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vendredi 19 décembre 2008

Antitérrorisme: banalisation dangereuse

Risques de manipulation de l'opinion par la peur ?

Que deviennent les libertés publiques lorsque l'Etat, par ses hommes politiques et ses services de renseignement, évoque un scénario catastrophe à venir, et, au nom de la sécurité collective, argue d'une situation d'exception justifiant la surveillance et la coercition en invoquant la nécessité de l'antiterrorisme ? Est-ce que ces mesures antiterroristes sont proportionnelles au danger ? Sont-elles raisonnables ?

Du «groupe de Tarnac» au Printemps, l'antiterrorisme à toutes les sauces | Mediapart:

Après, l'affaire du Bb Haussman,"le plan Vigipirate s'en trouve encore «durci», lui qui est devenu permanent depuis le milieu des années 1990. Qui s'étonne, aujourd'hui, de cette pérennité ? Vigipirate, avec ses militaires en treillis et fusils d'assaut patrouillant dans les gares, fait désormais partie du paysage urbain. Depuis trois ans, le plan reste même classé «Rouge» – un niveau d'alerte à l'époque justifié par les attentats islamistes de juillet 2005 à Londres. Soit le troisième degré de dangerosité sur une échelle qui en compte quatre. Précédant l'«Ecarlate», il vise à «prévenir le risque avéré de plusieurs attentats graves», selon la typologie officielle.Peu importe qu'il n'y ait pas eu de campagne d'attentats terroristes, en France, depuis 1996 (l'attentat contre le RER à Port-Royal, 4 morts et 170 blessés). Et tant pis si le système antiterroriste «à la française» est régulièrement dénoncé. A chaque fois, le jugement critique paraît anesthésié quand le même scénario vient se répéter. Un événement, national ou international, justifie le maintien en alerte ou l'introduction de législations toujours moins soucieuses des libertés...
Cette loi de 1986 avait créé un dispositif judiciaire exorbitant du droit commun, animé par une poignée de magistrats qui s'occupent exclusivement de dossiers terroristes et qui ont l'habitude de travailler avec les services compétents. Problème : «Les liens étroits entre les juges d'instruction spécialisés et les services de renseignement dans les affaires de terrorisme sapent le principe selon lequel les juges devraient aborder toute preuve potentielle ou toute source d'information avec scepticisme et en tenant compte des droits des accusés», déplore l'organisation Human rights watch, dans son rapport de juillet 2008 (La justice court-circuitée. Les lois et procédures antiterroristes en FranceLa disposition la plus décriée de l'arsenal pénal français concerne l'«association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» – dernièrement utilisée contre le «groupe de Tarnac». Particulièrement floue, cette infraction vise à prévenir tout projet terroriste susceptible de se forger dans des groupes clandestins.Son principe est redoutablement simple : il n'est plus besoin d'établir un lien entre une activité présentée comme terroriste et un projet précis d'attentat. Cette disposition est née d'une loi de 1996, qui se voulait une réaction à une campagne d'attentats islamistes meurtriers (huit explosions entre juillet et octobre 1995, dans des lieux publics, avaient causé dix morts et une centaine de blessés).«L'interprétation étendue de ce qui peut constituer une participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste se traduit en des critères peu exigeants en matière de preuve pour l'arrestation et la décision de mettre en examen un suspect»...

-Dérives de l'antiterrorisme
-Printemps-Haussmann sur France Inter : « la technique de confusion intellectuelle » ? | AgoraVox
-- L'anti-terrorisme menace-t-il nos libertés ?
- Comment le 11 septembre a fait basculer les démocraties dans la répression des libertés
-Cellule invisible: "paranoïa anti-terroriste"?
-Sabotage SNCF: la police a fait «un pur montage» | Mediapart
-L'ultra-gauche bientôt accusée d'avoir fomenté la crise financière ?:

Il fallait un ennemi qui fasse l'unanimité. Les Etats-Unis ont Al Qaida, la France aura dorénavant l'Ultra-gauche. Des terroristes indicibles, indétectables, surentrainés, des experts... des anarchistes !

enquete ultra gauche sncf tgv

27500 actes de malveillances en 2007 contre les biens et les installations de la SNCF. Mais ceux-là sont très particuliers, ils ont été réalisés par des experts. Des gens qui possédaient des manuels pour résister aux interrogatoires de la police, des gens qui se réunissaient en secret pour refaire le monde, qui lisaient des livres sur l'anarchisme et, comble de l'extrémisme... ils possédaient des ordinateurs ! Ils avaient même réussi à se faire apprécier de leur village. C'est dire...(LMOUS)

Le business des « experts » en terrorisme décortiqué dans un livre sur les retombées 11 septembre :"Au nom du 11/09"

Peur et soumission politique

jeudi 18 décembre 2008

Crise: heureusement qu'il y a Jésus...


Vive la crise!

In God We trust

-"C'est une période merveilleuse pour nous, avec de grandes opportunités d'évangélisation", explique le révérend Bernard, fondateur et pasteur du centre culturel chrétien de Brooklyn, la première congrégation évangélique de la ville de New York, dont les fidèles s'efforcent désormais d'arriver en avance aux offices pour être certains de trouver une place assise. "C'est quand les gens sont profondément bouleversés qu'ils ouvrent des portes."

-"Je trouve cela particulièrement excitant", confie le révérend Don MacKintosh, télévangéliste de l'Eglise adventiste du septième jour en Californie. "Nous devons profiter de l'occasion parce que chaque réveil du christianisme dans ce pays a toujours suivi une période de peur et d'avidité généralisées. Or c'est exactement ce que nous traversons en ce moment, une période de peur et d'avidité."

Les églises évangéliques ne connaissent pas la crise:

"De New York à la Californie, les fidèles affluent aux offices afin de prier pour conserver leur emploi ou de méditer sur le sens profond de la récession.

Confronté à une vague d'affluence subite dans sa petite église évangélique de Rock Shelter, à Manhasset – sorte de refuge pour gestionnaires de fonds spéculatifs et autres membres de yacht-clubs de l'Etat de New York –, le pasteur a dû aménager une pièce supplémentaire équipée d'une télévision et d'une centaine de chaises pliantes. Et cela fait plus de deux mois que cette annexe de la maison de Dieu ne désemplit pas le dimanche. A Seattle, l'église évangélique de Mars Hill enregistre l'une des plus fortes fréquentations du pays : elle compte désormais quelque 7 000 fidèles, soit un millier de plus qu'en 2007. A West Orange, dans le New Jersey, la congrégation The Life Christian Church a vu doubler le nombre d'obsécrations de ses paroissiens ; la grande majorité d'entre eux demandent à conserver ou à retrouver un travail...
A travers tout le pays, les congrégations religieuses, grandes et petites, proposent désormais des séminaires pratiques pour les fidèles aux prises avec le fisc. Cela va des conseils sur la "paix financière" proposés par l'église Journey, située dans le centre de Manhattan, au programme "Good Sense" [bon sens], mis au point dans la Willow Creek Community Church de South Barrington, dans l'Illinois, et désormais enseigné dans plusieurs églises du pays. De nombreux autres pasteurs ont décidé d'abandonner leurs sermons habituels sur le mariage et sur les Béatitudes au profit de prêches sur le sens théologique de la récession économique. .."

-ÉTATS-UNIS • Jésus PDG de l'année:
"Le développement des Eglises évangélique et pentecôtiste américaines ces dernières années amènent les dirigeants de ces communautés religieuses à adopter des méthodes de fonctionnement purement commerciales, relève The Economist. L'hebdomadaire britannique cite en exemple la Willow Creek Community Church (WCCC), située à South Barrington, près de Chicago, dans l'Etat de l'Illinois, aux Etats-Unis.
Cette Eglise, fondée en 1975, possède un multicomplexe "comprenant des restaurants, des cafés, des stades de basket-ball, des écrans vidéo, et, surtout, un parking d'une capacité de 4 000 places". Selon The Economist, la WCCC et la majorité des mégacommunautés pentecôtistes américaines ont "les mêmes principes de base que les entreprises : mettre le client au centre de toutes leurs préoccupations". Pour être toujours plus proches de la demande des fidèles, "ces méga-Eglises n'hésitent pas à créer des regroupements selon les centres d'intérêts de ceux-ci. L'Eglise met à la disposition de ses ouailles des services sociaux allant du soutien aux alcooliques jusqu'au transport en commun en passant par un service de garderie pour des milliers d'enfants tous les week-ends", souligne le magazine londonien..."

