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mercredi 19 octobre 2022

En passant...

 Après le 18 Octobre

                       Un mot (irrévérencieux?) de Céline. Pas un secret... Et pourtant, ils travaillent... L'épuisement guette.

                    Enseigner, ce n'est pas se taire...



Salut Pap, Alors, il paraît que tu veux que je travaille le midi Pap ? Toi aussi finalement tu trouves, comme des milliers de gens, que je n’en fais pas assez, qu’il faudrait que je travaille un peu plus ?

Déjà que je n’en branle pas une et que je passe mon temps à me plaindre, quand je ne suis pas en grève ou en vacances, il serait temps de se rebrousser les manches, hein Pap ? Finalement, Jean-Mich’ avait raison, n’est-ce pas ?
Comme tes prédécesseurs tu parles sans savoir, Pap. Parce qu’en fait, le midi, je travaille déjà. Selon les jours, je participe à des réunions, je siège dans des commissions éducatives, j’appelle ou je reçois des parents, je corrige des copies, je monte des projets avec mes collègues, je fais des photocopies... Mais ce n’est pas grave, parce que si tu préfères que je surveille Romain et Mohammed en train de tâter du ballon sur le bitume de la cour – toujours pas végétalisée - de mon collège, entre midi et deux, on trouvera une solution : on me collera les réunions le soir et les copies je les corrigerai après, quand j’aurai le temps. Quant aux projets et aux parents… on verra !
Parce que t’as dit que la violence des cours d’école et de collège t’effraie. Et tu penses que si tu nous envoies surveiller la cour, la violence va baisser. Ok Pap. Si tu le dis.
Pourtant, avant, je t’aimais bien. J’ai lu tes bouquins, j’ai largement partagé tes points de vue, j’ai apprécié tes prises de position, j’ai admiré ta constance et ta cohérence. Oui parce que tu sais, avant d’être maton de cour d’école, j’ai fait des études. Et tiens-toi bien : des études d’histoire. Comme toi. Et même que j’ai fait hypokhâgne et khâgne. Comme toi. Dans un « grand lycée parisien ». Comme toi. Et maintenant je suis professeur dans un collège un peu difficile, depuis 12 ans, et je gagne 1800 € par mois.
Pas comme toi.
Je suis fatiguée et usée Pap.
Cette proposition nous ramène encore et toujours au même constat : notre ministre, quel qu’il soit, pense qu’on ne travaille pas à temps plein. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Que ma coiffeuse ou mon voisin pensent ça, ok. Mais toi ? Tu es censé savoir que je travaille à temps plein. Je ne travaille pas que 18h par semaine. Personne ne réduit le temps de travail d’un restaurateur au service du midi, ou celui d’un avocat à sa plaidoirie. Alors pourquoi en ce qui nous concerne tout le monde pense toujours que nos cours se préparent seuls, que nos copies s’auto-corrigent, que des clones rencontrent les parents, se réunissent et montent les projets à notre place ? Je dépasse largement les 50h de travail par semaine, je bosse aussi pendant les vacances scolaires, mais bizarrement chaque nouveau ministre se dit que je pourrais bien en faire un peu plus.
Et, je t’en supplie, ne me parle pas des professeurs allemands qui, eux, surveillent la cour ! Ca tombe mal, parce que j’ai enseigné 4 ans en Allemagne, dans deux Länder différents et dans 3 établissements. Alors la comparaison je peux la faire toute seule, sauf que si on compare, il faut tout comparer.
Oui les professeurs allemands surveillent à tour de rôle la cour.
Oui les professeurs allemands enseignent entre 22 et 25h par semaine selon les Länder.
Mais 1h de cours dure 45 minutes en Allemagne contre 55 minutes chez nous, alors même si tu es plutôt un littéraire, Pap, tu peux faire un calcul rapide et te rendre compte que le temps devant élève est sensiblement le même (surtout qu’ici, on est plus à 20h d’enseignement en moyenne qu’à 18).
Un professeur allemand termine très rarement après 15h, contrairement à nous.
Et, le pauvre, il n’a pas mes 26 réunions annuelles qui ont lieu après 18h, il ne sait pas ce qu'il rate.
Lui, il remplace les collègues absents, et ça, ça vous plaît rue de Grenelle.
En revanche, il ne gagne pas un peu plus que moi, mais 2,5 fois plus.
Alors si tu veux qu'on fasse tout comme lui, il va falloir investir.
2,5 fois plus.
Bref, l’herbe est rarement plus verte ailleurs, que l’on choisisse l’un ou l’autre côté du Rhin, les collègues allemands ne sont pas mieux ou plus mal lotis, tout comme les professeurs des écoles ou des lycées, on souffre tous du même mal. Alors arrêtez avec ces comparaisons stériles qui n’ont qu’un but : diviser pour mieux régner afin, surtout, de nous faire travailler plus.
Et puis il y a un autre truc que je ne comprends pas et que je ne comprenais déjà pas du temps de Jean-Mich’. Moi je croyais que « revaloriser » cela voulait dire « mieux rémunérer », c’est-à-dire redonner de la valeur à une profession, mieux la considérer, notamment financièrement. Mais non, apparemment rue de Grenelle, « revaloriser » ça veut dire « travailler plus ». Si tu me paies plus parce que je travaille plus, ce n’est pas une revalorisation, parce que le taux horaire reste le même non ? Qu’est-ce qui est revalorisé si tu me demandes d’aller surveiller la cour en échange de quelques billets ?
Je suis fatiguée et usée Pap.
La seule vraie réforme qui pourrait un peu améliorer le système c’est de baisser le nombre d’élèves par classe. 20 dans l’idéal, 25 si on veut trouver un compromis. Pour le bien de tous. Mais il paraît que ça coûte cher. Si tu as besoin de crédits, va faire un tour du côté de chez Wauquiez. Il paraît qu’en son château de La Chaize il donne des dîners pour 1100 € par tête par soirée financés intégralement avec de l'argent public. Un élève de collège coûte 6000€ par an, je pense que Lolo pourra t’aider.
Sans baisse d’effectifs, rien ne fonctionne ni ne fonctionnera : ni l’inclusion, ni la différenciation pédagogique, ni la construction d’une vraie mixité. Rien. Ma salle de classe est devenue une cour des miracles que je tente malgré tout de tenir et d’intéresser, mais pour combien de temps encore ?
Il y a deux ans, mon collègue, notre collègue, Samuel Paty était décapité. Sa famille porte aujourd’hui plainte contre ton ministère et celui de l’Intérieur. La hiérarchie l’a abandonné, l’a renvoyé vers un « référent laïcité », ne l’a pas écouté ni protégé. Le jour de sa mort on a retrouvé un marteau dans son sac.
Il est venu travailler avec un marteau.
Dans ton « pacte enseignant » Pap, t’as prévu un marteau ?

