Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

dimanche 22 mars 2009

Bouclier fiscal: pour qui ?


Un débat plus que symbolique:

"Le bouclier fiscal va surtout favoriser les très haut revenus. Un petit nombre de contribuables vont recevoir des montants considérables. 18 000 foyers au revenu annuel supérieur à 41 000 euros vont toucher 31 200 euros de ristourne en moyenne par foyer. Pour eux seuls, le coût pour la collectivité est de 564 millions d’euros au total. Pour les plus gros patrimoines, c’est une vraie aubaine. Ainsi, 1 080 foyers au patrimoine supérieur à 15,5 millions d’euros toucheront plus de 270 000 euros. La collectivité va dépenser 272 millions d’euros pour eux..".
(Obs. des inégalités)
_____________________
-"Nicolas Sarkozy : «Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts». Énervé par cette polémique, il a même commis quelques vrais lapsus, en expliquant mardi dernier que la suspension du bouclier fiscal bénéficierait aux paradis fiscaux. Nous aurait-on menti ? Le bouclier fiscal ne devait-il pas bénéficier au plus grand nombre ? "(Juan) Jean-François Copé lui a emboité le pas: «On a besoin des gens fortunés»
____________________
-Bayrou:"Dans une situation économique aussi grave, la justice exige que chacun participe à la solidarité nationale en fonction de ses possibilités et de ses moyens", estime le député des Pyrénées-Atlantiques. "Le bouclier fiscal, qui protège les très hauts revenus, est une injustice en soi et devient un véritable scandale en temps de crise". "Je demande qu'on mette fin à un système insupportable en supprimant l'ensemble de ce dispositif. C'est une décision urgente"
_______________________________

-Le bouclier fiscal éviterait le terrifiant exode des riches et autres balivernes | AgoraVox
"... l’impôt serait confiscatoire dès lors qu’il dépasse 50% de ses revenus. L’idée semble de bon sens dans l’absolu et appuie sur un vieux fond de poujadisme : "regardez, au secours, on me vole plus de la moitié de ce que je gagne !" Sauf que le problème est déplacé en l’abordant sous l’angle d’un pourcentage. Si l’on considère plutôt le montant, de combien a besoin quelqu’un qui gagne par exemple 200 millions d’euros par an - ne cherchez pas ailleurs, ce sont les vrais plus grands bénéficiaires du bouclier ? Sur quel poste de son budget devrait-il consentir de douloureux sacrifices si on ne lui laissait que 20 millions, mettons ? Devrait-il renoncer à se nourrir correctement, à cause de la hausse des denrées alimentaires, légumes, fruits, viandes, poissons, pâtes et pain compris ? Non, il aura toujours beaucoup plus que largement assez pour s’offrir le meilleur du bio et du raffinement gastronomique. Quoi alors ? Avec ses maigres 20 millions, risquerait-il de ne plus pouvoir payer son loyer ou les charges de son domicile et de basculer parmi les mal-logés, voire les SDF ? Pas plus. Il pourra toujours, à ce prix-là, financer en plus de la propriété le court de tennis privé et la piscine à bulles qui va bien. Sera-t-il alors privé de vacances, comme ces millions de Français qui ne partent plus, faute de boucler les fins de mois ? Plaisanterie : les cinq étoiles du bout du monde lui seront toujours promis pour assouvir ses désirs de farniente. La question qui se pose donc est : que confisque-t-on au juste à notre victime fiscale ? La rémunération méritée de son labeur ou l’obscène augmentation de l’écart à l’intérieur de l’échelle des revenus - de 1 à 300 ? Elle a créé une caste de princes régnant sur la multitude de leurs concitoyens (plus cons que citoyens d’ailleurs, de se laisser faire !), une infime minorité pour une légion de serviteurs - voire d’esclaves - économiques. Parce qu’il y en a un paquet, des gens qui ne peuvent plus acheter tous les jours de la nourriture saine à leur famille, qui sont dans la rue, ou mal logés, ou se saignent aux quatre veines pour payer leur logement, pour qui l’idée de vacances relève de l’utopie. Huit millions de pauvres en France, comptabilise l’Insee. Mais pour aider ceux-là, l’Etat n’a pas d’argent ! Alors comment justifier que le demi-milliard d’euros remboursé avec zèle aux protégés du bouclier fiscal ne soit pas à la place affecté à ceux qui en ont en vraiment besoin ? Quelle philosophie adopter pour parvenir à trouver normal que les inégalités se creusent toujours davantage entre ceux qui n’ont rien - le peuple - et ses élites économiques qui vivent comme des rois ? Au nom de quel humanisme est-ce légitime que certains gagnent en quelques mois des sommes qu’un Smicard ne parviendrait pas à approcher durant sa vie entière, usée à travailler plus pour gagner plus ? A l’argument qui dénonce le caractère confiscatoire de l’impôt, la réponse est donc simple : au lieu de regarder combien on prend, voyons combien il reste et on en reparle ensuite !...
Le bouclier fiscal n’est donc finalement qu’une mesure idéologique, emblématique de la droite ultralibérale qui nous gouverne : rich is beautiful, vive les riches et fuck la solidarité ! Nicolas Sarkozy, qui refuse catégoriquement qu’on le remette en cause, n’est pas à une contradiction près : il explique son rejet de l’augmentation du Smic par le fait qu’il n’est perçu "que par 17% des salariés" et qu’il ne veut pas laisser "de côté 83% des salariés". Mais dans le même temps, il fait d’un dispositif qui a concerné en 2007 15 000 personnes, soit moins de 0,04% des contribuables français, la pierre angulaire de sa politique. Pire, les grands gagnants du dispositif sont les 834 veinards qui ont touché chacun un chèque de 368 000 euros. Combien de Français sont-ils laissés de côté ?" (O.Bonnet)

-Pour Eric Woerth, le bouclier fiscal est une mesure de justice fiscale ! | AgoraVox

-Bouclier fiscal: tout pour les riches:
"«Il n'est pas question de revenir sur le bouclier fiscal. C'est une mesure de justice», assurait Eric Woerth, mardi 17 mars, sur Europe 1. Au moment où le ministre du budget parlait, il ne pouvait ignorer les chiffres des bénéficiaires de la loi Tepa (Travail, emploi, pouvoir d'achat). Tous les chiffres et pas seulement ceux transmis par le ministère des finances la veille. Un document issu de Bercy que Mediapart s'est procuré donne la réalité de la mesure. Jamais il n'y a eu mesure fiscale aussi coûteuse, aussi inégalitaire, aussi disproportionnée. Si aucun remède n'est apporté, Nicolas Sarkozy méritera sa réputation de président du Cac 40..." (Mediapart)
-Bouclier fiscal : les riches exempts de solidarité nationale ? | Rue89

-Observatoire des inégalités: qui profite du bouclier fiscal?:
"1 000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront chacun d’une baisse d’impôt sur le revenu de 270 000 euros grâce au nouveau "bouclier fiscal". L’Observatoire des inégalités publie les estimations réalisées par l’Assemblée nationale lors du vote de la loi "en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat" adoptée le premier août 2007 (lire le rapport). Désormais en effet, le montant des impôts directs (impôt sur la fortune, impôt sur le revenu et impôts locaux) ne pourra dépasser 50 % des revenus d’un foyer fiscal, contre 60 % auparavant. Coût total de cette mesure pour le contribuable : 810 millions d’euros...."
-A qui profite le bouclier fiscal ?

-François Bayrou : le bouclier fiscal, "un système insupportable"
-Le bouclier fiscal ne fait plus l'unanimité dans la majorité:
"..le député UMP René Couanau a annoncé à l'AFP qu'il demandera la suspension de ce "symbole d'inéquité fiscale". En commission, sa proposition a été repoussée de justesse (12 voix dont la sienne et celles de l'opposition, contre 15). Dimanche, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'était prononcé en faveur de l'ouverture d'un débat sur ce thème.."