-Le sacrifice de la protection sociale pour un meilleur asservissement à la religion

- Dieu est-il américain ?

mercredi 17 décembre 2008

Bonjour

Madoff : hold-up  "éthique"  


Y a-t-il d'autres cadavres dans le placard ?
Qui contrôle les contrôleurs ?
"Que fait la police?" (DSK)








La plus vieille escroquerie du monde: la pyramide

Le moteur: la confiance . Le ressort: le panurgisme
-"Elle repose sur un mécanisme d'une simplicité enfantine : la rémunération des investisseurs d'hier non pas avec les profits réalisés par leurs placements, mais avec l'argent apporté par les investisseurs plus récents, attirés, eux aussi, par la promesse de profits mirifiques. Tant que les investisseurs initiaux ne cherchent pas à récupérer leur mise, tout va bien. Mais qu'ils se retirent du jeu, et la pyramide s'écroule"-

Affaire Madoff : la malhonnêteté ordinaire :
"...Un fonds qui fonctionnait comme un mouvement d’horlogerie et rapporta pendant vingt ans 1 % par mois, qu’il pleuve ou qu’il vente ? Un fonds dont les journaux rapportaient depuis 1999 qu’il était une pyramide, après qu’un certain Mr. Markopoulos avait alerté sans effet la SEC (Securities & Exchange Commission), le régulateur des marchés financiers ? Non : pour participer au fonds, il fallait être parrainé, et ce que votre parrain devait vous glisser dans le tuyau de l’oreille, c’était ceci : « C’est l’ancien patron du NASDAQ, personne n’ira jamais voir ! Et s’ils devaient jamais aller regarder : il siège dans tous les comités de surveillance ! »...

-Bernard Madoff, l'homme aux investissements "de haute éthique":
"M. Madoff avait créé son propre fonds à l'âge de 22 ans, avec 5 000 dollars de mise personnelle. Réputé intuitif, ultrarapide mais aussi très "éthique", il avait fini par s'imposer dans la communauté financière. Il avait pris la présidence du Nasdaq après en avoir révolutionné le fonctionnement.Figure de la communauté juive new-yorkaise, le "génial" financier était très présent dans ses activités caritatives, académiques et culturelles, ainsi que dans l'organisation du soutien financier à Israël. Parmi les nombreux "amis" qui lui avaient confié la gestion de leur portefeuille, on trouve certains des plus riches juifs américains, de vieilles familles de Long Island et de Floride.Celles-ci étaient souvent démarchées par un "makher" – un terme yiddish pour désigner un homme important – qui leur vantait les mérites du fonds Madoff Investissement Securities et expliquait qu'il leur servirait d'intermédiaire auprès de l'influent "Mr Madoff".Pour vendre ses prestations et son fabuleux rendement garanti jusqu'à 11 % l'an, M. Madoff mettait en avant ses valeurs, notamment, comme l'écrit son site Internet, son "attachement à des principes d'échanges équitables et de haute éthique".Mais depuis plusieurs années, sa méthode d'investissement mystérieuse, et le personnage lui-même, faisaient l'objet de vilaines rumeurs.

-Scandale Madoff : accusés, levez-vous:

"...Outre Madoff lui-même, se pose la question de la supervision de l'autorité américaine de régulation des marchés (SEC), auprès de laquelle Madoff était enregistré. "La réglementation américaine est en cause", a estimé lundi le nouveau président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, estimant qu'il s'agissait de la quatrième fois en dix ans, citant le fonds spéculatif LTCM (1998), le courtier en énergie Enron (2001) et la banque Lehman Brothers (2008)."Ce n'est pas un gérant qui était aux Caïmans, il était enregistré à la SEC. Cela veut dire qu'il y a une faillite totale de la régulation", juge Noël Amenc, professeur à l'EDHEC. Si la responsabilité des régulateurs européens, qui n'ont pas autorité sur un établissement financier américain, n'est pas en cause, celle des intermédiaires est régulièrement évoquée."Les banques sont coupables de ne pas avoir posé les bonnes questions", estime Mme Van Straelen, pour qui "elles se sont fait leurrer par les performances et un nom prestigieux". Même si elles n'ont pas investi directement dans les fonds Madoff, les banques avaient ainsi obligation de valider les choix d'investissement des fonds auxquels elles prêtaient..."

- Le scandale Madoff touche l’Europe

Des gérants parisiens embarrassés d'avoir investi dans Madoff

-L'affaire Madoff humilie les autorités américaines-

Le scandale Madoff fait trembler le monde financier:

"Jean-Pierre Jouyet, qui prendra la tête de l'autorité française de régulation des marchés financiers lundi, a déclaré dimanche ignorer si des institutions françaises avaient été victimes de l'escroquerie.

recesion imagen economia mundial

Bernard Madoff, ancien patron du Nasdaq et pilier de Wall Street, est l'auteur présumé d'une des plus grandes escroqueries individuelles jamais vues aux Etats-Unis.Une longue liste de riches personnalités américaines et de banques étrangères comme la française BNP Paribas, les espagnoles BBVA et Santander, la japonaise Nomura ou Neue Privat Bank de Zurich seraient victimes de la gigantesque fraude, selon le Wall Street Journal (WSJ).L'exposition de BNP Paribas est difficile à estimer, selon le journal, et pourrait être liée aux prêts que la banque consentait à un gros fonds de fonds qui était un gros client de Bernard Madoff. Jean-Pierre Jouyet, qui prendra la tête de l'autorité française derégulation des marchés financiers lundi, a déclaré dimanche ignorer si des institutions françaises avaient été victimes de l'escroquerie...">>La liste des victimes de Madoff s'allonge>>

-La finance pascalienne | AgoraVox

Madoff, la finance devenue folle
-Comprendre l'affaire Madoff
-La fable des termites et des conduites pourries
-Madoff - Recherche Google

mardi 16 décembre 2008

Psychiatrie en détresse



" La psychiatrie publique va mal. Délaissée, ballottée au gré des faits divers. En vingt ans, elle a perdu plus de 100 000 lits, sans qu’ils soient, le plus souvent, remplacés par des structures intermédiaires. Pendant ce temps-là, les malades sont pris en charge, parfois avec chaleur, d’autres fois avec des pratiques inhumaines. Souvent, ils attendent des semaines avant d’obtenir une consultation. Et nombre d’entre eux sont renvoyés dans la rue ou en prison."

Les psys appellent à un électrochoc:

"...L’onde de choc est violente. Depuis le 2 décembre et le discours de Nicolas Sarkozy à l’hôpital psychiatrique d’Antony (Hauts-de-Seine), où il a présenté «un plan de sécurisation des hôpitaux», le monde de la santé mentale est sens dessus dessous. Comme sidéré par ces annonces, formulées après l’agression mortelle d’un étudiant grenoblois par un patient de l’hôpital de Saint-Egrève.Le 2 décembre, le chef de l’Etat a parlé de réformes de la loi d’hospitalisation ; demandé la création de 200 chambres d’isolement ; exigé le contrôle des permissions de sortie ; proposé la systématisation des soins sous contrainte. Plus saisissant, il a suggéré l’utilisation de bracelets électroniques pour les malades, à l’instar des délinquants. Un discours perçu comme un terrible retour en arrière. En écho, se multiplient initiatives et prises de positions, parfois contradictoires. Jusqu’à cet «Appel des 39», ce week-end, demandant aux soignants de «sortir de la résignation» (lire page 4).Vendredi soir, dans un local syndical à Paris, ils sont donc 39 à tenter d’apporter une réponse commune. Fait peu habituel, il y a là les représentants de presque tous les syndicats de psychiatres, mais aussi des psychologues, des psychanalystes, des infirmiers. Ils sont réunis à l’initiative d’Hervé Bokobza, psychiatre à Montpellier, à l’origine des Etats généraux de la psychiatrie en 2003. Ce fut, alors, un moment fort, mais qui n’a débouché sur rien. Cinq ans plus tard, la communauté des psys va-t-elle se réveiller ?«En tant que jeunes internes, on se sent coincés. Les chambres d’isolements ? On y a été habitués. L’omniprésence des neuroleptiques aussi. Les psychiatres sont complices. C’est un appel aux plus vieux ! Réveillez-vous, prenez position», a lancé le président des internes en psychiatrie.«La majorité de nos collègues ont été choqués par le discours du Président. Mais comment réagir ? Faut-il aller trop vite, trop loin ?» s’est interrogé Angelo Poli, qui dirige le Syndicat des psychiatres d’exercice public.«Attendez, lâche un confrère, dans mon petit hôpital de province, je me bats déjà tous les jours contre les consignes du préfet, qui veut restreindre toutes les sorties des malades. Je ne sais pas combien de temps je vais tenir.» Patrick Chemlat, psychiatre reconnu, qui dirige un secteur à Reims : «Des traitements obligatoires, en ambulatoire, c’est-à-dire quand les patients sont chez eux, jamais je ne pensais que je verrais cela.» Une colère, évidente, massive, s’est déversée durant la soirée. Et, au final, un appel. «Il y a plein d’îlots de résistance, il faut les unir», a insisté Hervé Bokobza.Que va-t-il se passer ? Au sein de la psychiatrie française, la situation reste un brin confuse. Entre les tenants d’une réponse forte et ceux qui ne veulent pas se laisser enfermer dans un discours «pour ou contre la sécurité».Reste que la psychiatrie publique va mal. Délaissée, ballottée au gré des faits divers. En vingt ans, elle a perdu plus de 100 000 lits, sans qu’ils soient, le plus souvent, remplacés par des structures intermédiaires. Pendant ce temps-là, les malades sont pris en charge, parfois avec chaleur, d’autres fois avec des pratiques inhumaines. Souvent, ils attendent des semaines avant d’obtenir une consultation. Et nombre d’entre eux sont renvoyés dans la rue ou en prison."