Varia

1 __ France: offre de soins: 

                              "...Plus de 5 millions de Français n’ont pas de médecin traitant, près de 8 millions vivent dans un désert médical. Pratiquement plus personne n’arrive à voir son médecin traitant en moins de 24 heures, et dans de nombreux territoires il faut plusieurs semaines pour voir un dentiste, 6 mois pour un gynécologue et plus d’un an pour un dermatologue ou un ophtalmologue. Les Français, pourtant de plus en plus touchés par les maladies chroniques, sont de plus en plus éloignés de l’offre de soins ce qui conduit à des ruptures dans leurs parcours de santé. Et, ici encore, ce sont les plus pauvres, ceux qui en ont souvent le plus besoin, qui en sont les plus vite éloignés..."

2 __ Périls en Suéde:

                     "...les SD peuvent se réjouir : non seulement l’accord reprend des pans entiers de leur programme, mais il stipule que les nationalistes vont être impliqués à tous les niveaux dans les travaux du gouvernement. « Nous sommes quatre partis qui partagent complètement la responsabilité de cette orientation politique », a précisé le chef de file des conservateurs, Ulf Kristersson, qui devrait être élu premier ministre lundi..."

3 __ Lobbying:

                 AFEP: influent et discret 

4 __ Rétropédalage

          Pas triste...   Retour à la case BoJo?

5 __ Lanceuse d'alertes

                Comme J. Assange?

6 __ Lycées pro en question

                 Copie à revoir

7 __ Quiet quitting:

                  "....Dans l’ouvrage Travailler au XXIᵉ siècle (Éditions Laffont, 2015), nous avons montré qu’il s’agit de faire le minimum attendu du poste, pour se protéger d’une profonde déception à l’égard d’un travail auquel on était initialement très attaché.   Ainsi, Nadine, infirmière à l’hôpital, déplore la trop grande coupure qui s’est faite entre elles et les médecins, les reléguant au rang de « techniciennes ». « On ne sait pas si l’enfant a une infection ou s’ils mettent un traitement, pourquoi… on met le médicament et voilà », déplore-t-elle. Pour elle, l’apathie s’impose comme un mécanisme de défense depuis qu’elle estime ne plus pouvoir « prendre des initiatives » et « réfléchir à ce qu’elle fait... »                                     __________________

mardi 18 octobre 2022

Construction européenne en danger?