-Observatoire des inégalités
-Dépenser plus pour payer moins d'impots:
"...D’après une étude du Ministère de l’Economie relayée en octobre dernier par le journal économique Les Echos, plus de 7000 contribuables disposant d’un revenu fiscal de référence plus de 97 500 Euros n’ont payé aucun impôt sur le revenu en 2007. Notre contrôleur des impôts, lui, se demande si le gouvernement pourrait mettre en place un « bouclier fiscal à l’envers » pour s’assurer que « les riches » paient au moins un minimum d’impôts. « Après tout, on veut mettre en place des franchises médicales, pourquoi pas des franchises fiscales ? » ...
Liste des services déductibles des impôts
Détails des déductions en faveur du développement durable
7000 riches ménages exonérés d’impôts
-Corriger par l'impôt l'inique répartition des richesses,

samedi 21 mars 2009

Obama et l'Iran: tournant historique ?


Message d'espoir?

Après trente ans de tensions et une période encore récente de rumeurs d'aventure militaire, assiste-t-on à un début d'un changement radical de la politique américaine à l'égard de ce pays-clé au M.O. ou s'agit-il d'une habile initiative tactique pour prendre l'avantage , affaiblir les radicaux au pouvoir à Téhéran et neutraliser les dangereux projets offensifs israeliens à l'égard d'un Iran diabolisé?L'avenir le dira....
-La sagesse, sans doute, la nécessité certainement : la crise ne permet plus d'entretenir des moyens militaires dévoreurs de budget en cette période de faillite financière, dans des zônes finalement peu contrôlables et les ambitions pétrolières de la période Bush, vraies raisons d'un conflit de trente ans, semble passer au second plan...
"Barack Obama est capable de comprendre la pluralité des mondes et des cultures. Il va instaurer un dialogue plus réel, plus constructif. On va sortir de l’ère de l’arrogance, du discours méprisant symbolisé par le vice-président Dick Cheney ou l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, qui ont réussi à dilapider le capital de sympathie qui s’était porté vers les Etats-Unis après le 11-Septembre." (C.Durandin)
Souhaitons-le, mais Obama saura-t-il résister aux faucons républicains et aux pressions de l'AIPAC?...
Trop tôt pour prendre la mesure d'une telle initiative...
___________________
Mon administration est désormais résolue à pratiquer une diplomatie qui traite la totalité des problèmes que nous avons devant nous, et à chercher à établir des relations constructives entre les Etats-Unis, l’Iran et la communauté internationale. Ce processus ne progressera pas par la menace. Nous cherchons au contraire un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel», dit-il dans ce message sous-titré en farsi. Obama offre ainsi aux dirigeants iraniens un «avenir où les anciennes dissensions ont été surmontées, où vous et tous vos voisins et le monde en général vivent dans une sécurité et une paix plus grande».Il dit cependant aux dirigeants iraniens qu’ils ont un «choix» à faire eux aussi. «Les Etats-Unis veulent que la République islamique d’Iran prenne la place qui lui revient dans la communauté des nations», mais «on ne peut obtenir cette place par le terrorisme ni par les armes»
_____________________________
Obama s'adresse à l'Iran, Téhéran accueille favorablement son message:
"L'Iran accueille favorablement le message du président américain Barack Obama à l'occasion du nouvel an iranien mais demande des actes concrets pour réparer les erreurs passées, a déclaré à l'AFP Ali Akbar Javanfekr, le conseiller de presse du président Mahmoud Ahmadinejad.Le président américain Barack Obama a pris l'initiative historique de s'adresser directement aux dirigeants iraniens et leur a offert de surmonter trente années de conflit, dans un message diffusé pour le nouvel an iranien dans la nuit de jeudi à vendredi.
-La main tendue d'Obama à l'Iran

-L'Iran et les Etats-Unis d'Obama: un dégel sous conditions:
"...Attention, cependant, de ne pas avoir la mémoire courte pendant cette période d’euphorie, qui a même poussé Hugo Chavez à complimenter un président américain. Le 4 juin dernier, assuré depuis la veille d’affronter John McCain, Obama le sénateur de l'Illinois s'était engagé, devant le Comité américano-israélien des affaires publiques, à empêcher la République islamique de se doter de l'arme nucléaire.
Lors des primaires, Obama avait évoqué une possible rencontre avec Mahmoud Ahmadinejad. Vivement critiqué par McCain et la communauté juive du pays, il avait reculé, expliquant qu'il ne pourrait, une fois élu, garantir une rencontre avec son homologue iranien. Il est allé un peu plus loin le 4 juin, en posant de strictes conditions à une telle entrevue. «Il y aura des préparatifs méticuleux. Nous ouvrirons des voies de communication, nous bâtirons un ordre du jour, coopérerons étroitement avec nos alliés et nous évaluerons les chances de succès».
Avant de souligner: «Je n'ai aucun intérêt à m'asseoir avec nos adversaires s'il ne s'agit que de discuter. Mais, en tant que président des Etats-Unis, j'adopterai une diplomatie ferme et fondée sur des principes avec le dirigeant iranien compétent au moment et à l'endroit de mon choix, si et seulement si cela peut servir les intérêts des Etats-Unis»...
L'analyste politique Saïd Leylaz, proche des modérés, a ainsi estimé ce mercredi que l'ouverture éventuelle d'un dialogue avec Téhéran pourrait «affaiblir les radicaux en Iran. Les slogans durs et extrémistes ne trouveront plus preneurs».

-Un « jour nouveau » entre Obama et l'Iran ?
"..Voici quelques extraits de la réaction officielle du gouvernement iranien, diffusée via un communiqué de presse préparé par Ali Akbar Javanfekr, le conseiller de presse du président Ahmadinejad :«Les Etats-Unis doivent reconnaître leurs erreurs passées et les réparer afin de mettre de côté les différences entre les deux pays», a-t-il dit.«Si la bonne volonté du président Obama va au-delà des mots et qu'il fait des actes concrets, le gouvernement et les responsables iraniens ne vont pas lui tourner le dos», a-t-il ajouté.Parmi les «erreurs passées», le conseiller a cité le rôle des Etats-Unis dans le «coup d'Etat contre le gouvernement nationaliste de Mohammad Mossadegh en 1953», «le soutien des Etats-Unis à Saddam Hussein» durant la guerre Iran-Irak (1980-1988), mais aussi «les sanctions économiques contre l'Iran ou encore le soutien aux Monafeghines», littéralement «hypocrites» - terme utilisé pour désigner les Moujahidine du peuple, le principal groupe d'opposition armé iranien..."

-Israël met en garde Obama sur l'Iran:
"Israël a mis en garde jeudi le président élu des Etats-Unis, Barack Obama, contre les risques d'un dialogue direct avec l'Iran, susceptible d'être perçu comme un signe de faiblesse. "Nous vivons dans un environnement où, parfois, dans une situation où après avoir imposé des sanctions vous vous tournez vers le dialogue, ce dernier peut être interprété comme une faiblesse", a déclaré la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, sur Radio Israël. La ministre, interrogée sur une éventuelle modification de la politique américaine au Moyen-Orient, est la première responsable israélienne à exprimer une note discordante après la victoire d'Obama. Au journaliste lui demandant si elle était partisane d'un dialogue entre les Etats-Unis et l'Iran, elle a poursuivi: "La réponse est non." Mais Livni, qui conduira le parti Kadima aux législatives israéliennes anticipées du 10 février, a aussi relevé que le futur président refusait la perspective de voir l'Iran accéder au rang de puissance nucléaire"

-Etats Unis - Iran : histoire d’une divergence d’intérêts | AgoraVox
-Iran - Wikipédia
_____________
-BUSH et l'IRAN
-IRAN et bruits de bottes
- Etre iranien aujourd'hui

vendredi 20 mars 2009

Quelle crise?

Il serait temps de faire un geste à l'égard de ceux qui ont beaucoup perdu!...
L'age d'or reviendra-t-il pour eux ?
Faisons un geste!...

