Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mardi 26 mars 2024

ONU accusé

La grande confusion

          On ne peut dire que tout marche bien dans ce complexe "machin" (comme disait De Gaulle) qu'est cette organisation internationale, où les puissants font trop souvent la loi.. Loin de là. Mais la cataloguer  d' "antisémite", comme vient de le faire Israël, est assez consternant. Mais révélateur d'un Netanyahou aux abois.


                             Une déjà longue histoire de conflits entre les deux parties. Des résolutions nombreuses ont été édictées, et depuis longtemps. Sans l'organisation internationale, il n'y aurait jamais eu d'Etat d'Israël. Le comble...  à l'heure de la tragédie. _____________________

L'élan d'Elon

 


      L'homme-fusée?                                                                                                                                                                        Mais une fusée peut aussi exploser en vol...  Un libertarien pur sucre ou un chien fou dans le domaine du néocapitalisme numérique tous azimuts. Un drôle de citoyen, qui reste dans l'esprit des grands aventuriers de la Silicon Valley, tout en voulant les dépasser. Un "visionnaire" un peu fou, qui n'hésite pas à sacrifier sur l'autel de la technologie sans frein les idéaux sociaux et démocratiques. Utopiste à ses heures, positiviste comme pas un, il croit en l'avenir radieux de l'humanité libérée de toutes contraintes.  Un temps collaborateur de Trump, très proche de l'aile républicaine, il avoue ses choix: "...Adepte du courant libertarien, il est hostile à l'existence de syndicats dans les entreprises. En , il accueille très froidement la proposition de Bernie Sanders d'augmenter la taxation des grandes fortunes.  Il critique régulièrement la politique du président Joe Biden et notamment son âge (79 ans) pour l'exercice du pouvoir présidentiel en déclarant « Il existe déjà des conditions d’âge minimum pour la Chambre, le Sénat et la présidence. Réciproquement, il devrait y avoir aussi des limites d’âge maximum ». D'une manière globale, il déplore la gérontocratie en ajoutant « Je pense que nous avons déjà un problème assez sérieux avec la gérontocratie, où les dirigeants de tant de pays sont extrêmement âgés. Pour qu’une démocratie fonctionne, les dirigeants se doivent être en contact avec la majorité  de la population »    


                                                                                                     
Son idéologie est affichée, prête à se faire le relais de fake news qui arrangent ses intérêts. Il imagine pendant longtemps la Silicon Valley comme une sorte de "terre promise" Sa volonté de sauver le monde, ses rêves quasi christiques peuvent faire sourire plus d'un scientifique.. L'"innovation disruptive" est son moteur. il "serait « l’ADN » de l’entrepreneur à succès au tournant du XXIe siècle, et la carrière de Musk l’illustrerait de manière exemplaire. Or il s’agit, rien de moins, et tous secteurs confondus, de détruire : par l’introduction – parmi les stratégies possibles – d’idées, de concepts, de technologies ou de méthodes industrielles en contradiction plus ou moins radicale avec l’ordre existant, et de les exploiter sans ménagement pour faire vaciller le statu quo. Cette personnification du mythe de l’entrepreneur incréé et créateur se retrouve dans la pensée spontanée de l’innovation et son modèle linéaire (de l’idée-étincelle à l’application sur le marché), copié-collé dans les readers, les livres de recettes et les cours de savoir-vivre entrepreneurial en business school. La destruction créatrice schumpétérienne est l’horizon désiré d’une économie capitaliste animée par l’« ouragan permanent » de la rupture. Les start-ups, les compagnies et les simulacres de compagnies créées ou cofondées par Musk en fournissent autant de cas d’étude. PayPal ? Détruire l’industrie bancaire par la généralisation d’un procédé de paiement en ligne. SpaceX ? Détruire le complexe militaro-industriel de l’astronautique par le développement de lanceurs à bas coût et en partie recyclables. Tesla ? Détruire les mastodontes de Detroit qui n’ont toujours pas pris le pli de la voiture électrique et autonome. Solar City ? Détruire l’industrie des combustibles fossiles par une généralisation de l’accès à l’énergie solaire. Détruire, par la bande ou frontalement, et par le contrôle de l’ensemble d’une production intégrée verticalement, de la chaîne logistique jusqu’à la livraison des services. Ce principe de la « full-stack start-up  » est répliqué à l’envi. La chronologie des percées technologiques disruptives de Musk est désormais bien établie. L’ennui est que, linéaire et a posteriori, ce grand récit donne à croire qu’il déploie une sorte de master plan latent. Or la carrière dont la trame est aujourd’hui stabilisée n’a pas été sans échecs ni ajustements, et c’est aussi un ressort de son aura. Musk n’est certes pas parti de rien. Ces ruptures technologiques exploitent un fonds commun de savoirs, de process industriels, d’infrastructures et de ressources publiques accessibles sous certaines conditions pour parvenir à des objectifs marchands. D’abord, Zip2, première start-up que Musk crée en 1995 à Palo Alto avec son frère, et rachetée par Compaq en 1999 pour intégrer le moteur de recherche AltaVista : l’annuaire/portail en ligne tire parti d’informations largement publiques, et bénéficie des abonnements au service souscrits par les entreprises locales et la presse. Une fenêtre d’opportunité s’ouvre ainsi, le programmeur Musk travaille à partir des codes disponibles et vend la bonne solution au bon moment. De même la start-up X.com que Musk a fusionnée en 2000 avec une autre, Confinity, à l’origine de PayPal, met en scène un sens stratégique du placement « mafieux » : les génies du codage s’engouffrent dans la brèche de la « nouvelle économie », avant l’explosion de la bulle des sociétés dot.com. L’expérience est de courte durée. Musk quitte avec profit PayPal – qui a survécu au krach et est racheté par eBay en 2002. C’est alors que, multimillionnaire désœuvré, il fonde une nouvelle start-up, cette fois investie dans l’industrie spatiale. Space Exploration Technologies Corp. promet le développement de lanceurs low cost pour banaliser l’accès à l’espace et, à terme, sa « colonisation » sur Mars. Là encore, il a fallu démontrer les techniques, convaincre les investisseurs et faire taire les sceptiques. Il a fallu, surtout, s’inviter dans la cour de compagnies aussi installées et tentaculaires que Boeing et Lockheed Martin, et gagner la confiance des gate-keepers de la NASA. Le défi que représente Tesla n’est pas moins difficile. Bâtir à partir de zéro une entreprise qui promet de rompre avec le business as usual d’une industrie structurée autour de grandes marques et d’habitudes de consommation d’énergies fossiles, par le développement d’autos électriques de haut de gamme, à l’apparence d’Aston Martin, à peu près autonomes, alimentées par une énergie verte et livrée gratuitement via le réseau de stations maison, à des prix jugés attractifs, et le tout sous couvert d’une croissance industrielle soutenable et respectueuse de l’environnement..."  
 ______________