          Incertitudes.                                                                                                                                                                   Certains ont souligné l'étonnante solidarité finale des pays de l''UE, la capacité à faire front face à l'épreuve, notamment pendant la crise de la covid. Elle s'est aussi manifestée pour affronter les diktats de Moscou. Les intérêts nationaux à courte vue, contraires à l'esprit des institutions européennes, respecté cahin-caha, semblent pourtant aujourd'hui vouloir reprendre le dessus, sous les coups d'une crise plus brutale, dont le développement et surtout l'issue semblent des plus incertains. Il y a les incertitudes des capitales, qui font leur propre cuisine en restant cependant ancrées à Bruxelles, surtout par intérêt, comme Budapest ou Varsovie, jouant leur propre partition, et celles qui dérivent, sans que l'on sache où elles vont aller, comme Stockholm ou Rome, vers des voies incertaines, problématiques. Toujours en construction, souvent âprement discutée telle qu'elle fonctionne réellement, même par les plus fervents, le grand projet des pères fondateurs pose toujours problème. Et voilà que l'Allemagne, pilier économique mais nain politique, colosse aux pieds d'argile, est tentée de faire cavalier seul dans les circonstances actuelles, alors que les menaces se font sentir et que la solidarité, la mutualisation des moyens, s'imposent comme une nécessité absolue, par-delà les égoïsmes nationaux à courte vue.                                                                      Certains parlent même de désagrégation possible d'une entité qui a toujours montré des signes de faiblesse et qui ne résisterait pas aux assauts les plus violents du choc économique qui s'annonce (*). Mais l'inverse pourrait aussi se produire, à la faveur d'un renversement de situation, très improbable pour l'instant, en Ukraine. Mais l'euro, tendon d'Achille,  reste une monnaie qui suscite toujours les critiques. Au bout de vingt ans, la monnaie unique a montré ses faiblesses.


                    (*)      "...Est-ce que cette crise va détruire l'euro ? Il est bien difficile de se prononcer . Ce qu'il y a de certain c'est que la stratégie allemande d'adaptation à la globalisation a échoué. Et comme c'est l'Allemagne qui dirige en fait la zone et qui a maintenu en grande partie son excédent, cela signifie une baisse durable de la monnaie européenne. La réaction allemande sera déterminante dans l'affaire. Si l'Allemagne commence à remettre en cause le libre-échange, voyant qu'elle commence à accumuler des déficits notamment avec la Chine. Nous pourrions avoir une espèce de réveil au sein des autres nations d'Europe. En effet difficile de continuer à prôner le libre-échange avec les autres membres quand on se permet de se protéger soi-même . Mais la zone euro étant une construction politique artificielle, seule une décision politique pourra probablement y mettre fin. Le plus probable à mes yeux est que l'Allemagne finisse par laisser tomber elle-même l'euro. La déglobalisation progressive de l'économie mondiale poussant les Allemands à changer de stratégie pour un retour à une économie plus centrée sur eux mêmes. Je crains malheureusement qu'il n'y ait pas grand-chose à attendre de la France qui va se laisser flotter au milieu des courants économiquse..."   _____________________

lundi 17 octobre 2022

Ne pas se voiler la face

Voile ambigü 

                                   A l'heure où en Iran, le port du voile obligatoire est courageusement contesté et cruellement réprimé en tant que symbole de la soumission des femmes, il importe de revenir sur le sens dont il est porteur dans l'espace public. Quelle que soit la nature du voile, en Afghanistan, où il fut banni à une époque, et où il revient en force, où dans certaines de nos banlieues, où il tend à réapparaître de manière parfois ostentatoire, sous l'effet de pressions qui ne sont pas seulement sociologiques.  Un certain soft power islamiste est parfois à l'oeuvre, sous des prétextes les plus divers. Le prosélytisme commence parfois très tôt et se prolonge, en dépit des principes républicains. Les ambiguités ne manquent pas, au nom de principes "émancipateurs". La "tolérance" peut être à double tranchant. Le flou fait souvent le jeu des intégristes qui avancent patiemment leur pion. "...Oui bien sûr, on doit tolérer le port du voile dans l’espace social partagé, mais cela n’oblige personne, et surtout pas une militante de la laïcité, à le banaliser en le comparant à un acte anodin et temporaire, comme le faisait Lionel Jospin en 1989. Et c’est en vertu de la même liberté qu’on peut et même qu’on doit pouvoir exprimer publiquement tout le mal qu’on pense de ce port, ainsi que le faisait, avec une magnifique prestance, Abnousse Shalmani le 20 septembre 2020 sur LCI, rivant son clou à un Jean-Michel Aphatie médusé :«Le voile ne change pas de nature lorsqu’il passe les frontières. Le voile n’a jamais libéré aucune musulmane, c’est quand elles le retirent qu’elles accèdent aux droits.[…] Le voile sera un choix le jour où il n’y aura plus une seule parcelle de terre où il sera obligatoire. En attendant c’est un linceul pour les femmes...»                                                                                                                                                                           Le voile ( et quel voile?) masque tant d'ambiguïtés et de prises de bec parfois au delà du raisonnable. cachant d'autres enjeux. L'habit ne fait pas le moine. Le voile ne fait pas l'islamiste. Quoique...Et il y a voile  et voile.