-Psychiatrie: vers un front du refus contre la politique sécuritaire de Sarkozy | Mediapart
" Douze jours après l'infâme discours de Sarkozy à l'hôpital d'Antony devant des professionnels de la psychiatrie publique, la résistance s'organise. Ce discours est sur www.ldh-toulon.net/spip.php?article2996. Peut- on approuver ce discours? L'article du Figaro, titré "Psychiatrie: Sarkozy veut sécuriser les hôpitaux" place l'exigence sécuritaire de Sarkozy comme simplement une "urgence" dans le cadre "des réformes gobales de la psychiatrie"qui devraient s'inspirer d'une commission, dite commission Couty, qui doit rendre prochainement ses avis au Ministre. Certaines interventions de syndicats de psychiatres, de syndicats d'infirmiers, d'associations de familles et d'associations de patients tentent de croire en la possibilité d'un dialogue avec ce pouvoir, avec la ministre de la santé , avec ce Président. Mais l'analyse du discours de Sarkozy, ce que j'ai tenté sur le site "contes de la folie ordinaire" de Mediapart, www.mediapart.fr/club/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/, montre que ce discours est sans ambiguité, qu'il n' y a aucun malentendu possible: Sarkozy est venu dire aux professionnels de la psychiatrie publique que leur coeur de métier était l'enfermement illimité des personnes dangereuses, et que sa "conviction" est que ces personnes dangereuses sont folles. Tel un colonel devant ses troupes rassemblées, il a donné ses consignes. Rien n'annonce la possibilité d'un dialogue dans ce discours.Des réactions virulentes se sont multipliées. Plusieurs articles sur cette édition "contes de la folie ordinaire"ont paru,www.mediapart.fr/club/edition/contes-de-la-folie-ordinaire . Hervé Bokobza a rappelé que "la psychiatrie n'est pas une discipline sécuritaire", il écrit"enfermer les fous, les mettre en prison, les cacher du regard des autres "humains"est un "crime social dont le prix à payer est et sera au prix fort, celui d'un retour à l'ancien régime". Puis un texte collectif fut mis en ligne par Yves Gigou, "la folie est redevenue, à la demande d'un président l'objet de la vindicte populaire".
Héritiers de la psychiatrie désaliéniste et de ce qui fut le courant de la psychothérapie institutionnelle, ils dénoncent "une décision d'une gravité exceptionnelle", car "jamais la stimatisation n'avait atteint ce niveau". Ils appellent "dans les plus brefs délais", à défendre notre société, ses malades", "dans la rue". Paul Machto, dans un article, "après la nuit de Bicêtre, les ténèbres d'Antony"se situe dans la même lignée, insiste sur les effets délétères que va avoir ce discours de Sarkozy dans la population, sur les patients et leurs familles, sur les soignants. "Des excuses faites aux patients devraient être exigées". Il conclut: "un ordre nouveau est en train de se mettre en place".Une lettre ouverte au président a beaucoup circulé, ecrite par Mickael Guyader, où il écrit à Sarkozy: "vous avez donc contribué à la destruction du lien social en désignant des malades à la vindicte(...) J'affirme ici mon ardente obligation à ne pas mettre en oeuvre vos propositions dégradantes d'exclure du paysage social les plus vulnérables".Cette lettre ouverte, comme nombreuses autres réactions ont été recensées sur http://serpsy.org/nouveautés/Nouveautés. Le syndicat SUD, l'association "Croix Marine", les CEMEA, le syndicat de psychiatres privés SNPP s'y expriment avec force. Le SNPP se déclare scandalisé par "tant de déni, de démagogie et d'ignorance" dans ces "propos intolérables du chef de l'Etat". Les communiqués du PCF et de la LCR sont virulents eux aussi.Un dépassement collectif de ces réactions dispersées est proposé par un texte qui a paru dans la rubrique "opinions" du Monde du 12 décembre, "Politique de la peur", lisible sur http://uspsy.org . Il regroupe le président de la Ligue des droits de l'homme, des membres du Syndicat de la magistrature, de l'Union syndicale de la psychiatrie, des associations CEDEP et Serpsy, de SUD santés-sociaux, et aussi des Verts, du PCF et de la LCR. Il met en série la loi de prévention de la délinquance de Sarkozy ministre de l'Intérieur, la récente loi de rétention de sûreté, le fichier Edvige et ce discours de Sarkozy. Et aussi la façon insupportable dont sont traités les sans-papiers, les collégiens, certains journalistes, les SDF. "Un ensemble liberticide" utilisant "un bulldozzer administratif et comptable". Ce sont les prémisses d'une logique totalitaire au sens de Hanna Arendt qui sont dénoncées, "un système dans lequel les hommes sont superflus".Contre cette "idéologie populiste" et cette "dérive sécuritaire": "nous déclarons que nous continuerons d'y résister concrètement et solidairement. Nous appelons tous ceux qui agissent à élaborer un manifeste constituant d'un front du refus." C'est entendu.(Pascal Boissel)

-Psychiatrie : Sarkozy veut "sécuriser"
-Sarkozy veut sécuriser les hôpitaux
-Les professionnels de la psychiatrie appellent à "garder la raison"
-Psychiatrie : le coup de colère des professionnels
-Face à la grande misère de la psychiatrie française
-Enfermés dehors (3/3): qu'avons-nous fait de nos fous?
-Contes de la folie ordinaire
-_La psychiatrie violentée
-La psychiatrie sinistrée
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- Psychiatrie sous influence

lundi 15 décembre 2008

Diabolique Dico

Un dico pas comme les autres...

Ambrose Bierce : un facétieux...

[-Seul adj.: En mauvaise compagnie. (A.Bierce)]
______________________


Le dictionnaire du Malfaisant | AgoraVox (librement adapté et actualisé par Philippe Renève ):

-Premier ministre:Majordome, capable de faire le dos rond au moyen d’une échine particulièrement souple ; en souffre parfois cruellement.
-Ministre:Homme de main déguisé en valet de pied.
- Garde des Sceaux, ministre de la Justice:Dame soucieuse de rehausser le prestige de la magistrature en lui suggérant quotidiennement par l’exemple le port d’élégantes tenues de grands couturiers.
- Ministre de la Culture et de la Communication:Dame agrégée de lettres chargée de défendre avec éloquence et pugnacité les intérêts des grands groupes de communication privés.
-Ministre de la Défense:Homme chargé de veiller avec la plus grande attention belliqueuse et des armes tout à fait létales à l’intégrité du système dentaire des pachydermes.
-Ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative:
Dame chargée de diffuser auprès des masses citoyennes les saines idées du Président sur la santé publique en gloussant le plus intelligemment possible.
- Ministre de l’Agriculture et de la Pêche:Homme des montagnes chargé d’aplanir les montagnes de protestations des paysans et des pêcheurs.
- Ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire:Homme chargé de développer durablement, au moyen de techniques intenses de concentration, l’affaissement buriné de son visage et le négligé sauvage de sa tenue.
- Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi:Dame chargée de tester auprès de la presse et de l’opinion publique, par des annonces et déclarations multiples dans le domaine économique, la plus large palette possible de gaffes, bêtises, contresens, loufoqueries, palinodies et rectificatifs.
- Ministre de l’Education nationale:Homme chargé de dégrader par tous les moyens possibles l’enseignement public en France afin de montrer que le masochisme et la tendance à l’autodestruction peuvent être des aides précieuses pour l’enseignement privé.
-Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche:Dame chargée d’enseigner supérieurement que les chercheurs doivent trouver....
-etc...

