Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

vendredi 19 avril 2019

Bolsonarisme (suite)

Une  maladie ronge le Brésil.
                                                  On y annonce la mort de la démocratie, même imparfaite.
      On oublie trop souvent l'expérience militaire chilienne, qui a imposé son modèle politique et  économique et sur laquelle une chape de plomb s'est abattue pour de longues années.
   
   L'expérience historique ne porte pas toujours ses fruits.
                    "...Il ne fait aucun doute qu’après le coup d’Etat qui a renversé le président élu Salvador Allende, le Chili a servi de laboratoire aux politiques néolibérales promouvant le fondamentalisme du marché et détruisant la sphère publique. Ce qui a été testé sous la dictature chilienne a été exporté peu après aux Etats-Unis et en Angleterre.Là-bas, l’ignorance de ce qui se passait dans les pays éloignés de l’Amérique du Sud explique que la majorité de la population a été surprise par les mesures qui mettaient l’Etat au service des détenteurs du pouvoir économique au détriment de la plupart des citoyens.      Le silence actuel en France sur ce qui se passe en Amérique latine, en particulier sur ce qui se joue au Brésil depuis 2013, est préoccupant. Le processus à l’œuvre au Brésil pourrait détruire les acquis des civilisations à travers le monde, y compris en France. De même que le Chili de Pinochet était le laboratoire du néolibéralisme dans les années 70, le Brésil peut être perçu comme le principal laboratoire du néolibéralisme dans son modèle ultra-autoritaire, qui vise à supprimer les droits fondamentaux et à contrôler les indésirables, plus précisément les pauvres et les ennemis politiques du projet néolibéral...."
           Entre actions discutables et disciplinaires et dérapages verbaux, le régime de révèle tel qu'il s'était annoncé.      Va-t-il aller jusqu'à faire lui aussi l'éloge de la dictature argentine, installée au pouvoir pendant 21 ans? On peut s'attendre à tout avec Bolsonero, qui ignore la notion de limites.
                   Le mythe Bolsonaro s'est fabriqué méthodiquement dans le temps, avec le complicité de Steve Banon et la corruption, pourtant dénoncée pendant sa campagne.    
             « Bolsomito » n’est pas tombé du ciel. S’il n’a guère fait campagne, cloîtré dans sa chambre d’hôpital après l’attentat qui a failli lui coûter la vie, la machine à fake news a fait campagne à sa place, multipliant comme des petits pains les votes en sa faveur. Le « messie » (son deuxième prénom) n’a pas eu à s’époumoner dans des meetings, son message anti-corruption a été porté par le bouche à oreille de la messagerie WhatsApp et les communautés Facebook. « Bolsomito » a été sacré roi par les réseaux sociaux. Pour cela, il a bénéficié du soutien de Paulo Guedes, un néolibéral formé à l’école des « Chicago boys » devenu son super ministre de l’économie, et des conseils de Steve Bannon, l’ex-stratège de Donald Trump, passé maître en sorcellerie électorale, capable de transformer grâce aux fake news le plomb du big data en or, c’est-à-dire en votes.       Selon un article du quotidien Folha de São Paulo, un certain nombre d’entreprises ont financé pendant la campagne électorale l’envoi sur les réseaux sociaux de messages hostiles au Parti des travailleurs (PT). Le financement des campagnes électorales par des entreprises privées est illégal au Brésil, ce qui n’a pas empêché une fraude massive au cours de la semaine qui a précédé les deux tours du scrutin.      Des contrats allant jusqu’à 12 millions de reals (2,8 millions d’euros) ont permis d’envoyer par WhatsApp des centaines de millions de messages aux électeurs via des agences spécialisées, telles Quickmobile, Yacows, Croc Services ou SMS Market. Ils accusaient Fernando Haddad, le candidat du PT, de promouvoir l’homosexualité dans les écoles ou prévenaient ses sympathisants qu’ils pourraient perdre leur emploi ou leur carte d’électeur s’ils votaient pour le PT. Les enquêtes électorales ont mis en évidence une vague en faveur de Bolsonaro dans les derniers jours de la campagne, au cours desquels son score est passé de 40 % à 46 %.          L’essayiste et journaliste brésilienne Elaine Brum écrivait récemment dans sa chronique d’El País : « Si Donald Trump a inauguré la communication en ligne avec les électeurs dans le but d’éliminer la médiation d’une presse qui pose des questions inconfortables, son fan brésilien autoproclamé a franchi une étape supplémentaire […]. » Le Brésil est devenu le laboratoire d’une nouvelle forme d’autoritarisme, qu’elle qualifie de « bolomonarchie numérique ».
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jeudi 18 avril 2019

