatait que les écarts des revenus augmentent davantage en Suède que dans l'ensemble des autres pays européens. Et une semaine plus tard, de violentes émeutes ont éclatés à Husby, dans la banlieue de Stockholm, où des jeunes masqués ont incendiés des voitures et attaqué les forces de l'ordre avec des jets de pierre. Plusieurs commentateurs de la presse suédoise lient justement ces évènements à l'inégalité croissante du pays.
"Un échec gigantesque" écrit Lena Mellin, chroniqueuse du quotidien social-démocrate Aftonbladet, estimant que les autorités ont trop longtemps fermé les yeux sur les problèmes liés à la ségrégation des banlieues comme Husby où 85 % des 12 000 habitants sont nés en Suède mais ont deux parents nés à l'étranger.
 De son côté, Aftonbladet estime dans son éditorial que les émeutes à Husby reflètent l'essentiel de la politique conduite par la coalition gouvernementale de droite, une politique que la phrase emblématique "Il doit être rentable de travailler" illustre le mieux. "Lorsqu'on baisse les impôts, ce sont les parties les plus faibles de la société, des endroits comme Husby, qui en paient le prix", poursuit le journal..."
La presse conservatrice renvoie les émeutiers à leur seule responsabilité, faisant silence sur les défaillances des efforts d'intégration.
Pour les politiques de nos pays, toujours à la recherche d'une référence, il est clair que le modèle scandinave ne peut pas s'exporter.
Il a en fait toujours été un mythe.
Sur certains points même, il pourrait servir de contre-exemple.
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- Pourquoi les banlieues de Stockholm se sont-elles enflammées?
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-Paru dans Agoravox
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jeudi 23 septembre 2010

Enigme suédoise

Séisme politique ou coup de fièvre passager?



Hier soir, l'émission C'est dans l'air sur France5 s'est efforcée d'éclairer un événement singulier, difficilement compréhensible pour nous, habitués à une certaine image idéalisée de la Suède, qui a frappé les esprits surtout dans l'Europe du Nord: la montée de l'extrême droite aux élections de dimanche dernier. Des leaders à la Haider, plutôt jeunes et décomplexés, dont le discours est ouvertement raciste, ont contribué à faire d'un petit groupuscule une force montante.Le pays est sous le choc, mais ne reste pas sans réactions.
"A l’issue des élections législatives, l’extrême droite fait une entrée historique au Parlement de Stockholm. Cette percée spectaculaire provoque un séisme politique dans le pays inventeur de l’Etat-providence et confirme l’essor des mouvements populistes en Europe. _Depuis dimanche 19 septembre 2010 et les élections législatives suédoises, l’échiquier politique de ce petit pays scandinave, berceau de la social-démocratie moderne, est bouleversé. Pour la première fois de son histoire, l’extrême droite va faire son entrée dans l’arène parlementaire. _Le parti Sverigedemokraterna (Démocrates de Suède), une formation issue de groupuscules néonazies, a obtenu 5,7 % des suffrages, ce qui est certes bien loin du record européen obtenu, en avril dernier, par l’extrême droite hongroise (16,7 % des voix). Mais dans un pays où la droite populiste a longtemps été cantonnée à des résultats inférieurs à 1,5 %, l’évènement est de taille. _D’autant qu’avec 20 députés sur les 349 sièges du Riksdag suédois, le parti Démocrates de Suède (SD) trouble les tractations pour la formation d’un gouvernement. En effet, ni l’opposition social-démocrate, qui enregistre son plus mauvais score depuis 1914, ni les gagnants du scrutin, les conservateurs sortants, ne disposent d’une majorité absolue..".