      Il y a la face visible du voile et souvent la face cachée.
  Les polémiques sur le voile sont innombrables, répétitives et souvent biaisées ou politiquement instrumentalisées. Les récentes affiches européennes pour promouvoir la diversité ont dû être retirées...
   Le terrain est piégé depuis longtemps, du moins en France.
     Il arrive que certains voiles soient portés par convention, prêts à être facilement abandonnés. Sans connotation particulière, culturelle ou surtout religieuse. Et il y a bien des degré dans l'adhésion religieuses; parfois l'athéisme domine dans beaucoup de milieux d'origine musulmane.
 Pour des raisons historique, contingentes, le voile est parfois un marqueur, même s'il n'est pas spécifiquement musulman, mais il l'est devenu.
    On se bat encore sur l'interprétation des textes. Sous la pression de la montée intégriste, il s'est répandu, mettant en évidence le statut socio-politique des femmes, chez les salafistes notamment.
  Entre maghrébins, croyants ou non, le débat existe aussi.
Le débat sans fin dont il fait l'objet, s'il est parfois fondé, masque mal les questions identitaires, qui finissent par occulter les questions sociales et politiques, qui sont d'une autre importance.
  L'idéal républicain, rappelé opportunément par Mme Kintzler, doit être rappelé sans relâche, quand le voile devient une marque d'opposition aux principes qui fondent notre démocratie:
                        "...L’activisme religieux cherche ainsi à pervertir les principes républicains avec les armes de la démocratie. Il cherche à faire disparaître la mixité sexuelle au nom du droit à la différence, il encourage le séparatisme social au nom des droits culturels, décourage toute volonté d’intégration au nom de l’identité communautaire, favorise l’uniformisation et l’allégeance culturelles au nom d’une altérité folklorique fantasmée, cautionne un puritanisme prétendument « féminin » au nom du féminisme. Faire de ce qui apparaît comme un choix une contrainte de fait, telle est la terrible entreprise qui se cache derrière le voilement ; elle se nourrit de la lâcheté politique qui délègue aux tribunaux un rôle qui revient au législateur..."
        Fatiha Aga-Boudjahlat,       qui sait de quoi elle parle, fait sans concession, mais tranquillement, la critique des présupposés et des incidences des défenseurs inconditionnels du voilement et de ce que celui-ci implique. ___________________________

dimanche 16 octobre 2022

Billet du dimanche

 __ Déni de crise?

__ Electrochoc

__ Cavalier seul             

__ Ça déraille

__ Histoire d'un chemin de croix

__ Faire des économies, disait-il...

__ Fed et remontée des taux

__ Metavers et imaginaires

__ Pap' aux ordres?

__ Expliquer et non se taire

__ De l'intelligence et de la bêtise

                 ___Revue de presse.                               ____________________

samedi 15 octobre 2022

Quand l'Etat est généreux

Les assistés

                          Il y a dans la douce France de nombreux assistés. Comme il est de règle dans un Etat qui se veut de droit et social, veillant à une juste (ou du moins, une moins  mauvaise) répartition des deniers publics. C'est en tout cas ce qui est proclamé formellement: réduire les inégalités les plus criantes pour "faire société", aller plus avant dans la solidarité. Principe républicain numéro un, qu'il est toujours utile de rappeler, au regard du fossé qui ne cesse de croître. Le discours officiel tend à nous imposer l'idée que tout est fait en ce sens, mais il faut y regarder de plus près...Malgré les tentatives pour rétablir un certain équilibre, il n'en reste pas moins que le monde de l'entreprise privée est le premier poste aidé par des subventions dont l'usage n'est pas toujours contrôlé, qu'elle se justifie temporairement ou non.  Que les assistés d'en haut n'ont pas à se plaindre...   


