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vendredi 10 avril 2026

Chère télé!

Une liberté dévoyée

                  Le problème de l'information en France par le biais radio-télévisuel arrive à un point critique. Surtout depuis que règne la loi de l'info en continu,  dominée par une publicité de plus en plus envahissante et d'intérêts privés influenceurs, ce qui n'est pas sans conséquence sur les contenus. L'ouverture à la privatisation sans exigences réelles et les exemples burluconiens ont ouvert la voie à un PAF insignifiant, le plus souvent purement voué au divertissement ou à des dérives dont certains commencent à 'inquèter. Le verrou médiatique s'est installé, sauf rares exceptions.                                                                                                              Avec la contitution de grands goupes comme Vivendi, l'empire médiatique se renforce jour après jour, comme celui du richissime Breton, dont les objectifs culturels et politiques ne font plus mystère: mettre de plus en plus en plus de moyens au service de ses idéaux et de ses projets, sans que l'Arcom ou l'Etat ne réagisse à la hauteur des finances investies, par peur ou par complaisance. Le RN a de solides appuis au coeur de cette chaîne influenceuse, qui passe beaucoup de temps à dénoncer la "partialité" du service public, qui perd pourtant en qualité informationnelle, mais où le débat contradictoire et informé reste encore présent.                                                                                                            C'est la Chaîne si contestée qui est en question et l'audience qu'elle prend auprès de certaines couches de la population, malgré certaines critiques, dissensions et critiques peu médiatisées. C'est récurrent...   


                                                                                                                                                                         Point de vue:                "....C'est le fonds de commerce de l’empire médiatique de Vincent Bolloré : diffuser et amplifier, de CNews au Journal du dimanche, en passant par Europe 1, le poison de la haine et de la division, principalement sur le dos des personnes noires et arabes, pour mieux vendre au public la fusion de la droite radicale et de l’extrême droite.      C’est donc mécaniquement que la machine s’est emballée avec l’élection, qui plus est dès le premier tour, de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Un maire noir, candidat de La France insoumise (LFI), issu d’un quartier populaire de banlieue parisienne : un tel concentré des obsessions de la fachosphère ne pouvait que faire du nouvel élu la cible idéale de la chaîne amirale du groupe, CNews, qui s’est élancée lance sur fautre, comme au temps des croisades.   Expression d’une domination blanche arc-boutée contre l’immigration, les émissions « 100 % politique » des 27 et 28 mars ont symbolisé l’acmé de son offensive réactionnaire, les propos ouvertement racistes prenant le pas sur les déclarations à relents racistes rabâchées à longueur d’antenne depuis près d’une décennie.                                       Pour caractériser les premières heures du mandat du vainqueur de Saint-Denis, le psychologue Jean Doridot a estimé nécessaire d’en passer par les « mammifères sociaux », les « grands singes » et les « chasseurs-cueilleurs [qui] vivaient en tribus ». Son collègue philosophe Michel Onfray a surenchéri le lendemain en prêtant à Bally Bagayoko une attitude de « mâle dominant » pour avoir appelé à faire « allégeance » après son élection. « Ça, c’est très tribal. On fait allégeance au mâle dominant. Mais on n’est pas dans une tribu primitive », a-t-il insisté pour être sûr d’être bien compris.                                                                                                                           Message reçu 5 sur 5. Sauf par l’exécutif, dont la réaction a été aussi tardive que poussive, alors même que la déferlante raciste avait débuté avant, et s’est poursuivie après, jusqu’à toucher le 2 avril quatre autres élus noirs LFI, destinataires d’un message teinté de références à Tintin au Congo et au « zoo de Beauval ».  Pis, les membres du gouvernement ont d’abord participé à la meute, en instrumentalisant les huées ayant accompagné certains maires déchus au Blanc-Mesnil, à Saint-Denis ou à Creil (Oise), pour ensuite convenir, à la suite des propos diffusés à l’antenne de CNews, qu’il fallait s’en distancier.         Face à l’évidence, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, les a jugées « ignobles » et « absolument inacceptables », tandis que le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est contenté de dénoncer, à l’Assemblée nationale, la « banalisation du mal et du racisme ». Ni l’un ni l’autre n’ont estimé nécessaire de pointer la responsabilité d’une chaîne qui, malgré ses nombreuses récidives, semble toujours bénéficier d’une certaine mansuétude, voire d’une large impunité, au regard de la régularité de ses hors-pistes à l’antenne.                                                 Si le président de la République, aux indignations sélectives, a jugé préférable de se taire, le parquet de Paris a indiqué le 1er avril avoir ouvert une enquête après le dépôt de plainte de Bally Bagayoko. Cette fois, les auteurs des propos, mais également CNews, sont visés. Pour faire bonne figure, le préfet de Seine-Saint-Denis s’est constitué partie civile à la demande du premier ministre.     Mais aucun membre du gouvernement ne s’est présenté au rassemblement citoyen contre le racisme organisé par le nouveau maire de Saint-Denis le 4 avril. L’absence de la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a été particulièrement remarquée par des manifestant·es muni·es d’écriteaux aux slogans affûtés : « Bolloré, Macron, Arcom tous complices », « CNews = Mensonge, Pascal Praud-Pagande », « Plus de Bally, moins de Bolloré »…          Et l’autorité compétente, dans tout cela ? Après un silence assourdissant, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) continue d’éluder, sans que le gouvernement trouve à y redire. Saisie par des responsables politiques de gauche et des associations antiracistes, elle s’est simplement résolue à « instruire les séquences qui lui ont été signalées ». Et, le 7 avril, son président, Martin Ajdari, devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a annoncé que l’Autorité avait saisi le rapporteur indépendant, étape indispensable en vue de prononcer une sanction contre la chaîne.              Compte tenu de la gravité et de l’antériorité du préjudice sociétal, alors que l’article premier 
de la Constitution est frontalement attaqué, cette ébauche de position publique est aussi lâche que complice. "  ______