-Pour le première fois, l'extrême droite est au parlement, signe d'une xénophobie qui monte dans le pays, même si c'est de manière limitée par rapport à d'autres pays européens, comme le Danemark, la Hollande ou l'Allemagne. A la faveur de la crise, de la faillite du modèle néolibéral et de l'absence de solution alternative de la part d'une gauche anesthésiée, l'ethnicisme gagne du terrain.
Certes,
la Suède est en crise, comme le reste du monde , mais les conséquences en sont moins dures que partout ailleurs, malgré des restructurations douloureuses dans les années 80, des groupes industriels sont encore très importants, le chômage, phénomène assez nouveau, reste relativement limité, les inégalités moins importantes qu'ailleurs, la politique sociale très favorable, le niveau d'éducation assez bon, la santé bien assurée, le pays semble attaché à un service public en rénovation, mais toujours important.
La population vieillit, le recours à une certaine immigration a été rendue nécessaire et l'accueil des nouveaux immigrants (Irakiens catholiques, Libanais, Syriens,etc...) se fait dans des conditions plutôt positives (voir les témoignages dans le document de F5).
La situation relativement privilégiée de le Suède rend difficilement compréhensible un changement si brutal, même si des signes avant-coureurs semblaient l'annoncer.
Il est vrai que la population est très homogène et n'a pas été constituée comme d'autres par des apports démographiques extérieurs multiples au cours de son histoire. L'arrivée récente de la main d'oeuvre demandée par l'industrie aurait-elle dérangé le douillet confort de l'"entre-soi"?
La sociale démocratie, qui n'a pas peu contribué à rendre le pays prospère, serait-elle en fin de course, déclinante, sans réponse face à une crise qui affecte le pays, qui exporte beaucoup? La restructuration du service public l'a laissée sans réaction, provoquant une certaine colère des classes moyennes.
Resterait-il aussi des traces d'un
racisme et d'un eugénisme ancien?...Un poids
lourd à porter.
Situation politique inédite, moins simple qu'on ne pourrait le penser...
«L'ironie, c'est que ce déclin de la gauche coïncide avec le moment où l'ensemble des partis politiques et de la société acceptent le modèle qu'elle a construit depuis les années 1930. Pendant des années, la droite faisait campagne contre le socialisme. Aujourd'hui, plus question de tenir un tel discours. Au contraire, ils acceptent l'héritage des sociaux démocrates, tout en proposant de le moderniser par petites touches»

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Article repris par Agoravox
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L'islamophobie, business électoral de la peur en Europe
-Ascenseur pour les fachos?
-À propos de l'islamophobie
- L' islamophobie: une myopie intellectuelle ?

