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mardi 18 août 2009

Nanotechnologies en question


Problème complexe pour le commun des mortels, mais non sans conséquences pour notre avenir

Avancée à grande vitesse , mais sans grand recul
, pour le meilleur des nanomondes?
- le vertige de l'infiniment petit-

___________Un domaine riche de promesses et de révolutions scientifiques mais nécessitant information citoyenne et application absolue du principe de précaution
Gigarévolution, nanoprécaution...

_______-Une question ouverte-
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- Nano technologies mais maxi danger ?:
" Selon le magazine Quelle Santé, « les premiers troubles de santé liés à l’emploi de nanocomposants (de la taille d’un milliardième de mètre) dans les produits de consommation courante commencent à apparaître. […] En Allemagne, un produit nettoyant pour les sols, […] vient d’être retiré du marché précipitamment. Il a provoqué des phénomènes de détresse respiratoire chez 97 consommatrices ! » Nous ne saurons probablement jamais si les nanotechnologies étaient véritablement en cause ou non pour une raison simple : du fait de leur taille (de l’ordre du milliardième de mètre : il y a la même échelle entre une pomme et la Terre qu’entre une pomme et un nano !), les nanocomposants sont quasiment indétectables et se faufilent partout !
Comme l’indique Que Choisir, « les méthodes de détection et de mesure des nanoparticules ne sont pas au point. ». « Ce qui complique la caractérisation des éventuels impacts sanitaires, c’est que les industriels eux-mêmes ne connaissent pas bien les nanoproduits qu’ils fabriquent », confie même (sous réserve d’anonymat) le directeur du département recherches d’un des spécialistes français des nanotechnologies !En l’absence de tests poussés, nous en sommes donc réduits aux spéculations : « Quand les gens se baignent ou que les tubes sont jetés, que deviennent les nanoparticules ? Quel est leur effet sur les écosystèmes aquatiques ? Pourraient-elles contaminer l’homme par la chaîne alimentaire via les poissons ? Ca me paraît aberrant qu’on ait mis tout ça sur le marché sans avoir les réponses » déclare Alain Lombart, toxicologue retraité d’une entreprise fabriquant des nanoparticules de carbone, au magazine Que Choisir.Le principe de précaution ? Pulvérisé sur l’autel du buisiness ! Le revenu mondial généré par les nanotechnologies était de 40 milliards d’euros en 2001 et on estime qu’il devrait atteindre 1000 milliards en 2010-2015 ! Pourquoi tuer la poule aux œufs d’or ? Le programme européen Reach sur les produits chimiques a ainsi exclu les nanoproduits de son champ d’application en raison de… leur faible tonnage ! Dans un sens, ce n’est pas plus mal car Reach a été tellement édulcoré pour faire plaisir aux industriels que les nanoparticules seraient de toute façon passées entre les mailles.
De toutes manières, les nanoparticules requièrent un programme spécifique, du fait de leur extrême dangerosité potentielle… Selon Hans Jonas, philosophe de l’écologie et auteur du Principe de responsabilité, l’accroissement de notre puissance technologique impose de nouveaux devoirs, non plus envers nos semblables mais envers les générations futures. En effet, selon Philosophie Magazine, « les nanoparticules sont incontrôlables par essence et non par accident. Les risques de l’infiniment petit doivent être appréhendés d’une toute autre manière que ceux impliqués par les autres évolutions techniques. »« Certaines substances, a priori anodines, deviennent toxiques du fait de leur division à l’échelle nano. », précise déjà Stéphane Lacour de l’Université de Poitiers. De fait, selon Quelle Santé « on a démontré que les fullerènes (nanobilles de carbone) utilisés dans les crèmes hydratantes, endommagent le cerveau des poissons et sont hépatotoxiques chez l’homme. On a mis en évidence, et cela de manière irréfutable, que les nanoparticules de dioxyde de titane, employées dans les filtres solaires pour une question d’esthétique produisent des radicaux libres et endommagent l’ADN de la peau. » Comme le résume le journal La Décroissance, « Personne ne connaît tous les risques liés à la dissémination des nanoparticules dans la nature. »
On apprend aussi que, début juillet 2006, le Comité de prévention et de précaution (CPP), placé auprès du ministre chargé de l’environnement, mettait en garde : « De multiples arguments indiquent l’existence d’une réactivité particulière des nanoparticules en rapport avec leur très petite taille. Cette réactivité cellulaire et tissulaire peut constituer un danger pour l’homme si celui-ci est exposé par inhalation, ingestion ou passage transcutané. »En effet, on soupçonne les nanoparticules de pénétrer, par la peau, à l’intérieur de l’organisme pour s’y accumuler. Ils franchissent les barrières habituellement protectrices et pourraient même atteindre le cerveau ! L’infiniment petit pourrait-il prendre le contrôle de l’infiniment grand ?Selon le magazine Quelle Santé, « les premiers troubles de santé liés à l’emploi de nanocomposants (de la taille d’un milliardième de mètre) dans les produits de consommation courante commencent à apparaître. […] En Allemagne, un produit nettoyant pour les sols, […] vient d’être retiré du marché précipitamment. Il a provoqué des phénomènes de détresse respiratoire chez 97 consommatrices ! »

-Les citoyens face aux nanotechnologies:
"...Le contrôle du développement des nanotechnologies : l’effort mondial académique et industriel pour les nanosciences et nanotechnologies est estimé à 10,5 milliards de dollars, selon le rapport « Nanotechnology Realastic market assessment » de la BCC Research, publié en juillet 2006. Parmi les 4,6 milliards de dollars de dépenses publiques, les États-Unis y contribuent à hauteur de 35 % (soit 1,6 milliard de dollars environ), avec une proportion identique pour l’Asie, une contribution légèrement inférieure pour l’Europe soit 28 % (1,3 milliard de dollars) et seulement 2 % pour le reste du monde. Aux États-Unis, le niveau de dépenses du gouvernement en nanotechnologies s’approche aujourd’hui du milliard de dollars par an, ce qui en fait le plus grand projet scientifique sur fonds publics depuis le premier programme Apollo. Le ministère de la défense américain obtient la majeure partie de ce budget du gouvernement américain pour les nanos. Au moins trente-cinq pays ont un programme national de recherche sur les nanotechnologies.Pratiquement toutes les entreprises parmi les cinq cents premières mondiales investissent dans la recherche et développement en nanotechnologies, accompagnées par des centaines de petites start-up.Au niveau mondial, en 2006, si 10,5 milliards de dollars ont été consacrés à la Recherche et développement dans le domaine des nanosciences et des nanotechnologies, seulement 40 millions l’ont été à des fins de recherche sur les effets secondaires éventuels. En d’autres termes, 0,4 % seulement des dépenses au niveau mondial ont été consacrées à la recherche sur les risques, dont ceux pour la santé.
Actuellement on ne peut que constater le peu d’enthousiasme des biologistes, des toxicologues, des environnementalistes et des épidémiologistes à s’investir sur ces thématiques qui risquent de devenir un problème grave de santé.La course aux brevets sur les produits et procédés nanotechnologiques, comme ce qui s’est passé pour les biotechnologies, peut se traduire par des monopoles sur les éléments de base, qui sont à l’origine de notre monde naturel dans son ensemble. Si les tendances actuelles continuent, les nanotechnologies vont concentrer encore plus le pouvoir économique dans les mains des multinationales...."


-Nanotechnologies : chronique d’une invasion programmée:
"...Pour Helen Holder, coordinatrice de la campagne « Alimentation et Agriculture » des Amis de la Terre-Europe : « Il est choquant que les citoyens européens puissent être exposés à des produits potentiellement toxiques, présents dans les aliments ou les emballages alimentaires sans qu’aucune réglementation n’assure leur sécurité. Les responsables politiques doivent arrêter de nous dire que les règlements actuels suffisent et doivent combler de toute urgence les lacunes réglementaires. »Pour Christian Berdot des Amis de la Terre-France : « D’un côté, on étouffe les petits producteurs avec des règlements sanitaires toujours plus tatillons et coûteux, de l’autre les industriels ont toute latitude pour mettre en danger la santé des citoyens avec des produits potentiellement toxiques sans que le moindre étiquetage, la moindre réglementation ne soient mise en place. Comme pour les OGM, on commercialise d’abord et on fera les études après, l’intérêt des industriels passe avant la protection des citoyens et de l’environnement. ..»

