Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

lundi 24 août 2020

Le culot des multinationales

Elles ne manquent pas d'aplomb, les grandes multinationales.
                                                   Ni de sens de leurs intérêts et de leurs actionnaires.
                                 Déjà qu'elles s'attachent à faire la pluie et le beau temps dans le monde, allant jusqu'à monopoliser parfois des pans importants d' économies mondiales, à s'ingérer dans les affaires des Etats souverains pour leur dicter leurs normes et les contraindre à se plier à leurs exigences , à leurs intérêts économiques.
    Les voilà, en cette période de récession généralisée, qui atteignent le comble de l'indécence. Avec la complicité de puissants cabinets d'avocats d'affaires, elles veulent que l'Etat leur rembourse les pertes qu'elles ont subies du fait du covid à l'échelle mondiale:
         "...Les multinationales réfléchissent à demander des comptes aux Etats pour avoir pris des mesures contre le coronavirus qui auraient nui à leur business. Un comble. En effet nombreuses sont celles qui ont été grassement soutenues ces derniers mois par les pouvoirs publics à coups de baisses, voire d’annulations de charges et d’impôts pour faire face à la pandémie ; sans parler des plans massifs de soutien à certains secteurs… Las, tout serait de la faute des États. Partout dans le monde, elles vont donc engager des poursuites judiciaires, en espérant récupérer des milliards....
"Le nombre de ces plaintes pourrait être sans précédent et imposer des charges financières considérables aux gouvernements qui croulent déjà sous le fardeau des crises sanitaires et économiques dévastatrices", alertaient plus de 600 ONG provenant de 90 pays le 23 juin. "Les mesures prises pour restreindre les activités des entreprises afin de limiter la propagation du virus, pour mobiliser les établissements hospitaliers privés, pour obliger des entreprises à produire tel ou tel bien médical d’urgence, pour permettre aux ménages de reporter ou annuler le paiements de loyers ou prêts immobiliers, pour empêcher les investisseurs étrangers de racheter des entreprises, pour garantir l’accès à l’eau potable ou aux médicaments, etc. pourraient être concernées" par ces plaintes, craignaient les ONG...."
    Pour les Etats les plus faibles, la puissance de certaines firmes pourraient avoir des conséquences dramatiques. Mais les Etats se sont mis souvent eux-mêmes dans le pétrin en favorisant leurs expansion par abandon de souveraineté, dans la plus parfaite logique libérale.
    A force de vouloir attirer à tout prix, par des conditions avantageuses, aux dépends de leurs voisins, les plus grands fleurons de l'industrie mondiale, les Etats, surtout s'ils sont faibles, se mettent dans des conditions périlleuses dans certaines circonstances et se retrouvent comme dans un piège, certaines grandes multinationales pouvant avoir une puissance financière égale ou supérieure à certains petits Etats.  Sans parler des Gafas.
      Il serait temps de repenser une autre mondialisation, comme le chef de l'Etat le suggérait lui-même récemment, peut-être par inadvertance ou par opportunisme.
                                                    _____________________________________

dimanche 23 août 2020

Au fil des lectures

__ La voiture électrique a toute une histoire.


__ Et si un exemple danois nous inspirait...

__ Travailler moins: toujours d'actualité?

__ Point de vue de banquier hors-sol.
                                                  _______________________________________