Justice, donation, philanthropie

          Bien faire et n'en rien dire, disait ma grand mère.
                La vraie générosité du coeur devrait se faire discrète.
                         L'élan du coeur médiatisé fait naître le soupçon.
    Après la terrible blessure de l'édifice cher à son coeur,  Victor Hugo remercie...
                    ....tous les généreux donateurs prêts à sauver Notre-Dame de Paris et leur propose de faire la même chose avec Les Misérables»
     C'est vrai qu'il vaut mieux donner à cette cause que d'acheter un nouveau yacht, de spéculer en bourse, d'acheter à grand frais des oeuvres d'art ou de pratiquer un sport favori dans les hautes sphères: l'évasion fiscale...
       ..Aux USA, les grandes fortunes ont souvent le coeur sur la main
    Elles savent répondre à l'injonction Donate!
 Fondations diverses, campagnes de charité, alors que le système de santé est en déshérence et les soins parfois inabordables pour les plus modestes. C'est une longue tradition, depuis Carnegie et les autres.
     Mais ce n'est pas toujours désintéressé
        Les grandes fondations philanthropiques aux États-Unis sont en plein essor.  Ce sont des "pépinières d’idées nouvelles" et des fournisseurs de terrain d’essai pour justifier l’intérêt de ces idées avant de les appliquer à des programmes gouvernementaux et internationaux. Elles bénéficient de conditions favorables :
-Déductions fiscales accordées aux entreprises et aux personnes qui versent des contributions aux fondations, exemption de la taxe sur les sociétés pour les fondations et statut fiscal privilégié du personnel des fondations",
-Impôts sur la fortune et droits de succession qui incitent les personnes très fortunées à faire des dons de leur vivant à des organismes.
-Création de lieux de réflexion ou autres organismes chapeautant les fondations afin de débattre des idées nouvelles et des meilleurs moyens de s’en servir. 
         Leurs principales sources de croissance sont les richesses générées par les industries de pointe, la diminution des ressources pour les services publics, le financement privé des campagnes politiques et leur séparation avec les activités de lobbying. C’est dans ce contexte que des fondations se créent en restant discrètes sur leurs liens avec la politique. Cela leur évite souvent d’aborder des sujets à polémiques sans pour autant s’en désintéresser.
     La stratégie des grandes fondations philanthropiques au 21ème siècle a changé ; elle est essentiellement basée sur le retour à l’investissement, à l'entrepreneuriat social et au partenariat public-privé. Un bon exemple de ce type de philanthropie est la Fondation Robin Hood à New York. Aujourd’hui, leur mode de fonctionnement est "top-down", les bénéficiaires servant les donateurs. Les fondations embauchent des organismes existants ou en créent de nouvelles pour mettre en oeuvre leurs projets. En exerçant ce contrôle de haut en bas, les fondations d'aujourd'hui étouffent de plus en plus la créativité et l'autonomie d'autres organisations, ce qui affaiblit la société civile....et se font une publicité d'enfer, au pays des bons sentiments.
 La philanthropie, c'est la voie royale pour se faire une réputation, un nom.
      Et sa progression est spectaculaire. Toute une histoire.
          Nous sommes encore loin du Charity Business pratiqué Outre-Atlantique_____
           « Le milliardaire bienfaiteur », vous connaissez ? Cette simple accroche de biopic hagiographique suffit pour évoquer Bill Gates, longtemps l’homme le plus riche du monde (aujourd’hui dépassé par Jeff Bezos). Avec une fortune personnelle estimée à 90 milliards de dollars, le cofondateur de Microsoft (en 1975) est plus riche que quarante-cinq des quarante-huit pays de l’Afrique subsaharienne… Heureusement, le nabab sait partager : il promet qu’à sa mort 95 % de sa fortune iront à la Fondation Bill et Melinda Gates, lancée avec sa femme pour « améliorer la qualité de vie des gens du monde entier ». Un storytelling presque unanimement repris dans la presse, pourtant mis à mal par plusieurs enquêtes qui démontrent que les actions de la fondation font en réalité tout l’inverse. L’écrivain et journaliste Lionel Astruc, spécialiste de l’écologie, les a rassemblées dans un ouvrage intitulé L’Art de la fausse générosité. La Fondation Bill et Melinda Gates. « Les ultrariches comme Bill Gates considèrent que la philanthropie classique n’est pas efficace car trop axée sur la justice sociale, nous explique-t-il. Ils pratiquent une forme de bienfaisance en appliquant les méthodes du capitalisme, qui ont fait leur réussite financière, à leur action de don : les lois du commerce, du marché, du libéralisme… » (R. Jeanticou)
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mercredi 17 avril 2019