-Ethique et politique des nanotechnologies> Dossier de l'Unesco
-Nanotechnologies - moteur de recherche et annuaire de sites
-Nanotechnologie : bienfaits et dangers
- Nanotechnologies: des nonoparticules dans nos assiettes
-Infusion de sciences | Rue89-Nanoparticules
-Nanosciences et nanotechnologies : quelles limites ? quelle éthique ?
-Nanotechnologies et philosophie des sciences
-Vivant : Nanotechnologies et communication
-Les Nanotechnologies entre science et fiction

lundi 17 août 2009

La France et la crise


Singularité hexagonale?

Notre pays semble (pour l'instant )s'en tirer un peu moins mal que beaucoup d'autres.
Y aurait-il un "french model"?
-"The French way of doing things looks pretty good—at least in these troubled economic times"-

Une grille d'interprétation de ce paradoxe:

France : pourquoi ça ne va pas plus mal?:
"L'économie hexagonale souffre un peu moins de la crise que celle de nos voisins : d'après les nouveaux chiffres publiés par l'Insee, la consommation a même progressé de 1,4 % en juin. Revue des raisons qui expliquent cette exception française.Selon les dernières prévisions de la Commission européenne pour 2009, le produit intérieur brut (PIB) de l'économie française devrait baisser de 3 % cette année. C'est un recul d'une ampleur sans précédent depuis l'après-guerre : en 1975, après le premier choc pétrolier, le PIB n'avait diminué que de 1 %, et il n'avait reculé que de 0,9 % lors de la dernière récession en date, en 1993. Pourtant, seule la Grèce et quelques-uns des nouveaux membres de l'Union connaîtront une récession moins forte dans l'Europe des vingt-sept. Tous nos grands voisins sont plus mal lotis : l'Espagne un peu (- 3,2 %), le Royaume-Uni aussi (- 3,8 %), l'Italie nettement (- 4,4 %) et l'Allemagne davantage encore (- 5,4 %). C'est le cas également du Danemark, des Pays-Bas, du Japon... Bref, tous les pays qu'on nous a successivement cités en exemple au cours des dernières décennies sont plus gravement affectés par la crise que la France (1).
Pourquoi cette – relative – bonne tenue de l'économie française ?
Elle provient du fait que la demande intérieure résiste mieux qu'ailleurs. Sa baisse est en effet limitée à 0,7 % (hors effets de la variation des stocks), selon les chiffres de la Commission européenne. Alors qu'elle sera de 2 % en Allemagne, 2,8 % aux Etats-Unis, 3,5 % au Royaume-Uni ou 4,9 % en Espagne. Là aussi, quasiment aucun autre pays européen ne connaîtra une baisse de sa demande intérieure aussi faible. La consommation privée, essentiellement celle des ménages, qui pèse 58 % du PIB, devrait même continuer à croître légèrement cette année dans l'Hexagone, alors qu'elle baissera de 0,9 point dans la zone euro et de 1,5 point dans l'Union à vingt-sept.L'autre grande composante de cette demande intérieure, l'investissement, celui des ménages dans l'immobilier et des entreprises en machines, locaux, etc., qui représente 21 % du PIB, devrait diminuer quant à lui de 5,9 %. Il s'agit là encore d'un recul brutal d'une ampleur quasiment sans précédent. Il devrait pourtant être quasiment deux fois moins marqué en France que dans l'ensemble de la zone euro (- 10,4 %), qu'au Royaume-Uni (- 12,3 %) ou encore qu'aux Etats-Unis (- 12,1 %) et au Japon (- 11,9 %). Notamment parce que l'investissement dans le logement reculera beaucoup moins qu'ailleurs.
Une démographie dynamique ;Cette relativement bonne tenue de la demande intérieure française, s'explique notamment par un déterminant de base souvent oublié : la démographie. La population française devrait s'accroître de 0,5 % en 2009, nettement moins que les 0,9 % prévus aux Etats-Unis, mais davantage que dans la plupart des autres pays européens : la population baisse en particulier en Allemagne et dans quasiment tous les nouveaux pays membres d'Europe de l'Est. Ainsi qu'au Japon.De plus, à la différence de l'Espagne ou de l'Italie, où la croissance de la population s'explique essentiellement par l'immigration, elle repose d'abord en France sur le dynamisme de la fécondité. Autrement dit, cet acquis démographique ne va pas s'inverser avec la crise, à la différence de ce qui commence à se produire par exemple en Espagne, où une bonne partie des Roumains venus travailler dans le bâtiment repartent dans leur pays d'origine. Le dynamisme démographique français contribue donc à soutenir la consommation des ménages, mais aussi la demande de logements. C'est un des éléments (nous reviendrons ultérieurement sur les autres) qui expliquent pourquoi l'investissement dans la construction ne devrait reculer « que » de 5,7 % cette année en France et les prix du mètre carré baisser moins significativement qu'ailleurs.Cerise sur le gâteau : ce relatif dynamisme démographique, s'il soutient la consommation, ne pèse pas négativement sur le marché du travail pour l'instant. Comme il s'agit surtout de jeunes enfants, la population active va quand même baisser cette année en France de 0,2 % sous l'effet des nombreux départs en retraite des baby-boomers, alors qu'elle continuera à augmenter de 0,2 % dans l'Union à vingt-sept et de + 0,1 % dans la zone euro. Ce qui contribue, avec le recul plus faible de l'activité, à expliquer pourquoi la progression du chômage, pour spectaculaire qu'elle soit, est elle aussi un peu plus modérée en France que dans la plupart des autres pays européen.
Une action publique qui amortit les chocs
.Au-delà du dynamisme démographique, le poids important de l'intervention publique contribue également à la relative résistance de la demande intérieure française. Les mécanismes de redistribution, très développés dans l'Hexagone, stabilisent la situation économique. Cependant, malgré l'image de volontarisme que Nicolas Sarkozy souhaite volontiers donner de son action, la France a pour l'instant été un des grands pays développés qui a le moins mobilisé l'intervention publique pour combattre la crise au-delà de l'effet mécanique des stabilisateurs automatiques préexistants.L'ensemble des dépenses publiques devrait représenter 55,6 % du PIB français cette année, selon les chiffres de la Commission européenne. Soit le niveau le plus élevé de l'Union à vingt-sept (la moyenne européenne est de 50,1) hormis la Suède, où ces dépenses représentent 56,6 % du PIB. L'essentiel de ces dépenses n'est cependant pas consommé par des administrations publiques, mais redistribué aux citoyens par le biais notamment de prestations sociales, qui représentent en France 34,6 % du PIB (dont 18,9 % sous forme de paiements directs d'allocations diverses). Ces mécanismes concourent puissamment à la stabilisation des revenus des ménages en temps de crise.Côté dépenses, les droits à recevoir ces prestations ne dépendent pas en effet du niveau de l'activité et sont même pour partie liés à la situation sociale des personnes. Ces dépenses augmentent donc automatiquement en cas de dégradation de la situation économique. En revanche, les recettes correspondantes sont en général proportionnelles aux revenus d'activité ; elles tendent donc à diminuer en temps de crise. Cet effet de ciseaux aboutit à creuser automatiquement les déficits publics et entraîne donc un soutien budgétaire à l'activité sans qu'il soit nécessaire de prendre des mesures politiques particulières. C'est pour cela qu'on appelle ces mécanismes des « stabilisateurs automatiques ».Si les dépenses publiques françaises sont, de longue date, parmi les plus importantes, elles ont en revanche très peu augmenté au cours de la crise. Alors qu'elles s'accroissaient (en termes réels, c'est-à-dire une fois l'effet de l'inflation déduit) de 17 % aux Etats-Unis entre 2007 et 2009, de 14 % en Espagne ou de 11 % au Royaume-Uni, elles ne gagnaient que 3,8 % en France. Parmi les grands pays européens, il n'y a qu'en Italie, avec une hausse de 1,2 % seulement, qu'elles ont moins progressé qu'en France. Ce qui contribue à expliquer la situation très dégradée actuellement de l'économie italienne. Le poids des dépenses de protection sociale ne s'est en particulier accru en France que de 2 points de PIB entre 2007 e.
L'emploi public joue également un rôle de stabilisation important car il ne suit pas les cycles économiques. Avec 13,2 % du PIB consacré en 2009 à la rémunération des salariés du secteur public, la France se situe, sur ce terrain, au-dessus d'une moyenne européenne qui est de 11 %. Mais elle reste loin derrière les 15,6 % du PIB qui vont en Suède aux salariés du secteur public et encore plus des 18,3 % du Danemark. La France est aussi beaucoup plus proche qu'on ne le pense généralement du Royaume-Uni sur ce plan : la part des salaires du secteur public atteint outre-Manche 11,8 % du PIB.C'est un état de fait peu connu mais, en dehors de la Slovaquie, c'est en Allemagne que l'emploi public pèse le moins lourd parmi les 27 pays de l'Union avec seulement 7,4 % du PIB qui va aux salariés du secteur public. Ce qui contribue à expliquer la violence du choc que subit actuellement l'économie de notre voisin d'outre-Rhin quand l'activité de son secteur privé fléchit. Le gouvernement français est, en revanche, parmi tous les grands pays européens, un de ceux qui a le moins utilisé le levier de l'emploi public pour lutter contre la montée du chômage : entre 2007 et 2009, le poids des salaires versés aux employés du secteur public ne s'est accru que de 0,4 point dans le PIB français, contre + 1,6 point en Espagne, + 0,9 au Royaume-Uni ou + 0,8 en Italie.Par ailleurs, nous avons souligné précédemment le recul – important, mais plus faible qu'ailleurs – de l'investissement en France. Mais ce n'est pas grâce au dynamisme de l'investissement public que les dégâts ont été limités jusqu'ici. Alors que son poids s'est accru de 1,8 point entre 2007 et 2009 dans le PIB des Etats-Unis, de 0,9 point au Royaume-Uni et de 0,5 point en moyenne dans l'Union, il ne devrait progresser que de 0,2 point en France, selon la Commission.Les pouvoirs publics peuvent aussi soutenir l'activité en diminuant les prélèvements qu'ils opèrent sur les revenus en temps de crise. Que ce soit du fait des pertes de recettes liées aux stabilisateurs automatiques déjà évoquées ou par des baisses d'impôts supplémentaires décidées spécifiquement. Là aussi, alors que la part des recettes publiques baisse de 4,4 points de PIB en Espagne et de 2,3 points au Royaume-Uni et aux Etats-Unis entre 2007 et 2009, elle ne diminuerait, selon la Commission européenne, que de 0,6 point en France. Ces recettes augmentent cependant dans le même temps de 0,3 point en Allemagne et en Italie, une politique pas vraiment favorable à la croissance...Si on cumule les effets des stabilisateurs automatiques et des mesures discrétionnaires prises par les gouvernements des différents pays depuis deux ans, la France est, avec l'équivalent de 3,9 points de PIB injectés dans le circuit économique, un des grands pays où les pouvoirs publics ont le moins soutenu l'activité entre 2007 et 2009. Un peu plus toutefois qu'en Allemagne (3,7 points de PIB) ou qu'en Italie (3 points seulement), mais beaucoup moins qu'aux Etats-Unis (9,4 points) et qu'au Royaume-Uni (8,8 points). Nettement moins également que dans les pays scandinaves, plus proches de la France en termes de niveau des dépenses publiques : en Suède, les pouvoirs publics ont injecté 6,4 points de PIB dans l'économie et quasiment autant au Danemark et en Finlande.
Bref, si l'activité recule en France un petit peu moins qu'ailleurs, ce n'est pas vraiment grâce à l'action décidée des pouvoirs publics depuis deux ans, mais plutôt malgré l'ampleur très limitée de celle-ci... Raison pour laquelle d'ailleurs, grâce au volontarisme (réel cette fois) de leurs gouvernements, les Etats-Unis et l'Espagne devraient connaître un recul de l'activité à peine plus important que la France, malgré l'ampleur beaucoup plus forte des chocs qui les ont frappés...
Même si elle limite l'impact immédiat de la crise, cette faiblesse industrielle n'est évidemment pas un atout pour l'économie française. La désindustrialisation se traduit toujours par des drames humains et des difficultés persistantes pour les territoires concernés. Et il y a tout lieu de craindre que la crise actuelle emportera à nouveau des pans entiers de ce qui reste du tissu industriel français. En particulier dans la filière automobile, déjà en grande difficulté avant la crise. A terme, on peut s'interroger sur la capacité à maintenir des centres de décision, des activités de recherche ou de marketing sur un territoire qui aurait perdu toute activité de production (voir entretien). La France dispose certes de nombreux atouts pour attirer les touristes ou les retraités étrangers, mais il paraît peu probable qu'un pays transformé en gigantesque parc de loisirs suffise à garantir un niveau de vie aussi élevé qu'actuellement à toute la population française...Le problème de l'industrie hexagonale n'est pas au premier chef une question de coûts : malgré les efforts considérables mis en œuvre depuis dix ans pour limiter le coût du travail outre-Rhin, un salarié allemand de l'industrie manufacturière coûtait toujours 32 % de plus qu'un salarié français par heure de travail en 2007, selon les chiffres rassemblés par le Bureau of Labor Statistics (BLS) américain. Et la productivité très élevée des salariés français est largement reconnue. C'est surtout du côté de ce que les spécialistes appellent la « compétitivité hors coût » que cela pèche : la capacité d'innover, de coller rapidement à une demande évolutive... Cela se traduit notamment par le fait que les industriels français n'arrivent pas, contrairement en particulier à leurs collègues allemands, à maintenir des prix de vente élevés. Pour défendre leurs parts de marché, ils doivent abaisser leurs prix de vente, ce qui ronge leurs marges et explique le faible niveau global des profits des entreprises françaises.
Pour changer cela, il n'existe cependant aucune solution de court terme : il faut une action de longue haleine, en matière de recherche, d'enseignement..., mais aussi pour transformer un tissu industriel caractérisé par des entreprises trop nombreuses et trop petites. Il ne suffira certainement pas en tout cas de diminuer les dépenses publiques pour y parvenir..."
(G.Duval)