Si on en croit les privilégiés du système, ceux qui ont contribué à mener l'économie dans l'état où elle est, et une certaine presse économique, il n'y aurait pas lieu de dramatiser: la crise ne serait que de confiance perdue, il suffirait de continuer comme avant sans renoncer aux privilèges exorbitants de naguère...il suffirait même d'"oublier la crise" !
A l'heure où des économistes américains(et Obama en personne) sonnent le tocsin, où la désindustrialisation s'accélère, ne s'agit-il pas là d'une " pensée" magique, expression de l'aveuglement, du déni de réalité, d'intérêts âprement défendus ?
Faut-il en rire ou en pleurer?

_____________________
La crise :Quelle crise?:

"Alors que les usines ploient sous la crise et les chômeurs s’alignent devant les services publics de l’emploi, ils sont une poignée à continuer de suivre la route de briques jaunes du marché. Ces néo-libéraux avancent vers leur Magicien d’Oz sans avoir compris la fable et écoutent l’enchanteur : « Nous sommes au sein d’un cauchemar, leur dit Warren Buffet. Retournons par la pensée vers l’Âge d’Or où tout allait encore bien et… tout redeviendra comme avant ! »
"Comme Buffet, les éditorialistes de The Economist voient bel et bien les demandeurs d’emplois se multiplier. Que conseillent-ils pour résoudre le problème ? Faciliter les limogeages bien sûr : l’hebdomadaire britannique recommandait dans son dernier numéro « des marchés de l’emploi flexibles, d’où seraient abolies toutes les subventions pour l’emploi, tous les privilèges des employés et où les licenciements seraient facilités. » A l’instar du Medef, leur discours ne change en rien : la crise ne sert qu’à accélérer la mise en place des réformes nécessaires pour les patrons.
Et ces derniers ne changent guère de méthode : sauvée par près de 180 milliards de dollars du trésor américain, la société d’assurance AIG, qui avait déjà payé à ses cadres un luxueux séjour en Californie, distribuera 450 millions de dollars de primes à sa filiale londonienne, responsable à elle seule de 99,3 milliards de dollars de pertes en 2008. « Mauvais goût », selon Lawrence Summers, le principal conseiller économique de la Maison blanche, la pratique relève surtout de la mauvaise gouvernance: le bonus étant par nature une rémunération complémentaire « incitative », on n’ose imaginer comment les cadres interpréteront le message pour le prochain exercice. Mais il ne s'agirait pas de bousculer les spéculateurs en perdant les mauvaises habitudes..."

-Pour Trichet, la crise est une maladie psychosomatique!
"« Je dirais que (…) l’année 2009 est très très difficile, sera très très difficile (…). En même temps, je dois dire qu’il y a un accord assez général de toutes les institutions publiques et privées pour penser que 2010 peut être l’année de la reprise modérée de la croissance. Mais cela dépend de nous, cela dépend de la confiance. Ceci n’est pas acquis d’avance. Cela dépend de la manière dont les autorités (…), mais aussi nos concitoyens, mais aussi les entreprises, sauront retrouver la confiance. Car le problème essentiel, ce n’est pas de faire des prévisions dans un monde incertain. Le problème essentiel, c’est de retrouver la confiance. »

Invité ce matin d’Europe 1 , Jean-Claude Trichet a joué les Kaa, le serpent hypnotiseur du Livre de la Jungle (voir vidéo ci-dessous). Comme lui, l’ancien gouverneur de la Banque de France a entonné le fameux « Aie confiance ». Car pour le patron de la Banque centrale, comme pour Alain Minc ou pour Warren Buffet et consorts, la crise n’est finalement qu’une question de confiance, une sorte de « crise de foi » dans le système, une maladie psychosomatique. Mais elle n’a surtout rien avoir avec une crise du système lui-même ! « Nos concitoyens ne sont pas idiots ! »

Et lorsque Monsieur Trichet estime détenir un argument de poids, il le sert à toutes les sauces. Quand viendra la reprise ? « Je ne suis pas un oracle et j’insiste sur le fait que ce qui est important, c’est, aujourd’hui, de retrouver la confiance. Car si on retrouve la confiance aujourd’hui progressivement, on pourra avoir en effet la reprise en 2010. » Les plans de relance européens ? « D’une manière générale, [ce] sont des plans qui sont audacieux (…). Et en même temps, il est évidemment nécessaire de convaincre nos concitoyens que le retour à l’équilibre est dans la perspective stratégique de moyen terme. Parce que sinon, nos concitoyens n’auront pas confiance, ils ne sont pas idiots ! »

-Dangereuse insuffisance de la réaction européenne face à la crise:
"...Le danger immédiat et manifeste pour l’Europe à l’heure actuelle réside ailleurs, dans l’incapacité du continent à réagir efficacement à la crise financière.L’Europe agit trop peu en termes de politique budgétaire et monétaire : elle fait face à une crise au moins aussi grave qu’aux États-Unis, mais elle fait beaucoup moins pour lutter contre le ralentissement économique.Sur le plan budgétaire, la comparaison avec les États-Unis est frappante. Nombre d’économistes, dont moi-même, ont fait valoir que le plan de relance de l’administration Obama était insuffisant, compte tenu de l’ampleur de la crise. Mais les mesures prises aux Etats-Unis surpassent de loin tout ce que font les Européens.La différence en matière de politique monétaire est également frappante. La Banque centrale européenne a été beaucoup moins dynamique que la Réserve Fédérale. Elle a été lente à réduire les taux d’intérêt (et les a relevé en juillet dernier), et a hésité à prendre des mesures fortes pour dégeler les marchés du crédit.Le seul élément qui travaille en faveur de l’Europe est celui pour lequel elle est le plus critiquée : la taille et la générosité de ses Etats-providence, qui ont amorti l’impact de la crise économique.Ce n’est pas peu de chose. La garantie de l’assurance maladie et des prestations de chômage généreuses assure que, du moins jusqu’à présent, il n’y aura pas autant de souffrance humaine en Europe qu’il n’en existe en Amérique. Et ces programmes permettront également de soutenir la consommation durant le marasme.Mais ces « stabilisateurs automatiques » ne peuvent se substituer à l’action...
... il existe une Banque Centrale Européenne. Mais la BCE ne ressemble pas à la Fed, qui peut se permettre de sortir du cadre établi, car elle est soutenue par un gouvernement national unifié - un gouvernement qui a déjà agi afin de partager les risques induits par l’audace de la Fed, et ne manquera pas de couvrir les pertes de la Banque Centrale si ses efforts pour débloquer les marchés financiers tournent mal. La BCE, qui doit répondre de ses actes devant des gouvernements qui se querellent souvent, ne peut pas compter sur le même niveau de soutien..."

-La crise en 2009 sonnera la mort de l’Industrie en France, Sarkozy ne l’a pas annoncé ! | AgoraVox
-Récession d'une ampleur inédite pour la France
-Bouclier fiscal: tout pour les riches | Mediapart:
"«Il n'est pas question de revenir sur le bouclier fiscal. C'est une mesure de justice», assurait Eric Woerth, mardi 17 mars, sur Europe 1. Au moment où le ministre du budget parlait, il ne pouvait ignorer les chiffres des bénéficiaires de la loi Tepa (Travail, emploi, pouvoir d'achat). Tous les chiffres et pas seulement ceux transmis par le ministère des finances la veille. Un document issu de Bercy que Mediapart s'est procuré donne la réalité de la mesure. Jamais il n'y a eu mesure fiscale aussi coûteuse, aussi inégalitaire, aussi disproportionnée. Si aucun remède n'est apporté, Nicolas Sarkozy méritera sa réputation de président du Cac 40..."
-SOS richesse en détresse !
-Sauvons les riches !
-Après le champagne, les oligarques russes boivent la tasse




jeudi 19 mars 2009

Aux origines de la construction européenne


Pour une révision de l'histoire officielle , contre le mythe de la génération spontanée de l'idée d'Europe unifiée






-Une analyse historienne-partielle- qui met en évidence les liens étroits entre les principaux pères fondateurs de l'Europe après guerre et certains réseaux américains, dont la
fondation Ford-