Fin du monde?

 C'est foutu. No Future.
                        La fin du monde est à la mode.
                             Mais ce n'est pas la première fois.
    On dira qu'aujourd'hui cette thématique n'est plus liée à des croyances religieuses ou à des thèmes eschatologiques classiques.
   Sauf encore parfois ici et là. Les prédictions furent nombreuses et continuent dans certains milieux sectaires, qui en font leur miel.
    Certaines alertes semblent un plus sérieuses.
      On ne peut plus maintenant sous-estimer les risques majeurs nouveaux auxquels notre époque est confrontée, de plus en plus reconnus ou supposés notamment en ce qui concerne les évolutions climatiques majeures, à moyen terme ou à long terme.  L'irréversibilité semble difficile à envisager, du moins dans certaines parties de la planète. Mais on pouvait le savoir avant le dernier rapport de GIEC.
  Mais le pessimisme absolu, en alimentant la peur et en justifiant l'inaction, est contre-productif, même si la peur, raisonnée, peut être un stimulant pour la réaction.
   Le catastrophisme peut être éclairé. Hans Jonas, avec son principe responsabilité, ouvre des horizons qui nous libèrent de la tentation fataliste.
       Régulièrement, on nous annonce, avec le plus grand sérieux, l'imminence de la fin de notre monde.
   Cela fait la Xème fois depuis le siècle dernier.
    Les survivalistes y croient malgré tout, du moins les plus "orthodoxes", les plus radicaux, les plus convaincus.
    Malgré les démentis. Il ne s'est rien passé en 2012...année supposée fatidique.
  Mais les démentis n'arrêtent pas les croyants, même certains "scientifiques" prétendus.
   Le survivalisme, d'origine surtout américaine, qui a connu un regain pendant la guerre froide, s'est développé dans les pays protestants où l'eschatologie est très présente et où le public apprécie les romans et les films ayant pour thème une grande catastrophe de fin du monde. Bien que les Églises évangéliques intègrent dans leur prédication le temps de la « grande tribulation » et la nécessité de s'y préparer, ceci n'a rien à voir avec la notion de survivalisme. Aucune notion de préparation physique n'est promulguée. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours donne consigne aux familles de stocker de la nourriture. La prédiction d'un changement radical en décembre 2012, issue d'une interprétation du calendrier maya, a ravivé également les préparatifs des survivalistes religieux. Plus généralement, cette peur d'une grande catastrophe est celle de la peur de la mort."
     Certains mouvements, même non religieux, issus de cette tendance, ont leur "Bible", avec ses dogmes, ses commandements, ses prophéties, ses conseils pratiques, qui donnent lieu à un marché plein d'imagination, parfois jusqu'au délire. (*)
           Etrange fascination que celle de la fin du monde,...régulièrement annoncée depuis que le monde existe. Il faudra attendre encore un peu...Le catastrophisme a de l'avenir...
 Il ne manque jamais d'arguments.
               Mais il y a des degrés dans ce qu'on appelle le survivalisme, des sens différents aussi.
  S'intéresser aux conditions de survie dans des conditions extrêmes, parfois catastrophiques, naturelles ou non, et s'y préparer le cas échéant, peut avoir un sens.
   Même le gouvernement a un site pour se préparer en toutes circonstances. 
Se préparer, faire face à certaines situations hautement prévisibles, est un signe de bon sens vital. même si le pire n'est jamais sûr.
    En France, des mouvements se développent pour préparer les esprits à s'adapter à des situations extrêmes et à faire preuve de résilience dans des conditions de pénuries aux causes diverses.
  Nos sociétés sont plus fragiles qu'on ne le croit et les périls majeurs peuvent être de tous ordres: crise économique majeure et soudaine, catastrophes technologiques, naturelles, etc...
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    (*) Même des millionnaires de la Silicon Valley se préparent à la fin du monde. C'est très tendance.
       " L’idée survivaliste est à l’œuvre depuis longtemps dans l’imaginaire américain. Il l’est encore plus dans la Silicon Valley, où le libertarisme à l’œuvre est aussi une célébration de l’auto-suffisance (on est content d’aider les autres quand on peut, mais on compte d’abord sur soi). Et puis il y a les films (“Deep Impact”, “Le Jour d’après”…), les séries (“The Walking Dead”…).
      Tout ça activé par le fait que ces gens de la Silicon Valley passent leur temps à imaginer l’avenir - c’est ça le mantra et la réussite de la Silicon Valley, imaginer le monde de demain - et donc dans cette projection, il y a les utopies, mais aussi les dystopies. D’ailleurs, chacun semble osciller entre les unes et les autres. Alors pourquoi faire le choix de se préparer à l’avenir le plus noir ?