samedi 22 août 2020

Le monde d'après

Optimisme ou pessimisme?
                                       Ni l'un ni l'autre. Vis à vis de l'histoire, les positions ne peuvent être simples. Les évènements ne suivent pas nos humeurs ou même nos désirs les plus légitimes.
     Demain viendront des jours heureux. Ce mythe entretenu en période de confinement  a la peau dure.
   Certes, il y aura un monde nouveau, mais sans doute pas celui que nous avons pu imaginer, fait de changements radicaux, de remises en question fondamentales, de virages décisifs sur le plan de nos orientations économiques, de nos choix politiques fondamentaux, de nos habitudes et de nos tropismes.
   Bref, une sorte d'utopie semblait devoir émerger, un monde nouveau se levait où nous pourrions sortir des ornières dans lesquelles nous nous sommes embourbés, des impasses où nous sommes fourvoyés.
    Un monde nouveau semblait de lever, fait de sagesse consommatrice, de modération sur tous les plans, de radical changement dans les pratiques politiques.
  Mais si dans l'histoire, des changement importants ont souvent lieu par le fait d'événements inattendus, on n'observe jamais de remise à zéro aux compteurs, même après une guerre, même après un crise de grande ampleur, comme celle qui a affecté les USA dans les années 30. Des inflexions, certes, mais jamais une révolution majeure.
   Il faut s'y faire, le déterminisme historique a son poids et le changement ne se fait que lentement et dans un temps plutôt long. Les ruptures radicales n'existent pas, sauf catastrophe majeure.
Notre propension à trop rêver dans certaines circonstances jugées exceptionnelles est mise à mal. Ce qui n'exclut pas de nouvelles perspectives et de nouveaux modes d'action.
    Nous en sommes là. La rupture attendue n'aura pas lieu. Houellebecq avait raison. En partie.
    "...La crise sanitaire n’est pas encore finie, mais déjà les illusions s’effacent. On aurait tant voulu y croire, pourtant, à cette promesse d’un monde nouveau. Un monde plus humain, plus juste, plus respectueux de l’environnement, moins financier, moins consumériste… plus désirable, enfin. On rêvait de circuits courts, de relocalisation, de consommation responsable. Demain, les bullshit jobs allaient disparaître, et les professions sous-payées être enfin reconnues à leur juste valeur. Combien de tribunes de chercheurs, d’experts, de sociologues pour célébrer l’avènement de cet avenir radieux, tandis que Nicolas Hulot proposait 100 principes pétris de bonnes intentions pour en poser les premières pierres… Il y était question de « transformer la peur en espoir », de « réanimer notre humanité », de « redonner du sens au progrès », de se « réapproprier le bonheur »
    Déjà British Airway envisage des salaires réduits de moins 40%, la vente de voitures s'envolent...Les grandes fortunes retrouvent une prospérité. renforcée..
  On n'a pas fini de lutter contre les forces qui veulent faire perdurer et même renforcer les tendances les plus discutables du "monde d'avant", voire contre les risques qui nous attendent peut-être.
     "...Comme dit un analyste, dans une approche très ambivalente:  
          ".... Pour que ce monde d’après advienne, il faudrait une modification substantielle des fondamentaux de notre mode de vie et de notre modèle de développement économique. Et, disons-le tout de go : ces dimensions ont peu de chance d’évoluer en profondeur.
Non seulement parce que nos sociétés ont une inclination naturelle à l’inertie, mais aussi parce que notre système économique mondialisé est en quelque sorte devenu… « too big to fail » (trop gros pour échouer).   Cette expression, employée à l’origine pour les banques, traduit l’idée que la chute d’une organisation aura de telles répercussions que les pouvoirs publics ne peuvent plus se permettre de la laisser disparaître, quelles que soient ses difficultés.    Osons une rapide analyse articulée autour des principales catégories d’agents et de quelques exemples emblématiques qui semblent indiquer que c’est désormais l’ensemble du système économique mondial, qui n’a jamais été aussi interdépendant, auquel on peut dorénavant accoler l’étiquette « too big to fail ».   Résultante logique de plusieurs décennies d’accélération sur le front de la mondialisation économique et de la libéralisation des échanges commerciaux et financiers, jamais dans l’histoire nos économies n’ont été aussi interconnectées. Les chaînes de valeur sont fragmentées à l’échelle de la planète, les dettes publiques et privées sont toujours plus largement détenues par des intérêts étrangers, le prix des matières premières se détermine sur des marchés financiers globalisés, et les grandes entreprises visent un marché d’emblée mondial, et ne réalisent plus qu’une faible part de leurs activités dans leurs pays d’origine.   Ce niveau d’intrication inédit a rendu les grandes économies mondiales plus interdépendantes que jamais. Ainsi, la crise sanitaire de la Covid-19 nous a privés de nombreux biens de consommation dont une part substantielle du processus de production se trouve délocalisée à l’autre bout de la planète.    Réjouissons-nous toutefois. C’est parce que nos économies sont interdépendantes et que la crise sanitaire n’a épargné aucune d’entre elles que nous ne devrions pas connaître, même au plus fort de la crise économique qui se profile, une récession aussi forte qu’elle n’aurait pu l’être.    En effet, l’ensemble des États et des banques centrales ont décidé, dans des temps record, des injections massives de liquidités pour soutenir l’économie, en s’affranchissant d’ailleurs de tous les dogmes de maîtrise des déficits publics qui ont guidé leurs politiques ces dernières années.    Certes, des asymétries existeront, et certains États étant plus durement touchés que d’autres manipuleront le levier budgétaire avec moins de parcimonie. Mais dans l’ensemble, à la sortie de la crise sanitaire, les grandes économies de ce monde se seront davantage endettées… auprès d’elles-mêmes, de leurs populations, et d’investisseurs étrangers. Et le bilan de la plupart des banques centrales
sera hypertrophié....      Bien naturellement, cette analyse pourra être interprétée selon le prisme du réalisme par certains, de la dystopie pour d’autres. Comme toute vision prospective un rien provocatrice, elle n’a pour autre objectif que d’ouvrir le champ des possibles, de heurter nos imaginaires et d’inviter à l’introspection et la réflexivité.    Il n’y a pas de fatalité à ce que nos sociétés, que nous avons présentées comme profondément enclines à l’inertie, reproduisent à l’identique les schémas du passé.    Mais, c’est précisément parce que les forces de rappel sont multiples et puissantes, qu’aucun changement structurel majeur ne pourra advenir sans un élan volontariste partagé entre les sphères politique, entrepreneuriale, et citoyenne. Le « monde d’après » sera ce que nous déciderons d’en faire, collectivement. Pour le pire, mais peut-être bien, pour le meilleur....."________________________