"Aujourd’hui, l’histoire de la « construction européenne » est devenue un dogme verrouillé qu’on ne peut contester sous peine de passer pour un communiste ou un fan de théorie du complot. Mais, les faits sont là : toute la documentation sur l’Europe a été réalisée par les tenants de l’Europe fédérale. Le processus européen est expliqué par la théorie dominante européaniste, dont la version est en gros, que Jean Monnet et Robert Schuman se sont levés un matin avec la brillante idée de construire une Europe avec un marché commun, une monnaie unique et une armée commune, afin de préserver la paix. C’est ce qu’on enseigne aux enfants de primaire, et jusqu’à la fac..."(Ceri)
__________________________

La fondation Ford : une politique de formatage en Europe | AgoraVox:

La Fondation Ford a été créée en 1936 par Henri et Edsel Ford, qui lui ont légué une grande partie de leur fortune (3 millions de dollars d’actions Ford) à leur mort dans les années 40. Le but affiché dans les statuts de la fondation était de « recevoir et gérer des fonds pour des objectifs scientifiques, éducatifs et charitables pour le bien public ». Depuis le début, on trouve dans son équipe dirigeante des dirigeants de banque, ou d’anciens hauts militaires tout comme des universitaires, qui se font un plaisir de répercuter les idées de la fondation dans le monde universitaire et la société, aux Etats-Unis comme en Europe.
L’un des objectifs auxquels elle va s’atteler via la recherche universitaire et le financement de divers médias notamment, est ce qu’on appelle « la construction européene ». Pendant ce temps, les Etats-Unis via la CIA font le même travail d’une manière plus large, tout comme la fondation Rockefeller. Les premiers dirigeants de la fondation Ford étaient très proches des premiers architectes de l’Europe, et ont parfois participé au cours de leur carrière à la rédaction de certains grands textes européens, ce qui a grandement facilité les choses. Revenons donc aux premières années de ladite construction. Hoffman, devenu chef de la fondation Ford en 1951, était donc administrateur du plan Marshall après-guerre et à ce titre très proche des « élites » européanistes. Il s ‘est entouré à la tête de la fondation d’autres personnages du même acabit, tels que Milton Katz (ancien assistant de Gaither au plan Marshall), John McCloy (ex-chef du Haut commissariat US en Allemagne, président de la Banque Mondiale de 1947 à 1949 –au moment du plan Marshall, puis administrateur de la fondation Rockefeller, puis président de la Chase Manhattan Bank de Rockefeller, puis président du fameux Council on Foreign Relations après David Rockefeller, puis conseiller –comme c’est étrange- de presque tous les présidents US jusqu’à Reagan, il a aussi été dans la commission Warren qui a condamné Lee Harvey Oswald pour l’assassinat de Kennedy. Surtout, il était un grand ami de Jean Monnet le père de l’Europe avec qui il a fortement encouragé l’intégration de l’Allemagne dans ladite Europe…
En Europe, la fondation Ford a (donc) contribué à financer divers groupuscules, comme le Comité pour les Etats-Unis d’Europe institué par Jean Monnet (ex Président de la Haute Autorité de la CECA) après l’échec de la Communauté Européenne de Défense (CED), qui se voulait « un groupe d’action d’élite destiné à promouvoir des réalisations concrètes pour la création des Etats-Unis d’Europe » afin de rallier les politiques (sauf les communistes bien sûr) à l’idéal européaniste. Car, évidemment, les masses versatiles ne sont pas la cible de nos « élites ». Ledit Comité avait différentes antennes, comme l’Institut de la Communauté européenne pour les Etudes universitaires, basé à Lausanne et Bruxelles, financé à son origine au moins par « un don généreux de la Fondation Ford, où Monnet comptait un ami de longue date, Shepard Stone ».
John Mc Cloy, grand ami de Monnet et futur membre éminent de la fondation Ford, ancien du plan Marshall, a œuvré pour l’amitié franco allemande et pour que le plan Schuman passe tel quel, ce qui n’était pas gagné, parce que ce plan menait à la CECA, à la CEE (traité dont il a permis la signature), et à l’Union européenne. Il a aussi beaucoup poussé à la mise en place d’une armée européenne intégrée dans l’OTAN évidemment.
Le Mouvement Européen, lui, est un think tank européaniste crée dès la fin de la guerre en 1948 car il ne faut pas perdre de temps c’est bien connu. Il « coordonnait » après-guerre les divers mouvements nationaux pro européens (enfin, de l’Europe telle que les textes l’ont construite s’entend) tels que la Ligue Européenne de Coopération Économique (octobre 1946), le United Europe Movement (janvier 1947), l’Union Parlementaire Européenne (juillet 1947), les Nouvelles Équipes Internationales (mai 1947), le Mouvement Socialiste pour les États-Unis d’Europe (février 1947), ou l’Union Européenne des Fédéralistes (décembre 1946)...
A partir d’archives déclassifiées de la CIA datant de 1950, le quotidien anglais The Telegraph a raconté en 2001 comment les services secrets US ont mené campagne en faveur dune « Europe unie », y compris avec l’Angleterre. On nous explique que « l’outil pour élaborer l’agenda européen était le Comité pour les Etats-Unis d’Europe, crée en 1948 » par Jean Monnet, et dont le président était William Donovan chef des Services stratégiques de l’armée US, et le vice président Allen Dulles, chef de la CIA à ce moment-là....
On apprend également, en se colletinant les rapports annuels de la fondation Ford depuis 1949, qu’en 1958 ladite fondation, afin « d’aider à l’effort de l’intégration européenne », a inauguré une « nouvelle organisation centrale connue comme l’Institut de la Communauté Européenne pour les Etudes Universitaires (…) grâce à une subvention de 500.000$ de la fondation », pour une durée de cinq ans. On nous précise également que sa présidence comporte « d’éminentes personnalités du mouvement de l’intégration européenne telles que Jean Monnet, Louis Armand, Walter Hallstein, Max Kohnstamm, et Robert Marjolin ». L’institut en question est par ailleurs chargé de soutenir des programmes universitaires pour former des gens au marché commun Européen, à la CECA, à Euratom, et toutes les institutions similaires qui pourraient être créées...
Aujourd’hui, l’histoire de la « construction européenne » est devenue un dogme verrouillé qu’on ne peut contester sous peine de passer pour un communiste ou un fan de théorie du complot. Mais, les faits sont là : toute la documentation sur l’Europe a été réalisée par les tenants de l’Europe fédérale. Le processus européen est expliqué par la théorie dominante européaniste, dont la version est en gros, que Jean Monnet et Robert Schuman se sont levés un matin avec la brillante idée de construire une Europe avec un marché commun, une monnaie unique et une armée commune, afin de préserver la paix. C’est ce qu’on enseigne aux enfants de primaire, et jusqu’à la fac..." (Ceri)

-Pourquoi la Fondation Ford subventionne la contestation
-La Fondation Ford, paravent philanthropique de la CIA
- Revue d'histoire: Jean monnet -Mesure d'une influence
-La légende de Jean Monnet:
"... le rôle de Jean Monnet sous la IVe République est trouble. L’homme est lié à tout un réseau d’amis américains, notamment John Foster Dulles, inspira­teur de Jean Monnet en 1950 et John Mac Cloy qui rallia les Allemands au projet de CECA. Preuve parmi d’autres que l’Eu­rope de Jean Monnet s’est faite sous la contrainte extérieure -les pressions américaines et la menace soviétique....
-L'américanisation de l'Europe ... JF Dulles

-Histoire de l'Union européenne - Wikipédia

mercredi 18 mars 2009

Israel: dangereuse dérive

L'avenir de Tel-Aviv se joue à Washington
Obama ligoté
?...

La politique pour le moins ambigüe de Obama ,en ce qui concerne le Moyen-Orient et notamment la question palestinienne et la politique israëlienne, débouche sur un renoncement de mauvaise augure face aux pressions d'un lobby puissant inconditionnellement attaché à défendre les intérêts israëliens au coeur des institutions américaines.
Les chances de paix au MO paraissent pour l'instant bien compromises...