- Recueil de citations de Ambrose Bierce:
  1. Aborigènes n.p. Personnes de moindre importance qui encombrent les paysages d'un pays nouvellement découvert. Ils cessent rapidement d'encombrer ; ils fertilisent le sol.
  2. Absurdité n. Affirmation manifestement incompatible avec son opinion propre.
  3. Accomplissement n. La fin de l'effort et le début de l'ennui.
  4. Alliance n. En politique internationale, union de deux voleurs qui ont leurs mains si profondément enfoncées dans les poches l'un de l'autre qu'il leur est difficile de s'en prendre séparément à un troisième.
  5. Amnistie n. Magnanimité d'un pays envers des coupables qu'il serait trop onéreux de sanctionner.
  6. Amour n. Folie temporaire que l'on peut guérir par le mariage ou en retirant le patient du champ d'influence qui est à la source de l'indisposition.
  7. Antipathie n. Sentiment inspiré par l'ami d'un ami
  8. Aphorisme n. Sagesse prédigérée.
  9. Ardeur n. État particulier de l'amour sans expérience
  10. Assisté n. Individu qui compte sur la générosité publique pour un soutien que vous-mêmes n'êtes pas en position de pouvoir obtenir.
  11. Auto-évident adj. Évident pour une seule personne à l'exclusion de toute autre.
  12. Autosatisfaction n. Évaluation erronée.
  13. Avouer v. Confesser une faute. Dévoiler les fautes d'autrui est un grand devoir imposé par l'amour de la vérité.
  14. Bataille n. Manière de défaire avec les dents un noeud politique qui ne veut pas céder avec la langue.
  15. Beauté n. Pouvoir qui permet à la femme de charmer un amoureux et de terrifier un mari.
    etc...

dimanche 14 décembre 2008

Faillite financière (suite) 

"Contrairement aux proclamations des défenseurs du marché dérégulé, cette nouvelle donne produit un appauvrissement structurel bien réel, comme nous le rappelle chaque jour le sort subit par ceux que l’on appelle les « exclus, » toujours plus nombreux. Il est temps, grand temps, de se détourner de cette dangereuse illusion qu’est le Consensus de Washington, et de remettre en cause les traités qui lui donnent force de loi" (MH)

Une faillite financière de dimension historique :

"Depuis des années, la faible progression des salaires a été compensée dans le modèle anglo-saxon par un endettement des ménages, suppléant au manque de revenus. A cette réalité, la montée des pays émergents et la facture énergétique ont ajouté une autre dimension : l’accumulation par les exportateurs de surplus libellés le plus souvent en dollars, et réinvestis sur les places financières anglo-saxonnes. Cet afflux de capitaux a permis pendant un temps de repousser les échéances, en accumulant les dettes au-delà de toute raison, grâce à l’ingéniosité et au manque de scrupules de financiers qui trouvaient là une source de revenus en apparence intarissable. Jusqu’au moment où la prise de conscience, à l’occasion de la crise des subprimes, de l’énormité de cette bulle de papier, a conduit à une conclusion inévitable : elle ne sera pas payée. Aujourd’hui, les dégâts sont énormes, à la taille de la place prise par la sphère financière dans l’économie. La liquidation ou la restructuration de la partie irrécouvrable de cette dette prendra des mois si ce n’est des années et d’ici là, en l’absence de l’apurement des comptes, aucune véritable reprise ne peut avoir lieu. Mais ce n’est pas la seule difficulté à venir. Car les pays émergents ne laisseront pas partir en fumée les crédits accordés sans réagir. Et la Chine vient de le rappeler fermement à Paulson. Robert Peston, journaliste économique à la BBC, donne son analyse la situation - plutôt sombre - du Royaume Uni...
L’un des meilleurs indices permettant de se représenter cette accumulation d’emprunts est celui de la dette extérieure brute des banques anglaises. Elle est passée de 1 100 milliards de livres en 1997 à 4 400 milliards cette année - là encore, environ trois fois la valeur de notre production économique annuelle.Ces chiffres indiquent deux choses. Ils montrent l’énorme et insoutenable croissance qu’ont connu la City et l’activité financière. Aujourd’hui, la City subit une cure d’amaigrissement et se venge par des pertes massives d’emplois et la diminution des recettes fiscales ( il s’agit peut-être de 30 ou 40 milliards de livres de revenus pour l’Etat qui vont disparaître à jamais). Mais ils montrent également que ces dettes représentent dans une large mesure un recyclage de l’épargne en provenance d’autres pays, notamment les énormes excédents de la Chine, des pays asiatiques et du Moyen-Orient.Pour le dire crûment, durant la plus grande partie de la dernière décennie, des millions de Chinois asservis à un salaire permettant tout juste de survivre ont malgré tout réussi à épargner, à la fois en tant que nation (La Chine détient l’équivalent de 1,400 milliards de livres en réserves de change) et en tant qu’individus. Ce déséquilibre - entre l’épargne de l’Orient et notre endettement Occidental, entre leurs énormes excédents commerciaux et nos déficits - ne pouvait en aucun cas être soutenable.A mon avis, l’évènement le plus important de la semaine dernière a été la réprimande adressée par Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la banque centrale chinoise, à l’attention du secrétaire au Trésor américain, Hank Paulson. M. Zhou a déclaré que « la surconsommation et une grande dépendance à l’égard de crédit sont la cause de la crise financière des Etats-Unis » et que « les États-Unis devraient prendre l’initiative d’adapter leurs politiques, de relever leur taux d’épargne de façon appropriée et de réduire leurs déficits commercial et budgétaire ».Il s’agit là d’une déclaration sans équivoque indiquant que les Chinois ne sont plus disposés à financer les dépenses des États-Unis et du Royaume-Uni : ils ne veulent pas prêter plus et ils veulent être sûrs que ce qu’ils ont déjà prêté ne va pas disparaître dans une nuée de dettes insolvables et d’inflation...
Qui faut-il blâmer ? La réponse courte est : nous tous. Mais il est difficile de nier le fait que la plus grande faute incombe aux banques et aux banquiers - parce qu’ils ont systématiquement failli à faire ce pourquoi ils sont rémunérés : c’est à dire évaluer correctement les risques associés à tous ces prêts. Désormais, la survie de ces établissements dépend entièrement de l’engagement des gouvernements et des contribuables."

- La fin du Consensus de Washington:
"« La « nouvelle économie » d’aujourd’hui n’est pas basée sur les nouvelles technologies et les investissements, comme Greenspan le clamait dans les années 1990, mais sur l’inflation des actifs qui produit des gains en capitaux. Les surplus de l’économie sont absorbés par le service de la dette et non pas par l’investissement productif ou par un partage des gains de productivité au bénéfice des salariés. Les salaires et les niveaux de vie restent stagnants pour le plus grand nombre lorsque l’économie tente de s’enrichir par le « miracle des intérêts composés, » et quand les gains en capitaux en provenance du secteur financier servent à octroyer de nouveaux crédits qui poussent à la hausse le prix des actifs, en une sorte de mouvement perpétuel de la machine du crédit et de la dette. » Depuis vingt ans, les partisans du Consensus de Washington nous répétaient « le marché y pourvoira, » promettant richesse et prospérité pour tous. La réalité leur donne tort. En généralisant la concurrence à outrance sur les facteurs de production, la mondialisation exerce une pression perpétuelle à la baisse sur les salaires. Le remplacement des industries à forte productivité par des services à faible valeur ajoutée déforme la structure de la rémunération et affaiblit la demande. Une part grandissante de la population est privée de la possibilité de s’insérer dans l’échange marchand, car elle n’est plus en mesure de défendre le niveau de salaire qui permettrait de contrebalancer le différentiel de productivité. Contrairement aux proclamations des défenseurs du marché dérégulé, cette nouvelle donne produit un appauvrissement structurel bien réel, comme nous le rappelle chaque jour le sort subit par ceux que l’on appelle les « exclus, » toujours plus nombreux. Il est temps, grand temps, de se détourner de cette dangereuse illusion qu’est le Consensus de Washington, et de remettre en cause les traités qui lui donnent force de loi..."
-La fin du Consensus de Washington