-Pourquoi il faut sauver le modèle français - AgoraVox
-Paul Jorion - La France et la crise : un an déjà
-The Economist : la France fait mieux que les Anglo-Saxons
-Nicolas Sarkozy ou le libéralisme contrarié | Rue89

dimanche 16 août 2009

Ben Laden: "ennemi" utile?


Des relations dangereuses

Un éclairage de plus dans ces zônes d'ombre, à analyser de manière critique...

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-Qui est Oussama ben Laden ?
-Quand Washington négociait avec les talibans
-Verité interdite
-L'histoire secrète des négociations entre Washington et les talibans
-Avec les talibans, la charia plus le gazoduc
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_______Sibel Edmonds : « Nous avons utilisé Ben Laden jusqu'au 11-Septembre » - AgoraVox:

Non, la fameuse Sibel Edmonds ne vient pas nous dire que le 11-Septembre est un « inside job », car elle ne se prononce que sur ce qu’elle connaît de sa propre expérience. Et elle fait bien. Mais elle vient nous dire ce que certains documents classifiés qu’elle a eu entre les mains pourraient prouver : les Etats-Unis n’ont jamais cessé de soutenir Ben Laden jusqu’au 11-Septembre, dans le cadre d’opérations de déstabilisation en Asie Centrale. C’est ce qu’on appelle une bombe médiatique.