"Il y a un lobby puissant déterminé à empêcher qu'un autre point de vue que le sien soit émis, encore moins pour prendre en compte la compréhension américaine des courants et évènements au Moyen Orient. Les tactiques du lobby d'Israël touche le fond du déshonneur et de l'indécence, et incluent la destruction d'une réputation, citation erronée sélective, déformation voulue du passé, fabrication de mensonges et un total mépris de la vérité. Le but de ce Lobby est de contrôler le processus politique via l'exercice d'un veto sur la nomination de personnes qui remettent en question la sagesse de ses points de vue, la substitution du politiquement correct à l'analyse, et l'exclusion de toutes les options de décision par les Américains et notre gouvernement exception faite de celles qui ont sa faveur.
" (C.Freeman)
______________________
Proche Orient, en route pour le chaos ? | AgoraVox

"Tout le laisse supposer. Trois évènements très récents, survenus en Palestine, Israël et Washington, laisseraient en effet supposer que la tension dans cette région du monde monte d’un seul coup de plusieurs crans.
Le plus surprenant et le plus menaçant de ces évènements est venu de Tel Aviv, dans la nuit de dimanche à lundi. Une porte parole du Likoud de Netanyahu annonçait la signature d’une coalition avec le parti d’extrême droite Israël Beiteinou. Rien de bien nouveau. Il fallait s’attendre à une telle alliance dès lors que le rapprochement avec le centre s’était avéré impossible. La menace vient du partage des pouvoirs dans cette coalition tel que l’a décrit la porte parole, Miri Rheiman, et tel qu’il a été diffusé lundi par les agences de presse internationales. « Aux termes de cet accord, Israël Beitenou va obtenir le ministère des Affaires étrangères, qui doit revenir au chef de ce parti Avigdor Lieberman, ainsi que les portefeuilles de la Sécurité intérieure, des Infrastructures, du Tourisme et de l’Intégration (des nouveaux immigrants), a ajouté la porte-parole. » révèle ainsi l’AFP. -Avigdor Lieberman, anti-arabe viscéral, se retrouve ainsi chef de la diplomatie israélienne et son parti, excusez du peu, obtient en outre trois autres portefeuilles-clés. Cette distribution « extrémisme de droite » laisse présager que les éventuels accords de paix avec les palestiniens du Hamas et du Fatah auront du plomb dans l’aile, et pour longtemps, que la Palestine en tant qu’Etat ne verra jamais le jour, et que la colonisation de la Cisjordanie se poursuivra à marche forcée. Ce n’est pas tout. Les quatre autres formations, qui devraient également entrer dans la future coalition et qui comptent au total 23 députés, sont toutes ultras nationalistes ou orthodoxes. « Selon la radio publique, M. Netanyahu espère signer d’autres accords de coalitions avec ces partis dans les prochains jours et présenter son gouvernement jeudi pour obtenir l’investiture du parlement » dixit l’AFP...
Charles Freeman, un diplomate chevronné, qui avait été choisi par l’administration Obama pour occuper le poste de « principal analyste des services de renseignements américains (National Intelligence Council), s’est désisté récemment, accusant le lobby israélien de diffamation à son égard et de vouloir « empêcher l’opinion ou le gouvernement américains d’examiner toute option politique opposée au Moyen Orient à la faction au pouvoir en Israël, permettant à celle-ci d’adopter et de maintenir des politiques qui, à terme, menacent les Etats Unis et Israël. »

-Le responsable du NIC de la nouvelle administration de Barack Obama, Charles Freeman, a dû démissionner suite à de fortes pressions du lobby pro-israélien:
"Un proche de l’AIPAC lance la charge contre FreemanLa campagne contre Freeman a été lancée par Steve Rosen, ancien lobbyiste-en-chef du puissant American Israël Public Affairs Commette (l’AIPAC, le riche lobby pro-israélien très proche de l’ambassade d’Israël) dans une série d’articles vicelards sur son blog « Obama Mideast Monitor ».Rosen n’est autre qu’un des dirigeants de l’AIPAC inculpés pour espionnage et dont le procès débute en mai prochain pour avoir subtilisé au Pentagone des renseignements classés « top secret » avec l’aide d’assistants néo-conservateurs de Donald Rumsfeld.Rosen a aussi avoué au Washington Post qu’il avait contacté bon nombre de journalistes pour dénoncer le choix de Freeman. Et bien que le porte-parole de l’AIPAC, Josh Block, prétende qu’il n’a rien fait pour s’opposer à la nomination de ce dernier, le Washington Post du 12 mars a rapporté que Block avait fourni des billes contre Freeman à des journalistes, « mais toujours en off, à savoir que ses dires ne pouvaient pas lui être attribués, selon trois journalistes qui ont parlé avec lui ». ..
Même le Speaker de la Chambre de Représentants, Nancy Pelosi, sous pression des riches donateurs juifs au parti démocrate, s’est opposée à la nomination de Freeman, en déclarant que les critiques du diplomate envers Israël « dépassent les bornes de l’acceptable » !..
Dans le prestigieux quotidien Baltimore Sun, réputé pour sa couverture des affaires étrangères, le chroniquer Ron Smith avait bien raison d’écrire qu’« il y avait beaucoup de supporters de Barack Obama qui ont cru que le message d’“espoir et de changement” du candidat comprenait aussi le remaniement de la politique étrangère de l’Amérique afin d’adopter une vision plus équilibrée du conflit entre Israël et les Palestiniens, une attitude éloignée du soutien inconditionnel et non critique de tout ce que fait le gouvernement israélien… Mais pour ceux qui croient que toutes les mesures prises par Israël ne vont pas dans l’intérêt des Etats-Unis, le retrait de Freeman, dû essentiellement à un véto du lobby pro-israélien, représente la continuation du statu quo et la fin de tout « espoir » de tout « changement »

-Etats-Unis ; Freeman renonce, les pro-israéliens du Congrès triomphent
-Charles Freeman dénonce le lobby israélien aux USA
-Affaire Freeman : le Lobby israélien vacille
-« En guerre avec le peuple palestinien »
__________________
Israël continue de bloquer le transfert de biens essentiels
-Israel annexing East Jerusalem (annexion de Jérusalem Est)
-Colonisation et démolition d’habitations palestiniennes : Les Etats-Unis font pression sur Israël
-Proche-Orient, le choix du chaos
-De la dérive de la société israélienne aux délires du CRIF
-Antisémitisme : l'intolérable chantage
-Gaza : des soldats israéliens racontent leurs crimes
-La Petite Republique:soutenir Tsahal -produits dérivés!
-M. Nétanyahou dit vouloir œuvrer pour la paix - Proche-Orient - Le Monde.fr: "...M. Nétanyahou s'est prononcé en faveur de la 'croissance naturelle' des colonies, et il a clairement précisé ce que serait, à ses yeux, un Etat palestinien : un Etat démilitarisé qui n'aurait pas le droit de signer des accords avec qui bon lui semble. Il n'aurait pas la possibilité de contrôler son espace aérien ni le spectre électromagnétique, ni de disposer de ses réserves d'eau. 'Je pense, avait-il déclaré au Washington Post, le 28 février, que les Palestiniens doivent avoir la possibilité de diriger leur vie, mais pas de menacer la nôtre.'
Benyamin Nétanyahou est partisan d'une plus grande autonomie dans des frontières non définies qui permettront à la colonisation de s'étendre. Dani Dayan, responsable de Yesha, l'organisme représentatif des colons, s'est récemment vanté d'être un proche du futur chef du gouvernement, et de pouvoir ainsi faire progresser de 10 % le nombre des colons en Cisjordanie, alors qu'il a augmenté de 5 % lors des trois années du mandat d'Ehoud Olmert (soit 45 000 personnes supplémentaires)."