- La récession américaine, jusqu’où ?
- Sale temps pour les Hedges funds

-La stabilité internationale, menacée par la crise:
"Les crises économiques mondiales et les tempêtes sur les devises qu’elles provoquent ont un potentiel de déstabilisation dévastateur. Lorsque les économies nationales s’effondrent, que la chute des devises et des exportations ne permet plus d’honorer les dettes, de se procurer toutes les matières premières, l’énergie et parfois l’alimentation nécessaires, les troubles, la violence et les conflits ne sont jamais très loin. Nous n’en sommes heureusement pas là. Mais l’ampleur de la liquidation des créances internationales et du ralentissement économique, loin d’avoir donné leur plein effet, sont porteurs de risques géopolitiques majeurs...« La crise financière mondiale n’a pas encore atteint son maximum. Son impact se propage au niveau mondial et s’amplifie », a déclaré Zhang Pin, le directeur de la commission nationale de développement. « Les trop nombreuses faillites et fermetures d’entreprises vont provoquer un chômage massif et susciter des troubles sociaux ».Nous sommes sur le point de savoir si la Chine a fait le mauvais choix en pariant sur une stratégie de développement basée sur des investissements massifs dans des industries d’exportation, à faible valeur ajoutée, en direction des États-Unis et en Europe.Le dernier rapport de la Banque mondiale sur la Chine [1] contient une information consternante : la part des salaires dans le PIB a chuté de 52% à 40% depuis 1999. C’est la preuve d’un modèle économique désastreusement déséquilibré, qui a peu de chances de conserver le soutien populaire..."
- Questions à Jacques Attali à propos de « La crise, et après ? »:
Il existe une disparité essentielle entre démocratie et marchés : la première constitue une invention humaine, née d’un désir de pacification des relations entre les hommes, les seconds demeurent l’expression spontanée de la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage : par la guerre de tous contre tous. Ce qui fait défaut à nos démocraties, n’est-ce pas de n’avoir pas encore étendu le principe démocratique aux domaines de l’économie et de la finance, d’avoir laissé en ces lieux des institutions humaines, des plages de sauvagerie ? »....
-Théorie de la crise et crise de la théorie
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Faillites et saisies : Une opération de pêche aux capitaux des géants de la finance

. Question importante : qui prend le contrôle des droits de propriété des grandes corporations industrielles en faillite ?

Les faillites et les saisies hypothécaires sont des opérations de pêche aux capitaux. Avec l'effondrement des valeurs boursières, le prix de l’action des sociétés cotées subit une importante chute, qui affecte immédiatement la solvabilité et la capacité de ces sociétés à emprunter et/ou à renégocier leur dette (qui se base sur la valeur cotée de leurs actifs).

Les spéculateurs institutionnels, fonds spéculatifs (hedge funds) et autres, ont tiré profit de butins inattendus.

Ils provoquent l'effondrement des sociétés cotées grâce à la vente à découvert et autres opérations spéculatives. Ils profitent ensuite de leurs gains de la spéculation à grande échelle.

Selon un rapport publié dans le Financial Times, il est évident que l’effondrement de l'industrie automobile des États-Unis est en partie le résultat de la manipulation : « General Motors et Ford ont perdu 31 pour cent, à 3,01 dollars, et 10,9 pour cent, à 1,80 dollars, malgré l'espoir en un possible sauvetage de l'industrie au bord de la ruine par Washington. La chute est survenue après que la Deutsche Bank ait fixé un prix cible de zéro pour GM. » (Financial Times, 4 novembre 2008)

Les financiers se livrent à une débauche de magasinage. Les 400 milliardaires étasuniens de Forbes attendent dans les limbes.

Dès qu'ils auront consolidé leur position dans le secteur bancaire, les géants financiers, incluant JP Morgan Chase, Bank of America, et autres, utiliseront leurs gains inattendus et l’argent du plan de sauvetage qui leur est fourni dans le cadre du TARP, pour étendre leur contrôle sur l'économie réelle.

La prochaine étape consiste à transformer les actifs liquides, à savoir la richesse en papier monnaie, en acquisitions dans l’économie réelle.

À cet égard, Berkshire Hathaway Inc de Warren Buffett est l'un des principaux actionnaires de General Motors. Plus récemment, à la suite de l'effondrement des valeurs boursières en octobre et novembre, Buffett a renforcé sa participation dans le producteur de pétrole ConocoPhillips, sans mentionner Eaton Corp, dont le prix à la Bourse de New York a chuté de 62% par rapport à son pic en décembre 2007 (Bloomberg).

Les cibles de ces acquisitions sont les nombreuses industries très productives et les entreprises du secteur des services, qui sont au bord de la faillite et/ou dont la valeur boursière s’est effondrée. Les gestionnaires de portefeuille ramassent les morceaux. .."(M.Chossudosky)


-2009, année noire, prévoient Roubini...
-Quel sera notre avenir ? 6 experts répondent | AgoraVox- Les pires scénarii-
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>>- Mondialisation implosive ?>>- CRISE : not under control...>>- Tour d'horizon>>- Retour à Keynes ?>>- G 20 : sommet... d'hypocrisie>>- Système qui se mord la queue ?>>- Crise : retour sur les causes

samedi 13 décembre 2008

Pourquoi le Grèce ?


Pourquoi maintenant ?

Oligarchie et corruption dénoncées


"Minés par les scandales, la corruption et le clientélisme, les gouvernements de gauche ou de droite ont plus profité du pouvoir qu'ils ne l'ont exercé. L'incapacité à réagir aux incendies de forêt de l'été 2007, malgré les promesses faites, a déjà montré les limites du gouvernement conservateur du premier ministre actuel, Kostas Karamanlis. À nouveau, le pouvoir est en train de faire la démonstration qu'il ne maîtrise rien. L'insatisfaction qu'éprouvent les jeunes en Grèce reste entière. Ils connaissent le taux de chômage le plus élevé en Europe pour leur classe d'âge. Le système d'enseignement supérieur est notoirement mauvais et l'accès au marché du travail très difficile, même pour les diplômés. Avec la dégradation de la conjoncture mondiale, le malaise ne peut que s'aggraver" (PR)


Grèce : une rébellion de la jeunesse liée à l'incurie de l’Etat | Rue89:

"...On peut s'étonner de l'absence de revendication politique. Mais c'est aussi le produit d'un système politique qui n'a rien à offrir. Car si tout le monde s'exaspère du plus mauvais gouvernement que la Grèce ait jamais connu, on rit ouvertement de l'incapacité de "Georgakis" -le petit Georges, Georges Papandréou, le patron mis à mal du Pasok. L'opposition socialiste ne propose en effet plus rien de crédible.Pour un grec cinquantenaire comme moi qui a grandi pendant la période de la dictature (1967-1973) et pendant la "métapolitefsi" (le changement de régime), il est aussi étonnant d'écouter des petits commerçants qui ont voté autrefois pour la droite la plus dure aujourd'hui s'extasier pour Tsipras, la voix de l'attelage de gauche Syriza, qui rassemble écolos et d’Eurocommunistes ratés.Deux aspects structuraux expliquent aussi la crise actuelle. D'abord l’absence d’expression politique pour la jeunesse en dehors des partis, qui est redoutable en Grèce car il n’y a pas de milieu associatif vivant..."

-Grèce : Ces adolescents sans futur:
"...Ce qui est le plus impressionnant dans tout ça, c’est la réaction du monde politique. La surprise des premières heures a été remplacée par des déclarations banales. Au lieu d’ouvrir, même avec du retard, la voie à un dialogue avec les jeunes, qui pourrait être le préalable d’un mea culpa, les conservateurs pointent du doigt les jeunes encagoulés et condamnent les violences. Comme si les licenciements successifs de milliers de travailleurs, le système anachronique ou la réforme de l’Education voulue par le gouvernement n’était pas eux-mêmes de la violence. Un enseignement, d’ailleurs, qui n’est gratuit que sur le papier et qui oblige les étudiants à apprendre par coeur des livres entiers s’ils veulent réussir les examens d’entrée à l’université. Comme si n’étaient pas également de la violence la... violence et la télévision-poubelle, les scandales et la corruption, l’effondrement du système des soins de santé, des pensions, la perte de milliers de jeunes de l’âge d’Alexis chaque année, à cause d’accidents de la route provoqués par des routes qu’on ne voit même pas dans des pays du tiers-monde...
la colère d’Athènes est due en grande partie à l’absence d’un futur digne, au chômage qui frappe à la porte, avant même le diplôme, alors que le présent ne présente pas d’issue, marqué par un niveau d’instruction presque vide et la dégénérescence du rapport entre l’étudiant et l’enseignant. Sans parler de l’attitude de la police par rapport aux jeunes. Les “délits de sale gueule”, les contrôles, les abus de pouvoir, les mauvais traitements sont à l’ordre du jour dans un pays où l’Etat policier, également hérité de la droite, a une longue tradition. Il y a donc un terreau, un arrière-plan social qui est plus évident en Grèce que dans d’autres pays européens.