L’ancienne traductrice au FBI Sibel Edmonds a fait une révélation fracassante le 24 juin 2009, au micro de Brad Friedman, dans le Mike Malloy Show. Ses propos ont été retranscrits le 31 juillet sur les blogs Let Sibel Edmonds Speak, Against All Enemies et Daily Kos. Ils ont enfin été traduits (une première fois) en français sur le site ReOpen911 le 13 août.
Des propos qui rejoignent ceux du journaliste Eric Margolis au micro de Scott Horton, d’abord le 30 novembre 2008, puis le 28 avril 2009 (les Français ont pu apercevoir cet ancien correspondant de guerre, fin connaisseur du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, dans l’émission de Frédéric Taddeï, Ce soir ou jamais sur France 3).
Relations intimes... et pérennes
Selon Sibel Edmonds, les Etats-Unis ont entretenu des relations très étroites avec Oussama Ben Laden et les Talibans, sans discontinuer jusqu’au 11-Septembre, dans le cadre d’opérations en Asie Centrale, une zone aux ressources énergétiques particulièrement convoitées. Ces relations étaient pourtant censées être rompues depuis la fin de la Guerre froide :
"Dire que depuis la chute de l’Union Soviétique, nous avons mis un terme à notre relation intime avec Ben Laden et les Talibans est un mensonge, et il est possible de le prouver très facilement sur la base des informations qui ont été classifiées dans mon affaire. Nous avons entretenu des relations très étroites avec ces gens, au sujet de l’Asie Centrale, et cela jusqu’au 11-Septembre. (...) Nous avons réalisé des opérations en Asie Centrale avec ces groupes, les utilisant comme nous le faisions déjà durant le conflit soviéto-afghan, et nous les avons utilisés jusqu’au 11-Septembre" (à écouter via le 2e lecteur MP3 sur cette page, entre la 6e et la 7e minute, ou à partir de la 6e minute sur la vidéo qui suit).
Cette "utilisation" se faisait via des intermédiaires, la Turquie (dont Sibel Edmonds est originaire), mais aussi d’autres acteurs provenant du Pakistan, d’Afghanistan et d’Arabie Saoudite. Ben Laden, les Talibans et d’autres groupes servaient ainsi d’armée terroriste par procuration. Les Etats-Unis avaient besoin de cette discrétion afin d’éviter tout risque de révolte populaire en Asie centrale (Ouzbékistan, Azerbaïdjan, Kazakhstan et Turkménistan), mais aussi de fâcheuses répercussions en Chine et en Russie.
Sibel Edmonds précisait, en juillet 2008 : "Ceci a commencé il y a plus de dix ans, dans le cadre d’une longue opération illégale et à couvert, menée en Asie centrale par un petit groupe aux États-Unis. Ce groupe avait l’intention de promouvoir l’industrie pétrolière et le complexe militaro-industriel en utilisant les employés turcs, les partenaires saoudiens et les alliés pakistanais, cet objectif étant poursuivi au nom de l’Islam." La stratégie pro-islamiste des Etats-Unis, une longue histoire...
L’Afghanistan, un repaire de terroristes ?
De son côté, Eric Margolis, s’il affirme aussi que la CIA a supporté Ben Laden jusqu’en 2001, avance encore une idée tout à fait iconoclaste, selon laquelle l’Afghanistan n’a jamais constitué un foyer du terrorisme : "En réalité, quand les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan en 2001, ils ont prétendu qu’il y avait plus de 20 "camps d’entraînement terroristes", comme ils les appelaient, qui entraînaient tous des terroristes devant aller frapper l’Amérique, eh bien, c’était un mensonge absolu. Un parmi tant d’autres." Qu’étaient donc ces camps, s’ils n’entraînaient pas des terroristes ?
"Pour 90 % des gens dans les camps d’entraînement, il pouvait s’agir de Cachemiris, entraînés par les services de renseignement pakistanais, l’ISI, au vu et au su des Américains, pour aller se battre au Cachemire contre la loi indienne. C’était le groupe le plus important. Le deuxième plus important regroupait des gens d’Asie Centrale, principalement d’Ouzbékistan, du Kazakhstan et du Tadjikistan, qui étaient organisés et entraînés pour aller combattre ces épouvantables régimes communistes d’Asie Centrale, encore au vu et au su des Américains. Enfin, il y avait un groupe de Ouïghours, ces Chinois musulmans de la province du Xinjiang qui étaient entraînés par Ben Laden pour aller combattre les communistes chinois au Xinjiang, et ce ne n’était pas seulement au vu et au su de la CIA, mais avec son soutien, car elle pensait qu’elle pourrait les utiliser au cas où une guerre éclaterait avec la Chine." Interloqué, l’animateur radio demande à Eric Margolis jusqu’à quand ces pratiques ont eu cours, et le reporter de répondre que cela se passait en 2001...
La CIA encourage Ben Laden
Lorsqu’il lui demande si Ben Laden "travaillait avec" la CIA, Margolis précise sa pensée : "Je n’irai pas aussi loin. Je dirais qu’ils savaient ce que Ben Laden faisait, et qu’ils l’encourageaient par l’entremise d’un tiers, probablement les Saoudiens..." Et le journaliste de poursuivre : "Vous vous souvenez que Washington versait de l’argent aux Talibans jusque 4 mois avant le 11-Septembre ; la raison était qu’ils pensaient pouvoir ainsi les enrôler pour aller renverser les régimes communistes d’Asie Centrale, et même attaquer la Chine. Mais bien sûr, le 11-Septembre est arrivé, et alors ces sales petits secrets ont été dissimulés, les dossiers ont été brûlés, et quiconque y avaient pris part fut expulsé au purgatoire. (...) Le fait est que l’Afghanistan n’était pas un foyer du terrorisme, il y avait des groupes commando, des groupes de guérilla, entraînés dans des buts précis en Asie Centrale" (à écouter sur cette page, à partir de la 7e minute).
-Dans une interview plus récente, Eric Margolis précisera que les Ouïghours entraînés en Afghanistan, dont certains bénéficiaient de la "collaboration de Ben Laden", étaient "payés" et "armés" par les Etats-Unis (à écouter sur cette page, à la 13e minute). On ne sait si l’on doit faire un lien entre ces "encouragements" et la visite d’un agent de la CIA à Ben Laden, le 12 juillet 2001, alors que le milliardaire saoudien était soigné à l’hôpital américain de Dubaï...
Le Figaro ne se montrera guère étonné par cette rencontre : "Les contacts entre la CIA et Ben Laden remontent à 1979 lorsque, représentant de la société familiale à Istanbul, il commença à enrôler des volontaires du monde arabo-musulman pour la résistance afghane contre l’Armée rouge. Enquêtant sur les attentats d’août 1998 contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et de Dares-Salaam (Tanzanie), les enquêteurs du FBI ont découvert que les traces laissées par les charges proviennent d’un explosif militaire de l’armée américaine et que cet explosif a été livré trois ans auparavant à des Afghans arabes, les fameuses brigades internationales de volontaires, engagés au côté d’Oussama ben Laden durant la guerre d’Afghanistan contre l’armée soviétique. Poursuivant ses investigations, le FBI découvre des « montages » que la CIA avait développés avec ses « amis islamistes » depuis des années. La rencontre de Dubaï ne serait donc que la suite logique d’une « certaine politique américaine »."
Les propos de Sibel Edmonds et Eric Margolis ne viennent finalement que confirmer, et approfondir, ce qu’Alexandra Richard, pour Le Figaro, et Richard Labévière, pour RFI, laissaient entrevoir dès le 31 octobre 2001 : les relations entre Ben Laden et les Américains n’avaient jamais cessé, malgré les attentats, attribués à Al-Qaïda, contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya en 1998, et contre le navire de guerre USS Cole en 2000. Elles n’ont pas même cessé après que les avertissements d’attentats à venir aux Etats-Unis ont commencé à pleuvoir... On n’en déduira rien, si ce n’est qu’amis et ennemis sont notions relatives, contrairement à ce que laisserait croire la rhétorique du combat entre le Bien et le Mal, et que l’intérêt, dans ces affaires, prime sans doute sur toute considération morale. Nul étonnement donc devant de telles relations. Seulement le constat d’une persistante obscurité.
Une femme... tenace
L’obscurité ne se lèvera pas tant que les documents que Sibel Edmonds (ou Bob Graham...) évoque seront classifiés. Pour avoir voulu lever un coin du voile, la jeune traductrice subit les foudres de l’administration Bush : chargée en effet de traduire, au lendemain du 11-Septembre, des documents liés aux attentats, elle fut renvoyée, dès mars 2002, pour avoir signalé à ses supérieurs certains faits graves, comme l’infiltration du FBI par des espions oeuvrant pour un lobby turc... Peu après son renvoi, elle fit l’objet d’un "gag order", une mesure exceptionnelle l’assignant au silence, lui interdisant de révéler la teneur exacte des faits qu’elle reprochait et de documenter ses propos.
-Plus tard, elle dénonça les mensonges de Condoleezza Rice, lorsque cette dernière affirma que nul, dans la communauté du renseignement, ne pouvait imaginer les attaques du 11-Septembre. Le 11 février 2004, elle témoigna devant la Commission d’enquête. Mais le rapport final, paru le 22 juillet 2004, et gros de 567 pages, n’en tint pas compte (le nom de Sibel Edmonds n’apparaissant qu’une seule fois, dans une simple note de bas de page). Le 1er août 2004, elle décida donc d’écrire une lettre au Président de la Commission, Thomas Kean, dans laquelle on peut lire qu’en avril 2001, un informateur du FBI avait transmis à l’agence les informations suivantes : « 1) Oussama Ben Laden planifiait une attaque terroriste majeure aux Etats-Unis visant 4 ou 5 villes importantes, 2) l’attaque allait impliquer des avions, 3) certains des individus en charge de porter l’attaque étaient déjà en place aux Etats-Unis, 4) l’attaque allait être portée dans les prochains mois. » Sibel Edmonds ne reçut aucune réponse de la part de Thomas Kean. Ce qui renforça sa hargne et sa détermination.
"Marché noir nucléaire entre la Turquie et le Pakistan, néoconservateurs travaillant pour des intérêts turcs et israéliens, multinationales de l’armement et sociétés-écrans, en 6 mois au FBI la petite traductrice de Washington a joué dans la cour des grands" : le documentaire Une Femme à abattre nous fait entrevoir l’incroyable sac de noeuds dans lequel la jeune femme a mis les pieds." (T.Eilée)

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samedi 15 août 2009

Afghanistan : l'impasse


Perseverare diabolicum...