    Et si tout ne tenait pas à l’argent ? D’abord parce que ces gens ont tellement d’argent que, même si la catastrophe est une hypothèse statistiquement faible, ça ne leur coûte rien de s’y préparer (avoir des maisons partout et un hélicoptère toujours prêt par exemple). En un sens, ils font donc un calcul rationnel. Mais il y a quelque chose de plus profond. Ces gens ont tellement d’argent que, eu égard au fonctionnement de la société américaine, ils ont tout, ils sont parés à tout. Il faut donc s’inventer une angoisse supérieure, un but ultime....
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       Mais il y a la tentation du pessimisme absolu
                                                     L' anthropologue-économiste P. Jorion est un homme passionnant, complexe et paradoxal.
   Très lucide sur la situation économique actuelle et les dérives financières récentes qui sont loin d'être réglées.
  Il fut un des premiers, avec Roubini et quelques rares autres, à annoncer la crise de 1998 et sa cascade d'ébranlements politico-économiques, qui nous ont amenés là où nous en sommes en nous faisant frôler le pire.
Sans doute parce qu'il n'est pas qu'un économiste pur et issu du sérail formaté et qu'il a aussi l'oeil surplombant et englobant de l'anthropologue.
    Selon lui, l'humanité continue à oeuvrer à sa propre extinction, à la vitesse grand V.  Nous sommes comme des somnambules qui repartons vers de nouveaux désastres, d'une autre gravité.
 Les sociétés et les pouvoirs sont gangrenés par l'argent   depuis que la finance a pris le pouvoir et impose ses paradigmes à toutes les sphères, ligotant les politiques publiques, corrompant aussi les esprits.
  C'est peu dire que l'évolution des faits le conduit au pessimisme, Selon lui, les élites sont frappées de myopie et d'impuissance et ce monde passe en "mode cataclysmique”.
     Et pas seulement pour des raisons économico-financières:
  « Les scientifiques et climatologues, même les plus optimistes, estiment que même si nous maintenons une hausse de 2° d’ici la fin du siècle, ce sera une vraie catastrophe. Or nous semblons plutôt nous orienter vers une hausse de 3° ou 4°. Même en considérant qu’on tienne nos engagements, ce que l’on n’a jamais réussi à faire, les catastrophes semblent inévitables, et les prochaines générations connaitront des ouragans dans l’Atlantique , El Nino pourrait s’arrêter, le niveau des mers augmentera, etc. »
   Selon lui, nous allons collectivement au pire, sauf si...
             Il est urgent de changer nos modes de vie et de consommation. Mais qui nous y incitera vraiment? Les résistances sont faibles et souvent inaudibles, les esprits sont gagnés par le conformisme, l'aquoibonisme, la résignation. Sur le Titanic, on dansait peu de temps avant la catastrophe.
      Notre système s'est enfermé dans une vision à court terme où l’économie s’est faite phagocyter par la spéculation et la recherche sans bornes de profits. « Une finance bien gérée, c’est le système sanguin de l’économie, c’est vital. Une seule de toutes les fonctions de la finance est véritablement létale, c’est la spéculation. Or le pêché originel est d’avoir fait entrer la spéculation dans l’économie en 1885. Pour filer la métaphore, la spéculation est une ponction sanguine. Fatalement, si vous ponctionnez trop, vous risquez de faire face à quelques problèmes ».
   La porte de sortie est étroite, si elle existe.
     Rien de tel qu'une bonne cure de pesssimisme (ou de lucidité) pour se hisser vers les sorties de secours.
   Un nécessaire sursaut philosopho-éthique peut-il être suffisant?
____L'auteur n'est ni oiseau de malheur, ni décliniste, ni astrologue, ni omniscient, ni à l'abri de certaines erreurs d'appréciation qui fausseraient certaines de ses projections.
    Il est aventureux d'extrapoler, même sans vouloir jouer les Cassandre. Il n'en reste pas moins qu'il crée un électrochoc salutaire car certains scénarii décrits pourraient bien se réaliser.
    La question se pose crûment: où va-t-on?
Même si nous savons que notre civilisation est mortelle, aucune preuve ne peut être fournie sur la fin proche d'une humanité incapable de contrôler ses productions et ses orientations à l'échelle planétaire de commencer à se placer dans une perspective de long terme.
       Juste une forte présomption...
 Quand le bateau coule, il n’est plus temps de discuter savamment sur la théorie de la navigation : il faut apprendre à construire un radeau, même très rudimentaire »
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mardi 16 avril 2019

