Demain, réussite pour tous!
__ A l'aise, Blaise!... ________________________________CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
vendredi 24 mars 2023
Cet âge appelé "Moyen"
Alors qu'il fut fondamental
Non pas une simple transition plus ou moins obscure. Ces mille ans de notre histoire furent longtemps ignorés ou dénaturés, associés à des représentations très négatives jusqu'à la réhabilitation assez mythique des Romantiques. On n'est plus au Moyen-Age, dit-on encore parfois, pour désigner une période jugée obscure et encore barbare. Comme si la période dite "moderne" avait pu exister sans cette époque si longe, si riche et si contrastée, qui conditionne la nôtre sur plus d'un point: développement de la paysannerie, configuration des villages, explosion du commerce, développement de l'art, etc... Il a fallu les études récentes de Duby et Le Goff pour avoir une idée de la diversité et la richesse de cette période, toujours vivante, qu'il reste encore à explorer. Déjà, Pernoud nous avait alerté sur la complexité et la richesse de cette période décisive, qui ne fut pas de pure transition.
Toujours actuel à bien des égards, n'ayant pas fini de nous étonner, seulement par les oeuvres qui nous restent et la culture qui nous a forgés, car nous ne sommes pas hors-sol mais produits d'un terreau profond et diversifié. On n'aurait pas assez d'une vie pour faire le tour d'une période si longue, si variée et si riche...et sortir des mythes qui nous habitent encore...
jeudi 23 mars 2023
Y a comme un problème....
____Il faut écouter la parole d'un "sage":
"... Tant qu'on n'a pas réglé le problème du chômage, dans notre pays, franchement, ce serait assez hypocrite de décaler l'âge légal. Quand, aujourd'hui, on est peu qualifié, quand on vit dans une région qui est en difficulté industrielle, quand on est soi-même en difficulté, qu'on a une carrière fracturée, bon courage déjà pour arriver déjà à 62 ans...Mais on va dire: "Maintenant il faut passer à 64 ans?...Vous ne savez déjà plus comment faire après 55 ans. Les gens vous disent: les emplois ne sont plus bons pour vous. C'est ça la réalité.. ...On doit alors gagner ce combat avant d'aller expliquer aux gens: "Mes bons amis, travaillez plus longtemps." Ce serait hypocrite...." (E.Macron, conf. de presse, 25 avril 2019) ____________________________________________Varia
1 __ Fausse voie
2 __ Calendrier absurde
3 __ Violences policières
4 __ Syndicalisme en question5 __ En vacances...
7 __ Main d'oeuvre: pénuries
8 __Souveraineté populaire
9 __ Nouvelle archéologie
10 __ Les dessous de Prigojine
11 __ Surprofits des autoroutes
12 __ Pour une réforme syndicale
13 __ Conseil Constitutionnel discuté __________________
mercredi 22 mars 2023
Faire crédit...
Aux banques?...
Le dernier épisode bancaire de nos voisins helvètes, comme celui concernant la Silicon Valley, vient nous rappeler qu'un système bancaire, même de fondation ancienne, n'est pas à l'abri de remous importants, d'une gestion défaillante, d'imprévisibilité manifeste, de pratiques douteuses. Un petit retour sur la période 2008, qui a vu des Etats voler au secours de grandes banques, nous le rappelle. C'était l'époque où on coula Lehman Brothers pour en sauver d'autres et où l'internalisation du désastre se répandit partout, obligeant les Etats à pratiquer une cure d'austérité qui s'étala sur des années, aux dépends des plus modestes.
