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mercredi 11 mars 2026

Israël et le kahanisme.

Vers l'extrême radicalité     _______  D'un sionisme à l'autre

       C'est un rabbin, pourtant d'extrême droite, qui dénonce les agressions souvent meurtrières par des colons à l'égard de la population cisjordanienne. Ce qui, après Gaza, s'est intensifié. Presque une simple routine. La violence n'est pas seulement le seul fait des colons. Le plus souvent, l'armée se contente d'observer.  Depuis longtemps déjà des exactions s'exercent, pas seulement du fait des colons les plus radicaux, encouragés par les politiques au pouvoir, comme Ben G'vir, par exemple, qui a l'aval de Nétanyahou, pour qui, bientôt, la "Judée-Samarie", baptisée terre juive, reviendra intégralement au  pouvoir de  Tel Aviv.    Voilà comment va se faire l'exclusion des terres. Insidieusement. Par intimidation.                                                                                                                                                            Au nom du sionisme. Mais de quel sionisme? Cette notion a toute une histoire, depuis Théodore Herzl, le fondateur. Le retour à la terre dite "sainte" prend sa naissance, sans être acceptée par tous les Juifs, aujourd'hui encore. Certaines formes du sionisme ont subi des glissements et des confusions. Le sionisme actuel se radicalise, sous l'impulsion de mouvements d'extrême droite de plus en plus radicaux, d' un suprémacisme sans concession. Meir Kahane, disciple de Jabotinski représente maintenant une référence, inspirant la politique de Nétanyahou, aspirant au Grand Israël. Un vieux mythe qui reprend de l'actualité, à la faveur des expéditions de Gaza et du Liban. Le sionisme chrétien, venu surtout d'Outre- Atlantique est le plus virulent. Le post-sionisme critique est devenu inaudible.La relative laïcisation n'est pas pour demain.  Vers un  sionisme délirant?  De dérive en dérive, le kahanisme est devenu la matrice. Ce qui ne manque pas d'inquiéter nombre d'Israëliens modérés ou critiques.

     Selon le député de gauche Yair Tsaban, il est ..." représentatif d'un courant plus large que celui de ses adeptes déclarés ", et certaines de ses idées, défendues et présentées de manière moins radicale, sont aujourd'hui populaires dans l'extrême droite _ et même la droite _ parlementaire. ..."  


                                                                                                                                 
"     ..
.Chantre du racisme ", " apologiste de la violence anti-arabe ", " paranoïaque ", " démagogue " : Meir Kahane se cachait à peine d'être un peu tout cela à la fois. Le " rabbin de New-York ", comme on l'appelait encore à la Knesset, affichait un programme ouvertement raciste sur les murs de son parti, le Kach, dans le quartier de Mahane Yehuda, à Jérusalem. Kahane aura saisi le vide idéologique laissé par le dépérissement des valeurs sionistes originelles _ socialisme, laïcité, démocratie, _ et c'est ce vide qu'il saura exploiter dans les années 70, quand il émigre en Israël avec sa femme et ses quatre enfants..."                 Il proclame un nationalisme exacerbé, sectaire, raciste, qui se nourrit de la peur de l'autre : l'Arabe devient l'exutoire à tous les maux d'Israël. Discours martelé auprès des plus défavorisés, discours qui vante l'exclusion. La ségrégation doit être totale entre juifs et non-juifs, dit-il. La défense de l'identité juive est incompatible avec la coexistence avec les Arabes : le Kach veut interdire aux non-juifs de vivre à Jérusalem, interdire les quartiers mixtes, les plages mixtes, les mariages et relations sexuelles entre juifs et non-juifs.      La religion doit être l'unique fondement de l'Etat, et comme, dit-il encore, judaïsme et démocratie sont incompatibles, il faut retirer le droit de vote aux Arabes israéliens : ils pourraient, un jour, devenir majoritaires et menacer le caractère juif de l'Etat... Le sort réservé aux Palestiniens des territoires occupés est plus simple encore : la valise. Le premier, Kahane prône le " transfert " des Palestiniens de l'autre côté du Jourdain. " Ou nous les mettons dehors, ou nous attendons qu'ils nous mettent dehors ". Au service de cet ultra-nationalisme, Kahane manie l'injure raciste _ " les Arabes sont des chiens " _ et, avec ses militants, pratique le raid punitif...Participant aux élections législatives de juillet 1984, le Kach obtient un siège : Kahane entre à la Knesset. C'est un couronnement pour l'ancien professeur d'une obscure école religieuse du Queens. Il était arrivé en Israël en 1971, précédé d'une réputation douteuse pour avoir été l'animateur d'un mouvement extrémiste, la Ligue de défense juive. Se présentant comme un ancien du FBI, il avait eu maille à partir avec la justice américaine : la Ligue entraînait ses militants au maniement des explosifs et fut l'organisatrice de quelques attentats, notamment contre la mission diplomatique soviétique à New-York. Kahane sera condamné à un an de prison.                       Dos vouté, barbe grisonnante, visage ravagé par les tics nerveux, il profite de la tribune de la Knesset pour populariser son " programme ". Il a l'écoute d'une partie de la jeunesse, parmi les déclassés, les recalés du modèle sioniste. Chez les colons, dans les implantations de Cisjordanie, il exaspère la colère après chaque attentat, prenant la tête des manifestations, avec un seul cri de ralliement : " Mort aux Arabes. "    A la veille des élections de novembre 1988, alors que l'" Intifada " bat son plein, les sondages créditent le Kach de suffisamment de suffrages pour obtenir quatre députés. Mais le " mouton noir " de la classe politique commence à faire peur à ses collègues. A l'initiative des grands partis, la Cour suprême, à la mi-octobre 1988, va " disqualifier " le Kach, interdisant à la formation de Kahane de se présenter aux élections. Le Kach est banni de scrutin pour " racisme et incitation au racisme " (...) parce qu'il défend " un programme encourageant à la haine contre les Arabes " et qui, dit encore la Cour, " rappelle les heures les plus sombres vécues par le peuple juif ".       Privé de Knesset, Kahane disparaît de la scène publique ; complètement ignoré des médias, son mouvement se marginalise . Selon le député de gauche Yair Tsaban, il est pourtant " représentatif d'un courant plus large que celui de ses adeptes déclarés ", et certaines de ses idées, défendues et présentées de manière moins radicale, sont aujourd'hui populaires dans l'extrême droite _ et même la droite _ parlementaire...."       ___________________