Le choc

 Stupeur et incrédulité
                             Histoire d'une vieille Dame  bien charpentée, mais blessée.
                                          Les cloches de ND retentiront encore.

                     Comme pour sa soeur de Reims après 1918.

lundi 15 avril 2019

Train de sénateur

Où va la SNCF?
                          C'est la question qui se repose après les ajustements et les réformes annoncées il y a un an.
   Dans un secteur fondamental, à l'heure où l'on parle de désenclavement de régions isolées, de l'utilisation plus modérée de la voiture, de la suppression de nouvelles voies jugées pour l'instant déficitaires ou non assez rentables.

     Le dossier constitué sur le sujet est déjà épais et les analyses continent, pour éclairer la question qui fait toujours débat.
    Des constats pour décrire par exemple les causes d'une lente dérive d'un service dont on vantait autrefois la fiabilité et la ponctualité
   Des causes qui sont multiples, à la fois historiques, techniques et gestionnaires
   Une récente étude vient en  pointer quelques unes, connues ou moins connues, avec un titre provocateur. (*)
   Repenser le train est d'une urgence absolue. Mais pas n'importe comment..
       Une voie sans issue? Pour l'instant, c'est le stand-by ou le silence calculé. Mais la critique doit être mesurée et éclairée:
     Comme l’a écrit récemment l’éditorialiste Éric Le Boucher dans les Échos, "le train n’est rentable dans aucun pays » et, partout, même dans les pays les plus exemplaires pour ce mode de transport, comme en Suisse, au Danemark ou en Allemagne, il est largement subventionné..." (à des degrés divers)
            ...Un second argument, lié au précédent, qui circule dans les médias veut que la SNCF est très dépensière et peu efficace au regard de ce qu’elle coûte au pays. L’entreprise publique ne serait pas au standard des autres pays européens.
    Ce n’est pourtant pas ce que révèle le rapport publié en 2017 European Railway Performance Index (RPI) du cabinet international Boston Consulting Group, qui fait référence en matière de performance des transporteurs ferroviaires.    Ce rapport indique que la France se trouve dans le premier tiers des pays en matière de performance ferroviaire avec une note de 6/10, au même titre que la Suisse (7,2), le Danemark (6,8), la Finlande (6,6), l’Allemagne (6,1), l’Autriche (6,1) et la Suède (6).._____________
           (*)   "...Depuis les années 1980, et le sommet du lancement du TGV, quel changement! Tous les aspects du service se sont dégradés affirment les auteurs de l’ouvrage. D’abord sur le respect des horaires. «Tenir la minute» est un leitmotiv oublié, celui d’un âge d’or où les cheminots constituaient une sorte d’aristocratie ouvrière. Aujourd’hui, le cœur n’y est plus. Sur les 15.000 trains quotidiens prévus, 480 sont annulés en moyenne. Selon l’Arafer, l’autorité de régulation du secteur, un employé arrive en retard au moins une fois par semaine s’il utilise la SNCF en Île-de-France. Le facteur humain est souvent en cause. Que se passe-t-il chez les gilets rouges? Le livre mentionne bien sûr les syndicats et leur déni de réalité (c’est connu), avec une tendance facile au «débrayage» pour conserver des avantages parfois délirants. Il détaille aussi (c’est un peu moins connu) un management kafkaïen avec des responsabilités diluées et une bureaucratie extravagante.
        Quant au réseau, il est l’un des plus mal notés d’Europe, juste devant ceux de la Bulgarie et de la Roumanie. Passages à niveau, signalisations, rails datant d’avant la Seconde Guerre mondiale... Vétusté partout. Un rapport fait par des ingénieurs suisses pointait dès 2005 «les prémices d’une dégénérescence», mais rien de significatif n’a été fait jusqu’à l’accident tragique de Brétigny en 2013. Depuis, les promesses d’investissement pleuvent mais les problèmes continuent, avec des pannes parfois impressionnantes comme en juillet 2018 à Montparnasse. À croire que personne ne prend la mesure du problème. À commencer par l’emblématique Guillaume Pépy, à la tête de l’entreprise depuis 2008?