L’ampleur des affrontements est également due à l’absence de plan de la part des forces de police, qui étaient présentes et absentes en même temps. Les forces de police en tenue anti-émeutes attaquaient au lacrymogène, mais la douleur et l’indignation étaient tellement grandes et le flux d’étudiants qui manifestaient spontanément tellement important que la situation est devenue incontrôlable. En outre, il était évident que les forces de l’ordre étaient, selon les termes de leurs dirigeants, dans une position de “défense”, démontrant ainsi indirectement les responsabilités politiques du gouvernement dans l’assassinat de l’adolescent. D’un autre côté, les policiers n’ont réussi à défendre ni les symboles de la globalisation banques, McDonald’s, boutiques de luxe, bâtiments du gouvernement, ni les magasins de ceux qui se trouvaient déjà au bord de la faillite, à cause de la crise économique. Si la réaction des jeunes grecs est aveugle mais compréhensible, celle de la police et du gouvernement d’Athènes est tout aussi aveugle, mais surtout incompréhensible...."

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"...Pour Dimitris Sacharas, «c'est un fait incontestable : le gouvernement a été totalement absent pendant ces cinq jours. Pas de déclaration du premier ministre pour appeler à l'apaisement. On attendait donc que le gouvernement tombe, que ses membres démissionnent. Mardi, je pensais que cela allait se produire : quatre jours d'émeutes dans tout le pays, pas réponse du gouvernement, la police n'agissait pas... c'était le moment. Mais non. Rien.

Du coup, maintenant que les choses se calment un peu, je ne suis pas sûr de savoir comment cela va évoluer. Le gouvernement prétend maintenant qu'il a géré la crise. C'est un peu ridicule, mais le premier ministre déclare désormais qu'il est aux commandes, et que tout marche bien!On peut aussi se diriger vers un état d'urgence, comme cela est évoqué dans les journaux depuis lundi. C'est une possibilité, très dangereuse pour nos libertés publiques, qui m'effraie mais qui n'est pas à exclure au regard de l'apathie de la classe politique, opposition comprise.»

«Je suis désolé de le dire, s'excuse Théodore Pelagidis, spécialiste des questions d'éducation et professeur à l'université de Piraeus, mais notre gouvernement correspond parfaitement à ce qu'en disent les jeunes qui se révoltent en ce moment. Les Grecs, de manière générale, considèrent leur Etat comme étant "prédateur".L'administration est un groupe de kleptocrates qui assure son auto-reproduction. Le "marché de la politique", dont tant de personnes tirent profit, est aussi un marché fermé. La corruption et le népotisme des élites politiques sont une composante essentielle de la fureur de cette jeunesse qui, si brillante soit-elle, voit son horizon irrémédiablement limité à un salaire mensuel de 700 euros par mois, entrecoupé de longues périodes de chômage.»Très impopulaire, le gouvernement de droite mené par Kostas Karamanlis fait face depuis deux années à plusieurs affaires de corruption. L'an passé, deux ministres impliqués dans des affaires de corruption ont dû présenter leur démission...

«Mais ces démissions n'ont pas été acceptées par le premier ministre ! s'exclame Dimitris Sacharas. Ces six derniers mois ont été émaillés de trois gros scandales impliquant des membres du gouvernement, qui ont une nouvelle fois ébranlé la société. Le dernier en date mettait en scène plusieurs ministres qui ont bénéficié de conditions avantageuses pour s'approprier à moindre frais d'immenses terrains situés dans le nord de la Grèce, avec la complicité de l'Eglise.Nous avons aussi un gros problème dans la gestion des fonds publics. Depuis les Jeux olympiques, le gouvernement a adopté une posture très pratique pour lui : il a choisi de tout reporter sur le gouvernement socialiste précédent. Un problème économique ? C'est la faute des socialistes ! Mais nous ne voyons aucune amélioration, au contraire. La classe moyenne ne cesse de se paupériser. La dette publique a explosé. Peut-être la prochaine étape de la mobilisation des manifestants sera-t-elle le vote, dans deux semaines, du budget pour 2009...." (Mediapart)

- La Grèce s'enflamme.:

"...En toile de fond, c’est toute la société grecque qui est en instance de divorce avec ses représentants. Les incendies de l’été 2006 n’ont toujours pas été élucidés. La situation économique se dégrade de jour en jour. Les finances publiques sont déficitaires. La dette explose (elle représente aujourd’hui 93,8 % du PIB). Des scandales financiers à répétition touchent jusqu’à l’Eglise et minent le crédit de la Nouvelle Démocratie (ND, premier Parti de droite).Dernier scandale en date, la ponction de 4 milliards d’euros sur les crédits de l’assurance maladie par le gouvernement qui a « pioché » là où il y avait de l’argent pour honorer ses obligations de remboursements. Résultat, les hôpitaux sont au bord du naufrage, des opérations chirurgicales sont repoussées tous les jours, les pharmacies n’assurent plus le tiers payant, les patients ne peuvent plus se faire rembourser leurs médicaments, le matériel élémentaire commence à manquer comme le notait Alexia Kefalas dans le Figaro.fr le 28 novembre.Cette inconséquence gouvernementale dans la gestion des comptes publics se double d’une corruption structurelle. Le scandale du Mont Athos (Etat semi autonome théocratique interdit aux femmes, ça existe en Europe) ou encore l’affaire de corruption de la classe politique par Siemens sont les deux derniers avatars d’un système où politique rime avec fric. Dans le premier cas, le puissant monastère de Vatopedi a bénéficié d’un échange inégal avec le gouvernement qui lui a refilé en 2004 des bâtiments flambants neufs construits pour les JO contre huit mille hectares de forêt. Le contribuable grec y a perdu cent millions d’euros. Dans le second cas, Siemens est soupçonné d’avoir graissé la patte à des politiciens locaux et notamment au PASOK (PS grec, au pouvoir de 1996 à 2004) à hauteur de 420 000 euros, 1 million de marks, pour décrocher plus facilement, peu s’en faut, des contrats avec l’opérateur téléphonique grec OTE.Cette corruption endémique est favorisée par un système politique endogame, dominé par des grandes familles. Exemple : l’oncle de Caramanlis, son homonyme, fut premier ministre durant quatorze ans et président de la république durant dix pour une vie politique active de 60 ans dont onze en exil à Paris de fin 63 à juillet 74 au moment de la chute des colonels)..."

-Grèce : La révolte ne s'arrête pas

- La crise en Grèce est politique

-Les émeutes en Grèce préoccupent les politiques français

-Emeutes en Grèce : et si c'était contagieux ?

vendredi 12 décembre 2008

Internet : dangers ?

Big Brother d'aujourd'hui
Le numérique contre l'homme?


"La mémoire est souvent la qualité de la sottise" (Chateaubriand)

"Ce livre n’a pas vocation à susciter la peur, bien au contraire. En effet, les scénarios, tels qu’exposés dans l’ouvrage sont encore improbables tant que chaque individu n’y soumet pas son propre consentement. Ce livre, se fondant sur des exemples récoltés un peu partout dans le monde, n’est encore que de l’anticipation puisque aucun état n’a encore choisi la voie du « tout numérique ». Le choix est encore totalement à notre portée..." (P.L.)

Internet ou la fin de la vie privée
(Livre à télécharger gratuitement -bibliographie-liens)