C’estle fonds de commerce de l’empire médiatique de Vincent Bolloré : diffuser et amplifier, de CNews au Journal du dimanche, en passant par Europe 1, le poison de la hai ne et de la division, principalement sur le dos des personnes noires et arabes, pour mieux vendre au public la fusion de la droite radicale et de l’extrême droite.                                                              C’est donc mécaniquement que la machine s’est emballée avec l’élection, qui plus est dès le premier tour, de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Un maire noir, candidat de La France insoumise (LFI), issu d’un quartier populaire de banlieue parisienne : un tel concentré des obsessions de la fachosphère ne pouvait que faire du nouvel élu la cible idéale de la chaîne amirale du groupe, CNews, qui s’est élancée lance sur fautre, comme au temps des croisades.Expression d’une domination blanche arc-boutée contre l’immigration, les émissions « 100 % politique » des 27 et 28 mars ont symbolisé l’acmé de son offensive réactionnaire, les propos ouvertement racistes prenant le pas sur les déclarations à relents racistes rabâchées à longueur d’antenne depuis près d’une décennie.                          Pour caractériser les premières heures du mandat du vainqueur de Saint-Denis, le psychologue Jean Doridot a estimé nécessaire d’en passer par les « mammifères sociaux », les « grands singes » et les « chasseurs-cueilleurs [qui] vivaient en tribus ». Son collègue philosophe Michel Onfray a surenchéri le lendemain en prêtant à Bally Bagayoko une attitude de « mâle dominant » pour avoir appelé à faire « allégeance » après son élection. « Ça, c’est très tribal. On fait allégeance au mâle dominant. Mais on n’est pas dans une tribu primitive », a-t-il insisté pour être sûr d’être bien compris.                                                                                                           Message reçu 5 sur 5. Sauf par l’exécutif, dont la réaction a été aussi tardive que poussive, alors même que la déferlante raciste avait débuté avant, et s’est poursuivie après, jusqu’à toucher le 2 avril quatre autres élus noirs LFI, destinataires d’un message teinté de références à Tintin au Congo et au « zoo de Beauval ».                                     is, les membres du gouvernement ont d’abord participé à la meute, en instrumentalisant les huées ayant accompagné certains maires déchus au Blanc-Mesnil, à Saint-Denis ou à Creil (Oise), pour ensuite convenir, à la suite des propos diffusés à l’antenne de CNews, qu’il fallait s’en distancier.               Face à l’évidence, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, les a jugées « ignobles » et « absolument inacceptables », tandis que le premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est contenté de dénoncer, à l’Assemblée nationale, la « banalisation du mal et du racisme ». Ni l’un ni l’autre n’ont estimé nécessaire de pointer la responsabilité d’une chaîne qui, malgré ses nombreuses récidives, semble toujours bénéficier d’une certaine mansuétude, voire d’une large impunité, au regard de la régularité de ses hors-pistes à l’antenne.                   Si le président de la République, aux indignations sélectives, a jugé préférable de se taire, le parquet de Paris a indiqué le 1er avril avoir ouvert une enquête après le dépôt de plainte de Bally Bagayoko. Cette fois, les auteurs des propos, mais également CNews, sont visés. Pour faire bonne figure, le préfet de Seine-Saint-Denis s’est constitué partie civile à la demande du premier ministre.                                                  Mais aucun membre du gouvernement ne s’est présenté au rassemblement citoyen contre le racisme organisé par le nouveau maire de Saint-Denis le 4 avril. L’absence de la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a été particulièrement remarquée par des manifestant·es muni·es d’écriteaux aux slogans qui visaient juste : « Bolloré, Macron, Arcom tous complices »« CNews = Mensonge, Pascal Praud-Pagande »« Plus de Bally, moins de Bolloré »

lundi 12 janvier 2026

Question de légitimité

Qui se repose crûment, dans le monde de "coups" politiques de Trump                                                                                  Une logique colonialo-prédatrice.