-How not to end a war-

-Jenkins ,implorant le Premier ministre Brown d’ouvrir les yeux sur la situation en Afghanistan :(«There is no military solution in Afghanistan, not even a military start to a solution. Can Brown not see this?»)

-Le doute affecte maintenant certains généraux
-Taliban Now Winning
- The fog of war
-Barack Obama défend sa stratégie afghane, de plus en plus impopulaire
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"On a diabolisé les Talibans pour justifier la guerre, en omettant de dire que tous les combattants afghans (-instrumentalisés par les services secrets us-) contre l’occupation russe étaient des moudjahidines - des combattants du jihâd - et que les Talibans ont pris le pouvoir en 1996 grâce aux divisions entre les principaux "chefs islamistes" : Gulbuddin Hekmatyar (Pachtoune), Ahmad Shah Massoud (Tadjik) et Rachid Dostum (Ouzbek).Depuis 2001, l’Empire américain ne parvient pas à atteindre les objectifs publiquement affichés. L’occupation militaire et les bombardements de la population civile ont détruit l’économie du pays et ont imposé un gouvernement corrompu par le trafic de la drogue (le frère du président Karzai et le frère du commandant Massoud sont largement impliqués) et ne contrôlant que la capitale.On oublie que l’Afghanistan a été au cœur d’un échiquier géostratégique entre la sphère d’influence britannique (l’Empire des Indes) et la sphère d’influence russe (l’Iran). C’est pour avoir cherché à assurer son indépendance, à l’origine par les jeux diplomatiques, que le pays s’est ainsi retrouvé à trois reprises en guerre contre le Royaume-Uni (1839-1842, 1878-1880 et 1919). En 1893, l’Empire britannique a fixé autoritairement la frontière (la ligne Durand) entre son Empire des Indes et l’Afghanistan, séparant ainsi l’ethnie pachtoune en deux." (S.Lefort)
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-Afghanistan : les Etats-Unis avouent être dans l'impasse:
"La manchette du Wall Street Journal, lundi 10 août, ne laissait pas place au doute : "Les talibans sont en train de gagner." Elle résumait fidèlement les propos que le général Stanley McChrystal, commandant en chef des forces de l'OTAN en Afghanistan, avait tenus dans son quartier général-bunker de Kaboul aux journalistes du quotidien américain.
A dix jours d'une élection présidentielle qu'elle boycotte, l'insurrection talibane fait un nombre croissant de victimes. De son côté, la Maison Blanche, qui a peu apprécié les propos du général, est en pleine clarification de sa stratégie dite "AfPak" (dans la zone Afghanistan-Pakistan). Les propos du chef des forces américaines ont visiblement pour objectif d'empêcher que soit éludée la réalité du rapport des forces en Afghanistan et, accessoirement, de se "couvrir" en cas d'échec, s'il n'obtient pas les moyens supplémentaires que la Maison Blanche semble aujourd'hui peu disposée à lui accorder.La semaine dernière, le général a obtenu le report à fin août du rapport qui lui a été demandé sur l'état du conflit et les modifications stratégiques qu'il préconise. La Maison Blanche devrait rapidement clarifier sa stratégie "AfPak".En l'attente, dans son entretien, le général McChrystal estime que ses forces affrontent "un ennemi désormais beaucoup plus agressif" et mieux armé, dont il ne parvient pas à juguler les avancées. "Nous devons stopper leur élan. La tâche est difficile", avoue-t-il. Il estime que, plus encore qu'un renfort de troupes au-delà des 21 000 soldats qui lui ont déjà été alloués, l'essentiel consiste à changer de ligne : "L'important est ce que l'on fait, pas combien on est ", explique-t-il.Le nouveau cap consiste en un effort beaucoup plus important dans la protection des populations. Pour cela, le général attend investir dans "une extension très significative" des forces armées et de police afghanes (il y a actuellement 82 000 soldats afghans. Leur nombre doit passer à 134 000 d'ici à 2013).
Le second volet consiste à déployer des troupes dans des zones à forte densité de population civile pour que celle-ci se sente protégée des talibans. Le général évoque en particulier la situation à Kandahar, la grande ville du Sud qui, depuis l'émergence des talibans, a toujours été leur bastion. Le commandant en chef des forces de l'OTAN se donne "en gros douze mois" pour démontrer la justesse de sa stratégie.
Un de ses aspects supplémentaire devrait être la lutte contre les trafiquants de drogues soupçonnés de financer les talibans. Dans un rapport de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, révélé lundi par le New York Times, deux généraux américains indiquent disposer d'"une liste de 367 cibles à liquider ou à capturer, incluant 50 cibles liant drogues et insurrection". Ces 50 "trafiquants majeurs" seraient placés sur le même statut - "kill or capture (tuer ou faire prisonnier)" - que les chefs de l'insurrection.Les responsables militaires ont déclaré au Congrès être certains de la légalité de cette mesure au regard du droit international et des règles d'engagement militaire en temps de guerre. Mais les autorités américaines sont conscientes que placer des trafiquants qui ne participent pas aux combats sur une liste de ce qui s'apparente à des "liquidations extrajudiciaires" ne peut que susciter de vives oppositions au sein de l'OTAN.Cette politique risque aussi d'apparaître aux yeux des Afghans comme un soutien américain de fait à certains autres trafiquants. Les spécialistes estiment en effet qu'aucun "seigneur de la guerre", y compris ceux alliés des Américains, ne peut aujourd'hui nourrir et armer ses forces s'il ne bénéficie pas des revenus tirés du trafic de drogue. Or tout Kaboul bruisse de rumeurs sur les activités illicites supposées du frère du président Hamid Karzaï. Si, comme l'ont spécifié les deux généraux au Congrès, "seuls les trafiquants soutenant l'insurrection sont considérés comme des cibles", comment réagira la population afghane ?Auteur de l'ouvrage Les germes de la terreur ou comment l'héroïne finance les talibans et Al-Qaida (en anglais), Gretchen Peters, sur le site de la revue Foreign Policy, juge que la politique d'éradication de l'opium prônée par l'ambassadeur américain Richard Holbrooke est bien meilleure que celle de l'administration précédente, mais reste "incohérente". Peut-être est-ce, là encore, une question de moyens ? L'Afghanistan produit aujourd'hui 90 % du pavot permettant la fabrication d'héroïne. M. Holbrooke estimait récemment qu'une éradication de l'opium en Afghanistan coûterait 44 000 dollars l'hectare, soit 9 milliards de dollars".(Sylvain Cypel)

-Guerre sans fin de l'Afghanistan au Pakistan - AgoraVox
-Afghanistan : pourquoi la guerre est perdue
-La coalition débordée sur tous les fronts
-Risques
-Dedefensa.org : La stratégie des moutons
-Afghanistan - Le coût de la guerre a doublé en quatre ans
-Afghanistan: la France a perdu la mémoire
-Afghanistan: cette guerre n'est pas la nôtre | Mediapart
-Afghanistan : les talibans sont-ils en train de gagner la guerre ? | Rue89
-Chasser le dragon en Afghanistan - AgoraVox
________Brzezinski : la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes
________Les États-Unis se préparaient à attaquer l'Afghanistan bien avant le 11 septembre
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- Bourbier afghan
- Afghanistan : mourir pour du pétrole ?
- Aventure afghane ?

vendredi 14 août 2009

Contrastes de crise

Vous avez dit choquant?