                                                                                                                   Selon des études très récentes, l'Etat providence déploie une très grande générosité en ce sens: "... les aides publiques aux entreprises s’élèveraient au minimum à 157 milliards d’euros en 2019, soit près d’un tiers du budget de l’État (31 %) et plus de deux fois le budget de l’Éducation nationale ! Ce montant est du même ordre que celui annoncé par Gérald Darmanin en 2018, et aussi que celui publié par France Stratégie dans un rapport datant de 2020 qui estimait à 139 milliards d’euros par an minimum les aides à la production des entreprises en France. Fort de ces différentes évaluations, on commence donc à y voir un peu plus clair...."                   Un assez grand flou règne dans ce domaine où la précision devrait être la règle, quand dans le domaine social, on a l'habitude de calculer au centime près. Certains organes de presse en rajoutent en voyant des "assistés" illégitimes partout. Trop d'assistance, annonce le Président. Un argent de dingue, quand se délitent tant d'organismes sociaux, sanitaires et scolaires, quand la pauvreté dans le travail est une donnée nouvelle. Il ne faut s'étonner de rien quand l'Etat se détricote lui-même, que la pauvreté devient presque invisible. Reconsidérer la richesse ne serait pas un luxe. On ne parlera même pas des (vrais)fraudeurs.                                                                                                                                 Selon le Monde,            "..
Un président de la République qui dénonçait les « fainéants », un dirigeant des Républicains qui fustige le « cancer de l’assistanat », des aides sociales rabotées parce qu’on ne va pas « pleurer pour 5 euros »… le personnel politique n’est pas le dernier à véhiculer des caricatures des personnes en situation de pauvreté — qui concerne un Français sur sept, selon l’Insee.   A l’occasion de la présentation du « plan pauvreté » du gouvernement, jeudi 13 septembre, nous avons rassemblé des clichés et idées reçues sur la pauvreté, dont certains ont déjà été évoqués dans de précédents articles du Monde ou des Décodeurs. Cette série, loin d’être exhaustive, s’inspire aussi du travail acompli par l’association ATD Quart Monde. Idée reçue n° 1 : « Les pauvres profitent du système » FAUX. Les aides sociales sont un mécanisme de solidarité destiné à porter assistance aux personnes en situation de pauvreté, de dépendance ou de handicap… à condition qu’elles atteignent les personnes concernées.Si des responsables politiques, tel Laurent Wauquiez, dénoncent le « cancer de l’assistanat » ou la fraude aux allocations (qui existe, mais reste limitée, voir idée reçue no 3), la puissance publique s’inquiète plutôt du phénomène inverse : le non-recours aux prestations sociales. Comme le résume un rapport d’information de l’Assemblée nationale, « à quoi bon des organismes de protection sociale s’ils ne parviennent pas à venir en aide à ceux qui en ont besoin ? » Ce non-recours peut être lié à l’ignorance des aides existantes, à la difficulté pour la recevoir (démarches complexes) ou même au choix de ne pas le demander, parfois de crainte d’être stigmatisé.  L’Observatoire des non-recours (Odenore) avait publié en 2011 une étude montrant que 50 % des personnes éligibles au revenu de solidarité active (RSA) ne le touchaient pas. Ce taux atteignait 68 % pour le tarif « première nécessité électricité » d’EDF ; entre 50 % et 70 % pour la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) ; 70 % pour l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS). Soit plus de 10 milliards d’euros non réclamés.  Une étude plus récente menée dans deux départements français publie des estimations de 36 % de non-recours au RSA, et entre 21 % et 34 % pour la CMU-C...."  ______

vendredi 14 octobre 2022

Varia

1. __  Armes: l'Australie et les USA

                                Chères armes

2 __ "Sobriété subie"...

                               Et richesse assumée?...

3 __ Boycotter ou pas?

                              Billetrie ouverte...               

4 __ Lanceuse d'alertes

                             Pour une autre agriculture

5 __ Quelles universités aux USA?

                              Sous la dépendance des marchés.