mercredi 15 octobre 2014

Prix Nobel

Cocorico!
                  Encore un bon cru!
Qui l'eût cru?
        Nous avons notre prix Nobel . Enfin, pas vraiment...Notre lauréat de la Banque de Suède. Ce n'est pas pareil.
Un de plus...  Après notre inoxydable Modiano, somnanbulique mais attachant ...
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Toulouse School of Economics
 Jean Tirole est à l’origine – et toujours à la direction – de l’École d’économie de Toulouse, qui est la tête de pont au sein de l’université française des courants de pensée libéraux ou ultralibéraux en économie. Plus que cela ! C’est lui, effectivement, qui a joué les précurseurs pour inviter le monde de la finance à sponsoriser la recherche économique..
(On notera l'anglomanie de rigueur dans cette école au pays du cassoulet...)
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 « Un économiste est une personne capable d'expliquer rationnellement le lendemain ce qu'elle avait été incapable de prévoir la veille. » Jacques Attali .
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                .On ne parle que de Jean Tirole, en boucle, sur tous les medias!
          Manu n'en revient pas et exulte: un "pied-de-nez au french bashing"
D'autres s'extasient devant ce pur produit made in USA
    D'autres zéconomistes ont eu aussi le Nobel, qui ont laissé des souvenirs plus que mitigés, comme Hayek.(*), Friedman...
     Jeau Tirole, lui, prend comme modèles l'Allemagne et la Suède...en évoquant la complexité des marchés  (il fallait y penser; on dirait du Molière), primé pour son «analyse de la puissance du marché et de la régulation». Mazette!
                                          Une légitime récompense, selon le malicieux économiste Jean Gadrey: "...Le prix de la Banque de Suède attribué à Jean Tirole s’inscrit dans la tradition d’une institution dont environ 90 % des lauréats font partie du courant de l’économie orthodoxe appelée néoclassique, celle qui sert depuis plus d’un demi-siècle à justifier la supériorité du marché concurrentiel, pourvu qu’il soit conforme aux modèles économiques, sur toutes les autres institutions de l’économie.
Cette nomination est aussi la reconnaissance par l’orthodoxie mondiale de la singularité, en France, de l’Ecole d’économie de Toulouse, celle qui est le fer de lance dans notre pays du modèle américain faisant des grandes entreprises privées, des banques et des compagnies d’assurances les grands financeurs, à part presque égale avec l’Etat, de la recherche économique, mais aussi les principaux dirigeants, à nouveau à part presque égale, des Conseils d’administration. Jean Tirole a beaucoup contribué à cette modalité de « liaisons dangereuses » entre la recherche et le capitalisme financier, et le fait qu’il soit honoré par une banque n’est que justice...
     Il est juste et légitime que le jury néolibéral de la Banque de Suède honore l’un des plus brillants représentants de l’économie néolibérale, un des plus fervents défenseurs de la logique du marché concurrentiel contre les insupportables interventions étatiques, contre le droit du travail, contre les contraintes bureaucratiques imposées aux grandes entreprises et aux banques, lesquelles financent une bonne partie de ses recherches et de son salaire..."
        Notre néo-Nobel est un paradoxe! Un super économiste pragmatico-libéral (sic!) dans un pays en super crise. Un roi  de l'innovation: il veut rendre le licenciement plus facile.
              On sait pourtant que l'économie n'est pas une science dure et la crise a bien montré à quel point beaucoup se sont trompés. Elle peut même être une imposture, en fonction de certains choix préalables non interrogés..Son enseignement devrait être revu et il est des présupposés à revoir, un formalisme mathématique qui interdit tout débat de fond...
     La plupart n'ont rien vu venir, comme certains l'ont reconnu.  Il arrive même qu'on puisse dire tout et le contraire de tout.       Cela relativise un peu...
          [ -Krugman fustigeait naguère "la cécité de la profession sur la possibilité de défaillances catastrophiques dans une économie de marché"."Durant l’âge d’or, les économistes financiers en vinrent à croire que les marchés étaient fondamentalement stables - que les actions et autres actifs étaient toujours cotés à leur juste prix"---- M. Greenspan avouait qu’il était dans un état d’ « incrédulité choquée » car « l’ensemble de l’édifice intellectuel » s’était « effondré ». Cet effondrement de l’édifice intellectuel étant aussi un effondrement du monde réel de marchés, le résultat s’est traduit par une grave récession"( P.K.)_« Lorsque dans un pays le développement du capital devient un sous-produit de l’activité d’un casino, le travail est susceptible d’être bâclé. », disait Keynes.]
      Bref, une "science" en question, souvent aveugle à ses postulats.
               Il n'y a pas eu que Marx pour dénoncer la misère d'une certaine économie dogmatique, par trop liée aux intérêts des dominants.
     On dit Jean Tirole modeste, voire timide. Mais le problème est ailleurs et dépasse sa personne...
 Certains mauvais esprits vont jusqu'à dire que ce brave homme, marqué par sa formation aux USA et les principes des dogmes libéraux qu'il a parfaitement intégrés fait partie des imposteurs de l’économie...
      Avant de se laisser emporter par cet unanimisme émouvant et un tantinet franchouillard, mieux vaut savoir qui est l’heureux récipiendaire de cette récompense planétaire. Car le personnage suscite aussi beaucoup de controverses. Il est même celui qui a le plus contribué, en France, à l’OPA du monde de la finance et de l’assurance sur la recherche économique de pointe. Il est, dans notre pays, l’une des figures les plus connues de cette catégorie d’experts que j’avais baptisés dans un livre publié en avril 2012, les Imposteurs de l’économie (Éditions Pocket), dont Mediapart avait publié les bonnes feuilles (lire L’OPA de la finance sur la recherche économique). Et il n'y a guère que l'association Attac qui s'en soit souvenu, lundi, en publiant un communiqué à contre-courant : « Alors qu’un déluge de commentaires élogieux en forme de « cocoricos » se propage dans les médias, Attac déplore ce choix qui s’inscrit dans la lignée des prix attribués à Hayek, Friedman et autres économistes néolibéraux en grande partie responsables de la crise actuelle ».
Alors qu’un déluge de commentaires élogieux en forme de « cocoricos » se propage dans les médias, Attac déplore ce choix qui s’inscrit dans la lignée des prix attribués à Hayek, Friedman et autres économistes néolibéraux en grande partie responsables de la crise actuelle.
Certes, tout cela ne transparaît nullement dans le communiqué officiel annonçant l’honneur fait à l’économiste français. Le jury du Nobel s’y est seulement borné à souligner qu’il entendait récompenser Jean Tirole pour son « analyse de la puissance du marché et de la régulation ». « Jean Tirole est l'un des économistes les plus influents de notre époque. Il est l'auteur de contributions théoriques importantes dans un grand nombre de domaines, mais a surtout clarifié la manière de comprendre et réguler les secteurs comptant quelques entreprises puissantes. (…) La meilleure régulation ou politique en matière de concurrence doit (…) être soigneusement adaptée aux conditions spécifiques de chaque secteur. Dans une série d'articles et de livres, Jean Tirole a présenté un cadre général pour concevoir de telles politiques et l'a appliqué à un certain nombre de secteurs, qui vont des télécoms à la banque », lit-on encore dans ce communiqué....
 Dans la communauté des économistes français, la nouvelle risque pourtant d’être accueillie avec beaucoup plus de réserves. D’abord, parce que le jury du Nobel d’économie a pris la détestable habitude depuis plus de deux décennies de ne récompenser, à l'exception de Paul Krugman en 2008, qu’un seul courant de pensée, celui du néolibéralisme. Or l’économie n’est pas une science exacte mais une branche des sciences sociales, c’est-à-dire une discipline dont la richesse dépend du pluralisme de ses approches. Avec Jean Tirole, la détestable habitude se prolonge encore une année de plus.
Il y a une autre explication à la déception que ressentiront beaucoup d’économistes, qui tient à la personnalité même du récipiendaire. Car Jean Tirole est à l’origine – et toujours à la direction – de l’École d’économie de Toulouse, qui est la tête de pont au sein de l’université française des courants de pensée libéraux ou ultralibéraux en économie. Plus que cela ! C’est lui, effectivement, qui a joué les précurseurs pour inviter le monde de la finance à sponsoriser la recherche économique...
                Maurice Allais, autre prix Nobel, avait en son temps montré les limites et la dangerosité d'une certaine école de pensée économique ainsi inféodée aux intérêts dominants.... (voir ici)
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-"Hommage" à Jean Tirole 
Jean Tirole, un "Nobel" d’économie normal
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Relayé par Agoravox
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    samedi 11 juin 2022