         Si le Groenland fut vraiment annexé au Danemark au hasard d'un "débarquement", que dire de l'arrivée des premiers colons d'abord anglais qui débarquèrent sur la côte nord américaine? Qu'en penseraient aujourd'hui les Indiens -premiers occupants- qui furent vite soumis et maintenus dans la dépendance, avant de largement disparaître (directement ou indirectement) du fait d'une colonisation sans merci.  "...La colonisation des Amériques s'est accompagnée d'un effondrement démographique spectaculaire des populations amérindiennes, en grande partie dû à un important choc microbien et viral et, dans une moindre mesure, aux guerres à outrance et aux mauvais traitements infligés à certaines tribus (travail forcé, déplacements forcés…). La diminution de la population amérindienne est de 90 % en un siècle..."    Mais on ne peut demander au Président d'avoir quelques connaissances historiques... Une colonisation qui dura, après celle qui s'installa, pour de pures raisons commerciales, en Amérique du sud avec son cortège d'actions violentes, jusqu'aux massacres de Pizzaro au Pérou...            "...Le témoignage de certains des officiers militaires les plus hauts gradés des États-Unis révèle que, dans nos guerres indiennes, presque sans exception, les premières agressions ont été commises par les Blancs.... Chaque crime commis par un Blanc contre un Indien est caché et minimisé. Chaque affront commis par un Indien contre un Blanc est transmis par voie postale ou télégraphique dans les coins les plus reculés de la terre, maquillé de toutes les horreurs dont la réalité ou l'imagination peut l'entourer. Les citoyens des États-Unis doivent être mis au courant de ce genre de manipulations .." [Helen Hunt Jackson. Un siècle de déshonneur, 1881]

                                                                                                                  La force commandait le droit, comme bien souvent par après, comme dans les projets de main mise de Washington sur les richesses pétrolières du Venezuela. Une logique prédatrice, sous couvert de morale et de vertu. La volonté de main mise sur le Groenland, au service des intérêts économiques et de l'hégémonie politique revendiquée ou masquée. Donald Trump a assuré ce vendredi 9 janvier 2026 qu’il comptait passer un accord avec le Danemark pour acquérir le Groenland, et que Washington emploierait pour cela "la manière douce" ou "la manière forte", après que Copenhague a répété que son territoire de l’Arctique n’était pas à vendre. Le Maître de la Maison Blanche veut profiter d'une faille juridique.                                                                    "..Marco Rubio avait déclaré devant les élus du Congrès que les États-Unis cherchaient plutôt à l'acheter qu'à l'envahir, ajoutant toutefois: «Si le président identifie une menace pour la sécurité nationale des États-Unis, chaque président conserve la possibilité d'y répondre par des moyens militaires.» 
  • Trump aurait déjà ordonné à ses forces spéciales d'élaborer un plan d'invasion du Groenland. Les États-Unis disposent actuellement d'une base militaire sur l'île, à Pituffik, qui accueille environ 200 soldats. Au moins 13 sénateurs républicains sur 53 ont déclaré s’opposer à une prise de contrôle du Groenland par la force et seulement 15% des électeurs du Parti républicain sont en faveur d’une telle action, et 8% des Américains. Lire plus

  • Théâtre opérationnel de l’absurde. Comme le fait remarquer Shashank Joshi, le Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) pourrait devenir le premier général de l'histoire à devoir planifier la défense et l'attaque d'un même territoire au même moment.

  • Stratégie européenne. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a déclaré qu’une invasion de l’île signifierait la fin de l’OTAN. L’alliance n’a pour l’heure publié aucun communiqué concernant la défense de la souveraineté territoriale du Danemark. Copenhague adopte une stratégie qui se caractérise par une rhétorique plus ferme de la part de la Première ministre, tandis que son ministre des Affaires étrangères mène les efforts diplomatiques. 

  • Du côté du Groenland, Aaja Chemnitz, l'une des deux représentantes de l'île au Parlement danois, a déclaré que toute tentative d'attirer les Groenlandais avec de l'argent était vouée à l'échec. À Nuuk, le leader de l’opposition, Pele Broberg, a appelé à des discussions avec Washington qui excluent le Danemark — Copenhague conserve l'autorité sur les affaires étrangères et la défense de l’île. 