6 __ De l'eau ou des fruits                                  

                             Pas seulement au Maroc

7 __ Tueurs ordinaires

                     Violence de masse démasquée

8 __ Aux origines de la malbouffe

                      La guerre du Vietnam: un laboratoire

9 __ Prévisibilités et incertitudes:

                            "...La recherche de la satisfaction immédiate explique en grande partie la tendance depuis trente ans à sacrifier les investissements de long terme – notamment dans la recherche, l’éducation et les infrastructures, qui sont les domaines où la rentabilité est la plus étalée dans le temps. Il ne faut pas s’étonner si les individus font le même raisonnement. Pourquoi investir des années de sa vie dans la poursuite d’études difficiles ou d’un « cursus honorum » long et pénible avec une perspective de rentabilité imprévisible ? Pourquoi accepter un salaire de départ faible – logique dans les métiers qui nécessitent un apprentissage long avant de devenir efficace – avec l’espoir d’accéder ensuite à des fonctions intéressantes et bien payées alors qu’on vous explique que vous serez amenés à changer plusieurs fois de métier dans votre vie, réduisant chaque fois à néant la valeur de votre investissement d’apprentissage ? __________________

jeudi 13 octobre 2022

Mourir dans la dignité?

         A condition que l'on s'entende sur cette expression...                                                          ___Depuis peu, on semble s'orienter vers une nouvelle législation en matière de fin de vie. Il est temps, car la réflexion tarde en France en cette matière. L'inertie, les résistances, les (fausses) peurs, les résistances, religieuses ou non, sont encore nombreuses. Il est temps, car la réflexion s'impose d'autant plus que les moyens de prolonger la vie, parfois au-delà du raisonnable, se perfectionnent toujours, parfois contre la volonté des personnes, si tant est qu'elles puissent encore en exprimer le désir. Certains pays voisins, où certains Etats américains ont ouvert la voie avec prudence, mais on peut encore faire mieux, dans le respect de la volonté des personnes. Sans tomber dans les excès japonais, qui ont une autre tradition et qui sont confrontés à une baisse démographique sévère. Mais que l' on cesse de tout mélanger et il est temps de donner une véritable  liberté encadrée au corps médical, en concertation avec les familles. Il est des cas où certains scrupules n'ont plus lieu d'être.                                   Seule compte la vie. La mort n'est "rien" pour nous, comme disait Epicure, qui y voyait le retour à un néant absolu, à une nature qui prend et recycle tout ce qu'elle produit. C'est pourtant "quelque chose", car dans le parcours d'une vie humaine, elle vient inéluctablement mettre un terme à une aventure singulière, à une expérience subjective, existentielle, dont le point final pose toujours problème pour soi et pour les proches. Rien ne vaut la vie, comme chante Souchon, mais il est des cas où la prolonger inconditionnellement peut faire problème, parfois cruellement. Lorsque la médecine a échoué sur tous les plans, lorsque la souffrance, parfois extrême, prend le dessus en permanence, quand les accompagnements ne sont plus d'aucune utilité ou n'existent pas, il devrait être accepté, dans le cadre d'une législation ouverte quoique rigoureuse, de pouvoir mettre un terme, par sa propre décision autant que possible, à une vie qui en vérité n'en est plus une....      Mais en France, contrairement à beaucoup de pays voisins même de tradition catholique, les lois restent restrictives et ambiguës, malgré les nombreuses et anciennes campagnes d'information, comme à l'AMD, un partie du corps législatif et des organismes d'Etat, s'enferme dans un conservatisme parfois aveugle, organisant une résistance qui, on le sait, ne pourra durer.                                                                                                                   L'exemple récent de Alain Cocq devrait pourtant interpeller, après tant d'autres; "...Il voulait mourir depuis plusieurs années – revendication qu’il avait par ailleurs médiatisée en 2020 – et réclamait le droit à l’euthanasie. Militant français de la fin de vie « digne », Alain Cocq, 58 ans, est mort mardi 15 juin par suicide assisté en Suisse, geste ultime mettant fin à des décennies de souffrance, qu’il a accompagné d’un dernier message fustigeant « le manque de courage » de la classe politique...."

       Mourir "dans la dignité".  Autant qu'il est possible.   Seule vaut la vie, mais quelle vie? 