         Il est là tout au long du livre. Il règne sans partage sur la SNCF, et la représente sur les plateaux de télévisions. Serait-ce lui, le grand responsable du naufrage de l’entreprise? Non, semblent répondre les auteurs, qui rendent hommage à sa connaissance profonde d’une industrie complexe, et à son désintérêt pour l’enrichissement personnel. Lui et ses équipes ont même lancé l’entreprise dans une conquête internationale coûteuse en ressources, mais réussie. Pour ce qui concerne les trains français, il reste un commis d’État, puissant certes, et capable de tenir tête à ses ministres de tutelle, mais qui se soumet aux grands choix gouvernementaux, car l’homme tient plus que tout à rester en poste.
      D’ailleurs, là où l’énarque brille vraiment selon les deux journalistes, c’est certainement dans l’art de se rendre intouchable. Sa technique? «noyauter» tout cercle d’influence. Le maître de la communication cajole les journalistes avec des séminaires improbables (cours de cuisine, etc.), et distribue des cartes «T» (une carte VIP non disponible à la vente). À la fois homme d’affaires et haut fonctionnaire, ses réseaux lui ressemblent, du Siècle à tous les ministères où il fait avancer ses protégés. Tout cela assure un soutien sans faille dans les moments critiques, comme lors de la remise en jeu de sa place de président, en 2013. Le seul vrai grief que la Cour des comptes lui adresse est finalement sa propension à une «communication étouffante et dispendieuse»: 200 millions d’euros par an, et 700 salariés dédiés. Souvent, la SNCF s’abstient même de créer des appels d’offres sur ses achats de conseil en «com’», mais l’État actionnaire ferme les yeux, soulignent les auteurs.
    Et qu’a-t-il fait, ce propriétaire, sinon fermer les yeux depuis des décennies, sur la lente dérive de la SNCF? Là se trouve peut-être le vrai nœud du problème. Les gouvernements successifs ont tous approuvé sans réserve les décisions de Bruxelles sur la libéralisation du secteur ferroviaire ; ils ne les ont jamais traduites en une stratégie nationale. La réforme ferroviaire de 2018, qui fait reprendre par l’État une partie de la dette de l’entreprise et acte la fin du statut de cheminot, redonne un peu d’oxygène au groupe, et un peu d’espoir aux usagers. Mais sur l’ouverture à la concurrence, le gouvernement continue de faire croire aux Français que rien ne va changer, expliquent Marie-Christine Tabet et Christophe Dubois.
       Or tout va changer, et dans un futur proche. L’ouvrage renvoie à l’exemple du fret, déjà libéralisé: en quelques années, la SNCF a perdu 40% du marché, les effectifs concernés ont été divisés par deux, et l’activité continue à perdre de l’argent. L’ouverture au secteur privé pour le transport de personnes va en outre rendre impossible la mission d’aménagement du territoire qui incombait au ferroviaire. Les petites communes devront payer pour maintenir la ligne qui les dessert, tandis que les liaisons entre grandes smart-cities feront l’objet de guerres commerciales acharnées. La SNCF, avec ses surcoûts et son manque d’agilité, risque bien d’y laisser les plumes qui lui restent. Les auteurs concluent d’ailleurs le livre par un chapitre d’anticipation aussi triste que réaliste sur l’entreprise «publique» en 2037, cent ans après sa création... Il laisse le lecteur pris par une amertume très viscontienne, sur ce qu’a été le rail français et ce qu’il ne sera plus jamais...."
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dimanche 14 avril 2019

Juste en passant...