    Folie de Poutine?

     Vraiment?

                            Régulièrement la question se pose: la détermination du Kremlin, son obstination, voire contre ses propres intérêts, ses autojustifications permanentes dans une aventure qui peut sembler sans fin, dévastatrice, amènent certains à qualifier cette détermination autocrate comme l'effet d'une sorte de "folie" (*), une aventure irrationnelle qui ne peut donner prise à une analyse rationnelle. Les explications psychologiques, voire pathologiques, montrent vite leur limites, surtout si on se souvient des prétentions de l'autocrate, surtout depuis une dizaine d'années et ses efforts constants pour faire taire toute opposition et à se raccrocher aux vieux mythes de l'empire.                                                   Le système Poutine est spécifique, disait-on il y a déjà quelques années, sans doute de manière un peu un peu courte et naïve, avant que l'ours se réveille, à la stupéfaction de tous. Se manifestait déjà l'hypertrophie du pouvoir qui ne supportait pas les ombres. Le nouveau tour de l'affaire ukrainienne, qui risque de durer et peut-être d'engendrer des escalades dangereuses, oblige à durcir ses jugements; même si l'on s'efforce de d'abord comprendre plutôt que de diabolises, de percevoir un fil directeur dans le chaos des événements qui se précipitent.   

    __Empire russe 1914 __

                                       
    « Tout potentat qui n’a que la puissance terrestre n’a qu’un bras,  Mais qu’il y ajoute la puissance maritime, il a les deux. » (Pierre le Grand)                                               ________ Voulant se mettre dans les pas de Pierre Le Grand, mais aussi de la Grande Catherine, le nouveau tsar du Kremlin prétend ne pas vouloir couper l'immense Russie de l'accès aux mers chaudes, pour désenclaver la Grande Russie et lui offrir de nouveaux horizons commerciaux et militaires. C'est du moins l'intention principale que d'aucuns lui prêtent dans l'"opération" en cours. Poutine vit de ses mythes historiques et de ses ambitions personnelles. Une nouvelle géopolitique tente de se mette en place, après les échecs et les humiliation de l'ère post-gorbatchevienne et surtout eltsinienne. Une nouvelle ambition, mais sans les mêmes moyens et avec d'autres méthodes, sur un échiquier international qui a radicalement changé. Avec comme effet non attendu le réveil d'un Otan déclaré moribond.   _______