vendredi 21 août 2020

Trump: moi (et) ou le chaos

Une plus grande folie peut-elle perdurer?
                                 Shakespeare aurait-il pu l'imaginer?
    Cette situation qui dure depuis quelques années, ubuesque au point qu'on aurait eu du mal à l'envisager. Cette fin chaotique ou un Président-histrion tente par tous les moyens de reconquérir un pouvoir menacé, du fait de ses excentricités narcissiques et de ses incompétences manifestes, de ses décisions aberrantes et zigzagantes, sur le plan national comme international. Pour ne citer que ses volte-face vis à vis de la Corée du Nord, sa politique iranienne qui a contribué à durcir le régime, donnant ainsi des raisons de renforcer ses mesures répressives.
  Une politique infantile de gribouille, où il a pu exercer ses talents de bateleur habile mais sans génie et d'animateur de grand show télévisé, comme le notait Obama dans un discours récent.
   L'homme n'est plus contrôlable et fait feu de  tous bois pour perpétuer son siège. Même Dieu est invoqué dans ses délires.
    Dans un pays au bord du chaos, largement dû à ses décisions, à ses indécisions, à ses virages et ses lubies. Un promoteur businessman reconverti en animateur de super-show, de grande série qui risque de se terminer très mal.
      "Si je peux aider à sauver le monde, moi ça me va", dit-il "modestement". Le grand mégalomane prend le chemin inverse en reversant ses jouets, en déstabilisant de fragiles équilibres mondiaux. Seule sa fermeté vis à vis de la politique commerciale de la Chine pourrait trouver grâce aux yeux de certains, mais il fut y fut poussé par des intérêts puissants dans son pays.
    Certains semblent s'étonner, mais on voyait venir cette fin de règne chaotique où la Maison Blanche brouille les cartes, en s'appuyant sur les thèses des plus extrêmes, les plus identitaires. épousant les pires thèses de groupes conspirationnistes, des théories de complot, au gré de ses humeurs et des circonstances.
    Les élections qui approchent risquent d'être pleines de risques et de provocations.
 Il joue sur la violence qu'il a lui même contribué à faire naître ou à susciter.
     Le Président du désordre? L'expression convient. A plusieurs niveaux. Souvent sans retenue.
  Le grand "embrouilleur" ne semble pas vouloir céder et c'est là le drame.
          Le problème est celui de l'accès à la législature suprême d'un tel figurant. Il ne tombe pas du ciel. C'est le niveau de la culture politique qui est surtout en cause, autant que la nature des institutions qui fait problème, dans une ploutocratie qui ne dit pas so nom..
 Comme le dit crûment l'analyste John McArthur, la démocratie aux USA est encore à construire et le système électoral, un jeu de dupes. Quant à l'éducation...
                           Aux USA, on n'aime pas trop l'esprit cultivé et  les" intellos".
   Seule est valorisée la connaissance utilitaire, dans un empirisme à courte vue de tradition typiquement anglo-saxonne, que nous partageons aussi souvent. 
      L'irrationnel a pignon sur rue, la théorie de l'évolution est objet de foi et,
comme l'a bien montré Richard Hofstadter, l'anti-intellectualisme s'est développé sur un terrain où la religion a pris une place importante et où les études ont le plus souvent été vues comme le moyen de réussir et de gagner de l'argent.
   Le succès de S.Palin le montre, l'anti-intellectualisme fait bon ménage avec certaines formes de populisme
          Dans certaines universités, le succès de D. Trump inquiète quand même.
     De même, heureusement, certains écrivains et journalistes sont sidérés, comme de rares médias.
                       Le nouveau président des américains ne cessait de le dire et de l’écrire : il déteste la réflexion et la complexité. C’est même le fondement du discours politique simpliste qu’il distille avec succès dans un pays où le niveau d’études et d’éducation fléchit dangereusement.
"J’aime à penser que j’ai de l’instinct. C’est pour cela que je n’emploie pas beaucoup de comptables pour empiler les données. Je n’ai pas confiance dans les analyses à la mode du marketing sophistiqué. Je fais mes propres analyses et j’en tire seul mes propres conclusions."
    Le livre The Art of the Deal s’est vendu à des centaines de milliers d’exemplaires. La revendication de la primauté de l’instinct et de l’anti-intellectualisme rencontre un profond écho parmi les soutiens de Donald Trump. Ce dernier a déclaré haut et fort : "J’aime les gens sans éducation." Il a raison. D’un point de vue électoral, ces "gens sans éducation" sont un réservoir de voix qui ne cesse de grossir. Car le système éducatif des États-Unis est dans un état déplorable.
     On avait compris qu'il était plus facile d'influencer des esprits démunis d'esprit critique.
              La question hantera sans doute longtemps encore la société américaine :... comment un homme aussi brutal, inculte, incompétent et vulgaire que Donald Trump a-t-il pu parvenir à ce niveau de la vie politique ? Le phénomène est cependant moins étonnant qu’il y paraît.
    Trump est, à bien des égards, le produit de cette idéologie qui a accompagné la construction du pays : l’anti-intellectualisme. En 1963 déjà, l’historien Richard Hofstadter alertait sur cette face obscure de la démocratie américaine dans Anti-Intellectualism in American Life. L’hostilité envers les intellectuels, la méfiance pour tout ce qui relève de l'esprit critique et de la réflexion théorique apparaît en effet très tôt. « II est ironique, constate d’ailleurs Hofstadter, que les États-Unis aient été fondés par des intellectuels. Car tout au long de notre histoire politique, ou presque, on a traité cette figure en marginal (outsider), en serviteur ou en bouc émissaire. »L’historien l’explique notamment par la montée en puissance des sectes évangéliques au début du XIXe siècle, mouvements qui reposent (contrairement au puritanisme des origines) sur la confiance en l’intuition de l'homme du commun plus qu’en la doctrine et le savoir. Parallèlement, les Etats-Unis glorifient l’homme d’action (aventurier ou homme d’affaires). Les conditions de vie des pionniers conduisent à valoriser les connaissances pratiques, l'ingéniosité, la compétence technique. Et le système scolaire est façonné à l’avenant, pour obéir à un impératif d’utilité : l'anti-intellectualisme a toujours été présent dans l'enseignement américain, insiste Hofstadter. Selon lui, le secondaire « forme » des individus qui ne sauront rien et n'auront guère les moyens de s'en apercevoir – d'autant moins qu'ils seront ensuite soumis à un véritable matraquage publicitaire par les moyens de communication de masse aux mains des entreprises privées. Et c’est bien là le nœud du problème pour Susan Jacoby. Dans The Age of American Unreason, elle souligne que la question n’est pas seulement l’ampleur de l’ignorance des citoyens, attestée par nombre d’études qu’elle cite (un Américain sur cinq, par exemple, pense que le soleil tourne autour de la Terre). Le pire, c’est qu’ils sont persuadés que davantage de savoir ne leur servirait à rien....  
                                                                                                       _________________