                     Le débat est à nouveau sur la sellette, aujourd'hui à l'Assemblée. Avec beaucoup de résistances, comme si le sujet était encore tabou, après tant d'années de non dits et d'offensives de milieux conservateurs, souvent ignorants des pratiques réelles sur le terrain, surtout dans le contexte de la grande vieillesse et du milieu hospitalier. Après plusieurs pays d'Europe, dont le très catholique Portugal et l'Espagne . En France, les élus tergiversent, renvoient à la loi Léonetti, qui a montré ses limites, évoquent les soins palliatifs, toujours insuffisants. La proscratination est encore de mise. Beaucoup de confusions , parfois entretenues, règnent encore sur le sujet, malgré les choix et les exemples récents, comme pour Anne Bert ou Paulette. La loi doit s'exercer, non pour imposer quoi que soit, mais pour garantir des conditions de fin de vie qui ne soient pas des calvaires sans fin. C'est au sujet de décider, dans le cadre des conseils médicaux et sous le contrôle de la loi, celle justement qu'il faut changer pour encadrer une pratique souvent clandestine. Houellebeq se trompe. Il ne s'agit pas de fin sur commande. Il s'agit d'une assistance dans certains cas bien particuliers, le sujet état lui-même autant que possible demandeur..  Le terme d'euthanasie prête souvent à confusion.  Pour une mort acceptable     Vieillir:personne ne peut prétendre pouvoir y échapper, sinon en imagination.  Mourir est la seule chose dont nous pouvons être sûrs et fait partie naturellement du cycle de  la vie. Bien vieillir ne dépend pas que de nous.    Ce que nous pouvons parfois choisir, ce sont les conditions de nos derniers instants, les modalités de notre fin programmée.

Une réflexion sans dogme

               Si celle-ci devient une caricature de vie, s'accompagne de souffrances insupportables, de dégradations profondes et irréversibles, l'euthanasie, quand elle peut être choisie, reste une solution permettant de garder une certaine maîtrise  du passage que nous pouvons lucidement assumer.      Mais il peut se faire que l'on décide à notre place si nos instants ultimes sont jugés marqués de trop de dégradations irréversibles, de douleurs insoutenables, de conscience diminuée, les efforts pour la réduire étant vains, les soins palliatifs jugés inutiles ou défaillants.
    L'euthanasie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls soignants, elle ne peut se réduire à un acte technique.
                On sort là de la simple expertise médicale et les médecins sont partagés sur un domaine où l'on touche à des notions subjectives délicates de morale et parfois d'options religieuses, qui n'ont pas fini de faire débat.
         La  fin de vie en France n'est pas ce qu'on croyait.
Les conditions de la mort à l'hôpital notamment ont changé et la loi Leonetti n'est plus suffisante ou est mal appliqûée
   En France, près de la moitié des décès (48 % en 2010) a été précédée d'une décision médicale ayant pu hâter la mort du patient. Mais des médicaments ont été donnés pour mettre délibérément fin à la vie dans seulement moins de 1 % des cas. Les décisions prises s'appuient dans leur grande majorité sur les dispositions de la loi Leonetti qui permet sous certaines conditions de limiter ou d'arrêter un traitement, ou d'administrer des médicaments afin de soulager les souffrances du patient, qui peuvent avoir pour effet d'avancer la survenue de la mort. Toutefois, les prescriptions légales encadrant ces décisions ne sont pas encore totalement connues ou respectées : les décisions de fin de vie ne sont pas toujours discutées avec les patients et les équipes soignantes ; la rédaction par les patients de directives anticipées, proposée par la loi Leonetti pour que les soignants prennent en compte leurs souhaits, reste en pratique très rare.
      Des règles s'imposent pour encadrer une pratique souvent tue et des dérives toujours possibles, dans des situations toujours diverses, dans lesquelles le personnel soignant se trouve souvent seul, sans prescription ni garde-fou, seulement livré à sa propre conscience et à des errances possibles. La compassion n'est pas un guide sûr et la décision collective peut aider à la  modération, la décision plus éclairée.
   La réflexion évolue dans les pays européens, où les législations sont assez diverses.
En Belgique, l'euthanasie représente un droit strictement réglementé.
     Le rapport Sicard entrouvre la porte au suicide assisté, définissant que l'assistance pourrait  être envisagée dans certains cas exceptionnels, sans céder au calcul économique , aux intérêts collectifs ou familiaux, au désarroi passager du malade ou aux pressions douteuses des familles.
  Des gardes-fous peuvent être mieux précisés, non pas tant pour prescrire ce qu'il faut faire, mais plutôt pour délimiter le périmètre des conditions d'intervention réfléchies, acceptables, humaines, au cas par cas.
  Droit de mourir dans la dignité, oui, mais à condition que l'on s'entende sur le sens que l'on donne à la notion équivoque de "dignité"...
   Le rapport de 2012 représente un pas important permettant d'affiner le jugement de tous sur ces questions et d'inspirer la réflexion et la pratique médicale, parfois isolée et désemparée.
      On ne meurt plus comme autrefois, on vit plus vieux, à la merci de plus de risques de santé, au sein de structures hospitalières et de soins dont le personnel doit être éclairé, soutenu et déculpabilisé.
             Comme le précise M.Winckler à propos du rapport Sicard , "Dans son rapport, le professeur Sicard porte un regard sévère sur une médecine sourde aux attentes des patients. "Chaque jour voit croître dans notre société une revendication très largement majoritaire (entre 80 % et 90 % selon les sondages d’opinion) de personnes répondant positivement à une demande de légalisation d’euthanasie, lit-on dans le rapport. Il ne s’agit pas de revendications simplistes ou naïves de personnes qui n’auraient pas compris la question. Il s’agit d’une demande profonde des personnes interrogées, de ne pas être soumises dans cette période d’extrême vulnérabilité de la fin de vie à une médecine sans âme." Des débats organisés dans plusieurs villes de France, la mission a ainsi retenu "le malaise, voire la colère" et surtout "la hantise [des Français] de basculer dans une situation de fin de vie insupportable, de souffrir ou de voir souffrir leurs proches".
   Mieux vaut une loi imparfaite et provisoire qu'une pratique secrète et solitaire soumise aux aléas de la subjectivité.    ______________________