            (*)   "...Poutine se voit en Pierre le Grand «reprenant» Saint-Petersbourg à la SuèdeLe président russe a comparé sa politique à celle du tsar Pierre le Grand lorsque ce dernier avait combattu la Suède, envahissant une partie de son territoire, ainsi que la Finlande, une partie de l’Estonie et de la Lettonie. «Nous venons de visiter une exposition consacrée au 350e anniversaire de Pierre le Grand. C’est étonnant, mais presque rien n’a changé. […] Pierre le Grand a mené la guerre du Nord pendant 21 ans. On a l’impression qu’en combattant la Suède, il s’emparait de quelque chose. Il ne s’emparait de rien, il reprenait», a affirmé Poutine, lors d’une rencontre avec des jeunes entrepreneurs à Moscou. «Lorsqu’il a fondé une nouvelle capitale [Saint-Pétersbourg - ndlr], aucun des pays d’Europe ne reconnaissait ce territoire comme appartenant à la Russie. Tout le monde le considérait comme faisant partie de la Suède. Mais depuis des temps immémoriaux, des Slaves vivaient là-bas aux côtés des peuples finno-ougriens. […] Il reprenait et renforçait», a-t-il dit. Avant de conclure : «Apparemment, il nous incombe aussi de reprendre et de renforcer».          ______________

    mardi 27 mai 2025

    Le "fou" du Kremlin?

     Hélas! il ne l'est pas

                  Du moins pas au sens clinique...

        Un fou? dit un mégalomane, qui a peut-être un problème... Certainement pas. Sauf si on appelle "folie" l'ambition démesurée, la mégalomanie narcissique qui se répondent.  La psychologie de la personne n'explique pas tout. L'hypertrophie du moi peut être reconnu, mais en la remettant dans le contexte historique de la Russie d'après Eltsine et les  rapports de force  géopolitiques du moment.  Une fuite en avant animée par la peur panique de tout perdre, certainement.                                                                                                                                                                          Régulièrement la question se pose: la détermination du Kremlin, son obstination, voire contre ses propres intérêts, ses autojustifications permanentes dans une aventure qui peut sembler sans fin, dévastatrice, amènent certains à qualifier cette détermination autocrate comme l'effet d'une sorte de "folie" (*), une aventure irrationnelle qui ne peut donner prise à une analyse rationnelle. Les explications psychologiques, voire pathologiques, montrent vite leur limites, surtout si on se souvient des prétentions de l'autocrate, surtout depuis une dizaine d'années et ses efforts constants pour faire taire toute opposition et à se raccrocher aux vieux mythes de l'empire.                                                   Le système Poutine est spécifique, disait-on il y a déjà quelques années, sans doute de manière un peu un peu courte et naïve, avant que l'ours se réveille, à la stupéfaction de tous. Se manifestait déjà l'hypertrophie du pouvoir qui ne supportait pas les ombres. Le nouveau tour de l'affaire ukrainienne, qui risque de durer et peut-être d'engendrer des escalades dangereuses, oblige à durcir ses jugements; même si l'on s'efforce de d'abord comprendre plutôt que de diabolises, de percevoir un fil directeur dans le chaos des événements qui se précipitent.   

    __Empire russe 1914 __

                                       
    « Tout potentat qui n’a que la puissance terrestre n’a qu’un bras,  Mais qu’il y ajoute la puissance maritime, il a les deux. » (Pierre le Grand)                                               ________ Voulant se mettre dans les pas de Pierre Le Grand, mais aussi de la Grande Catherine, le nouveau tsar du Kremlin prétend ne pas vouloir couper l'immense Russie de l'accès aux mers chaudes, pour désenclaver la Grande Russie et lui offrir de nouveaux horizons commerciaux et militaires. C'est du moins l'intention principale que d'aucuns lui prêtent dans l'"opération" en cours. Poutine vit de ses mythes historiques et de ses ambitions personnelles. Une nouvelle géopolitique tente de se mette en place, après les échecs et les humiliation de l'ère post-gorbatchevienne et surtout eltsinienne. Une nouvelle ambition, mais sans les mêmes moyens et avec d'autres méthodes, sur un échiquier international qui a radicalement changé. Avec comme effet non attendu le réveil d'un Otan déclaré moribond.   _______