Sans la confiance, la monnaie devient source de violence sociale, parfois de régressions immenses, comme aux USA dans années 30 et en Europe par la suite. Mais peut-on faire toujours confiance à une banque d'importance? La question se pose toujours, malgré les réformes entreprises, souvent plus esthétiques que fondamentales, souvent par nécessité (too big to fall) et les déclarations triomphales de Nicolas Sarkozy disant: la crise, c'est fini! De sérieux avertissements reviennent périodiquement, comme les "déboires" de la Deutsche Bank ou d'autres encore moins regardantes sur certaines pratiques peu orthodoxes. Et c'est reparti! avec des conséquences sans doute moins élevées! Le Fed veille (mal) au grain. Le risque de contagion est sans doute moins grand qu'à une certaine époque. Mais on découvre que le vénérable Crédit Suisse n'est pas tout à fait ce qu'il prétendait être. Il est comme un casino. Il a ses petits secrets. Des sommes folles engagées depuis des années dans des affaires douteuses et frauduleuses. Il paie le prix de ses scandales. Et ce n'est pas une exception, le pillage fiscal continue, si on va dans certains pays où l'on est encore moins regardant sur le recyclage de l'argent sale par exemple. La Suisse a une tradition de "neutralité", qui ne va pas sans nombre de compromissions. Malgré certaines règles de régulation introduite ici ou là, les risque d'un nouveau krach n'est pas exclu. La confiance peut être vite érodée. Le précédent de la banque Law a laissé des traces. La contagion peut vite arriver, les réformes entamées ont été minuscules et il y a encore des trous dans la raquette... __ “Si vous voyez un banquier se jeter par la fenêtre, sautez derrière lui : vous pouvez être sûr qu'il y a quelque profit à prendre." (Voltaire) __ Ludwig Von Mises : « Nul économiste ne sait ni le jour ni l’heure d’une crise économique et financière ». _____________________
mardi 21 mars 2023
Algocratie
Et idiocratie
Les algorithmes sont partout. Pour le meilleur ou pour le pire...Qu'on s'en rende compte ou pas. Très souvent, ils sont indécelables, fonctionnant très souvent à notre insu, comme dans la gestion d'une machine à laver, dans le plus sophistiqué des appareils hospitaliers, au coeur des tâches du livreur à domicile. Ils s'immiscent même dans les opérations les plus intellectuelles, pas seulement dans la gestion de nos portables. Leur impact est devenu considérable, jusqu'au coeur de notre vie.
"Jamais l'humanité n'avait atteint un tel niveau d'interconnexion. Jamais n'avions-nous eu à notre disposition autant de temps libre. Ces conditions réunies auraient pu nous permettre d'atteindre un sommet dans notre capacité à nous informer, à communiquer, à nous éduquer, à coopérer, et à résoudre toutes sortes de défis collectifs.Mais nous avons délégué aux réseaux sociaux la charge d’organiser notre vie sociale, politique et culturelle. La plus grande place publique de l’humanité se trouve privatisée. Nous appréhendons la Terre à travers dix milliards d’écrans. Croyant ouvrir notre fenêtre sur le monde, nous n’en percevons qu’une projection aussi biaisée que notre fil d’actualités. La guerre de l’attention exploite nos pulsions, déchaîne les passions et éclipse la raison. Notre planète brûle et nous likons. Nul déterminisme technologique ne nous condamne au pire. Esclaves des algorithmes, devenons leurs maîtres. Bâtir une démocratie de l’information n’est pas seulement possible : c’est une nécessité vitale et la clé d’un formidable progrès humain.."..
L'attention s'émousse, dans le profusion des données que nous sommes de moins capables de maîtriser. Comment dompter les algorithmes, ces boîtes noires que nous créons et qui nous mènent? La question ne cessera de se poser... _____________________
lundi 20 mars 2023
Chance ou péril régional?
Un risque méconnu
Un peu d'autonomie régionale, c'est bien. Trop, c'est une pente risquée. On se souvient de la réforme territoriale de 2014, faite au pas de charge et aboutissant à des résultats étranges et baroques. Il fallait re-ter-ri-to-ria-li-ser! Et en vitesse, quitte à improviser sur un coin de table...Finis les départements, jugés obsolètes, et les entités comme Nord-Pas de Calais ou Alsace, jugée encore trop étriquées...Il fallait élargir encore, sous injonction de Bruxelles, dans le cadre d'une critique de l'Etat jugé trop centralisateur et sans doute moins perméable aux influences étrangères, aux intérêts privés, aux appétits des multinationales. Au nom de la concurrence érigée en norme, il fallait en finir avec l'Etat jacobin, quitte a créer des entités ingérables comme les Hauts de France ou le Gand Est, de Strasbourg à Reims, aujourd'hui remise en question...Ce fut largement une improvisation, un bricolage hâtif, qui n'aboutit même pas à ses fins et qui fut source de dépenses accrues. Toute cette précipitation aboutit à un imbroglio, dont il est aujourd'hui difficile de se dépêtrer. La logique de fond est subrepticement politique: diluer le centralisme républicain de l'Etat, mettre les régions en concurrence, conformément aux règles du libéralisme. Mais la France n'est ni les USA, ni l'Allemagne..