"... L’engouement pour Internet ne doit pas faire oublier que,préalablement, il est nécessaire de le penser, de réfléchir à une éthique, afin qu’il ne devienne pas un outil de contrôle de l’individu. Pourtant on se retrouve dans un débat de techniciens qui ont simplement peur d’une pénurie d’adresses. Selon eux,la solution vient, on l’a vu, avec IPv6 en attribuant à chaque citoyen de la planète une ou même plusieurs adresse IP distinctes. Or c’est bien de la que pourrait venir le danger. On se retrouverait alors dans un scénario Orwellien ou chaque citoyen,grâce à un identifiant unique (aujourd’hui avec l’IP, demain par la biométrie) serait fiché, tenu en laisse parsa vie privée. Dans le même ordre d’idée, au rythme où von tles volontés d’économies de nos gouvernements, les informations personnelles concernant chaque individu, jusqu’alors disséminées dans de multiples bases de données (Sécurité Sociale,TrésorPublic…),pourraient,par exemple, se retrouver un jour centralisées.En effet, et Jean Marie Messier en avait bien parlé à l’époque lorsqu’il était sous le feu des projecteurs avec Vivendi : on assiste aujourd’hui à une « convergence »des réseaux. Toutes les communications sont en passe de circuler via le réseau Internet et l’IP: les conversations (VoiP, Voix sur Wi-Fi…), le web, les images, la musique, la télévision… Cela est bien sur très excitant. Pour une somme très modique, chacun peut avoir accès aujourd’hui à la communication avec un grand C(communication téléphonique illimitée, Internet haut débit, bouquet satellite…).Simple supposition, ce pourrait être via ces différentes «box » (livebox chez FranceTelecom, Freebox chez Free, etc.), dont on ne connaît pas exactement le contenu ,qu’un début de surveillance pourrait être susceptible d’éclore10.
Ne préfigureraient elles pas au premier avatar technologique de ce qu’on pourrait appeler (il faudra trouver un nom à cela) une « centrale de renseignement » personnel, ou une « police de la pensée » chère à Orwell. En effet, qu’est ce qui empêcherait dès lors un gouvernement (totalitaire ou très curieux ?) de tout connaître de ces citoyens, et ce jusqu’au fin fond de leur vie privée.Effectivement, contrairement à la télévision qui est une technologie que l’on nomme« push » (l’information est comme « poussée » vers vous), Internet et son protocole IP, en sens inverse permet que vous deveniez « émetteur »d’information : c’est vous aussi qui envoyez de l’information au réseau. Vous n’êtes plus uniquement récepteur. Tout le danger est bien là...
...742 experts de tous domaines ont été interrogés pour une étude en 2006 de l'institutPew et d'Elon University31 à propos de ce que pourrait être l’Internet de 2020. Une majorité de spécialistes (56%) pense que l'Internet saura se diffuser partout, mais 49% (contre 46%) estime que le bilan de cette transparence sur la vie des citoyens sera globalement négatif, à cause notamment de la pénétration de leurs données privées.
En fait nous entrons dans l’ère de l’Atawad : « Anytime, Anywhere, Any Device »(N’importe quand, n’importe où, et quel que soit l’outil).Tout devient apparemmentpossible, et des pouvoirs de toute puissance (par exemple le don d’ubiquité),toujours rêvés par l’être humain sur son environnement sont maintenant quasiment à sa portée, au niveau matériel.Certains ressentent le monde technologique et les possibilités quasi infinies qui s’ouvrent à nous comme très excitant et épanouissant pour l’homme. Le Communisme au début du siècle dernier était, faut-il le rappeler,parti aussi sur une utopie où l’homme devait pleinement se réaliser. Qui pourrait aujourd’hui s’élever contre la construction d’une société technologique idéale ?...
Mais le plus délirant de tous les projets d’espionnage illégaux est celui qu’élabore le Pentagone sous le nom de code Total Information Awareness (TIA), système de surveillance totale des informations. Celui-ci (cf l’excellent livre de Jacques HennoTous fichés », aux Editions Télémaque) consiste ni plus ni moins à mettre en fiche chacun des 6,5 milliards d’individus de la planète en collectant une moyenne de 40 pages d’information et en en confiant le traitement à un super ordinateur. « En centralisant, en croisant et en traitant toutes les données personnelles disponibles –paiement par carte, abonnements aux médias, mouvements bancaires, appels
téléphoniques, consultations de sites web, courriers électroniques, fichiers policiers,dossiers des assureurs, informations médicales et de la sécurité sociale – le Pentagone compte établir la traçabilité complète de chaque individu ». Mesures totalement démesurées par rapport à l’objectif. Les Américains croient en la suprématie de la technologie et pensent que c’est le moyen de lutter le plus efficacement contre les menaces terroristes. Mais à quel prix ! Ce bouclier technologique doit leur permettre, grâce à « l’indexation » systématique des populations de repérer dans cette gigantesque masse d’informations les comportements déviants ou suspects dans les détails les plus intimes de nos vies privées. Et donc de prévenir tous les risques possibles. Comme dans le film de Steven Spielberg, Minority Report, les autorités américaines pensent pouvoir ainsi prévenir les crimes avant qu’ils ne soient commis.Voici ce qu’on est en train de choisir pour nous : « Il y aura moins de vie privée, mais plus de sécurité », estime M.John L.Petersen, président du Arlington Institute, « nous pourrons anticiper le futur grâce à l’interconnexion de toutes les informations vous concernant. Demain, nous saurons tout sur vous."

-Philippe Levasseur - AgoraVox le média citoyen
- Ce que le numérique va changer
-La lente marche forcée vers l’État policier | AgoraVox
-La surveillance en Allemagne | AgoraVox
-«Plus on est habitué à être observé, moins on est sensible aux atteintes à la vie privée
-Traçabilité privée(Objet application/pdf)
>>Vidéosurveillance_>>-_Biométrie >>-Biométrie : le règne du VIS>>-Biometrie : Ethique - Protection
-Vidéosurveillance : « l'Etat doit faire peur », aurait dit Hobbes
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-Internet sécurité et vie privée
-Comment protéger notre vie privée dans un monde où la traçabilité explose ?
-Dailymotion - Internet et vie privee
- EDWIGE : un si doux prénom...
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jeudi 11 décembre 2008

Europe : lobbyisme religieux (aussi) ?

Une Europe sous influence ?
Laïcité menacée




Dés ses premiers pas, le projet européen a été marqué par des influences catholiques.
Ses principaux fondateurs (Schuman-
bientôt canonisé?-, De Gaspari, Adenauer) étaient animés d'intentions chrétiennes, parfois profondes,le projet européen a été soutenu par les plus hautes instances de la hiérarchie catholique dans le contexte de la guerre froide, le drapeau européen lui-même s'est inspiré de symboles religieux , beaucoup de grands leaders (Delors, Moro,Prodi...)furent et sont encore marqués par les idéaux de la démocratie-chrétienne , et aujourd'hui encore-outre un grand nombre de think tanks et de lobbies économiques- divers groupes religieux essaient d'imposer leurs vues, directement ou non, dans certains débats de fond, touchant à des choix de civilisation.
Pour le meilleur ou pour le pire ?





-Le lobbying chrétien auprès des institutions européennes à Bruxelles

"...
si l’initiative de créer la CECA s’explique par le fait que la France, voyant l’Allemagne se redresser plus vite qu’elle de la seconde guerre mondiale, craignait un nouveau conflit, cette notion de solidarité est instigatrice d’un esprit refusant dorénavant l’affrontement, au profit d’un projet de paix . Cette solidarité devait également trouver sa source dans les incertitudes d’après-guerre, notamment face à une armée soviétique toute puissante, perçue comme une menace potentielle . Ce message de paix et de solidarité a immédiatement reçu un soutien massif du Vatican, sous le pontificat de Pie XII. En effet, cette initiative pour l’Europe rencontrait les valeurs véhiculées par le christianisme, à savoir un message de paix, l’importance accordée aux valeurs morales et à la notion de personne humaine . Il serait erroné d’en déduire pour autant que le Vatican a marqué de son empreinte la création de l’Europe. Il s’agit davantage d’une reconnaissance par le christianisme des valeurs originelles proposées par les fondateurs de la CECA. Il est important de rappeler que les pères fondateurs de l’Europe communautaire étaient de confession chrétienne. De nombreux d’ouvrages relatifs à ces bâtisseurs de l’Europe font état de la foi qui était la leur.
Dès les premières années du projet européen, un certain nombre de bureaux d’Eglise ont été créés dans le but de suivre l’élaboration des politiques des institutions européennes. Dans les années 1950, l’Office Catholique d’Information et d’Initiative pour l’Europe (OCIPE), est lancé à Strasbourg d’une initiative jésuite. Dix ans plus tard, un siège est installé à bruxelles. Ensuite, dans les années 1960, l’Association œcuménique Eglise et Société (AOES) s’installe à bruxelles. La Commission œcuménique européenne pour Eglise et Société (EECCS) arrive elle en 1973 et la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) a quant à elle été établie en 1980. Cette dernière a repris le Service d’Information pastorale européenne catholique (SIPECA) mis sur pied en 1976. La Commission Eglise et Société, représentant de la Conférence des Eglises Européennes, et regroupant les Eglises protestantes, orthodoxes, anglicanes et vieilles-catholiques, ne s’installa que très récemment, en 1999. Actuellement, presque toutes les confessions chrétiennes de l’Union européenne sont représentées à Bruxelles et le nombre de bureaux d’Eglise ayant pour mission d’assurer la liaison avec les institutions de l’Union est en augmentation constante . À partir des années 80, chaque président de la Commission européenne a jugé souhaitable d'instaurer un dialogue sur l'intégration européenne entre, d'une part, les Eglises, les religions et les humanistes, et d'autre part, la Commission européenne. Cette tâche a été confiée au Bureau des Conseillers de Politique européenne (BEPA) . Grâce à ce dialogue, les églises et les autres communautés de foi et de conviction ont acquis une meilleure perception de l'importance de l'intégration européenne et, de leur côté, elles apportent leur éclairage sur les tendances politiques actuelles .
La croissance constante des représentations religieuses tout au long de la construction européenne nous place face à un grand nombre d’interrogations. Assiste-t-on à un retour en force du religieux dans les coulisses du pouvoir, une force disposant d’un réel pouvoir d’influence sur la prise de décision à l’échelon européen ? L’Union européenne devient-elle à ce point marquée par l’emprise des Eglises que celle-ci en deviendrait une Europe chrétienne ? Toutes ces questions rejoignent une interrogation qui constitue le nœud de notre étude : l’action des représentations chrétiennes auprès des institutions européennes constitue-t-elle une influence de type nouveau ou rejoint-elle les pratiques des organes de lobby classiques, présentes en masse à Bruxelles ?