jeudi 20 août 2020

Hopital: lean management en question

        Pour quand une refonte? 
                                             Va-t-on enfin aller vers un système hospitalier enfin repensé, d'abord au service exclusif des patients?
        Le gouvernement s'y est enfin engagé sous la pression des faits, mais on ne perçoit encore aucun signe du virage promis, annoncé enfin comme nécessaire, après des années d'aveuglement et de gestion comptable à courte vue, dont la crise du covid a montré les limites et les failles.
     C'était vraiment un très mauvais calcul que d'avoir engagé l'hôpital, comme d'autres institutions, dans la voie du lean management.

                                         " La crise sanitaire déclenchée par la pandémie de Covid-19 a servi de révélateur à une crise bien plus ancienne et profonde : celle de l’hôpital public. Depuis 30 ans, progressivement, l’hôpital public a en effet basculé dans une nouvelle ère : celle de la « rentabilité ». Et pour réduire les dépenses, les gouvernements successifs ont lancé des dispositifs toujours plus contraignants comme le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI)l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) ou la tarification à l’activité (T2A).        Désormais, l’heure est au « lean management ». Issue du modèle de production automobile (Ford puis Toyota) et formalisée par un chercheur du Massachusetts Institute of Technology (MIT) dans les années 1980, cette méthode de pilotage des opérations vise à augmenter la productivité d’une entreprise en réduisant ses coûts de production, à travers l’élimination des gaspillages et le travail en flux tendu.        Depuis une vingtaine d’années, l’ONDAM alloue aux hôpitaux publics des budgets systématiquement inférieurs aux besoins réels, afin « d’optimiser les dépenses ». Entre 2002 et 2018, 69000 lits d’hôpitaux ont été supprimés, et cela malgré l’accroissement et le vieillissement de la population française. Le manque de liquidités a poussé les hôpitaux à se financer auprès des banques, faisant passer leur endettement de 9 à 30 milliards d’euros entre 2002 et 2013.
     Le lean management ayant été poussé à l’extrême, la variable d’ajustement majeure est devenue le personnel soignant, dont les salaires sont parmi les plus bas de l’OCDE. Entre 2010 et 2017, la « productivité » de l’hôpital public a augmenté de 15 %, alors que ses effectifs n’ont augmenté que de 2 %. Et bien que la durée maximale de travail soit fixée à 48 heures par semaine par l’Union européenne, souvent les soignants sont dans l’incapacité de respecter cette limite, faute de personnel. L’AP-HP doit par exemple 1,3 million de RTTs à ses 72000 agents. Ce surmenage affecte à la fois la santé physique et la santé mentale des soignants.
                          Dans le milieu hospitalier, les arrêts maladie sont ainsi plus fréquents que dans tous les autres secteurs professionnels (10,2 jours par an, contre 7,9), et ces absences augmentent encore la charge de travail des soignants présents. Pire, on ne compte plus les cas de burnout, stress post-traumatique, démission voir même de suicide.         Autre problème de taille, dont les médias ont généralement peu parlé (à quelques exceptions près) : les événements indésirables associés aux soins, perturbant et retardant la prise en charge, et pouvant se traduire dans le pire des cas par une erreur médicale. À l’hôpital, comme dans tous les environnements de travail à risque, la gestion des risques passe par une culture de la sécurité, c’est-à-dire « un ensemble de valeurs et de pratiques partagées par les individus constituant et/ou contrôlant une organisation et établissant des normes comportementales ». Dans un système efficace, la culture de la sécurité est implémentée à tous les niveaux de la chaîne de commandes : des dirigeants de l’entreprise (ici les décideurs politiques et les directeurs d’hôpitaux) à l’opérateur de plus bas niveau (les soignants). Or l’application aveugle des principes du lean management – et notamment la diminution des coûts et l’augmentation de la productivité – va à l’encontre de la culture de la sécurité et augmentent de manière drastique le nombre d’erreurs médicales.         