___ Point de vue: "...Nul besoin de chercher bien loin les agents du détricotage du pays. C’est devant nos yeux que politiques et hauts-fonctionnaires se relaient depuis une quarantaine d’années, depuis la loi Defferre de 1982, pour morceler le territoire. Incapables de réaliser que le déficit – ou la négation – démocratique provient avant toute chose de la « vassalisation » de la France. Ils s’entêtent alors à promouvoir la « démocratie de proximité », ne laissant en vérité aux citoyens que le luxe de débattre de broutilles insignifiantes. Voici où nous mènent la consécration du droit à l’expérimentation pour les collectivités territoriales en 2003, comme celle du droit à la différenciation territoriale en 2022. Loin de renouveler le feu démocratique, ces avènements de la singularité des localités préparent le terrain à une citoyenneté à géométrie variable ; les collectivités gagnant à toujours plus se démarquer pour rester attractives. C’est ainsi qu’un habitant de Poitiers, Lodève ou encore Pau peut bénéficier du dispositif « territoire zéro chômeur de longue durée » faisant de l’emploi un droit garanti, tandis que d’autres territoires en sont privés. Si ces spécificités restent temporaires, elles s’inscrivent dans un élan général de multiplication des collectivités à statut particulier, donnant une place croissante à des entités locales nouvelles et illisibles, à l’image de la Communauté européenne d’Alsace. Le Français du Béarn pourrait bientôt faire face à un appareil normatif distinct de celui de Picardie, et la France n’aura de diversité plus qu’un brouillage technocratique. Le fil rouge de ces réformes, lui, reste le même : la mise à mal de l’unité française. ___ Ces mêmes politiques ont fait de la région, sans même l’avoir demandé aux Français, un nouvel échelon « démocratique ». Un nouveau vote sans conséquences qui a vite lassé les électeurs. Il est pourtant apparu dans l’indifférence générale comme une aubaine pour les partisans du régionalisme. Ils ont alors pu rapidement et artificiellement gagner en audience, donnant une place croissante à la question de l’autonomie, promettant à leurs concitoyens ce que l’Etat central était incapable de leur procurer, sublimant savamment le sentiment d’impuissance nationale dans le renouveau d’une puissance régionale.... ___ Le cheval de Troie de la mondialisation qu’est l’Union européenne nourrit ce processus d’autant plus explicitement que renforcer les régions lui permet de contourner les Etats nationaux beaucoup moins dociles. C’est ainsi que la Corse, au même titre que les autres régions, s’est trouvée gestionnaire des aides du FEDER et bénéficiaire de 275 millions d’euros d’aides communautaires de 2014 à 2020. Il n’est alors pas surprenant d’entendre Edmond Simeoni, père du nationalisme corse moderne, louer la construction européenne car celle-ci ouvrirait « à la Corse des perspectives largement insoupçonnées voici seulement 20 ans ». C’est bien dans le rêve d’universel de la mondialisation désincarnée que prend racine le chauvinisme régionaliste et nulle part ailleurs. ___Se superposent au cadre mondialisé ces gouvernements successifs ne cessant d’alimenter les prétentions régionalistes. Lorsqu’il n’est pas question de la création de la collectivité européenne d’Alsace, c’est le référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie qui est sur la table. Ainsi, dans la même veine, la faiblesse de Darmanin en Corse a réveillé les velléités autonomistes en Guyane qui cherche une nouvelle évolution statutaire, comme en Bretagne où le FLB menace de reprendre du service. Or, il ne faut pas se leurrer, il n’est pas ici question de simples réformes territoriales, mais bien de potentielles indépendances. Dominique de Villepin nous avait déjà averti : « Entre l’autonomie et la dérive vers une indépendance, on peut penser qu’il y a quelque chose, malheureusement, d’un peu automatique. » La spirale des mimétismes régionaux est implacable. Plus l’Etat central perd du terrain, fait acte de faiblesse, plus les ambitions sécessionnistes grandissent, et nos espoirs se diluent. Ainsi, la légèreté avec laquelle nos dirigeants traitent l’enjeu régionaliste en dit long sur leur attachement à la France et à la République. S’il convient de cultiver cette diversité linguistique et régionale, il n’est nul besoin de leur offrir une expression politique. L’égalité entre les citoyens, émanation directe des Lumières, doit être préservée. Ne laissons pas des barons locaux polluer le débat public au profit de revendications quasi-féodales. Apprenons de nos voisins européens, ne nous laissons pas aveugler par un « exceptionnalisme français » aujourd’hui plus espéré qu’effectif. Comprenons bien que, à travers le cri régionaliste, se cache la frustration face à l’impuissance publique et au recul de l’Etat. C’est de notre démission collective que les régionalistes se repaissent. Montrons aux Français, dans toute leur pluralité, qu’il n’y a pas à désespérer, que nous avons autre chose à leur offrir que notre lâcheté...." _________________