- Le pari de Paris, ville ouverte: Cédric tâte le terrain.

-  Elle le mérite bien et sait (un peu) compter

 - Coureront-ils aussi vite?

- Flamanville: à la saint Glinglin?
                 Flamanville: rien ne s'arrange
                       Déjà il y a deux ans, on se pose des questions: Flamanville: la fin d'un long tunnel ? la sortie du fiasco?  Et en Finlande?  Une histoire sans fin...

Marlène:  pas vraiment au fait pour en parler

- Messieurs les Anglais, tirez les premiers!...
             Oui, non, peut-être, on verra, ça dépendra, si on veut, pourquoi pas...?
                 Tout est possible... et son contraire.
   "Avant le Brexit, les Anglais avaient un pied en Europe, un pied dehors. Maintenant, c'est le contraire..." (Bourlange)
Bataille de Bruxelles Fontenoy.
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samedi 13 avril 2019

A tu et à toi


Quand tutoyer tue
                               Vous permettez que je vous dise tu?
           Il est des ministres auxquels on ne dit pas tu.
                                                      Surtout bien costardés.
                     Il eût fallu que vous ne me tutoyassiez pas...
           On marche encore souvent sur les oeufs de pratiques culturelles  mal codifiées, d'usages changeants et incertains ,  historiquement lourds d'habitudes et de contraintes
     Le Britiche d'à côté dit you sans y penser.
        Le dernier des Romains tutoyait son empereur.
        Même Dieu est tutoyé par les fervents dans le vent, alors que chez les Le Quesnoy on vouvoyait les enfants.
            Contraintes de la langue et de pratiques évolutives mais héritières d'un passé qui ne passe pas. 
       Pièges hiérarchiques dans les rapports d'entreprise et les autres. Débats byzantins où on ne peut trouver que des compromis provisoires et limités...
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vendredi 12 avril 2019

Une si grande famille

Des "cousins" partout?
                                   La grande famille humaine s'élargit encore.
    Bien plus que l'on osait l'imaginer il y a cinquante ans encore.
         C'est en creusant, l'oeil averti et l'esprit en éveil, que l'on découvre des mondes insoupçonnés, à partir d'indices ou de reliefs souvent minimes.
     Depuis qu'elle s'est ouverte à la préhistoire, notre petite histoire a ouvert des horizons autrefois inimaginables et nul ne peut prédire où les recherches nous mèneront encore, dans le gigantesque puzzle déjà élaboré, mais encore bien partiel et lacunaire.
    Depuis le tournant Darwin, de palier en palier, notre vision de l'humanité a progressivement été bouleversée.
    Et cela continue. D'autres révolutions nous attendent encore.