En effet, plusieurs études ont démontré le lien entre le manque de personnel et de matériel d’une part, et l’augmentation des risques pour les patients d’autre part. Le lean management génère chez les soignants de fortes charges de travail, beaucoup de stress et d’importants niveaux de fatigue. Or ces trois facteurs affectant fortement les réflexes, l’attention, le raisonnement, les capacités de communication et de prise décision des soignants, ils constituent la principale cause d’erreurs médicales. Et la fatigue a sûrement l’effet le plus dévastateur, d’une part parce qu’elle est considérée normale en milieu hospitalier, et d’autre part parce que les soignants ont tendance à en sous-estimer son impact sur leurs performances....            Beaucoup de soignants ont dénoncé ce système de management agressif et ses conséquences néfastes, sur eux comme sur les patients. Pris entre le marteau et l’enclume, les directeurs d’hôpitaux (même s’ils font part des difficultés croissantes qui sont les leurs) n’ont souvent d’autre choix que d’appliquer les directives décidées par leurs supérieurs hiérarchiques directs – à savoir les dirigeants politiques qui votent les budgets des hôpitaux publics.      D’un point de vue purement économique, on pourrait (peut-être ?) trouver ce type de management acceptable s’il permettait de faire de réelles économies. Mais en favorisant la survenue d’événements indésirables et d’erreurs médicales, il revient en réalité très cher. Un rapport américain en a en effet estimé que chaque année le coût des événements indésirables pour les hôpitaux américains était compris entre 17 et 29 milliards de dollars. Ce même rapport a montré que les erreurs médicales étaient la huitième cause de décès à l’hôpital, avec 44 000 à 98 000 morts par an aux États-Unis (sur 33,6 millions d’admissions)...."
                Il est temps de se pencher sur le grand malade qu'est devenu l'hôpital et le système de santé dans son ensemble, pour qu'il ne perde pas la qualité qui lui a été longtemps reconnu.
   En suivant les orientations données en haut lieu il y a peu: ...Le président de la République, qui s’est présenté comme un « enfant de l’hôpital » (son père, Jean-Michel Macron, était professeur de neurologie au CHU d’Amiens), a fait son mea culpa sur la façon dont le système de santé avait été réformé depuis son arrivée à l’Elysée en 2017. « On a sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée il y a deux ans », a-t-il reconnu, en référence à la réforme du système de santé baptisée « Ma santé 2022 » et présentée en septembre 2018.      Le chef de l’Etat a estimé que cette loi « ne portait pas assez de sens » et avait « un rapport au temps et une ampleur qui n’étaient pas du tout suffisants par rapport à l’état où était l’hôpital »« On mettait fin à quinze ans de baisse des tarifs hospitaliers, on [les] avait même réaugmentés. J’étais convaincu qu’on était en train de changer les choses » et « c’est très cruel pour moi-même », a-t-il ajouté, jugeant que « c’était une super stratégie mais à faire dix ans plus tôt ».    
     Mais le problème est plus ancien.
                                                       ________________________________

mercredi 19 août 2020

La Sibérie m'inquiète

Et même m'affole
                         Mais elle n'est qu'un élément d'un tout, d'un phénomène plus global.
    Elle s'enflamme de manière incontrôlée et probablement irréversible.
        La canicule est le symptôme d'un processus plus général qui affecte la planète de manière différenciée et les feux de forêt se généralisent et gagnent en ampleur et en intensité, même s'ils ne sont pas un phénomène nouveau sur un temps long. Mais là, l'accélération est manifeste.