  • L’Allemagne devrait proposer cette semaine la création d’une mission de l’OTAN pour assurer la sécurité dans l’Arctique. 

  • Ce que le Danemark pourrait proposer. L’option préférée par Copenhague serait d’offrir à Washington une présence accrue sur l’île, que ce soit en termes de présence militaire ou de coopération économique. Trump a déjà exclu cette option déclarant: «Vous défendez la propriété, vous ne défendez pas les concessions. Et nous devrons défendre le Groenland.» Si une majorité de Groenlandais veulent l’indépendance — ce que Washington pourrait chercher à encourager —, 6% seulement se déclarent favorables à devenir une partie des États-Unis. 

  • À suivre. De l'Ukraine au Congo en passant par l'Argentine, Trump a fait de la recherche de terres rares l'un des axes structurants de son action géopolitique. Selon une étude de 2023, 25 des 34 minéraux considérés comme des « matières premières critiques » par la Commission européenne se trouvent au Groenland. Lire plus ..."

                                                                                                      
Rousseau,  à son époque, tente de définir le premier  les règles de la légitimité, reposant sur la volonté générale, selon des principes démocratiques en opposition à ceux de Hobbes, ceux  de l'arbitraire du pouvoir, de  la guerre de tous contre tous, de la prééminence des intérêts particuliers. Des principes qu'il faut toujours rappeler, dans des contextes toujours particulières et parfois précaires ou provisoires, où les rapports de force tentent toujours à émerger, la raison d'Etat à se réaffirmer, les intérêts à prendre le dessus, l'affrontement à s'imposer au dépend de la conciliation et la négociation...                                                                                 *  ___ Point de vue.  
  __ Le cas de Saint-Pierre-et-Miquelon     __  La paix par le droit? ___Quel nouvel ordre mondial? ___                                                                                                                                     

mardi 31 décembre 2024

Pouvoir de l'information

  Informer ou légitimer

        That is the question

                      Surtout à l'heure de la toujours plus grande concentration des médias, de plus en plus  aux mains des puissants intérëts, de la prolifération des fakes New, l'objectif de tout organe de presse est bien de "faire l'opinion", de l'accompagner, de l'informer, de la constituer aussi, de l 'ouvrir au monde de manière rigoureuse, ce qui n'exclut pas des lignes éditoriales variées s'assumant entièrement, mais en respectant la liberté des lecteurs, ses capacités de choix, de sélection de ses interprétations et le pluralisme politique. Un équilibre délicat et parfois compliqué à trouver, résultat d'une forme de journalisme qui se veut autant que possible objective (non partisane au sens étroit), honnête, ouverte et nuancée. Ce qui est pas une fonction sans difficultés ni écueils. L'objectivité ne peut être dans ce domaine que l'aboutissement d'efforts constants et collectifs. Ce ne peut être qu'un idéal, mais une exigence nécessaire, surtout à l'heure ou beaucoup se détournent de la presse d'opinion. 


                                       Aujourd'hui, une certaine presse (écrite ou non, de plus en plus concentrée, se donne surtout pour tâche de conditionner l'opinion, sur la base de choix éditoriaux clairement assumés, ne faisant pas mystère de ses choix politiques du moment, montant à l'assaut de l'opinion. La concentration est la règle, comme la manipulation des faits et la pression sur les jugements,  mettant à mal les principes républicains et la fonction de journalistes, qui se démettent ou qui se soumettent....

Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, François Bayrou, Sébastien Lecornu, Rachida Dati, Édouard Philippe, Aurore Bergé, Catherine Vautrin, Sylvie Retailleau, Sarah El Haïry, Marc Fesneau, Christophe Béchu, Marlène Schiappa… On ne compte plus le nombre de figures de la majorité présidentielle, anciens ou actuels membres du gouvernement, qui se pressent chaque week-end dans les colonnes du Journal du dimanche, entre deux chroniques de Pascal Praud, trois éditoriaux de Charlotte d’Ornellas et une tribune de Marion Maréchal.    L’hebdomadaire d’extrême droite, dirigé depuis quelques mois par Geoffroy Lejeune, a même récemment recueilli les confidences diplomatiques d’Emmanuel Macron, parfaisant ainsi son entreprise de banalisation. La reprise en main brutale de Vincent Bolloré en juin 2023, les semaines de grève de l’ancienne rédaction, le départ contraint de dizaines de journalistes, la bataille culturelle assumée par les nouveaux dirigeants du titre, les fausses informations qui y sont parfois distillées… Plus rien ne dissuade le pouvoir d’alimenter le JDD. Bien au contraire.....Tout au début, pourtant, des voix s’étaient élevées contre la secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache et le député Renaissance Karl Olive, qui s’étaient rués dans les pages des premiers numéros de la nouvelle formule. Sylvain Maillard, patron du groupe macroniste à l’Assemblée nationale, avait même demandé à ses troupes de ne pas s’exprimer dans l’hebdomadaire. Mais l’Élysée avait rapidement fait savoir qu’il n’était pas question de le boycotter et les rares scrupules des troupes présidentielles avaient disparu avec les derniers jours de l’été.   À la rentrée de septembre 2023, un ministre expliquait ainsi à Mediapart que « passé un délai de décence », tout le monde finirait par s’exprimer dans le JDD – ce qu’il a d’ailleurs lui-même fini par faire assez rapidement. Même la députée Renaissance Violette Spillebout, qui s’était pourtant mobilisée aux côtés des salarié·es en grève, a récemment réservé une exclusivité au journal – contactée, elle n’a pas souhaité répondre à nos questions. De quoi rebooster légèrement un titre dont les ventes accusent un repli continu. Mais surtout permettre à son rédacteur en chef de se frotter les mains.       ___                                                                                                                                    Le JDD est donc venu compléter la liste des médias Bolloré auxquels les membres du gouvernement et de la majorité apportent régulièrement leur caution : C8, Paris Match, Europe 1 et évidemment CNews. En quelques années, la chaîne dirigée par Serge Nedjar a littéralement envahi les palais de la République, où elle est devenue un bruit de fond quotidien. « Avant, les télévisions qui sont allumées en continu à l’Élysée ou dans les ministères étaient surtout branchées sur BFM. Désormais, de plus en plus de gens mettent CNews », confirme un conseiller de l’exécutif.                                                                            Une position parfaitement assumée au plus haut niveau de l’État. « CNews, c’est la fabrique de l’opinion, affirme l’entourage du président de la République. Contrairement aux autres chaînes d’info, ils offrent un sens – en expliquant toute la journée que la France n’est plus la France – et une perspective – le retour de la France contre-révolutionnaire sur des valeurs catholiques ultratradis. » Et d’ajouter : « Ce qui est important, ce n’est pas le médium, mais le public. Si on regarde CNews, c’est d’abord pour savoir ce que pensent huit millions de Français. »       ___« Parler à tout le monde », « aller convaincre là où les gens vous écoutent », « toucher d’autres publics », « mener le combat sur le champ de bataille »… Depuis quelques années, les macronistes multiplient les formules pour justifier leur présence sur les antennes de Bolloré. Vivement critiqué après son passage dans l’émission de Cyril Hanouna, le député Renaissance Quentin Bataillon, président de la commission d’enquête parlementaire sur la TNT, a d’ailleurs tenté de les recycler. « Je pense qu’il faut parler à tous les publics », a-t-il indiqué sur France Info.    ______________ Sous couvert de « pédagogie » à destination du public de « Touche pas à mon poste » (TPMP), « et notamment des plus jeunes », Quentin Bataillon a surtout participé au dévoiement des institutions en sortant totalement de son rôle et de la neutralité qu’il impose. L’épisode a déplu jusqu’à l’Élysée, qui n’a pourtant rien trouvé à redire, ces dernières années, au défilé de ministres dans l’émission de Cyril Hanouna. En 2019, Marlène Schiappa avait même coanimé une émission avec ce dernier, contribuant ainsi à sa légitimation dans le champ politique.    ____________Avec ses multiples passages sur CNews, ses tribunes dans le JDD ou encore sa nouvelle maison d’édition – elle vient de signer chez Fayard, désormais propriété du milliardaire breton –, l’ancienne ministre est devenue une grande habituée de la galaxie Bolloré. Elle ne manque d’ailleurs jamais une occasion de défendre celle-ci, comme récemment encore, toujours sur le plateau de Cyril Hanouna, où elle est venue dire tout le mal qu’elle pensait de certain·es député·es de la commission d’enquête.   _________En 2021, Marlène Schiappa avait même lancé dans l’atmosphère l’idée selon laquelle l’animateur préféré de Vincent Bolloré pourrait coanimer le débat d’entre-deux-tours de la présidentielle. Passé les rires, la proposition a l’air de rien cheminé dans les esprits. Car si Emmanuel Macron n’a jusqu’ici jamais répondu aux invitations de Cyril Hanouna, son entourage n’insulte plus l’avenir. « Désormais, c’est lui qui incarne la politique sur C8, je pense que la question doit être examinée », indique un conseiller.                                                                                                                 Avec le temps, les figures de la « Bollosphère » ont profité de leurs relais dans les cercles du pouvoir pour se rapprocher de son cœur. Comme le racontait Le Monde au mois de décembre, le milliardaire lui-même échange de nouveau avec Emmanuel Macron. Le 13 mars au soir, juste après son audition devant les parlementaires de la commission d’enquête sur la TNT, il était encore à l’Élysée pour la cérémonie de décoration du patron de LVMH, Bernard Arnault, élevé à la plus haute dignité de la Légion d’honneur par le président de la République.