________________
-Palestine: silences d'Obama
-USA: contre-lobby juif...
- Israël :à droite, toute..

mardi 17 mars 2009

Pour une autre mondialisation




La voix d'un Prix Nobel

-Changer les règles du jeu
-

« Le marché est un bon serviteur mais un très mauvais maître ». (R.Correa)

-"L’ironie de l’histoire, c’est que la crise actuelle ne résulte pas d’erreurs commises par les pays en développement, donc bénéficiaires de ce genre d’aides, mais d’erreurs commises aux Etats-Unis qui ont, je vous le rappelle, le droit de véto au FMI. La dernière fois que le FMI a prêté de l’argent, l’instruction qu’il a donné aux pays bénéficiaires était d’imiter l’exemple des institutions financières américaines et leur pratique en matière de réglementation" (J.S.)
___________________________________

Joseph Stiglitz : une autre mondialisation est possible | AgoraVox:
"...Lorsqu’on demande à Joseph Stiglitz s’il assume le rôle d’éveilleur de conscience il estime qu’ « il ne s’agit pas simplement de se plaindre et de pleurnicher, mais de proposer une solution de rechange. Il y a des façons plus rentable, efficace et juste de gérer ou de réguler une économie mondialisée.
Un autre monde est possible, c’est d’ailleurs le titre du premier chapitre d’un de mes livres. Avec la crise financière telle qu’elle éclate actuellement dans toute son horreur, on a vu que la philosophie ultra-libéraliste débridée qui sous-tendait la façon dont la mondialisation était administrée n’a fonctionné nulle part, ni dans les pays en développement, ni même dans les pays développés, à commencer par les Etats-Unis. Donc il y a un consensus qui commence à se dégager pour reconnaître qu’il faut trouver de nouvelles règles pour gérer l’économie de marché ».

-Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie: «C'est le bon moment pour un Bretton Woods :
II»
"...Selon Joseph Stiglitz, les «cadeaux fiscaux» faits aux Américains dans le cadre du plan de relance de 780 milliards de dollars risquent d'alimenter l'épargne plutôt que la consommation. Simultanément, les Etats fédéraux (le tiers des dépenses publiques aux Etats-Unis) économisent pour réduire leur déficit, ce qui a une influence négative, a-t-il ajouté.La crise immobilière va en outre se prolonger aux Etats-Unis, car les 4,4 millions de personnes qui ont perdu leur emploi depuis le début de la crise ne peuvent plus payer leur maison, a estimé le Prix Nobel. L'accroissement du déficit budgétaire représente en outre une source d'inquiétude, car il compromet les dépenses publiques futures..."
-Joseph Stiglitz - Homepage

-Joseph Stiglitz - Démocratiser la mondialisation
""Je ne suis pas un détracteur farouche de la mondialisation, mais un défenseur lucide d'une mondialisation plus démocratique, qui puisse être bénéfique pour toute l'humanité et pas seulement pour les plus riches, comme c'est le cas actuellement. La mondialisation a eu des effets pervers en ce qui a trait au développement des pays pauvres. Il est incontestable qu'il y a eu une croissance économique grâce à la mondialisation, mais les bénéfices de cette croissance n'ont pas été partagés de façon équitable. Ce n'est pas la mondialisation en tant que telle qui est à critiquer, c'est la façon dont elle a été mise en oeuvre et dont elle est gérée aujourd'hui, surtout par les États-Unis, seule superpuissance économique mondiale détenant le contrôle, quasi absolu, des principaux leviers financiers qui façonnent la globalisation économique. L'unilatéralisme américain met en péril la mondialisation..."

-Joseph Stiglitz : «Le FMI répond aux intérêts de Wall Street»:
"...Les pays industrialisés, et notamment les Etats-Unis, sont de fervents défenseurs de la libéralisation du commerce. Mais si vous regardez ce qui se passe vraiment, ce commerce mondial est très asymétrique, très injuste. Sous la pression des pays développés, le Sud ouvre ses frontières, abolit les subventions, pendant que le Nord, qui devrait pourtant être en mesure de s'adapter beaucoup plus vite, continue d'interdire l'entrée des produits en provenance du Sud et maintient les subventions pour défendre ses propres produits. ..."

-Crise économique : le FMI persiste et signe :
"Pourquoi changer une politique qui conduit à la faillite, lorsque les victimes sont les autres ? Telle est la question qui se pose au Fonds monétaire international et à laquelle il ne répondra pas. Au contraire, sous la houlette de Dominique Strauss-Kahn, le FMI entend utiliser la crise pour réduire. un peu la marge de manœuvre des États pauvres. Pour Damien Millet et Eric Toussaint, responsables du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde), il faut dissoudre sans attendre une institution internationale qui a conçu ses prêts comme un moyen de domination.
-----------------------
-Mondialisation et démocratie
- Mondialisation implosive ?
-
Quand les pauvres financent les plus riches
-
FMI : Faut-il aider le soldat Strauss-Kahn ?

lundi 16 mars 2009

Capitalisme : (nouvelle) grande transformation

Le "précariat": nouveau statut salarié ?

-"Nous ne sommes pas dans une jungle, mais dans une société encore largement entourée et traversée de protections. Cependant, ces protections s’affaiblissent. Derrière ce phénomène, il y a une sorte de mutation du capitalisme. Nous sortons du capitalisme industriel qui à travers bien des conflits en était arrivé à construire des compromis assez consistants entre l’activité économique et la protection des salariés, et nous passons à un capitalisme, plus agressif, plus concurrentiel, mondialisé. Cela a notamment des incidences sur le statut de l’individu qui devient souvent un 'individu par défaut', qui ne dispose pas du minimum de ressources, de supports, de droits pour conduire son existence sociale avec un minimum d’indépendance" (R.C.)
-La société du précariat
________________
-"Les mutations du travail ont des effets sociaux et anthropologiques très profonds. Elles bouleversent l’identité des individus et fragilisent la cohésion sociale. Comment doit se redéployer, dans ces conditions, l’Etat social ? Réformes libérales ou réformes de gauche ?Comme toujours, dans ses analyses de la question sociale, l’auteur croise les regards et les interrogations. Il montre les conséquences diverses et multiples des transformations du travail, à la fois pour la vie des individus menacés de désaffiliation et pour la vie collective, la reconfiguration des rapports de classe, l’effritement de la propriété sociale. Partout naît et se renforce une insécurité sociale aux visages multiples, parfois contradictoires. Il faut donc repenser la protection sociale dans une « société des individus », ce qui contraint l’Etat à redéfinir son rôle et le droit du travail à redéfinir ses principes. Autrement dit, forcément le politique. Mais dans quel sens ? Et d’abord, pourquoi encore choisir l’« Etat social » ?Le parcours proposé par Robert Castel allie, comme toujours, limpidité et acuité du regard. Il s’apparente à un véritable « traité du social » repensé et actualisé pour répondre aux défis posés par la crise du travail et celle de l’Etat social qui en est la conséquence, dans une société de plus en plus individualisée." (4ème de couverture)
-Travail précaire
_______________________
"..La disponibilité à l’emploi, ressource-clé d’un mode de produire marqué par l’aléatoire des restructurations, agité par ces moments d’innovation dont la prégnance a succédé à celle des longues séries du fordisme, aux objets et aux procédures sans cesse modifiés, doit être captée là où elle se manifeste en grand, chez les femmes un temps, dans l’immigration cycliquement, et parmi les jeunes de manière permanente. C’est sur ces bords, sur ces frontières mouvantes et poreuses du salariat que s’expérimentent les nouvelles modalités paradigmatiques de la mise au travail. Les nostalgiques du plein-emploi qui refusent de le voir, prétextant la majorité quantitative des contrats sans terme dans la population salariée, échouent à identifier un principe organisateur du salariat : la capture de la disponibilité et tout l’effort de contrôle de la mobilité qu’elle suppose.-Le halo de la disponibilité alimente l’exigence contemporaine d’une contribution productive caractérisée par une mobilité et une polyvalence accrues. Loin de s’accompagner de garanties adéquates, la violence de la mise à disposition s’exerce sans autre contrepartie que l’espoir d’une hypothétique et tardive insertion dans un emploi stabilisé. La minorisation des jeunes marque ainsi d’une façon renouvelée la cartographie d’un salariat toujours davantage modelé par la situation de sa « périphérie ». S’acharnant à rejoindre tous les espaces investis par les luttes ces dernières décennies, la discipline sur des corps, le contrôle des affects et de la mobilité, débordent le cadre étroit de la prestation de travail pour coloniser l’ensemble des conditions de vie. Qui aurait cru que des tiers garants puissent être systématiquement requis par les bailleurs auprès de salariés pourtant majeurs pour accéder à un logement ? Minorité sociale, c’est bien au-delà de l’age de la jeunesse que le sort fait aux jeunes modifie le salariat, c’est en fait le salarié en tant que tel qui se voit considéré et traité comme mineur perpétuel. Disponible mais sans capacité de décision, appelé à se conformer au persistant jeunisme de l’époque, le salarié doit idéalement être toujours prêt à l’insertion productive précaire et n’aurait rien d’autre à entreprendre qu’à se donner comme employable..." (L. Guillauteau)
____________________________