        Voici quelques dernières nouvelles des hommes.
   Il faut toujours s'attendre à des surprises, parfois de taille, dans le domaine de la recherche préhistorique, cette discipline si jeune qui n'en n'est qu'à ses débuts et qui élabore des hypothèses toujours nouvelles, sur la base de nouvelles découvertes.
    Tout est toujours moins simple que ce que l'on croyait. Il faut toujours s'attendre à des surprises
  C'est ainsi q'en Indonésie, un chercheur australien a découvert des traces osseuses de celui qu'on allait appeler, pour sa petite taille "hobbit" ou Homo floresiensis, qui est « est très certainement le descendant d’Homo erectus qui ont atteint l’île de Flores il y a plus d’un million d’années. Il y a 700 000 ans, et très probablement bien avant, les effets du nanisme insulaire se sont fait sentir sur ces populations isolées. C’est un cas unique au sein des primates. Homo floresiensis semble avoir ensuite relativement peu évolué du point de vue de la taille comme de celui de ses productions lithiques. »
     Notre cousin de Flores n'a pas fini de nous étonner.
  Depuis le Néanderthal, que de chemin parcouru!
L'Indonésie est devenue un champ d'exploration inattendu.
     Dans la grotte de Callao, aux Philippines, il reste aussi encore beaucoup à chercher et surtout à interpréter sur homo luzonensis.
    Tout se complique: on conjugue de plus en plus l'humanité au pluriel.
           "...En 2003, sur l'île de Florès, en Indonésie, de petits Hommes furent trouvés et appelés « Hommes de Florès », ou « Hobbits ». Onze ans plus tard, d'autres restes humains, ressemblants aux premiers mais plus anciens ont été découverts sur cette même île. Ils seraient en fait les ancêtres des « Hobbits ». De plus, puisque ces nouveaux fossiles évoquent Homo erectus, notre ancêtre, ces petits Hommes sont... nos cousins ! Ils auraient subi le phénomène évolutif du nanisme insulaire.    C'est probablement la fin des controverses autour de « l'Homme de Florès », cet hominidé dont plusieurs individus ont été trouvés en 2003 dans une grotte de l'île de Florès, en Indonésie. Datés de 50.000 ans et ne mesurant qu'un petit mètre, pour 25 kg, avec une petite tête, ce qui leur a valu le surnom de « Hobbit » (d'après les personnages imaginés par l'écrivain anglais J. R. R. Tolkien), ces humains-là intriguaient au plus haut point. Certains y voyaient des Homo sapiens difformes, atteints d'une pathologie qui restait à trouver, évoquant une trisomie.    D'autres en faisaient une espèce à part, Homo floresiensis, que l'évolution aurait conduit vers une petite taille après l'arrivée sur cette île, par un processus de nanisme insulaire, connu chez d'autres espèces animales, quand les ressources se font plus rares. Sa position dans la famille humaine reste méconnue, avec deux hypothèses en lice : une filiation avec Homo erectus (un ancêtre d'Homo sapiens), avec Homo habilis ou encore avec des australopithèques, peut-être déjà de petites tailles.      Deux études, parues dans Nature, viennent éclairer l'histoire d'un jour nouveau. En 2014, des restes ont été trouvés dans une autre grotte de la même île, sur le site de Mata Menge : un morceau de mandibule et six dents. Une récolte modeste mais bouleversante. La mandibule s'apparente à celle de l'Homme de Florès mais avec une taille encore plus petite que celle des fossiles de la grotte de Liang Bua (celle de la découverte de 2003). D'après les auteurs, il s'agit bien d'un individu adulte. Elle s'apparenterait davantage, ajoutent-ils, à H. erectus qu'à H. habilis. De plus, les dents semblent intermédiaires entre celles de H. erectus et celles de l'Homme de Florès de la grotte de Liang Bua. Nous partagerions donc un même ancêtre (H. erectus) avec l'Homme de Florès, qui devient un cousin....par la méthode des isotopes de l'argon(évaluant le rapport 40Ar/39Ar). Le résultat est lui aussi étonnant : 700.000 ans. Exit, donc la parenté directe avec H. sapiens puisque notre espèce n'existait pas encore. L'hypothèse qui est ainsi consolidée est celle d'une filiation avec H. erectus et un phénomène de nanisme insulaire, qui a par exemple, soulignent les auteurs, abouti à des éléphants mesurant 1 m au garrot, sur des îles de Méditerranée, et à des mammouths nains, retrouvés en Crète.
       Parvenu sur ces îles indonésiennes, ce descendant de H. erectus, confronté à des ressources alimentaires plus rares, se serait adapté au fil des générations par une taille plus faible. Les outils les plus anciens retrouvés sur l'île indiquent, selon Gerrit van den Bergh, coauteur des deux études, que H. erectus a dû arriver il y a environ un million d'années. La conclusion en rejoint deux autres.    Celle de Matthew Tocheri, du Muséum d'histoire naturelle de Washington, qui, en 2007, sur la base de comparaisons anatomiques, situait à au moins 800.000 ans la séparation entre notre propre lignée et celle ayant conduit à l'Homme de Florès. Et celle de Karen Baab, en 2013, rapprochant le Hobbit avec H. erectus. En quelques centaines de milliers d'années, l'espèce a pu augmenter sa population en réduisant sa taille, comme les éléphants de Sicile ou de Malte..."____________________
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