lundi 18 août 2025

De Salomon à Netanyahou

D'un mythe à l'autre

     Le fils du roi David,  le roi Salomon, est un personage biblique central, une référence importante dont la Bible parle abondamment, que les fidèles juifs considèrent comme une figure majeure, tant religieuse que politique, ayant accompli une unité territoriale remarquable et ayant acquis une puissance régionale qu'on ne retrouvera plus après lui.                                                                                                       Son existence historique semble ne pas faire de doute , mais nombre de ses actions semblent enrobées de légende, la tradition biblique n'étant pas un livre d'histoire. Les mythes font intégralement partie des traditions d'un peuple, quel qu'il soit. Il n'en reste pas moins que la figure de Salomon est hautement valorisée dans les différents milieux croyants juifs attachés aux textes et à leur littéralité.                            L'ancien roi prestigieux à leurs yeux représente leur propre aspiration à une terre à reconquérir,  à regagner. Surtout dans la frange radicale que représente l'extrême droite actuelle, pilier de la Knesset, sans laquelle Netanyahou ne pourrait gouverner, aspirant à une nouvelle carte pour Israël, aux dépends des Palestiniens et d'autres pays voisins considérés comme illégitimes.                                                                                                                                                            C'est le retour du projet territorial du Grand Israël, renouant avec la puissance supposée du royaume de Salomon. Il s'agit pour les suprémacistes, religieux ou simplement expansionnistes, souvent en fait peu croyants, d'établir de nouvelles frontières, à la faveur le l'agression venant de Gaza. Smotrich, notamment ,en rêve. L'idée fait son chemin, malgré les résistances internes et externes, les réactions politiques, qui voient dans ce projet un mythe dangereux. La Palestine devrait être rayée de la carte, sans que l'on envisage même de relocalisation pour un peuple déjà très affaibli et menacé depuis longtemps, notamment par une colonisation lente mais inexorable.  Le projet prend forme en Cisjordanie.  Un pacte de violence qui menace toute la société. La pensée de Bibi, digne enfant de son père, s'enracine  sans la pensée et les projets de Jabotinsky au siècle dernier, le père du nationalisme  de ce qui deviendra plus tard  l'Etat d'Israël, conséquence de la Déclaration Balfour et des persécutions nazies.     


                                                                                                                                      Depuis des années, Netanyahou trace son chemin. Un chemin douteux, qui mène le pays à la quasi insurrection. Par ses alliances plus que douteuses, par les contradictions qu'il attise, les alliances qu'il construit, il met la démocratie en péril, prenant un chemin contraire que celui que montrait Rabin avant son assassinat: le sionisme radical inspiré de Jabotinski, l'exploitation du radicalisme, religieux, l'expansionnisme territorial dans le fil des colonisations rampantes depuis des années. Six mois de contestations, impliquant jusqu'à une partie de l'armée, ne sont pas venu à bout de son projet inquiétant, visant aussi à attiser les oppositions internes palestiniennes. Il est à la tête d' "un gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire du pays, intégrant des partis d'extrême droite et les ultraorthodoxes, tandis que seulement cinq femmes y siègent"[voir WIKI] "                   "   [     ....L'extrême droite laïque: Sa première organisation date de 1931, avec Brit Ha’Birionim. Il s’agit d’une faction interne au Parti révisionniste, dont certains membres déçus de la gauche sioniste affichent maintenant des sympathies fascistes (Abba Ahiméir, le poète Uri Zvi Greenberg et le médecin et écrivain Yehoshua Yevin)[1]. L’organisation paramilitaire Lehi, créée fin 1940, reprendra bon nombre de leurs thèses, du moins jusqu’à la mort de son premier leader, Avraham Stern en 1942. Après la création de l’État d’Israël, ce courant n’est plus guère actif, mais reste cependant vivant à travers des intellectuels comme Israël Eldad, un ancien dirigeant du Lehi. On voit réapparaître ce courant après les accords de Washington de mars 1979, qui restituent le Sinaï à l’Égypte.   La question de l’organisation sociale est secondaire. Ils ont selon les époques adopté des positions « sociales » ou « libérales ». Ce qui est historiquement au centre, c’est la revendication du « Grand Israël ». Si l’annexion de la Jordanie n’est plus guère défendue, celle de la Cisjordanie et de la bande de Gaza reste centrale. La question de la démographie arabe sera réglée par un « transfert » vers les pays arabes, ou par une privation du droit de vote.
On trouve aujourd’hui les partisans de ce courant dans plusieurs petites organisations, en particulier dans les tendances laïques de l’« Union nationale » ou du Moledet.
 ..]
                             La cohérence idéologique de Bibi est bien là, mais pour quel avenir? Un projet irréalisable dangereux pour Israël.