Robert Castel explore la grande transformation du capitalisme | Mediapart:
"Quelques mois avant les grandes grèves et manifestations de novembre-décembre 1995, le sociologue Robert Castel publiait un ouvrage qui, sans doute mieux que tout autre, permettait de comprendre ce à quoi, au-delà de la seule réforme de la sécurité sociale, commençaient de s'opposer avec force un grand nombre de Français. Chronique généalogique du salariat sur très longue période, Les Métamorphoses de la question sociale proposait aussi un premier bilan des effets sur le travail de la profonde mutation du capitalisme qu'on désigne, depuis le milieu des années 70, comme « la crise ».-Ce livre est vite devenu un classique pour les chercheurs en sciences sociales mais aussi pour des citoyens engagés, syndicalistes notamment, qui refusaient « la casse de l'Etat social » et assumaient, dans le même temps, leur réformisme. Les discussions suscitées par cet ouvrage ont encouragé Robert Castel à poursuivre son enquête et à continuer de vulgariser ses travaux pour un plus large public. Ce qu'il fit en publiant L'Insécurité sociale, l'un des quelques best-sellers de la petite collection de la République des idées puis en s'autorisant une légère mais brillante escapade sur un terrain moins familier avec La Discrimination négative, un essai sur « l'émeute » de 2005...
Dans la Montée des incertitudes, Castel distingue ainsi des « risques » qui n'ont rien à voir et qu'on a trop tendance, souvent pour des raisons idéologiques (de politique de la peur), à amalgamer : « risque social » (celui qui fait l'objet des assurances sociales), « facteurs de risques » (manières de gérer des populations à risques) et « nouveaux risques » (tel le réchauffement climatique).
-Et maintenant, le " précariat "...
-Vacarme / le travail au long cours
-Observatoire des inégalités
-Robert Castel - Recherche Google
-Le précariat contre le salariat
-Le « précariat » allemand : une couche sociale incomprise
-Jeunesse du précariat, un salariat en mode mineur
-Employabilité : un critère de dupes -
------------------------------------
--Karl Polanyi, le marché et le socialisme
-Capitalisme dérégulé : le glas ?





dimanche 15 mars 2009

Enfant-roi ou parents infantilisés ?


L'enfant ne naît pas une personne , il le devient

Aimer un enfant ne signifie pas lui donner un place centrale
Le socialiser, lui faire abandonner son narcissisme primaire, exige qu'on lui impose des limites, dans le seul but de structurer sa vie affective et de le rendre capable de supporter les frustrations dues à la vie en commun, donc de créer les conditions de sa liberté, qui ne pourra jamais être que relative
.Les contraintes font grandir

-"On doit confronter l'enfant aux rigueurs de la vie et de l'environnement. Ne pas trop le protéger pour le préparer à surmonter les difficultés à venir. Mais il faut aussi en même temps adapter cet environnement à sa relative fragilité, à ses limites et à son niveau de développement. L'affectif, c'est de l'amour pour aujourd'hui. Mais le normatif, c'est de l'amour pour demain." (M.N.)

" Une violente répression d'instincts puissants exercée de l'extérieur n'apporte jamais pour résultat l'extinction ou la domination de ceux-ci, mais occasionne un refoulement qui installe la propension à entrer ultérieurement dans la névrose. La psychanalyse a souvent eu l'occasion d'apprendre à quel point la sévérité indubitablement sans discernement de l'éducation participe à la production de la maladie nerveuse, ou au prix de quel préjudice de la capacité d'agir et de la capacité de jouir la normalité exigée est acquise. Elle peut aussi enseigner quelle précieuse contribution à la formation du caractère fournissent ces instincts associaux et pervers de l'enfant, s'ils ne sont pas soumis au refoulement, mais sont écartés par le processus dénommé sublimation de leurs buts primitifs vers des buts plus précieux. Nos meilleures vertus sont nées comme formations réactionnelles et sublimations sur l'humus de nos plus mauvaises dispositions. L'éducation devrait se garder soigneusement de combler ces sources de forces fécondes et se borner à favoriser les processus par lesquels ces énergies sont conduites vers le bon chemin. " (Freud)

-Avatars et désarrois de l'enfant-roi:

"...Penser que d'emblée "l'enfant est une personne", pour reprendre l'aphorisme bien connu de Françoise Dolto, veut dire qu'il y a en chaque enfant la potentialité d'un désir en devenir à respecter, mais cela ne veut nullement dire qu'il faut prendre ses voeux pour ses désirs, ni qu'il faut lui demander son avis à propos de décisions qui ne sont pas de son ressort. Encore une fois, dire qu'un enfant est un "sujet désirant" veut donc dire qu'il a cette potentialité désirante en lui, mais non qu'il soit d'emblée désirant effectivement. Pour paraphraser un autre aphorisme célèbre : on ne naît pas sujet désirant, on le devient !-Car, paradoxalement, en donnant cette place centrale à l'enfant, c'est son trajet propre d'enfant qu'on lui vole. En effet, à le considérer d'emblée comme un sujet à part entière, on lui permet de faire l'impasse sur le fait d'assumer son "aliénation" aux autres dont il dépend, et d'avoir ensuite à s'en séparer. Mais de plus et surtout, nous nous dérobons alors à la tâche de soutenir cette confrontation, autrement dit d'être et de rester des interlocuteurs pour l'enfant, en un mot nous nous déresponsabilisons de ce que nous avons à transmettre.-Prenons un simple exemple : aujourd'hui, il ne faut pas être dans une famille particulièrement aisée pour qu'un enfant ait un téléviseur dans sa chambre. Nul doute que l'introduction de cet objet dans la famille permet une pacification. Désormais, plus besoin de se confronter au sein de la famille pour savoir quel programme choisir, pas de conflits inutiles à propos d'une décision où il faudrait finir par trancher, pas de frustration ni de frottement à l'altérité de l'autre. Tout peut dès lors se passer comme si, très judicieusement, on était ainsi parvenu à éviter tant l'autorité que la violence. Mais, à y regarder de plus près, n'est-ce pas plutôt une occasion spécifique du travail de maturation qui est ainsi manquée ? Et le parent, de son côté, n'a-t-il pu ainsi, en toute légitimité apparente, s'éclipser de sa tâche..."