-La présence des religions à Bruxelles:
"...A Bruxelles, les Eglises tentent aussi de faire avancer leurs idées. Comme sur les cellules souches embryonnaires. Dernièrement, la COMECE a bataillé ferme contre le septième programme cadre de recherche de l’Union européenne, adopté début décembre au Parlement européen, mobi- lisant aussi les épiscopats de chaque pays. Sur ce dossier, l’Eglise catholique a d’ailleurs trouvé plus de résonance auprès de l’EKD (opposée à la création d’embryons à des fins de recherche, une position largement partagée en Allemagne) que de la KEK. « Sur les questions bioéthiques, c’est assez compliqué à la KEK, confirme Johanna Touzel, porte-parole de la COMECE. Les Eglises membres n’ont pas toutes la même façon d’envisager les choses. En revanche, l’Eglise catholique a une position très claire. »
...Depuis une dizaine d’années, le président de la Commission européenne a pris l’habitude de recevoir régulièrement les leaders religieux. Après chaque Conseil européen (quatre fois par an), Michael Weniger, conseiller politique à la Commission européenne, en charge des relations avec les religions, réunit les organismes religieux. « C’est une sorte de debriefing », explique-t-il..."

-Le christianisme et l’avenir de l’Europe:
"...Pour avoir une meilleure Europe nous devons recommencer à croire, à travailler, à nous battre pour elle. L'Europe est née chrétienne, sous la protection de saint Benoît de Nursie, des saints Cyrille et Méthode, de sainte Catherine de Sienne, de sainte Brigitte de Suède, de sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, Edith Stein ; elle ne peut être la proie de mystification et d'instrumentalisation. Un exemple suffit.La référence au christianisme est présente sur un symbole par excellence, le drapeau, car ces douze étoiles viennent du culte de la Vierge Marie et sont liées au nombre d'Etats membres. Beaucoup l'ignorent car la véritable origine du drapeau à douze étoiles a été l'objet d'un coupable oubli au sein même des institutionscommunautaires..."

-Jérôme Vignon - « Le soubassement culturel et religieux de l’Europe »:
"...Une cohorte de responsables d’Eglises nationales, représentants des pays membres ou des pays candidats à l’élargissement, ont demandé à rencontrer le président de la Commission. C’est à l’occasion, me semble-t-il, d’une de ses rencontres que Jacques Delors a eu cette parole qui a été beaucoup reprise par la suite : « Il faut donner une âme à l’Europe. » La structuration du débat avec les Eglises a donc commencé en 1989. Il est apparu de plus en plus que la construction européenne atteindrait une dimension politique et culturelle. Le passage au politique a impliqué une recherche plus systématique de l’identité européenne à laquelle les Eglises devaient être associées. Qui dit Europe politique, pour un Jacques Delors ou un Romano Prodi, dit nécessité d’un soubassement culturel et religieux..."

-Lobby chrétien - Cascioli :
"...intervention du président de la Fondation Europe, Giorgio Salina,selon qui la richesse de l’Europe “réside dans la diversité de ses cultures, qui sont toutes à défendre et promouvoir, y incluse celle qui le plus longtemps a donné une forme à l’Europe, en la transformant en un phare de civilisation : la culture chrétienne”. Salina a par la suite affirmé, en se référant aux pères de l’Europe De Gasperi, Shuman et Adenauer, que la Fondation Europe veut contribuer à relancer un “élan idéal” dans le processus d’intégration, à un moment où ce processus semble en crise, et de graves divergences se manifestent entre les différentes institutions.Le vice-président Philippe de Saint Germain a ensuite remarqué qu’ “il s’agit d’une association de citoyens, sans lien hiérarchique avec l’épiscopat, mais fidèle aux valeurs de l’Eglise catholique dans la promotion des principes de la doctrine sociale auprès des institutions européennes”. La secrétaire générale de la Fondation Europe, Mme Elizabeth Montfort, juriste française ex-parlementaire européen, a ainsi enchaîné: “pour passer du discours aux faits, l’association compte obtenir dans
les plus brefs délais l’accréditation auprès des institutions européennes, afin d’officialiser sa
présence, et de pouvoir être invitée à l’occasion des auditions de la société civile ”. De plus, un réseau est en train de se constituer, regroupant des experts disposés à coopérer à l’approfondissement scientifique de thèmes étudiés par les institutions européennes. Ce réseau “suivra les travaux et lesprocédures législatives UE concernant la dignité de l’homme et ses droits, et soumettra des propositions”; “organisera des congrès, des conférences ou d’autres activités informatives et formatives ayant pour cible les membres d’un réseau d’associations et Ong sensibles à ces thématiques” , a encore dit Mauro..."

-European Friends of Israël : Un nouveau groupe de lobby parlementaire:
"..Le preneur d’initiative et président de l’ “European Friends of Israël” (EFI) est le parlementaire européen Gunnar Hökmark (Parti Populaire Européen des Démocrates Chrétiens). Il baptisa le nouveau groupe de lobby en septembre 2006 à Bruxelles. Les 200 membres que comptait déjà cette organisation ainsi qu’une centaine de sympathisants étaient présents lors de la cérémonie d’ouverture festive. Les 27 pays de l’Union Européenne (en fait alors les 25 pays + la Roumanie et la Bulgarie qui entrèrent dans l’Union en janvier 2007), sont représentés dans l’ASBL ainsi que tous les courants politiques. Des particuliers et des parlementaires nationaux peuvent également adhérer à l’organisation. L’ « EFI » est une institution indépendante. Le support financier émane principalement d’hommes d’affaire juifs.
Le directeur Dominique Dombrecht prétend qu’il ne s’agit pas d’une initiative vraiment nouvelle. La création est à considérer plutôt comme une tentative de regrouper les nombreux « amis » déjà existants au sein d’une association européenne et de pouvoir par cette approche globale augmenter leur influence. La présence de personnalités éminentes au sein de l’organisation comme le ministre des affaires étrangères Livni, plusieurs membres du Knesset et des hauts-fonctionnaires de l’UE, démontre sans contestation possible l’importance potentielle de l’ « EFI ». Ses objectifs furent également appuyés par le premier ministre israélien Olmert et son prédécesseur Netanyahu lors de la cérémonie d’ouverture par une allocution en vidéo-projection.
.."

-LE CHEVAL DE TROIE. Sectes et lobbies - :
"...Présente dès l'origine de la construction européenne à travers ses pères fondateurs, la religion catholique n'est plus seule à dialoguer avec les décideurs européens. Les autres religions monothéistes, mais aussi les sectes ont graduellement acquis droit de cité dans les enceintes européennes au point de constituer une force non négligeable consultée en amont des grandes orientations politiques adoptées. La laïcité n'a pas suivi la même trajectoire et les associations philosophiques qui la représentent font souvent figure de parentes pauvres, qu'on oublie volontiers dans le débat européen. Sans tomber dans la thèse du complot, Marcel Conradt, partisan de la laïcité structurelle de l'Union européenne, s'interroge sur cette asymétrie. Il nous livre une description objective et précise des situations qu'il a observées, des jeux qu'il a décortiqués et des manœuvres et réactions des uns et des autres..."

-La laïcité en Europe - ARTE
-Dieu à la Convention : le débat - ARTE
-Humanisme et religion :intégrismes et europe
-L'Europe, un eldorado pour les intégrismes religieux
- COMMENT LES SECTES INFLUENCENT LES GOUVERNEMENTS EUROPEENS
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Visite interactive des lobbies à Bruxelles
-Lobbying-Europe.com - Le portail Européen du Lobbying
-Lobbyistes et lobbying de l'Union européenne
-Europe: trahison des elites (Objet application/pdf)

-Bruxelles : intense lobbying