Un mythe, oui, mais potentiellement destructeur. Le mythe de la terre a déjà été dénoncé par un historien israëlien.

   De mythe en mythe...

          Grève générale à Tel Aviv                                                   ________________


samedi 12 octobre 2024

Israël/Palestine: deux Etats?

 Y croire encore?   

              Toute une histoire.

       Evoquée, oubliée, déchirée, instrumentalisée; redevenue d'actualité par nécessité. Ce que les accords d'Abraham avait fait oublier. On le proclame, on l'oublie, on y repense...On le dit encore, mais de moins en moins, ou pour la forme. Pour se donner bonne conscience? pour garder une petite lueur d'espoir dans ce terrible affrontement qui s'éternise? Mais le rêve a fait long feu.      L'impasse semble totale.  On s'achemine plutôt vers une guerre longue.   Un vieux projet: migration ou anéantissement.... 


                                                                                                                             Certains y croient encore, d'autres pensent que dans les conditions actuelles, on ne voit pas comment cela serait encore possible. Certains Israëliens y croient encore, comme ultime chance, mais sans voir très clair sur une solution possible, dans les ténèbres actuelles et la situation en apparence inextricable dans laquelle le régime de Netanyahou sciemment, conformément aux perspectives de Jabotinski,,a créé une situation ruinant, après Sharon,  les maigres espoirs encore présents à Oslo.     ___Comment sortir du roman national, des mythes entretenus, après les études des nouveaux historiens israëliens, notamment Shlomo Sand ou de Finkelstein?                    On ne voit pas comment le peuple palestinien pourrait continuer à vivre dans la division  géographique et politique, exclu de fait de son puissant voisin ou subissant les coups des plus radicaux. Depuis,  une guerre sans fin...

                                                   Ceux-ci ne peuvent continuer à faire la loi impunément, avec la complicité du Likoud et de l'armée. L'apartheid de fait ne peut que se renforcer. Il s'agit pour les colons radicaux, de "finir le travail"... L'ancien ambassadeur Gérard Araut le souligne avec force. ___Ari Shavid ose dire: "...La seule force au monde capable de sauver Israël de lui-même, ce sont les Israéliens eux-mêmes, en créant un nouveau langage politique qui reconnaît la réalité et le fait que les Palestiniens sont enracinés dans cette terre.  Je vous exhorte à chercher la troisième voie afin de survivre ici et de ne pas mourir..."                                         Un certain nombre de Juifs, dont Einstein, sollicité pour prendre la direction du pays, favorable à un foyer juif dans le contexte de l'époque,  furent très critiques à l'égard des méthodes utilisées par certains dirigeants de l'époque.                                                                                        __Anna Arendt, notamment, qui était sioniste après la guerre, a vite évolué en voyant que le foyer juif dont elle rêvait en Israël n’avait plus rien à voir avec un melting pot avec la population palestinienne ( il n'y avait pas que des arabes), mais à l’émancipation d’un état nouveau, dont les fondements étaient basés sur un mensonge, celui du droit historique, prêt à bafouer celui des populations occupantes. Elle a analysé de façon prophétique le risque pour Israël de devenir un état paranoïaque, avec des colons « environnés par une population arabe entièrement hostile, enfermés entre des frontières constamment menacées, occupés à leur autodéfense physique au point d’y perdre tous leurs autres intérêts ». __ Des contradictions structurelles.__Quelle proportionalité? ____________________

                Une Palestine déchirée, instrumentalisée, violentée.... Une histoire compliquée , dès l'origine. Une impasse? Une Palestine ouverte, mais parfois otage. "Un pays qui n'est pas un pays"...


Peut-on aimer un pays

Qui n’est même pas un pays ?