            (*)   "...Poutine se voit en Pierre le Grand «reprenant» Saint-Petersbourg à la SuèdeLe président russe a comparé sa politique à celle du tsar Pierre le Grand lorsque ce dernier avait combattu la Suède, envahissant une partie de son territoire, ainsi que la Finlande, une partie de l’Estonie et de la Lettonie. «Nous venons de visiter une exposition consacrée au 350e anniversaire de Pierre le Grand. C’est étonnant, mais presque rien n’a changé. […] Pierre le Grand a mené la guerre du Nord pendant 21 ans. On a l’impression qu’en combattant la Suède, il s’emparait de quelque chose. Il ne s’emparait de rien, il reprenait», a affirmé Poutine, lors d’une rencontre avec des jeunes entrepreneurs à Moscou. «Lorsqu’il a fondé une nouvelle capitale [Saint-Pétersbourg - ndlr], aucun des pays d’Europe ne reconnaissait ce territoire comme appartenant à la Russie. Tout le monde le considérait comme faisant partie de la Suède. Mais depuis des temps immémoriaux, des Slaves vivaient là-bas aux côtés des peuples finno-ougriens. […] Il reprenait et renforçait», a-t-il dit. Avant de conclure : «Apparemment, il nous incombe aussi de reprendre et de renforcer».          _____________

    mercredi 1 juin 2022

    Point d'histoire

     Ces pays dit "neutres", sous le nazisme.

                  ____ Depuis la fin de l'aventure napoléonienne et l'avènement de Bernadotte au pouvoir, la SUEDE adopta une position officiellement (mais relativement) neutre dans ses relations internationales, ce qui lui a permis de jouer un rôle parfois important dans des négociations  parfois difficiles déclara officiellement. On se souvient du rôle joué par Dag Hammarskjöld au destin tragique. Les événements d'Ukraine pourrait bien la faire sortir de se réserve relative. Pendant la dernière guerre, le pays, sous prétexte de neutralité, eut une politique nettement favorable sur certains points à la politique du Reich.                                                                             Des documente compromettant continuent à être mis à jour: "...En 2001, le gouvernement a alloué 29 millions de couronnes (3,05 millions d'euros) à l'organisme pour qu'il finance divers projets d'étude, destinés à faire le point sur les relations de la Suède avec l'Allemagne nazie. Les premiers résultats de ces cinq années de recherche viennent d'être dévoilés. Le tableau dressé par l'historien Klas Amark, professeur à l'université de Stockholm et coordinateur du projet, est sombre. Selon lui, le travail réalisé par une dizaine de chercheurs illustre «le dilemme moral engendré par la politique de neutralité». Il précise : «La majorité des Suédois, ainsi que le gouvernement, ne désiraient rien d'autre que la paix. Ils étaient donc prêts à céder aux exigences de l'Allemagne nazie, si cela pouvait permettre d'éviter la guerre.» La collaboration a pris diverses formes. Les travaux d'Anders Jarlert décrivent comment l'Eglise et le ministère des Affaires étrangères parvinrent à empêcher les «mariages mixtes», entre juifs et «aryens». Le chercheur constate que «la Suède est allée bien plus loin que d'autres pays dans l'application des lois raciales», en exigeant des citoyens suédois qui souhaitaient épouser un citoyen allemand, une déclaration sur l'honneur, stipulant qu'aucun de leurs grands parents n'était de «descendance juive».  Anders Jarlert a retrouvé 430 de ces déclarations. Or, «contrairement à ce qu'on pourrait croire, les Suédois ne semblent pas avoir protesté», observe-t-il. Et si plusieurs prêtres tentèrent de résister, le nombre des opposants «semble avoir été presque nul». Afin d'accommoder Berlin, la Suède a accepté en outre de renvoyer des déserteurs allemands qui avaient franchi ses frontières. Ils furent expulsés vers la Norvège, occupée alors par les troupes nazies, sur l'ordre du ministre des Affaires sociales et de son secrétaire d'Etat, tous deux sociaux-démocrates. Par ailleurs, les opposants au régime nazi réfugiés en Suède, étaient souvent réduits au silence, et parfois internés dans des camps. La presse refusait de publier certaines informations qui pouvaient fâcher Berlin. Et certains patrons acceptèrent même de licencier leurs employés de confession juive, à la demande de l'Allemagne...."                                                                               Le film suédois The last Sentence donne une idée forte du combat un peut désespéré pour mettre à jour par une minorité les véritables objectifs du Führer. (voit Netflix actuellement)