-De l’enfant-roi à l’enfant-proie:
"...Au-delà des « parts de marché » qu’ils représentent à court terme, les enfants sont pour les firmes de futurs clients à fidéliser à tout prix : « Vos parts de marché grandissent avec lui », claironnent à l’adresse des annonceurs les spécialistes du « baby marketing », photo de bébé à l’appui, émaillée de la légende : « Votre meilleur vendeur . » Mais surtout, la dimension de ce conditionnement pavlovien dépasse largement les stratégies commerciales prises isolément. La visée profonde du « système-pub » est d’inculquer aux futurs citoyens l’idéologie de la consommation, cette autre face indispensable de la « marchandisation du monde ».-Conduites de consommation, styles de vie, modes de pensée : c’est un modèle uniforme d’individus illusoirement libres que façonnent chez les petits et grands enfants ces publicités qui rythment l’espace médiatique. Dressage du sujet-consommateur, focalisé sur le mythe du produit salvateur, qui doit doper son existence de jouissance et de puissance. Schéma d’absorption des choses de la vie et du monde, qu’il faut « croquer à pleines dents », à commencer par les fleurons de l’industrie audiovisuelle (films, feuilletons, émissions « grand public », albums, stars à la mode, etc.). Légitimation d’une violence des pulsions, nommées « envies », et bientôt érigées en « droits de consommer » que de jeunes tyrans imposeront à leurs proches (l’Association des instituts de rééducation dénonce déjà « les publicités dans lesquelles les enfants sont mis en position de toute-puissance à l’égard de leurs parents »). Impératif d’une permanente exhibition de soi, l’« identité » ne consistant plus qu’en des signes extérieurs – publicitaires, sportifs ou religieux – par lesquels chacun croit distinguer son « moi je » des autres. Modèle enfin d’un devenir sans cesse en mutation, impossible à maîtriser au sein d’un « monde qui bouge », qui oblige à « changer pour changer » au gré des modes et des événements médiatiques, et engendre une soumission chronique au groupe (jeune ou moins jeune), supposé lui-même toujours en mouvement..."
-La poupée Barbie:
"...Avec la poupée Barbie, la fonction de parent disparaît ; l'enfant qui joue n'est pas censée jouer à la mère, et dans la vaste « famille » qui entoure Barbie les parents sont totalement absents..."

- Enfant tyran, la famille en souffrance:
"... Geneviève Platteau reprend le questionnement (des auteurs précédents) en se demandant si l’absence de limites ou d’autorité verticale signifierait que les parents n’ont plus rien à transmettre. Évoquant ce que sont devenus le couple et la famille dans le monde actuel, elle stigmatise le « laisser faire » trop présent dans l’éducation des enfants, qui occulte les différences de génération et insécurise l’enfant en le mettant prématurément dans une position d’adulte. En même temps, elle pointe la déshumanisation de la société actuelle où la compétitivité est à l’avant-plan ; dès lors, le seul refuge devient le foyer et les attentes de réparation envers ses membres deviennent excessives.
Geneviève Platteau regrette la disparition des liens verticaux tracés par la loi des anciens qui, en imposant des places et des rôles définis, favorisait chez l’individu et dans le groupe des sentiments de stabilité et de sécurité..."

-Ma semaine allemande: au pays des enfants-tyrans:
"...La roue tourne au cœur de la citadelle du pédagogisme. L’un des bestsellers de l’année 2008 en Allemagne a été le livre de Michael Winterhoff, pédopsychiatre, intitulé « Pourquoi nos enfants deviennent des tyrans » (Warum unsere Kinder Tyrannen werden). L’auteur y remet en cause toutes les certitudes de la pédagogie du XXè siècle en Allemagne, largement antiautoritaire. Winterhoff s’insurge contre les parents qui instaurent une cogestion éducative permanente avec leurs enfants ou ceux qui, phénomène encore plus grave, discutent de leurs propres soucis avec leurs enfants. Il montre les ravages d’une pédagogie participative appliquée sans discrimination à l’école, avec des parents qui font de la surenchère et partent du principe que les professeurs traitent toujours injustement leurs enfants. Le tableau est peut-être poussé trop systématiquement mais l’auteur a raison d’identifier dans ce qu’on appellera ironiquement la cogestion éducative (curieusement poussée à l’excès par les soixante-huitards au moment même où ils détruisaient la cogestion légitime, entre adultes, dans les relations de travail) l’une des causes du déclin du prestige social des enseignants, toujours plus méprisés par les parents des enseignés. (Nicolas Sarkozy, en France, vogue allègrement sur cette vague quand il manipule le populisme anti-profs).
Le lecteur français du livre a le droit de sourire. On entend si souvent les Allemands critiquer l’éducation des parents français, trop rigide, bridant la spontanéité de l‘enfant. (Je renvoie à la belle étude de Béatrice Durand, Cousins par alliance, coll. Autrement). On ajoutera cependant que beaucoup de ce qui est décrit dans le livre pourrait s’appliquer à la France. La « cogestion éducative » n’est pas une spécificité allemande. Un point peut-être reste spécifique: une qualité de l’éducation allemande, qui a mal tourné dans un cadre antiautoritaire: la capacité des parents allemands à se mettre à la place de leurs enfants - qui devient souvent aujourd’hui un instrument de destruction de la personnalité des enfants qui ne rencontrent plus aucun obstacle sur leur route. Ce qui est spécifiquement allemand, c’est l’idéologie de l’enfant-roi poussée au point de dissuader les parents d’en avoir un deuxième; et les enfants-rois eux-mêmes d’en avoir du tout..."
-Questions sur la violence adolescente et ce qu’elle révèle de nos sociétés

-Nos enfants ne doivent pas devenir des tyrans:
"...C’est un «déplacement de niveaux» qui se produit et même des petits enfants, même des nourrissons, peuvent prendre la direction et éduquer dans un certain sens leurs parents. Avec le refus et d’autres particularités, ils tiennent souvent en haleine toute la famille. Winterhoff dit que «les enfants sont devenus les éducateurs de leurs parents et ils peuvent les conduire selon leurs envies», sans rencontrer de limites. Ils se fâchent lorsqu’on leur montre des limites et qu’ils ne peuvent pas imposer leur volonté. Ils insultent leurs parents, font des crises de rage en en venant aux mains, ils battent leurs parents et leur donnent des coups de pieds. Avec la relation de partenariat, l’enfant est souvent impliqué dans les affaires des adultes – par exemple des problèmes du couple ou problèmes financiers – qu’il ne peut pas comprendre à son âge. On lui vole donc son enfance.
Dans la projection, c’est un autre déplacement de nivaux entre adultes et enfants. Les parents ou d’autres personnes éduca­trices – aussi des jardinières d’enfants et instituteurs – se placent à un niveau au-dessous de l’enfant. Ils deviennent dépendants de l’enfant. Leur propre humeur et leur estime de soi oscillent d’après les humeurs de l’enfant, ses prestations, son comportement. Ils vivent de bons résultats ou un bon comportement comme leur propre succès et comme une confirmation. Les fautes de l’enfant deviennent leur propre défaite. Ils ont quitté leur place d’éducateur et dépendent de la confirmation par l’enfant. Les éducateurs se trouvant dans la projection ne voient plus dans leurs actions l’enfant qui dépend d’eux, mais seulement eux-mêmes. Ils font tout pour contenter l’enfant parce qu’ils ne supportent pas qu’il soit mécontent. Ils ont peur qu’il ne les aime plus. L’enfant devient l’écran des projections de leurs propres déficits, ils ont besoin de l’enfant pour satisfaire leurs besoins souvent inconscients, par exemple la reconnaissance..."

-_DireOuiDireNonANosJeunesEnfants
- La fin de l'enfant roi ?
-Les adolescents: Adolescence, violence et passion
-Face à des enfants tyrans, parents et enseignants cherchent de nouveaux repères éducatifs.
-Educateur: un métier impossible
______________________
-Le capitalisme nous prend pour des enfants… que nous sommes devenus:
"...les nouveaux « sophistes du marketing » jugent que pour faire régner le capitalisme consumériste, il faut rendre les consommateurs enfantins. Il résulte de ces dynamiques une infantilisation des adultes et une transformation des enfants en consommateurs en culottes courtes.
Caractéristiques constantes de cet éthos infantilisant : l’émotion domine la pensée, l’égoïsme prime sur l’altruisme, le privé sur le public et le rapide sur le lent. La culture adolescente l’emporte bientôt sur toutes les autres. Les fast food, jeux vidéos et autre succès de films comme Shrek le montrent : la culture consumériste est bien souvent celle de la régression.
En conséquence de quoi le « moi » qui se consacre à la satisfaction de ses plaisirs a tendance à occulter le « moi » citoyen. L’auteur alerte sur le risque qu’il y a à traiter la liberté comme une affaire pleinement privée : « elle scinde le moi qui choisit en deux fragments antagoniques, et, en dernière analyse, elle nie la légitimité du fragment que nous appelons « citoyen » ou « public ». En somme quand le « je veux » se substitue au « nous voulons », c’est la citoyenneté qui disparaît..."
Consommateurs ou/et citoyens