Un pays
Dont on n’a jamais foulé le sol
Un pays avec lequel on n’a,
Pour tout lien physique,
Qu’une lampée d’huile d’olive
Parsemée de zaatar
Qui caresse le gosier
Qui enchante les papilles de sa verdeur

Un pays
Dont on regarde de vieilles photographies,
Le cœur battant,
En y cherchant le visage de ses ancêtres
Au détour d’une ruelle de Jérusalem

Peut-on aimer un pays
Que tant de gens autour de soi
Se réjouissent de voir brûler
Un pays défiguré, englouti par la corrosion d’un seul mot :
« Terroriste »

Un pays d’enfants radieux
Transformés en pantins mutilés
En cadavres poussiéreux

Un pays dont le nom, à lui seul,
Constitue une offense
Dont le drapeau peut vous mener au commissariat
Dont les habitants
Pèsent moins qu’une plume
Sur la balance des vies humaines

Peut-on aimer un pays
Dont même vos amis
Semblent ignorer la part de douceur

Un pays qui vous rend suspecte
Qui vous isole dans le tremblement de votre effroi
Dans le chagrin qui vous réveille la nuit
Dans l’infinie litanie
De souffrances trop vertigineuses
Pour que l’esprit les saisisse

Peut-on aimer un pays entêté
Qu’il serait si facile de renier
Mais qui vous interdit de l’oublier
Un pays qui vous appelle, qui vous oblige
Un pays qui vous demande
De mettre à l’abri ses trésors
Quand vient l’heure inexorable de la destruction     __
Écouter ce poème de et lu par Mona Chollet 

__________

mercredi 27 décembre 2023

Pistes de réflexion

__ Une paix bien lointaine.

             On est loin d'une issue proche et  raisonnable.
                       Vers le pire...

__ Un vrai modèle pour l'enseignement mathématique?

             Remède ou mirage? 


__ El Loco élu, dans une Argentine déboussolée  

                   L'inquiétant "ousider"

__ Pari attalien? Une ambition qui n'a rien de désintéressé              

__ Narcolepsie cathodique  . Pas une bonne idée?

__ Quand le Chine nous lâchera, l'Europe tremblera

                    Une vraie crise?


__ Israël: une histoire de la droite dure, de Jabotinski à Shamir  et les autres, jusqu'à aujourd'hui. Une déjà longue histoire, depuis l'origine. 

 __   Quand Einstein donnait de la voix, comme Anna Arendt

      Albert Einstein a osé dire et écrire les choses « inconcevables » suivantes, qui ont été publiées au New York Times il y a 73 ans :

    "Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre époque, est l’émergence, à l’intérieur de l’État d’Israël, nouvellement créé, du « Parti de la Liberté » (Tnuat Haherut), un parti politique qui ressemble beaucoup, dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et ses prétentions sociales, aux partis politiques nazis et fascistes. Il a été créé par des membres et sympathisants de l’ancien Irgun Zvai Leumi, une organisation chauvine, droitière et terroriste, en Palestine...."      

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mercredi 22 novembre 2023

Israël/Palestine: deux Etats?

Y croire encore?   

              Toute une histoire.

       Evoquée, oubliée, redevenue d'actualité par nécessité. Ce que les accords d'Abraham avait fait oublier. On le proclame, on l'oublie, on y repense...On le dit encore, mais de moins en moins, ou pour la forme. Pour se donner bonne conscience? pour garder une petite lueur d'espoir dans ce terrible affrontement qui s'éternise? Mais le rêve a fait long feu.      L'impasse semble totale.  On s'achemine plutôt vers une guerre longue.   Un vieux projet: émigration ou anéantissement.... 


                                                                                                                             Certains y croient encore, d'autres pensent que dans les conditions actuelles, on ne voit pas comment cela serait encore possible. Certains Israëliens y croient encore, comme ultime chance, mais sans voir très clair sur une solution possible, dans les ténèbres actuelles et la situation en apparence inextricable dans laquelle le régime de Netanyahou sciemment, conformément aux perspectives de Jabotinski,,a créé une situation ruinant, après Sharon,  les maigres espoirs encore présents à Oslo.     ___Comment sortir du roman national, des mythes entretenus, après les études des nouveaux historiens israëliens, notamment Shlomo Sand ou de Finkelstein.                     On ne voit pas comment le peuple palestinien pourrait continuer à vivre dans la division  géographique et politique, exclu de fait de son puissant voisin ou subissant les coups des plus radicaux.