     "...L’Arctique se réchauffe plus de deux fois plus vite que la moyenne de la surface du globe. Ce phénomène est connu sous le nom d’« amplification arctique ».
Il s’explique en partie par la perte rapide de la couverture de glace de mer dans cette région : lorsque la glace diminue, l’énergie du soleil qui aurait été réfléchie par la glace blanche et brillante est absorbée par l’océan, ce qui provoque un réchauffement supplémentaire.   Cette année, début juillet, les mesures de l’étendue de glace dans la mer de Laptev montrent en effet une diminution exceptionnelle.  Une des craintes associées au réchauffement climatique, en particulier dans l’Arctique, concerne le dégel du pergélisol (permafrost en anglais). Lorsque ce dernier se réchauffe, le sol dégèle, l’activité microbienne augmente et relâche du méthane et du CO2 – deux gaz à effet de serre.    Les scientifiques estiment que 1500 milliards de tonnes de carbone sont ainsi stockées dans les sols gelés, c’est-à-dire deux fois plus que dans l’atmosphère et cinq fois plus que ce qui a été émis par toutes les activités humaines depuis 1850 !   Alors que les émissions du pergélisol représentent moins de 1 % des émissions mondiales de méthane, sa fonte progressive et la formation de nouveaux lacs pourraient entraîner la libération progressive du méthane dans l’atmosphère...."
    Les feux de forêts ne sont pas nouveaux mais sont devenus répétitifs et incontrôlables et d'ampleur inconnue jusque là.
  Il n'y a pas à se réjouir que l'Arctique deviennent un terrain de jeu de puissances régionales. Une opportunité économique peut-être, mais dans une perspective à courte vue qui fait fi des conséquences écologiques à moyen et à long terme, qui auront forcément des impacts planétaires.
   Une bombe climatique pour demain?
          Une situation alarmante, en tout cas. Pas seulement en Sibérie.
                                                      ___________________________________