-La crise accentue les inégalités et la perception que nous en avons
Certains vivent difficilement tout en ayant un emploi
D'autres (une minorité)ne savent trop comment dépenser plus en matière de divertissement


-Martin Hirsch estime que «La France a un problème. Elle dérive. La pauvreté augmente, les dépenses sociales augmentent, les déficits sociaux augmentent (…). On a réussi à réduire assez considérablement la pauvreté chez les plus de 60 ans, mais cela a masqué l’augmentation de la pauvreté et des processus d’exclusion chez les jeunes et chez les actifs». En France, d’après l’Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale, 60 000 jeunes quittent l’école chaque année sans qualification. En 2006 un million d’enfants vit dans la grande pauvreté dans le pays. En juin 2006, 1 266 000 Rmistes (détenteurs du RMI = revenu minimum d'insertion) étaient recensés, soit 66 000 de plus qu’en 2004.D’après l’association ATD Quart monde, le pays compte à ce jour quelque «trois millions de personnes en situations de logement difficiles, dont près d’un million n’ont pas de logement ou en tout cas pas un chez soi, et environ 100 000 personnes qui vivent dans la rue»
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-Quand le travail rend pauvre:
"Alors que le revenu de solidarité active se met en place, près de 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.Depuis début juillet, les premiers paiements au titre du revenu de solidarité ac- tive (RSA) sont effectués, se substituant à l'ancien revenu minimum d'insertion (RMI) et à l'ancienne allocation parent isolé (API). S'agit-il d'un simple changement de nom? Pas vraiment, car le RSA (dit alors "chapeau") est versé également aux ménages de travailleurs pauvres dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté (1). L'objectif est de lutter plus efficacement contre cette pauvreté. Il n'est pas sûr cependant qu'on y parvienne par ce biais.En 2006, 7,9 millions de personnes en France disposaient d'un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté tel que défini par l'Union européenne, soit 60% du niveau de vie médian (*) , ce qui correspond actuellement à un revenu net, après impôts et prestations sociales, de 880 euros par mois pour une personne seule (2), de 1 320 euros pour un couple, de 1 820 euros pour un couple avec deux enfants. Il faut toutefois noter que ce nombre de personnes en situation de pauvreté est sans doute sous-évalué, car l'enquête qui permet de l'obtenir exclut les départements d'outre-mer (cela devrait changer l'an prochain) et toutes les personnes qui vivent en institution (maisons de retraite, couvents, maisons d'arrêt, internats divers) ou qui n'ont pas de domicile fixe (caravanes, foyers d'urgence...). Or, ce sont justement souvent les ménages les plus précarisés qui vivent dans ces institutions. Voilà pourquoi il n'est sans doute pas faux d'arrondir à 8 millions le nombre de pauvres pour l'année 2006, dernière année connue-Qui sont ces 8 millions de personnes? Dans leur grande majorité, elles sont jeunes, voire très jeunes: quasiment la moitié (49%) ont moins de 30 ans, alors que cette tranche d'âge ne représente que 36% de la population française. Pour les enfants, cette situation constitue souvent un lourd handicap. En effet, selon une étude du Cerc, le fait d'être élevé dans une famille pauvre réduit sensiblement (de l'ordre des trois quarts) leur probabilité de réussir à l'école: moindre soutien parental, manque de chambre à soi pour faire ses devoirs, proportion élevée d'enfants ayant des difficultés scolaires, etc., tout ceci accroît fortement le risque pour ces enfants de devenir à leur tour des adultes pauvres...

La pauvreté a fortement partie liée avec le développement des emplois peu rémunérés. Sur les 4,2 millions de personnes de 18 à 59 ans en situation de pauvreté en 2006, 1,85 million était en emploi, contre 1,55 million en 2003. Si l'on prend en compte le nombre de personnes vivant dans des ménages au niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, les ménages de travailleurs pauvres en emploi représentaient 3,16 millions de personnes en 2003 et 3,62 millions en 2006. Soit une augmentation de 500 000, pour un nombre total de personnes en situation de pauvreté qui s'est accru de 800 000: l'extension de la pauvreté laborieuse est donc désormais le principal facteur d'aggravation de la pauvreté.-Le RSA - en moyenne une centaine d'euros supplémentaires par ménage de travailleur pauvre - ne sera pas de trop pour réduire les difficultés du quotidien que vivent ces familles! Mais comme rien n'est prévu pour mettre fin à l'expansion de leur nombre, il risque fort d'être sans effet sur la pauvreté laborieuse; il se contentera de boucher quelques-uns des trous existants, tandis que les employeurs s'emploieront sans cesse à en creuser d'autres..."

-Travailleurs pauvres en France

La pauvreté et l’exclusion augmentent

-Observatoire des inégalités


- En temps de crise, les riches s'amusent encore plus:
"Face à la crise, les riches préfèrent s'amuser. C'est en tout cas que ce qui ressort du premier «baromètre des riches» publié fin mai par la conciergierie John Paul. Cette société, qui joue le rôle d'assistant personnel pour des clients fortunés, constate une hausse des dépenses liées à toutes les activités de loisirs. Restaurants, voyages, concerts et spectacles, les réservations ont augmenté de 40% au premier trimestre 2009. «Ce «baromètre des riches» suit la consommation liée aux divertissements. Il mesure la fréquence et le niveau de dépenses des membres de John Paul pour ce type de prestations, rapporté aux acquisitions plus importantes comme les voitures, l'immobilier... Ce baromètre a augmenté de plus de 45% au cours des trois derniers mois», explique David Amsellem, le fondateur de John Paul.-L'étude révèle en effet, un changement dans le comportement des personnes aisées. Les acquisitions importantes comme l'immobilier ou les produits de luxe ont été remplacées par les voyages et les loisirs. «On constate une véritable explosion du nombre de requêtes liées aux divertissements et cette tendance s'est amplifiée depuis la crise. Plus les marchés sont moroses, plus les gens ont besoin de se divertir et de consommer du luxe ou des produits haut de gamme», renchérit David Amsellem. Les requêtes formulées par la riche clientèle de John Paul en terme de petits plaisirs quotidiens (restaurants, spectacles, sorties), sont passées en moyenne à trois demandes par mois au premier trimestre 2009, contre deux demandes au premier trimestre 2008..."
-Fortunes de France - Classement 2009 -
-les plus grosses fortunes de France et aussi les plus gros salaires

jeudi 13 août 2009

Delocaliser la pauvreté

Une pauvreté qui fait peur

Il fallait l'inventer, le maire de N.Y. l'a fait, déclarant que:
« ce choix de payer des billets d’avions à des familles était moins coûteux que de payer un hébergement à New York "
Mais il veut bien payer " pour les pauves qui se tiennent bien"...









-Les pères fondateurs des Etats-Unis ont inscrit dans la tête de ses habitants une maxime issue des écritures saintes : « Je n'ai rien pris à personne, je ne reçois rien gratuitement. Chaque jour, avec mes mains et à la sueur de mon front, je gagne ma vie, sachant que l'Apôtre a écrit : « Celui qui ne travaille pas ne doit pas manger. » (2 Th 3,10) »
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-New York: cachez ces pauvres... dans des charters:
"... Confrontée à la crise économique, à la montée du chômage et de la précarité qui jettent dans la rue un grand nombre d'Américains, la ville de New York semble avoir trouvé « la panacée » pour régler le problème de ses SDF : les envoyer ailleurs !
Cette « idée » ne semble pas choquer plus que cela la communauté internationale ni les medias puisque cette information trouvée sur Google Actualités est localisée dans la rubrique : divertissement !
Aujourd'hui, la misère fait peur aux citoyens et indispose les dirigeants. Alors faute de trouver des solutions au déclassement et à la déchéance, on éloigne les miséreux de quelques kilomètres, ou comme le propose le maire de New York, on les « décentralise » définitivement !
Les pères fondateurs des Etats-Unis ont inscrit dans la tête de ses habitants une maxime issue des écritures saintes : « Je n'ai rien pris à personne, je ne reçois rien gratuitement. Chaque jour, avec mes mains et à la sueur de mon front, je gagne ma vie, sachant que l'Apôtre a écrit : « Celui qui ne travaille pas ne doit pas manger. » (2 Th 3,10) »
En clair, c'est un boulet pour la communauté qui ne voit pas pourquoi elle paierait pour lui !
Comme nous l'expliquent des travaux de la Faculté des Sciences Humaines et sociales Sorbonne :
... / ... La ville de New York a bâti au cours des années 1980 un système hiérarchisé et segmenté d’aide aux sans-abri qui complète la politique répressive menée contre cette population. Les institutions de secours ont été privatisées mais demeurent étroitement contrôlées par l’administration publique. Elles sont engagées dans un processus d’adaptation aux pressions de l’environnement qui va de la « conformisation » à la « résistance ».
Les exigences du welfare tendent à être imposées à leurs résidents. Les familles sans-domicile sont les cibles privilégiées de ce contrôle social. Les hommes seuls, pauvres non-méritants par excellence, n’ont droit qu’à une aide minimale, d’abord destinée à les maintenir hors de la rue. Placés en position de subordination, les sans-abri sont néanmoins capables de manipuler les règles de l’assistance et de participer à la construction de leur identité et de leur statut social
.../ ... --- Source Faculté des Sciences Humaines et sociales Sorbonne - Année 2000-2001--