___Pascal Praud, autre animateur phare de la galaxie Bolloré, a lui aussi plusieurs fois textoté avec le chef de l’État. À l’Élysée, il échange régulièrement avec le conseiller mémoire Bruno Roger-Petit, qui fut par le passé l’un des chroniqueurs de son émission. Il est même arrivé que ce dernier mette sa conversation sur haut-parleur pour en faire profiter Brigitte Macron. Selon Le Monde, Pascal Praud, qui n’hésite jamais à fustiger le « système » tout haut, en a même profité pour s’excuser tout bas des « vilenies » qu’il distille à l’antenne contre son époux.                                                             Les bonnes relations entretenues au plus haut niveau de l’État avec les figures de la « Bollosphère » ont tout naturellement infusé le reste de l’écosystème macroniste, où chacun évite les critiques. Les rares personnalités à s’être ouvertement inquiétées de la bataille culturelle conduite par les médias du groupe l’ont d’ailleurs payé très cher. Ce fut notamment le cas de l’ancien ministre de l’éducation nationale Pap Ndiaye – qui avait affirmé que CNews « était clairement d’extrême droite » –, mais aussi de sa collègue Rima Abdul Malak.                                              Pour avoir simplement rappelé que les chaînes du groupe Bolloré étaient soumises, comme tous les diffuseurs, à des règles précises qu’elles ont plusieurs fois enfreintes ces dernières années, la ministre de la culture a fait l’objet d’une large campagne de dénigrement sur C8 et CNews. Et ce, sans recevoir de soutien en interne. Auditionnée en mars par la commission d’enquête parlementaire sur la TNT, elle a cependant estimé que lier son départ du gouvernement à ces prises de position relevait de « la politique fiction ».           Également cible de nombreuses attaques après ses propos sur CNews, Pap Ndiaye n’avait, lui non plus, pas franchement été soutenu par ses collègues. L’un d’entre eux, Stanislas Guerini, était même allé jusqu’à prendre ses distances ouvertement sur Europe 1 : « Si je pensais qu’Europe 1 était une radio d’extrême droite, je ne serais pas venu ce matin », avait-il déclaré. À l’époque, face à la virulence des attaques, le chef de l’État avait certes évoqué la liberté d’expression de son ministre, mais en prenant soin de ne rien dire sur le fond de sa prise de position.    _____Car dans l’écosystème macroniste, chacun est conscient des risques encourus par celles et ceux qui osent émettre une critique sur les médias Bolloré. Selon plusieurs sources au sein de la majorité présidentielle comme du gouvernement, beaucoup craignent d’être « boycottés » par ces derniers ou de souffrir à leur tour d’une « mauvaise presse ». Les éditoriaux ad hominem, les commentaires déplaisants ou les petites phrases glissées ici ou là… La machine peut rapidement se mettre en marche. « Il y a clairement une forme de peur », reconnaît un conseiller ministériel.Certains ont directement fait les frais de leur liberté d’expression, à l’instar du député Renaissance Christopher Weissberg, qui n’a jamais plus été invité sur CNews après y avoir critiqué en direct sa ligne éditoriale. « C’était en pleine grève des journalistes du JDD, se souvient-il. Je me suis dit que c’était l’occasion idéale d’aborder le sujet. Immédiatement, j’ai été attaqué et insulté par certaines personnes autour de la table. C’était dingue. » Après avoir saisi l’Arcom au sujet des propos tenus par Pascal Praud liant les punaises de lit à l’immigration (sortie qui lui a depuis valu une mise en garde du gendarme de l’audiovisuel), l’élu a également eu droit à quelques messages gratinés de l’animateur. _____Au début de son mandat, Christopher Weissberg a lui-même plusieurs fois participé à des émissions sur CNews. « Lorsque vous vous lancez, il n’y a pas beaucoup de formats politiques dans lesquels vous êtes invités régulièrement et qui vous permettent de vous exprimer un peu longuement », dit-il. Mais il a rapidement compris que l’exercice était vain, voire dangereux : « Comme Murdoch aux États-Unis ou au Royaume-Uni, ce groupe puissant sert de tremplin à l’extrême droite, affirme le député Renaissance. On est en train de lui donner les clés. C’est une guerre culturelle qui se joue et on perd quasiment toutes les batailles idéologiques. »                                                                                                     Rares sont celles et ceux, au sein de la majorité présidentielle, à avoir pris conscience de ce danger. L’attrait pour la lumière, la volonté de parler au plus grand nombre, une forme de naïveté… Plusieurs raisons expliquent l’omniprésence des macronistes dans les médias Bolloré. Mais la principale est plus triviale encore. « Chez nous, certains pensent comme CNews, confie un cadre du parti présidentiel. Pour eux, c’est une chaîne de droite comme une autre. Ils ne voient pas pourquoi ils n’iraient pas sur ses plateaux alors qu’ils acceptent d’aller sur le service public qu’ils considèrent de gauche. »   ____Dans ce contexte de droitisation à l’infini, CNews et C8 sont devenus incontournables. Certains, comme Olivier Véran, ont longtemps refusé de s’y rendre, avant de radicalement changer d’avis. Pour justifier sa venue dans l’émission « Face à Baba » de Cyril Hanouna en janvier 2023, après des années à se targuer qu’il ne participerait jamais à ce type de format, l’ancien porte-parole du gouvernement avait recyclé la formule préférée de l’Élysée : « Il est important d’aller s’adresser à l’ensemble des Français qui regardent la télévision ou qui écoutent la radio. »                                                                                                                                                 Les mêmes arguments avaient déjà été invoqués dès l’automne 2019 lorsque le président de la République avait accordé un entretien-fleuve à Valeurs actuelles, alors sous la direction de Geoffroy Lejeune, pour parler immigration, sécurité et identité. L’épisode était très vite apparu comme l’un des tournants du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Une entrée fracassante dans l’ère du confusionnisme macroniste où tout se vaut et où rien n’est grave. Depuis lors, et malgré ses dénégations, le pouvoir a largement contribué à la contamination du débat public par l’extrême droite.  Car contrairement à ce que prétendent celles et ceux qui estiment nécessaire de « mener le combat sur le champ de bataille », les membres du gouvernement et de la majorité qui regardent en boucle les chaînes du groupe Bolloré et s’y expriment souvent n’y mènent aucune offensive. Convaincus que les questions de Pascal Praud, Cyril Hanouna ou Sonia Mabrouk reflètent une grande partie de l’opinion française, ils viennent au contraire valider leurs obsessions. Et normalisent, dans le même temps, leur entreprise de désinformation. " [Ellen Salvi _ Merci à Mediapart   ___________________________