mercredi 12 août 2020

mardi 11 août 2020

Juifs et musulmans

Frères ennemis?
                             Ceux que l'on s'obstine à opposer du côté de Tel Aviv ou ailleurs ont  et ont eu une histoire plus commue qu'on ne le croit, si l'on se donne la peine de remonter une peu dans le temps et de sortir  de certains mythes et des conflits nés sur les ruines de l'empire ottoman et les ambitions d'un sionisme expansionniste.
       L'historien   Julien Cohen-Lacassagne,"...enseignant à Alger, torpille en moins de 200 pages les idées reçues sur l’origine des juifs d’Afrique du Nord, notamment celle assurant qu’ils descendent des juifs de Judée exilés après la destruction du temple de Jérusalem en 70 après Jésus-Christ.
     Parti d’un questionnement sur ses propres origines juives-algériennes et de coutumes similaires comme lancer un verre d’eau derrière les proches qui partent en voyage, Julien Cohen-Lacassagne démontre que juifs et musulmans du Maghreb partagent une histoire commune, les mêmes origines, confondues dans un univers arabo-berbère.
      « Ce n’est pas un peuple en errance qui a traversé les mers mais une idée, animée d’une puissante dynamique missionnaire : le monothéisme, développe-t-il. C’est dans les bagages des Phéniciens que le judaïsme a gagné Carthage, avant d’être adopté par des tribus berbères et de s’étendre dans l’arrière-pays. Résistant à l’expansion chrétienne puis à celle de l’islam, ces Maghrébins juifs ont contribué à une authentique civilisation judéo-musulmane partageant une langue, une culture et même un substrat religieux. » 
     Selon les circonstances, il y eut de l’inimitié, de la cordialité ou de l’indifférence entre juifs et musulmans, et pas nécessairement pour des raisons religieuses. Mais leur histoire profonde est commune : au Maghreb, ce sont les mêmes populations. En disant cela, j’ai l’impression de révéler un secret de Polichinelle.
     La grande différence par rapport à l’Europe et à la chrétienté, c’est que le monde musulman ne s’est pas dogmatiquement constitué par opposition au judaïsme. À sa naissance dans la péninsule Arabique, l’islam s’était distingué du judaïsme sur le plan des pratiques, c’est-à-dire sur un plan formel. C’était d’autant plus important que les dogmes sont proches, donc il fallait au moins que les rituels soient distincts, tout en étant reliés l’un à l’autre : l’islam a simplifié les règles alimentaires juives, tout en en conservant l’essentiel, la prière s’est orientée vers La Mecque et non plus vers Jérusalem, l’usage du vin a été proscrit dans le rituel, la période de jeûne a été allongée.
    L’islam, au fond, c’est la continuité du judaïsme. Et c’est notamment le retour d’un prosélytisme que le judaïsme avait progressivement abandonné, tout en demeurant une alternative au christianisme trinitaire. Le christianisme s’est, quant à lui, construit sur la base d’un peuple juif déicide. Pour toutes ces raisons, on ne trouve pas dans l’histoire longue du Maghreb une hostilité aux juifs aussi violente et rancunière que celle qui a fermenté dans la chrétienté.
     Pour le dire de manière synthétique, les juifs d’Afrique du Nord sont, pour l’essentiel et exactement au même titre que les musulmans d’Afrique du Nord, des Berbères arabisés ayant adopté un monothéisme : le judaïsme pour les uns, l’islam pour les autres. Il faut ajouter qu’il y eut des va-et-vient entre les deux. Autrement dit, les juifs africains ne sont pas issus de populations extérieures ayant migré depuis la Judée, singulièrement après la destruction du temple de Jérusalem par Titus en l’an 70, pas plus que ceux d’Europe d’ailleurs. Aucune source n’atteste un tel exil, matériellement peu vraisemblable. ...."
_______Cette étude rejoint largement celles d' l'historien israëlien Shlomo Sand, entre autres, et les récentes recherches d'autres historiens, qui montrent combien les histoires ont été mêlées:
       Arte a diffusé il y a peu une émission très intéressante sur un sujet généralement peu abordé, parce que mal connu par le grand public, qui est pourtant une toile de fond de certains problèmes aigüs toujours présents au Moyen-Orient. Remonter aux origines permet bien souvent d'éclairer et de relativiser les problèmes d'aujourd'hui.
    Une plongée assez méconnue et troublante dans l'histoire longtemps commune des communautés arabes et juives depuis le 7° siècle, d'abord dans la péninsule arabique puis une grande partie du bassin méditerranéen jusqu'au milieu du 20° siècle.
      Un document qui coïncide avec la sortie d'un important ouvrage collectif sur l' Histoire des relations entre Juifs et Musulmans, un livre à plusieurs voix, pas toujours forcément convergentes sur tout, qui va " à l’histoire réelle, tout en ne lâchant pas les mythes qui ont influencé les comportements."
    L'histoire y est rendue dans sa complexité et son dynamisme. On comprend mieux l'intrication des deux cultures et des destins, des relations parfois apaisées, parfois conflictuelles.
   L'objectif des auteurs est ambitieux: "A l'heure où les conflits perdurent au Moyen-Orient, que les relations se durcissent entre communautés, tout porterait à croire, pour des esprits myopes historiquement, que l'animosité entre Musulmans et Juifs existerait depuis les origines, comme entre des extrêmes. Les tensions actuelles observables ici et là, faussent notre jugement et trouble notre vision d'un passé, où les deux religions se sont fécondées mutuellement et culturellement pendant des siècles et ont coexisté plus ou moins harmonieusement dans diverses parties du bassin méditerranéen..."

   ____Les auteurs parlent dennemis intimes pour désigner l'ambivalence de ces relations à travers les siècles. Quatorze siècles d'histoire commune tout de même, pendant lesquels les influences réciproqques furent multiples... 
   Aujourd'hui, tout est brouillé, surtout depuis la montée des nationalismes européens puis arabes, suite à la dissolution de l'empire ottoman, les nouvelles formes d'antisémitisme en Europe, exportées dans le bassin méditerranéen, la gestation du sionisme depuis T.Herzl et sa concrétisation tragique en 1947, par l' expulsion des Palestiniens.
[Tous les juifs ne sont pas sionistes (certains en refusent encore l'idée et ses funestes conséquences) et tous les arabes ne sont pas musulmans, comme tous les musulmans ne sont pas arabes et il y a des arabes chrétiens et athées et des juifs incroyants... La réalité est moins simple que les schémas simplistes qui circulent.]
    Le recul historique permet de comprendre un peu mieux la complexité et les tension repérables encore en partie aujourd'hui
       Si loin, si proche.... A-t-on affaire à ce que Freud appelait le paradoxe des petites différences? Ce serait trop simple...