                                                   Ceux-ci ne peuvent continuer à faire la loi impunément, avec la complicité du Likoud et de l'armée. L'apartheid de fait ne peut que se renforcer. Il s'agit pour les colons radicaux, de "finir le travail"... L'ancien ambassadeur Gérard Araut le souligne avec force. ___Ari Shavid ose dire: "...La seule force au monde capable de sauver Israël de lui-même, ce sont les Israéliens eux-mêmes, en créant un nouveau langage politique qui reconnaît la réalité et le fait que les Palestiniens sont enracinés dans cette terre.  Je vous exhorte à chercher la troisième voie afin de survivre ici et de ne pas mourir..."                                         Un certain nombre de Juifs, dont Einstein, sollicité pour prendre la direction du pays, favorable à un foyer juif dans le contexte de l'époque,  furent très critiques à l'égard des méthodes utilisées par certains dirigeants de l'époque.                                                                                        __Anna Arendt, notamment, qui était sioniste après la guerre, a vite évolué en voyant que le foyer juif dont elle rêvait en israël n’avait plus rien à voir avec une melting pot avec la population Arabe, mais à l’émancipation d’un état nouveau, dont les fondements étaient basés sur un mensonge, celui du droit historique, prêt à bafouer celui des populations occupantes. Elle a analysé de façon prophétique le risque pour Israël de devenir un état paranoïaque, avec des colons « environnés par une population arabe entièrement hostile, enfermés entre des frontières constamment menacées, occupés à leur autodéfense physique au point d’y perdre tous leurs autres intérêts ». __ Des contradictions structurelles.__Quelle proportionalité? ____________________

samedi 14 octobre 2023

Deux mots sur le terrorisme

 Une notion peu claire

                        Du bon usage du mot. __  Condamner parfois, comprendre souvent. _  De l'importance des guillemets__                                                                                                                               On se souvient du discours de De Gaulle, au tournant historique de 1967 au Moyen-Orient. Des propos mal compris à l'époque ou qui ont pu choquer " "Israël ayant attaqué, s'est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu'il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu'il a pris, l'occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s'y manifeste contre lui une résistance, qu'à son tour, il qualifie de terrorisme."   Propos contestés par l'ambassadeur israëlien de l'époque Barnavi (voir ici) et Raymond Aron. Propos ambigüs et en contradiction avec d'autres (son admiration pour Ben Gourion). Les relations de la France avec l'Etat hébreu ont toujours été compliquées, étant donné les relations particulières entretenues avec certains pays arabes jusqu'à une certaine époque.                                                                     ___  Que le projet sioniste, programmé par Théodore Herzl, contienne en puissance un projet d'expansion sans limites définies sur une "terre sans hommes", comme disait Mme Golda Meir, est une évidence. Projet d'abord incertain et patiemment élaboré jusqu'à la forme d'ultra-sionisme, inspiré de Jabotinski, fortement contestée aujourd'hui surtout par une frange d'Israëliens éclairés et des organes de presse, comme Haaretz ou  Local Call.     . Beaucoup d'ouvrages, certains israëliens (adeptes notamment de la nouvelle histoire), retracent dans le détail l'élaboration d'un projet longuement muri pour prendre le contrôle de la majeure partie du pays, par grignotages successifs, surtout en Cisjordanie et à Jérusalem Est, accélérés surtout depuis Sharon, en donnant à croire encore que deux Etats sont possibles, conformément au projet onusien, alors que les faits établis montrent que c'est devenu une chimère.       


             Une excellente synthèse de cette montée par étapes vers la situation d'aujourd'hui et l'inévitable radicalisation palestinienne, qui a pris des formes variées, extrêmes comme à Gaza plusieurs fois, est présentée avec détails dans l'excellent livre: Israël face à Israël, de Jean-Paul  Chagnolaud, pour n'en citer qu'un, parmi une longue liste d'ouvrages d'historiens, israëliens ou non, qui font le bilan de l'aventure sioniste, de son flou initial de ses projets et de ses dérives depuis la fin du XIX° siècle.  Les différentes révoltes palestiniennes, répondant aux implantations, sont passées par de multiples formes depuis le début du XX° siècle, aboutissant aux différentes intifadas et à la constitution de la zône finalement fermées de Gaza, qui devint la terre où s'implanta le Hamas radical, profitant de la détresse engendrée par la pauvreté et le sous-emploi et aussi le bon-vouloir du voisin israëlien. Le désespoir, surtout instrumentalisé, peut mener au pire et certains Israëliens, ouverts et critiques, quoique choqués, n'ont pas été trop surpris de l'action terrorisante de la franche dure de Gaza sur leur territoire, surtout en cette période de montée des extrêmes à Jérusalem.          ___Certains se souviennent des actions "terroristes" de certains pionniers sionistes à l'égard de la force occupante, qui toucha des civils et des actions de nettoyage parfois incontrôlées de la Nakba avant, pendant et après la reconnaissance de l'Etat d'Israël, qui a su profiter de toutes les occasions pour étendre son pourvoir au-delà de ce qui était prescrit internationalement, jusqu'à la colonisation accélérée d'aujourd'hui, toujours illégale.  Qui parle encore de paix? La vengeance exacerbée ne peut produire que des fruits amers...
"... Gaza ne reviendra pas à ce qu’elle était avant. Nous éliminerons tout.» C'est ce qu'a déclaré le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, à propos de l'offensive terrestre prévue dans l'enclave palestinienne.
Il a aussi affirmé : «Nous avons aboli toutes les règles de la guerre, nos soldats n’assumeront aucune responsabilité, il n’y aura pas de tribunaux militaires.» C'était ce ministre qui avait estimé qu'il combattait des «animaux humains». Autant de propos déshumanisants qui visent à justifier des massacres. ..."                                                                                                                                    Malgré l'horreur provoquée par les actions condamnables qui ont eu lieu, il ne faudrait pas oublier que les actions répétées de Gaza contre son voisin, qui détient l'essentiel des clés de sa survie économique et qui se met forcément en danger par sa réaction terrible contre les populations civiles forcément victimes essentielles. Le "terrorisme" est donc une notion à relativiser, à contextualiser  (Jean Moulin fut un "terroriste"), à mettre en perspective historique. Un grand flou entoure encre cette notion, qu''il faut manier avec prudence.                                                          __Point de vue: La logique d'un rapport de forces.                                            Témoignage .____________