mercredi 12 octobre 2022

Un certain 12 Octobre

      Un certain Christophe Colomb "découvre" l'Amérique

                       Vraiment?...     Seul?...

                                                  Un voyage de l'imprévu

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Point d'histoire

Une (més)aventure anglaise

                                       Ou un feuilleton à rebondissements multiples, qui n'a  pas tenu ses promesses et dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences. Une navigation à vue, sans objectifs clairs ni boussole. On croyait savoir ce que l'on ne voulait pas, mais sans préciser ce qu'on allait mettre en place, malgré une participation européenne qui a bien profité au royaume, sans tous les inconvénients.  Mauvaise pioche! Une certaine souveraineté peut avoir du bon mais l'isolationnisme mène à l'aventure. Une aventure qui pour l'instant tourne mal, après les exploits du funambule Bojo.  L'argent du beurre a un goût amer...La nouvelle Maggie en rajoute une couche.  On murmure que Charles III serait furieux...Mais il n'a pas à contrôler le navire, qui prend l'eau. Cameron doit s'en mordre les doigts. Que celui qui a tout compris lève le doigt. Tomorrow is dark....     


                            

Il y a la partie visible de l'affaire et la face sombre. Pas de Brexit sans Nigel Farage, qui a joué un rôle essentiel dans le décrochage de l'île. Comme dit le Gardian, sans pitié " ...il a joué un rôle déterminant dans la polarisation de la Grande-Bretagne de la manière la plus toxique et a poussé ce pays dans sa pire erreur stratégique depuis les années 1930..."   Wait and see... 

             

".......C’est une scène qui en dit long sur le personnage. Le jour des élections générales de 2010, le trublion de l’extrême droite britannique Nigel Farage tient à faire un tour à bord d’un avion biplace traînant une banderole « Votez pour votre pays – Votez Ukip [Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni] ». Une action inutile, puisqu’il était trop tard pour que la télévision s’en fasse l’écho. De fait, personne n’en aurait entendu parler si la bannière ne s’était emmêlée dans le gouvernail, faisant s’écraser l’avion dans un champ. Farage s’en tire avec des blessures superficielles.       Le journaliste Michael Crick, auteur d’une biographie « captivante » de Nigel Farage, « a eu l’intelligence de placer cet accident au début », estime Andrew Rawnsley dans The Guardian (journal très hostile à l’Ukip). L’histoire récente du Royaume-Uni « aurait été très différente si Farage était mort ce jour-là », déplore-t-il. Sans lui, « l’Ukip ne se serait pas transformé en la force insurrectionnelle » qui a conduit David Cameron à organiser un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Et, sans ce référendum, il n’y aurait pas eu de Brexit.       L’ancien trader de 58 ans ressort de cette biographie en homme égoïste, arrogant, guidé par « son obsession pour la gloire, l’argent et le sexe ». « De nombreuses anecdotes de ce livre, les plus hilarantes comme les plus effroyables, sont littéralement irriguées par des flots d’alcool », que l’intéressé est capable d’ingurgiter en quantités prodigieuses. « Cette biographie de Farage est la meilleure qui puisse être écrite », conclut Rawnsley, qui reproche tout de même à l’auteur son « indulgence » à l’égard de son sujet...." (Ajout-partie masquée-: ... à bord d’un avion biplace traînant une banderole « Votez pour votre pays – Votez Ukip [Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni] ». (Books)________________________