A la naissance de Mahomet, en 570, «on pouvait trouver des juifs dans toutes les sphères de la société arabe, nous apprend le chercheur américain Gordon D. Newby, ils étaient marchands, nomades, fermiers, poètes, artisans et guerriers. Ils vivaient dans des forteresses, en ville, ou sous la tente, dans le désert. Ils parlaient l'arabe classique, le judéo-arabe et l'araméen...»
Que l'islam soit né dans un milieu largement irrigué de judaïsme, aucun texte islamique des origines ne le nie. Le premier rédacteur de la vie de Mahomet, Ibn Ishaq, qui écrit sa biographie, la Sira, un siècle après la mort du prophète de l'islam, a même interviewé les juifs quittant Médine pour la Terre sainte au fur et à mesure que les musulmans acquéraient les terres des non-musulmans. Que le Coran reflète une ambivalence vis-à-vis des juifs - de la reprise admirative de leur héritage à la détestation et aux massacres des tribus -, c'est tout aussi indéniable. Mahomet a observé et étudié les juifs, puis tenté de les gagner à lui en reprenant clairement la plupart de leurs rituels et légendes : la prière vers Jérusalem (abolie après la rupture), les interdits culinaires, les jeûnes, les prophètes, la saga biblique..."

   Les  échanges culturels furent très nombreux et très riches, malgré les tensions, perceptibles dès le début. Tensions d'abord peu marquées, parfois plus manifestes, jusqu'aux ruptures parfois brutales [1]
           Les Juifs sont d'abord des arabes comme les autres
    _____ Hier, la coexistence relativement harmonieuse des Juifs de très ancienne implantation et des Palestiniens était bien visible à Jaffa, avant que la discorde ne s'installe, pour les raisons que l'on sait.
Mais l'israëlisation à marche forcée et la résurgence des mythes, notamment celui de l'exil, les dérives de la militarisation et de la colonisation, qui ont exacerbé des formes d'islamisme intransigeant, ont contribué à créer un fossé, une déchirure, les extrêmes s'attisant, au coeur même du monde juif et de la société israëlienne, dont on voit mal comment elle pourrait être réparée dans un avenir proche. Rompre l'engrenage paraît de plus en plus difficile. Hébron en est le témoin tragique.
_____Espérons que ces documents, à approfondir, contribueront à raviver les mémoires d'un côté comme de l'autre...pour retrouver le meilleur d'un passé, qui n'est pas tout à fait passé.

                                                    ____________________________

lundi 10 août 2020

Canicule(s)

Elle est sur toutes les lèvres.
                                  Avant qu'on l'oublie. 
     Ce n'est pas un phénomène nouveau. Quand on relit les annales, on voit que des canicules parfois terriblement meurtrières ont déjà frappé la France, notamment en 1636 et des années après.  Ce qui est singulier, c'est le fait qu'elles soient si répétitives et qu'elles s'inscrivent dans le cadre d'un réchauffement global, dont les effets se font sentir dans diverses parties du monde, de façon spectaculaire, là où on l'attendait le moins et qui ne cesse d'interroger. 
    Nous ne sommes guère préparés à faire front à un phénomène d'une telle ampleur, qui semble se mettre en place sur un temps relativement court, et qui par sa répétitivité met en péril nombre de productions, obligeant à repenser l'agriculture dans son ensemble, ses méthodes comme ses produits.
   De nouvelles batailles de l' eau se préparent, pas seulement au niveau local.
       Malgré les incertitudes qui restent encore grandes, malgré le faisceau d'indices convergents, il est nécessaire de se préparer au plus vite à un monde différent.
   Le climato-scepticisme et battu en brèche et il y n'y a plus guère qu'au niveau de l'humour un peu provocateur que l'on peut tenter de réfuter certaines fake news qui cultivent le déni.
  Comme ici:
             Et sinon personne pour faire une manif contre la canicule ?
C’est quand même chelou ces températures.... comme par hasard, il fait plus chaud dans le nord que dans le sud....ça doit être fait exprès pour nous empêcher d’être libres....ne nous laissons pas berner....Moi je dis : c’est faux. Il ne fait pas 37 ou 35 degrés en réalité, ces chiffres sont trafiqués. C’est parce qu’on a mis le thermomètre en plein soleil c’est pour ça. Et d’ailleurs je refuse de m’hydrater. Parce que certains scientifiques le disent : boire trop d’eau est mauvais pour la santé. On ne me forcera pas. J’ai des droits.
Et je suis contre la clim qui est mauvaise pour notre santé et la planète, donc je demande à ce qu’on arrête d’en allumer partout. Les plus vieux et les plus fragiles n’ont qu’à prendre des éventails s’ils ont chaud. Contre la clim obligatoire dans nos vies.
Nous ne sommes pas des moutons quand même, encore moins des moutruches....
Réveillez vous !!!
(A.T.)

                                                  _______________________________________

dimanche 9 août 2020

En passant

__ L'émir et le nucléaire.


__ Les rois ne sont plus ce qu'ils étaient.

__ Gare au fer.

__ Corona-fraudeurs

__Une tâche impossible?
                                   Un Etat dans l'Etat.

__ Fin de règne? Les filles s'y mettent...

__ Liban à genoux
              Les dons ne suffiront pas
                                                                            __________________