vendredi 19 mars 2021

Des yaourts et du pèze

 Economie de rente

           On ne rigole pas dans la méga-entreprise. Même le capitaine de bord peut être viré! Même dans une multinationale, même dans l'alimentaire. Depuis la gestion à la papa de Riboud, les choses ont bien changé. Les actionnaires sont intraitables. Ils veillent sur les rapports financiers, au jour le jour. Ils font la loi. Ils ont tous les droits. Pas de devoir social.       Chez Danone comme ailleurs. Les rendements, c'est sacré. Pour l'avenir, on verra. Il faut évaluer, changer les critères d'évaluation s'il le faut. L'horizon, c'est la bourse, Le CAC 40, c'est la référence.  Mais n'est-ce pas une vision à courte vue, dans notre monde hautement financiarisé? Certains osent le prétendre, même au sein du monde des affaires:


 "... Les ambitions d’une entreprise à mission doivent faire l’objet d’une évaluation d’ensemble avec d’autres indicateurs que le cours de bourse ou le rendement du capital, comme c’est le cas aujourd’hui. De nouvelles normes d’évaluations plus larges doivent s’imposer et en particulier de nouvelles normes comptables...;Le cas Danone pointe certaines lacunes de la loi Pacte et un nouveau chapitre législatif doit s’ouvrir si nous ne voulons pas que les entreprises à mission et la raison d’être ne constituent la dernière ruse d’un capitalisme qui semble à bout de souffle. Si nous m’aménageons pas la loi Pacte, il y a toutes les chances pour que Danone soit la première et la dernière entreprise cotée à mission. En effet, cette loi a laissé en friche la question des droits et devoirs des actionnaires. Or, nous savons, comme le dit très justement le chercheur Pierre-Yves Gomez, qu’il ne peut pas y avoir d’entreprises responsables sans actionnaires responsables.  L’ouverture d’une nouvelle réflexion législative devient donc urgente, d’autant plus que, comme le montre le premier baromètre des entreprises à mission, on observe un réel engouement pour cette nouvelle conception de l’entreprise. Les enjeux de « citoyenneté actionnariale » devraient donc devenir de plus en plus essentiels dans les toutes prochaines années...."                         ____Bien dit, mais le capitalisme financier suit sa propre logique. Emmanuel Faber, qui n'était pas un saint, est tombé. C'est aussi la fin d'un certain pouvoir "familial", d'une vision. Que l'on produise des voitures ou de l'eau en bouteille.