mercredi 30 août 2023

Certains l'appellent Bibi

 Une aventure plus que périlleuse.

                      On peut le dire: Israël aurait mérité mieux. Cet homme est dangereux et inquiète sérieusement ceux qui dans son pays ont encore un certain sens de la démocratie, avec sa coalition d'extrême-droite que certains redoutaient. Mais pas seulement.                                                                          Depuis des années, il trace son chemin. Un chemin douteux, qui mène le pays à la quasi insurrection. Par ses alliances plus que douteuses, par les contradictions qu'il attise, les alliances qu'il construit, il met la démocratie en péril, prenant un chemin contraire que celui que montrait Rabin avant son assassinat: le sionisme radical inspiré de Jabotinski, l'exploitation du radicalisme, religieux, l'expansionnisme territorial dans le fil des colonisations rampantes depuis des années. Six mois de contestations, impliquant jusqu'à une partie de l'armée, ne sont pas venu à bout de son projet inquiétant, visant aussi à attiser les oppositions internes palestiniennes. Il est à la tête d' "un gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire du pays, intégrant des partis d'extrême droite et les ultraorthodoxes, tandis que seulement cinq femmes y siègent." [voir WIKI]


 

                    Point de vue:"   Benyamin Netanyahou, qui multiplie depuis son retour au pouvoir les menaces à destination de l’Iran, du Hezbollah, du Hamas, des Palestinien·nes, de ses ennemis politiques en général et même des magistrats de la Cour suprême d’Israël, est-il un va-t-en guerre ? « En paroles, oui, indiscutablement, affirme un ancien haut fonctionnaire qui l’a bien connu. Il adore les discours et les postures martiales, les interventions menaçantes, comme tous les politiciens populistes. Mais c’est surtout un menteur dépourvu de tout scrupule et dont personne n’ignore plus le degré de corruption : il vient d’ailleurs de démontrer qu’il est capable de sacrifier le sort et la sécurité de son pays à son intérêt personnel. »

BenyaminNétanyahou, qui multiplie depuis son retour au pouvoir les menaces à destination de l’Iran, du Hezbollah, du Hamas, des Palestinien·nes, de ses ennemis politiques en général et même des magistrats de la Cour suprême d’Israël, est-il un va-t-en guerre ? « En paroles, oui, indiscutablement, affirme un ancien haut fonctionnaire qui l’a bien connu. Il adore les discours et les postures martiales, les interventions menaçantes, comme tous les politiciens populistes. Mais c’est surtout un menteur dépourvu de tout scrupule et dont personne n’ignore plus le degré de corruption : il vient d’ailleurs de démontrer qu’il est capable de sacrifier le sort et la sécurité de son pays à son intérêt personnel. »