Or, crise économique aidant, le chômage et le déclassement ont vite fait de vous mener à la rue. Il faut savoir que : « Sur les 6,5 millions d’Américains qui sont venus grossir le nombre des chômeurs depuis le début de la crise, 45 % ne retrouveront pas d’emploi dans leur domaine, selon les statistiques du ministère de l’emploi » - Source La Croix
Ce à quoi il faut ajouter les « poor workers » dont beaucoup sont sans logement fixe ou en instance de devenir SDF.
« En 2007, selon le Census Bureau [Washington], 37,3 millions de personnes, ou 12,5% de la population [américaine], vivaient sur ou en-deça du seuil de la pauvreté. Bien que la majorité des personnes pauvres étaient des enfants ou des adultes n’ayant pas participé au marché du travail durant l’année, 7,5 millions étaient des « travailleurs pauvres ». Ce niveau est légèrement plus élevé que celui établi pour 2006. Les travailleurs pauvres sont des individus ayant été actifs au moins 27 semaines (c’est-à-dire ayant occupé un emploi ou ayant été à la recherche d’un emploi), mais dont les revenus sont demeurés sous le seuil officiel de pauvreté » .../ ... Source Politique sociale

-«Le maire de New York exporte la pauvreté»:

-Débarquement : New York exporte ses SDF en Normandie | Rue89:
"...Une bonne affaire pour les finances de New York. La ville est en effet légalement tenue de prendre en charge l'hébergement de ses SDF, à travers le financement du programme d'aide et de refuge des sans-abris, à hauteur de 36 000 dollars par an et par famille.Le but est donc de faire des économies « dans l'intérêt du contribuable », selon les mots du maire, mais pour la bonne cause : ailleurs, l'herbe est bien plus verte, il serait vraiment idiot de ne pas saisir cette occasion de repartir à zéro, explique en substance Michael Bloomberg..."
-Aller simple pour Granville
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-Rage et désespoirs américains
-USA : inégalités

mercredi 12 août 2009

Bonus des traders: quel changement?


Comme avant...


La culture des bonus garantis : une
"honte absolue".J'aurai une tolérance zéro pour les excès" (C.Lagarde) ?
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______Le G20 l'avait proclamé, les professionnels de la banque le juraient, notre Président tapait du poing sur la table : plus rien ne serait comme avant:

Nous avons changé», soutenait Baudoin Prot, directeur général de BNP-Paribas lors de la présentation des résultats, mardi 4 août. «Plus rien ne sera comme avant», entonnait en chœur la profession bancaire au plus noire de la crise bancaire de l'hiver 2008, au moment où elle tendait la sébile pour obtenir des milliards de l'Etat.

«Je n'hésite d'ailleurs à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être encadrés. Il y a eu trop d'abus, il y a eu trop de scandales. Alors ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables ou bien le gouvernement de la République réglera le problème par la loi avant la fin de l'année», tonnait Nicolas Sarkozy lors de son discours de Toulon le 25 septembre 2008. «La seule loi du marché, c'est fini; l'autorégulation, c'est fini; les rémunérations excessives, c'est fini», insistait-il..."

_________Mais aujourdhui, comme on le constate, les vieilles habitudes et les anciens intérêts reprennent le dessus:

"...Tout a continué. Mais faut-il s'en étonner? L'Etat, en dépit des déclarations, n'a rien fait pour que cela change. Porté par une reprise des marchés (+12,6% en six mois pour le Cac 40), bien déconnecté de la réalité de l'économie, le monde bancaire a donc retrouvé ses bonnes vieilles habitudes: primes et bonus à tous les étages. Comme l'a révélé Libération, BNP Paribas a provisionné 1 milliard d'euros au deuxième trimestre pour assurer les bonus de ses traders à la fin de l'année. La banque essaie de nuancer la portée de l'information: il ne s'agit que de provisions, les bonus ne seront acquis qu'au vu des résultats annuels.Derrière, les autres banques se font toutes petites. Des bonus, elles en distribueront peut-être mais il faut attendre la fin de l'année pour vraiment savoir. Aucune transparence n'existant sur le sujet, il est difficile d'évaluer la réalité des bonus qui se préparent, d'autant qu'un certain nombre de banques ont converti une partie des rémunérations variables en fixe, afin de «conserver les meilleurs»...Le gouvernement est jusqu'à présent resté pratiquement muet. Il découvre comme tout le monde ce qui se passe dans les banques. Et les exhortations de Christine Lagarde, qualifiant la culture des bonus garantis comme une «honte absolue» n'ont pas suffi à mettre un frein à ces pratiques. Hier soir, elle s'est d'ailleurs contentée d'appeler «à la vigilance», demandant à la Banque de France de bien vouloir surveiller tout cela... et de faire un rapport!En renonçant à prendre la moindre disposition contraignante à l'égard des banques aidées, le gouvernement s'exposait à se retrouver dans une telle situation. A maintes reprises, des économistes comme des députés l'ont mis en garde contre cette excessive confiance à l'égard des banques. L'utilisation de l'argent public, ont-ils rappelé, devait au moins être contrôlée..."(Martine Orange-Mediapart)

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-"Dans la pratique, rien ne change":
"..."Il faut que tout change pour que rien ne change..." (in Le Guépard de Lampedusa)... Tout va bien pour le moment
Je suis trader dans une banque française qui est en train de préparer une politique salariale de packages comprenant des augmentations de salaire fixe plus une enveloppe de bonus en cash et en plans d'actions répartis sur plusieurs années.
Les déclarations de Christine Lagarde relèvent du registre de la gesticulation, pour les raisons suivantes, qu'elle expose d'ailleurs :
- les banques françaises sont en concurrence avec des établissement entre autres anglais et américains. Or les USA et le Royaume-Uni n'accepteront jamais une régulation sévère des bonus car elle est contraire à tous les principes, et mettrait en danger les fondements même de leur système financier (surtout celui de Londres).
- Même si l'Etat français impose des régulations sur son territoire, les banques françaises iront domicilier leurs opérations à Londres ou à New york et seront libres de pratiquer la politique salariale de leur choix, ce qu'elles font déjà largement.

-Les bonus des traders de la BNP suscitent la polémique:"Rien n'a fondamentalement changé", a déploré Marc Cohen-Solal, délégué CGT, se disant "surpris d'apprendre cette information au lendemain de la présentation des comptes de l'entreprise au cours de laquelle la direction a affirmé avoir limité le montant des provisions pour les bonus". "Ils disaient avoir changé avec la crise, mais on revient aux travers précédents, c'est extrêmement inquiétant", a-t-il déclaré à l'AFP.Interrogé sur ces nouvelles règles, le délégué CGT a estimé qu'elles n'étaient qu'un "replâtrage du système". "Si quelqu'un fait des opérations lucratives et est intéressé à ça, il va continuer", souligne-t-il. "BNP Paribas a aussi annoncé que les bonus n'atteindraient pas 150% de la rémunération fixe, mais pour le directeur général cela peut donc monter à 1,5 million d'euros, c'est affolant..."
(La France va encadrer les bonus des traders )

________-Sarkozy et les bonus : omerta sur la promesse envolée - AgoraVox

-Un milliard de bonus pour les traders de BNP Paribas: les raisons de s'indigner
-Olivier Godechot :"Les bonus des traders ne sont nullement justifiés !"
-Banques: les bonus des traders sont inutiles pour l'économie | Rue89
-Bonus : les faux-semblants de la régulation Potemkine
-► Bonus des banquiers : le manège de Pavlov
-► « Scandale » des bonus : pourquoi la bnp a raison
-Banques: on prend les mêmes et on recommence
-Banques, bonus, bénéfices : le paradoxe des parasites
-Les banques : jusqu'à l'écœurement - AgoraVox

samedi 1 août 2009

Pause...