                        ____ Une SUISSE au-dessus de tout soupçon?, comme l'écrivait Jean Zieger... Pendant la dernière guerre, la Reichbank confia des fonds à des banques suisses privées, mais pas seulement, sans qu'on s'interroge sur l'origine de ses fonds. Cette fameuse "discrétion" helvète!   Une fortune qui permit au pays de rester de rester à l'abri du conflit de manière ambigüe, contribuant à l'effort de guerre nazi. Malgré des débats internes très vifs à certaines périodes.                                                                                                                                         Une histoire plus tumultueuse que l'on ne croit avec le voisin germanique. Mais selon Wikipédia "...  Dès le début de la guerre, l'économie de la Suisse s'aligne sur ses deux voisins de l'Axe qui absorbent les deux-tiers de son commerce extérieur, alors qu'un dixième seulement de ses échanges sont réalisés avec les Alliés et le reste avec les pays neutres. Plus significatif encore, 84 % des exportations d'armes et de munitions depuis la Suisse le sont en direction de l'Axe, contre 8 % seulement pour les Alliés31.    Les relations diplomatiques entre la Suisse et l'Allemagne sont souvent entachées de points de frottement pendant la période de la Seconde Guerre mondiale, en particulier à la suite de la décision prise dès septembre 1939 de ne pas reconnaître les nouveaux États ou régimes tout en conservant des relations diplomatiques avec ceux existants avant le début du conflit, tels que la Pologne, la Belgique et la Yougoslavie32.       À la mort de Giuseppe Motta en , c'est le Vaudois Marcel Pilet-Golaz qui lui succède à la tête du Département politique, l'année même où il exerce la présidence de la Confédération. Il prononce, le , un discours radiophonique controversé dans lequel il préconise une nécessaire « adaptation » à la situation nouvelle et admet la fin de la guerre33. Dans le même temps où il accorde un entretien privé aux responsables du Mouvement national, il ne remercie pas les militaires et l'Armée suisse pour leur travail et ne prononce pas les termes de démocratie ou de neutralité34.      C'est principalement sur le plan de la politique monétaire que les relations entre la Suisse et l'Axe vont se développer et irriter les Alliés.       Avant la guerre, le franc suisse fait partie, avec le dollar américain, la livre sterling anglaise et l'or, des moyens de payements internationaux. Dès 1941, le franc suisse se retrouve comme seule monnaie stable non belligérante ; de plus, le gouvernement n'introduit pas de contrôle des changes et oblige la Banque nationale suisse à maintenir le franc à un niveau constant par rapport à l'or et aux principales monnaies.    L'Allemagne va ainsi acquérir, entre 1940 et 1945, du franc suisse auprès de la banque nationale en contrepartie de plus de 1,2 milliard en or, en provenance des réserves allemandes, mais également de l'or cédé dès 1940 par la Banque de Hollande et la Banque de Belgique à la Reichsbank sous la pression des forces occupantes36. À cet effet l'histoire de l'or de la banque nationale belge est édifiante et bien sombre.      En 1939, la Banque de Belgique confie une partie de sa réserve d'or à la Banque de France, lui demandant de la mettre en sûreté. Durant la bataille de France, fin , la Belgique demande à la France de transférer son or à Bordeaux puis à Londres sur un croiseur britannique. La France transfère cet or sur un bateau français à destination de Dakar. Le , la Banque de France s'engage à restituer cet or à la Belgique, mais legouvernement collaborationniste de Pierre Laval l'envoie à Berlin qui le réquisitionne. La Reichsbank transfère ainsi aux banques Suisses l'or détourné, d'une valeur de 378,6 millions de francs suisses, sans en connaître l'origine, qui reçoivent en plus un autre dépôt de 153 millions de francs suisses directement revendu à des tiers inconnus. En 1945, lorsque la banque de France restituera à la Banque de Belgique l'équivalent de l'or confié et versé en Suisse par le régime nazi, les banques helvétique déclareront ne disposer que de 160 millions de francs suisses de la somme détournée, la différence ayant été revendue pour les besoins d'opérations bancaires37.Enfin, les autorités fédérales acceptent, sous la pression des négociateurs allemands, de fournir des avances en matériel sous forme de crédit de compensation dont le montant va sans cesse croissant tout au long de la guerre pour atteindre 119 millions de francs lors de l'année 1943 où la Suisse va progressivement réduire ses exportations vers l'Allemagne sous la pression des Alliés38.En réaction à cet appui financier, la Grande-Bretagne, estimant le pays « inféodé » à l'Allemagne, va à trois reprises imposer un blocus qui aura pour effet de tarir totalement les importations de blé..."  _____________________