                                    « Pour le reste, nous voyons désormais chaque jour aux concessions qu’il fait aux deux extrémistes racistes dont il est l’otage volontaire, Ben-Gvir et Smotrich, qu’il a probablement atteint les limites de son habileté politique, poursuit notre interlocuteur. Et qu’il semble même en être conscient. Ce qui expliquerait sa mauvaise mine et peut-être même, au moins en partie, ses problèmes de santé. Il n’est pas si facile, lorsqu’on est, comme lui, drogué au pouvoir et à ses avantages et privilèges depuis des décennies, de découvrir qu’on n’est plus le seul maître de son propre destin et qu’une erreur de décision peut vous coûter votre position, voire, demain, votre liberté. » Aveuglé par sa fuite en avant, Nétanyahou ne voit ni n’entend manifestement plus rien du monde dans lequel il vit. Ses rêves de pouvoir et ses caprices de roitelet ont eu raison de ses légendaires dons de politicien. Une anecdote illustre les dérisoires vanités qui l’habitent et son imprudente cécité devant ses responsabilités historiques face à l’ampleur de la crise dans laquelle se trouve aujourd’hui plongé son pays : une fuite de ses services vient de révéler que sa visite à Emmanuel Macron, en février dernier, avait coûté au gouvernement israélien cinq fois plus cher que le montant normalement affecté à un tel voyage.Pourquoi ?                              Idéologiquement, « Bibi » continue à invoquer de manière insistante l’héritage de son père, Benzion Nétanyahou, secrétaire et disciple de Zeev Jabotinsky, père spirituel de la droite nationaliste israélienne. Il persiste à rêver, avec ses alliés, colons et extrémistes religieux, d’un « Grand Israël », de la Méditerranée au Jourdain, voire jusqu’aux frontières de l’Irak, débarrassé d’un maximum de Palestinien·nes. Militairement, il se place volontiers dans le sillage de son frère aîné, Yonatan, tué à la tête de son commando des forces spéciales lors du raid d’Entebbe, en 1976, qui avait permis de libérer les otages de l’Airbus d’Air France détourné par des terroristes.                            Mais, en réalité, il déteste avoir à prendre des décisions importantes qui relèveraient d’un véritable homme d’État ou d’un chef militaire. Ce qui faisait dire à Barack Obama et à plusieurs de ses conseillers : « C’est un trouillard, il a peur de lancer des guerres, la seule chose qui l’intéresse est de se prémunir contre une défaite politique » (voir le 3e épisode de notre série : « La bombe iranienne, arme de “Bibi” »).                                                                                                      C’est un fait, sa détestation des Palestinien·nes, le mépris dans lequel il les tient ne l’ont pas conduit, contrairement à d’autres dirigeants israéliens, à multiplier les aventures militaires. Même s’il n’hésite pas à recourir à la force et à la violence des armes lorsqu’il s’agit d’intervenir dans la vie quotidienne des habitant·es de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, sans parler des « Arabes israélien·nes », c’est-à-dire des citoyennes et citoyens palestiniens d’Israël.                      « Au cours des vingt dernières années, Nétanyahou a été chef du gouvernement pendant près de 15 ans. Pendant cette période, il y a eu seize affrontements graves entre Israël et les organisations armées islamistes qui contrôlent Gaza et une dizaine d’opérations militaires d’une certaine envergure, depuis “Arc-en-ciel” en 2004 jusqu’à “Bouclier et flèche” en mai dernier », souligne un ancien officier supérieur engagé dans la mobilisation de la société civile contre les projets de la coalition au pouvoir.    « Nétanyahou n’a été à l’origine que de cinq de ces opérations, constate l’ancien officier. Et tout en tenant des propos guerriers contre l’Autorité palestinienne, il a permis au Qatar et à la Turquie d’aider le Hamas, et autorisé l’entrée à Gaza, via l’Égypte, mais aussi via Israël, de carburant, de produits alimentaires, de matériaux de construction, de pièces de rechange, de médicaments et d’équipements médicaux payés par Doha ou Ankara. Le tout en laissant 23 000 résidents de la bande de Gaza entrer chaque jour en Israël pour travailler. »                 Dans cette manœuvre, le Hamas a gagné un – modeste – rebond de sa popularité et surtout une posture avantageuse en vue de la succession du Fatah et de son vieux chef, fourbu et discrédité, Mahmoud Abbas, à la tête de l’Autorité palestinienne. Le bénéfice pour Nétanyahou est double : il conforte, comme représentation des Palestinien·nes, une organisation islamiste a priori rejetée par les alliés d’Israël et une bonne partie de la communauté internationale comme fanatique et terroriste. Facilitant ainsi les frappes contre elle, voire sa liquidation lorsqu’elle sera gênante.   Et il affaiblit par contrecoup le Fatah et l’Autorité palestinienne, qui incarnent encore, tant bien que mal, la disposition au dialogue et à la coexistence avec Israël. Dialogue et coexistence qu’il affecte d’accepter dans les cercles diplomatiques, mais qu’il rejette, en réalité, depuis toujours.          