Bouzey-Vosges-sept.2008-20h(cliquez)
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Instant privilégié
Où s'embrase le ciel
Mariant les éléments
En odes flamboyantes

vendredi 31 juillet 2009

Fait(s)divers

Gestion par le stress

-France Télécom: un salarié se suicide et met en cause sa hiérarchie:
"Dans le courrier laissé à sa famille, le cadre marseillais de 51 ans évoque l'«urgence permanente», la «surcharge de travail», l'«absence de formation», la «désorganisation totale de l'entreprise» et le «management par la terreur...»
-France Télécom reconnaît le stress subi par ses salariés | Eco89









-[C dans l'air - France 5-Suicide en entreprise]
- Suicides en série chez Renault à Guyancourt
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-La peur n'est pas un mode de management:
"...« C’est quand on arrive le matin à son travail la peur au ventre que l’on donne le meilleur de soi-même » affirmait récemment un ancien dirigeant d’un grand groupe équipementier automobile. Eh bien non ! Autant sur le plan éthique que sur le plan économique, il n’est pas acceptable que la peur soit érigée en mode de management de l’entreprise."
-Le Management par la peur:
"...Combien de collègues de boulot, techniciens, secrétaires, ingénieurs, cadres dirigeants aussi, qui se sont vu débarqués du jour au lendemain ? Dans des circonstances humainement douloureuses et contestables. Leurs travails n’étaient ils pas à la hauteur des exigences de la Direction ou des actionnaires ? Parfois, ce n’était même pas le cas. Mais soit incompatibilité d’humeur, soit une phrase qui a déplu à la Directrice Générale… Je me souviens de ce jeu à la machine à café : on pariait sur qui sera le prochain sur la liste. Je me souviens des soirées chez mon amie à Marseille : te souviens tu quand je tournais dans ton appartement, tribule et whisky à la main, persuadé que mon CDD renouvelable tous les mois arrivait à son terme ? Que ce serait à mon tour de passer par la case “dehors” ?..."
-Le_management_par_la_terreur_en_10_leçons:
"...le discours officiel rempli de sérénité et d’apaisement est en contradiction totale avec la réalité immédiate des collaborateurs : en effet, la situation personnelle de chacun est précaire, la sérénité laisse le pas à la crainte, la nervosité, la peur : peur de l’avenir, peur d’autrui, peur de soi-même (de ne pas être à la hauteur mentalement, physiquement). En réalité c’est cette peur que l’on tente par notre modèle de créer, car cette dernière nous permet de contrôler les esprits et de les obliger à donner le meilleur d’eux-mêmes. De plus, la contradiction entre le discours officiel et la réalité des salariés empêche toute rébellion, car on donne l’impression que tout va de soi et qu’ainsi si il y a un problème, il ne peut venir que de l’individu isolé et non de la structure en ellemême..."
-« Notre organisation du travail est basée sur des techniques de management brutales »:
"...Depuis une quinzaine d’années nous constatons une hausse des pathologies psychiques. Cela correspond à la mise en place d’une organisation du travail basée sur des techniques de management brutales. Les rythmes se sont intensifiés. On emploie des moyens primitifs pour faire pression et accroître les rendements des salariés. Nous sommes dans le tout quantitatif, dans une logique de gestionnaire. Les salariés viennent dans nos consultations car ils sont affectés par le sale boulot qu’ils doivent accomplir. Ils doivent donner toute leur énergie pour réaliser une tâche le plus vite possible, avec peu de moyens et peu importe le résultat. L’objectif est que le travail soit fait et non qu’il soit bien fait.
A la lecture des guides de management, on constate que tout cela se fait avec le consentement de l’encadrement. ..."
-Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:
"...La peur est devenue une pièce maîtresse dans le fonctionnement du système. Ce maniement managérial de la peur et de la menace au licenciement pousse les gens à travailler à plein régime et c’est un des rouages essentiels à l’efficacité du système. On exige de ceux qui travaillent des performances toujours supérieures en matière de productivité, de disponibilité, de discipline et de don de soi.Ceux qui travaillent vivent dans une peur permanente. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de perdre son statut, peur de perdre sa place. La peur s’inscrit dans les rapports de travail. Elle engendre des conduites d’obéissance, de soumission et d’individualisme.
Dans ce nouveau système de management basé sur la peur au licenciement, la tolérance à l’injustice, la souffrance personnelle et la souffrance infligée aux collègues sont devenues des situations ordinaires..."

>>le travail c’est (pas) la santé


-Christophe DEJOURS " SOUFFRANCE EN FRANCE LA BANALISATION DE L’INJUSTICE SOCIALE ":
"...La flexibilisation c’est un processus plus large que la flexibilité. Sa caractéristique principale : l’individualisation des personnes au travail. C’est la mise sur la même plan des employeurs et des employé-es. La force, la puissance est inégale, c’est l’illusion d’un contrat égal entre des puissances disproportionnées. Ce fait est dénoncé depuis longtemps les critiques du capitalisme (Bakounine, Marx et les autres).
En Angleterre la flexibilisation s’est appuyée sur un discours ouvertement néolibéral. En France elle s’est développée quelques années plus tard avec un discours de progrès social, discours véhiculé par la gauche. C’est au nom de l’individu-e, de son autonomie que la législation à temps partiel a été adoptée au début des années 80. Ce sont deux variantes du même processus.
Ceci passe par des modalités pratiques très différentes : temps partiels, contrat à durée déterminée, stage, intérim, augmentation de la période probatoire avant l’embauche définitive, etc. Il y a une augmentation du temps de mise à disponibilité des travailleurs-euses pour l’employeur : passage de 5 à 6, voire 7 jours de possibilité de travail dans la semaine, annualisation, augmentation de la plage horaire de disponibilité dans la journée, lutte contre l’absentéisme, etc. La durée du travail change, elle est morcelée pour les temps partiels (caissières par exemple), elle augmente pour les cadres. On ne doit pas non plus oublier la tendance à transformer les salariè-es en travailleur-euses indépendant-es à leur compte.
_On constate plusieurs processus conjoints dans cette flexibilisation : l’atomisation des individu-es entre eux ou elles, l’implication plus grande des personnes. Cette implication demande une intériorisation plus grande des normes du combat pour la compétitivité, une adhésion aux valeurs du marché, de l’entreprise. Ceci se traduit dans le travail par une intensification physique et psychique de travail. Les contraintes physiques augmentent : gestes répétitifs très rapides, par exemple, avec les maux qui s’en suivent. La chasse aux temps non travaillés (pauses, mouvements inutiles, temps morts, etc.) est permanente. L’augmentation de la charge psychique est nette. La pression mentale est de plus en plus forte sur les personnes au travail. La société de l’information ce n’est pas seulement un mythe moderniste, elle a des effets pratiques puissants. Ceci passe par une la mobilisation de la subjectivité de plus en plus grande. Les conséquences sont connues des médecins du travail : sentiment de tête vide, l’anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, difficulté de concentration, prises de médicaments pour se calmer ou se stimuler, etc. Le sentiment de ne pas être à la hauteur, la sensation de ne pas pouvoir vivre sa vie sont assez communs. L’augmentation du nombre de dépressions peut être mise en relation avec la flexibilisation. La culpabilisation est forte surtout sur les personnes qui refusent, renâclent ou qui parfois osent se battre contre ces injustices. La déstructuration de la vie sociale due aux horaires flexibles peut entraîner une sensation de désocialisation. Comment s’occuper correctement de ses enfants avec ces horaires imbéciles ? Comment avoir une vie de couple si on se croise ? Comment avoir des ami-es quand on a des horaires qui changent tout le temps, qui ne sont pas en phase avec une vie sociale « classique » ?..."
-Le stress au travail
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-Toyota mon amour