  ______En France, c'est le jackpot, mais pas seulement.
              Au dépends des salaires et des investissements.
   Une grosse entreprise a besoin de salariés et d'actionnaires.
         Mais de manière équilibrée.
   Or le divorce s'accentue entre les deux, surtout depuis la libéralisation dans la finance dans les années 80 sous l'effet des doctrines hayekienne et friedmanienne.
  Comme le reconnaît un rapport du Sénat
                  Les richesses produites par les grandes firmes du fameux CAC 40 donnent parfois le vertige.
   Le problème qui est posé n'est pas celui de leur ampleur, toujours le plus souvent bienvenue, mais de leur répartition.
     En fait, au lieu d'une répartition selon la règle des trois tiers, telle que rappelée par Sarkozy (un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés, un tiers pour l'investissement), la réalité est toute autre, surtout en France.
  Ce sont les actionnaires, les gros, qui se taillent la part du  lion. Et pas qu'un peu. Surtout en France.
    On le savait depuis quelques années, mais la tendance s'accentue. Dans l'économie à dominante financière dans laquelle nous sommes, des rapports récents convergent pour dénoncer ce déséquilibre grandissant dans la répartition.des richesses produites, aux dépends de l'investissement d'avenir et des producteurs, sans lesquels    aucune richesse ne verrait le jour.
     Un économie de rente s'installe et de super-profits pour les managers. ..Actionnaires, qui ne sont pas ou peu des particuliers. ... Près de la moitié de ces dividendes partent vers l'étranger. 55% seulement restent en effet en France, tandis que 20% prennent la direction de la zone euro et 16% celle des Etats-Unis. En France, les particuliers ne détiennent finalement que 9% de CAC40 et leur part a été divisée par quatre en trente ans. Ce sont des sociétés d'investissement ou des fonds de pension qui possèdent la quasi-totalité des entreprises cotées
  Ce sont les actionnaires qui font la loi, impulsant ainsi des tendances plus spéculatives que productives. Le rendement à court terme est privilégié par rapport à l'investissement à long terme, ce qui est un facteur de risques et de crises. ...En 2016, les entreprises du CAC 40 ont distribué plus de 66% de leurs bénéfices aux actionnaires, contre 30% dans les années 2000. Une exception française, car en Europe continentale les entreprises du CAC 40 sont de loin celles qui versent le plus d'argent à leurs actionnaires. On est loin de la règle des trois tiers prônés par Nicolas Sarkozy. "Ça fait bien longtemps que je pense que la règle des trois tiers est une bonne règle. Sur 100 de bénéfices, il devrait y en avoir 33 qui reviennent aux salariés, 33 qui vont directement dans la poche de l'actionnaire et 33 qui servent à être réinvestis dans l'entreprise. Parce qu'une entreprise doit investir pour continuer à être compétitive", déclarait-il le 5 février 2009...déclaration de bon sens, mais qui a fait long feu.

      La France est championne du monde des dividendes reversés aux actionnaires:...Les richesses n'ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes, qui choisissent délibérément une course aux résultats de court terme pour conforter les actionnaires et les grands patrons au détriment des salariés et de l'investissement", a dénoncé Manon Aubry, porte-parole d'Oxfam France, citée dans le communiqué.
   Par exemple, ...le sidérurgiste ArcelorMittal, l'énergéticien Engie et le leader mondial de la gestion de l'eau Veolia sont, dans l'ordre, ceux ayant les taux les plus élevés de redistribution des bénéfices en dividendes aux actionnaires, soulignent les deux ONG.
  Les organisations Oxfam et Basic, notamment, dans le sillage de nombre d'économistes dénonçant les dérives financières d'un capitalisme ....appellent le gouvernement "à reprendre la main sur cette économie déboussolée avec des mesures de régulation ambitieuses", "en préservant la capacité d'investissement et en interdisant que la part des bénéfices reversée aux actionnaires dépasse celle qui est reversée aux salariés".
      Ce partage déséquilibré des bénéfices n'est pas seulement un facteur de risques dans une économie mondialisée mais constitue aussi une menace pour le développement.

    Cette machine à dividendes… et à inégalités, cette tendance aux « profits sans partage » contribue à anesthésier le risque entrepreneurial et à créer et favoriser les conditions d'une précarisation des emplois.
      L'actionnariat a changé de nature comme la gestion des entreprises, avec toutes les conséquences visibles ou invisibles, notamment les nouvelles formes de management brutal et la souffrance au travail.

                         ___ Un début de prise de conscience en cours?...   _______________