Le gain à long terme pour Israël semble ici très modeste. « Quand j’entends Nétanyahou affirmer que l’opération “Bouclier et flèche” nous a permis de changer l’équation stratégique, sourit un vétéran du renseignement militaire qui a abandonné depuis quelques années son béret vert, je pense immédiatement à la radio de propagande en hébreu que Le Caire avait créée au siècle dernier et qui annonçait : “Nos forces progressent sur tous les fronts”... à la veille de notre victoire totale lors de la guerre des Six Jours. »        « Ce qui est inquiétant, aujourd’hui, pour les responsables de la sécurité du pays, poursuit l’ancien officier, c’est qu’il n’existe ni véritable stratégie, ni même de vision globale pour Gaza. Et que nous avons du mal à agir, même face à une petite organisation comme le Jihad islamique qui n’a pas plus de 9 000 militants actifs, dont 6 000 combattants. »       « En fait, estime dans Haaretz Yossi Melman, spécialiste des questions de renseignement, on peut dire que le cabinet du sixième gouvernement de Nétanyahou est devenu la principale menace pour la sécurité nationale d’Israël. »   « Il est difficile de dire que le pays affronte une crise constitutionnelle, puisque nous n’avons pas de Constitution, constate un diplomate. Mais puisque Nétanyahou entend s’attaquer aux lois fondamentales qui en tiennent lieu et à la Cour suprême qui veille à leur application, c’est bien à une crise constitutionnelle que nous faisons face aujourd’hui en raison de la faillite morale et de l’irresponsabilité politique de notre premier ministre. »                                                                                                                                     À l’origine de cette situation, il y a en effet la volonté obstinée de Benyamin Nétanyahou d’échapper aux poursuites judiciaires engagées contre lui depuis près de quatre ans pour « corruption », « fraude » et « abus de confiance ». Nées d’une longue présence à la tête du gouvernement, de l’habitude des faveurs et d’un goût croissant pour les privilèges du pouvoir, les relations coupables de Nétanyahou avec le luxe et l’argent facile ont été longuement entretenues par l’assurance de l’impunité. Elles semblent d’ailleurs avoir gagné aussi sa femme et son fils.                                                                                                       En novembre 2019, lors de sa mise en examen par le procureur général d’Israël, Avichaï Mendelblit, qui fut de 2013 à 2016 l’un de ses plus proches collaborateurs, le premier ministre avait, comme à son habitude, tenté avec l’aide dévouée de son entourage de délégitimer la procédure en dénonçant une opération politique montée contre lui par la magistrature avec la complicité de la police, des médias, des intellectuels et de l’opposition. Contraint en juin 2021, après douze années consécutives au pouvoir, d’abandonner ses fonctions au terme d’une campagne centrée sur la dénonciation de la corruption par l’opposition, il est redevenu premier ministre en décembre 2022, à la tête de la coalition la plus à droite de l’histoire du pays, mêlant partis ultraorthodoxes et d’extrême droite, nationalistes, homophobes et racistes.                           La presse rapporte alors que, selon l’accord de coalition, Bezalel Smotrich, chef du Parti sioniste religieux et ancien détenu pour incitation à la violence, a obtenu le ministère des finances et un rôle imprécis au ministère de la défense, lui donnant la haute main sur la vie quotidienne des Palestinien·nes de Cisjordanie et le développement de la colonisation. Chef du parti Force juive, Itamar Ben-Gvir, nouveau ministre de la sécurité publique, ancien délinquant lui aussi, et connu pour ses provocations à l’encontre des Palestinien·nes, est chargé du maintien de l’ordre.                               En échange de ces deux postes clés et de l’engagement du Likoud à « étendre la souveraineté juive à la Judée et à la Samarie », c’est-à-dire à annexer la Cisjordanie, Smotrich et Ben-Gvir auraient promis à Nétanyahou de l’aider à faire voter des textes destinés à placer la Cour suprême sous le contrôle de la Knesset, afin de permettre au premier ministre d’échapper définitivement aux griffes de ses juges qui, en trois ans d’audiences, ont déjà entendu 37 des 341 témoins de l’accusation. Pour l’heure, le premier ministre israélien est inculpé dans trois dossiers de gravité inégale devant le tribunal de district de Jérusalem : Le dossier 1 000, dans lequel il est inculpé de « fraude » et « abus de confiance », porte sur les luxueux cadeaux, d’une valeur de 185 000 euros, reçus de richissimes personnalités, dont le milliardaire australien Arnon Milchan, en échange de faveurs financières ou personnelles.  Le dossier 2 000, dans lequel Nétanyahou est poursuivi pour les mêmes motifs, vise la négociation entamée avec Arnon Mozes, propriétaire du plus grand quotidien payant du pays, Yediot Aharonot, qui lui aurait offert une couverture médiatique favorable en échange d’une loi limitant la diffusion du quotidien gratuit Israël Hayom, favorable au Likoud mais concurrent du Yediot. « Ce dossier est très problématique pour le premier ministre, confiait en novembre 2019 à Mediapart l’ancien procureur d’État adjoint Yehuda Sheffer, car le procureur détient l’enregistrement d’une conversation entre Nétanyahou et Mozes. C’est un document presque incroyable, une preuve accablante qui va stupéfier la cour.   Le dossier 4 000, enfin (« corruption », « fraude » et « abus de confiance », encore), est, selon Yehuda Sheffer, « le plus difficile des trois, car il porte sur les très fortes sommes d’argent » – environ 500 millions de dollars – obtenues par Shaul Elovitch, patron du groupe de télécommunications Bezeq et du site d’information Walla, grâce à la complaisance de Nétanyahou : celui-ci avait bénéficié en contrepartie d’une couverture favorable de Walla.      « À eux seuls, ces trois dossiers, qui révèlent à la fois les goûts de luxe, l’amour de l’argent, le besoin éperdu de soutien médiatique et le cynisme déployé pour l’obtenir, en disent long sur Nétanyahou, sa personnalité et sa conception de la politique et du pouvoir. Mais il y a encore bien pire pour lui, ajoutait Yehuda Sheffer, désormais à la retraite, devenu consultant anticorruption et antiblanchiment pour des entreprises ou des États étrangers. Il y a le dossier 3 000, dans lequel sept de ses proches ont été inculpés. Jusqu’à présent, le premier ministre n’a pas été entendu dans cette affaire mais il aurait dû l’être car tout ce que nous savons désormais semble l’impliquer. Et l’impliquer dans un scandale potentiellement dévastateur. »....[Merci à Mediapart] _________