Vers l'Etat digital?

 


              En route vers l'Etat plate-forme

                                   Des projets bien ficelés sont en place pour accélérer la digitalisation des services publics. L'accélération de la numération tous azimuts se met en place à la vitesse grand"V", au détriment des laissés pour compte.  Déjà des jeunes connaissent des difficultés. Ne parlons pas des anciens, de ceux qui sont le plus dans le besoin.   Le tout-numérique avance à grands pas, sous prétexte de simplification, de modernisation....                                                                

Dans la start up nation, l'Etat se dématérialise à grande vitesse.

      Tous les actes administratifs, à quelque niveau que ce soit, devront vite passer pas le numérique (*)
                    A vos ordis!

     Même les non et les faiblement connectés, ceux qui n'ont pas d'ordinateurs ou qui ne savent et ne sauront jamais s'en servir, les analphabètes du clavier, les nombreux anciens qui ne s'y mettront jamais...
      La plupart des services publics ne seront accessibles que pour les familiers du net, que pour une partie de la population, surtout aisée, cultivée, urbaine.
     Près de 60% des personnes se disent démunis face à l'utilisation de l'ordinateur pour des tâches un peu élaborées. Ne parlons pas des plus âgés.
     L'exclusion numérique n'est pas rare. L'inclusion numérique ne favorise que ceux qui sont déja outillés et formés.
    Le pass numérique ne suffira pas, surtout à l'horizon 2022. et certains technophobes ou e-résistants ne franchiront pas le pas de si tôt.
   La e-administration va vite montrer ses limites. La modernité, c'est bien beau, mais elle risque de laisser beaucoup de monde au bord de la route, pour des démarches qui ne sont pas anodines.
Et quelques clics ne suffiront pas dans des démarches complexes.
Et s'il s'agissait d'abord de faire des économies, sans autre considération que la rentabilité immédiate?
______
   (*)   "  .....Incomplets , mélangeant des types de démarches à exécuter très hétérogènes (consultation, télédéclaration, ouverture de compte, information), ces recensements laissent en particulier dans l’ombre deux éléments pourtant majeurs du processus de dématérialisation engagé.
    D’une part, ne sont pas précisés pas quels « services » ne sont aujourd’hui accessibles qu’en ligne : demandes de bourses étudiantes, Prime d’activité, demande de logement social, inscription à pôle emploi, la liste serait longue des démarches qui ont basculé dans le « tout numérique », n’offrant aucune autre alternative aux administrés. Selon la typologie d’Albert Hirschman (1970), il n’y a ici pas de possibilité d’exit  : le rapport à l’offre doit nécessairement se faire par l’intermédiaire d’une interface numérique. Le Défenseur des droits a formulé plusieurs avis [5](2016) enjoignant aux services publics et administrations de proposer une offre de contact alternative au numérique, restée à ce jour lettre morte.
      D’autre part, ces tableaux ne rendent pas compte de la dématérialisation de la relation administrative, au-delà des procédures de demande de droit ou d’accès à des formulaires administratifs. Une part grandissante des échanges se déroule aujourd’hui par voie électronique (mail, sms, boîte de dialogue/ chat box), et on assiste à une généralisation de la prise de rendez-vous physique par internet (préfecture [6]CAF, Pôle emploi, etc.) couplée à l’impossibilité d’avoir un contact physique avec un agent pour les premiers contacts, les inscriptions, les démarches d’entame des procédures. De plus en plus, les usagers se voient orientés vers une interface en ligne pour prendre attache avec les administrations, ou obtenir des informations ou explications. Incidemment, la relation administrative devient ainsi majoritairement numérique, le contact « humain » (téléphonique ou physique en face à face) constituant une voie seconde et complémentaire des démarches en ligne. Ce virage de la dématérialisation de la relation apparaît d’autant plus fort qu’il s’est fait concomitamment à une réduction des accueils physiques et des autres modes de contact, renforçant la perception d’une déshumanisation du contact avec les administrations....

    En l’état actuel, l’obligation administrative à se connecter demeure très inégale entre les individus : une personne bénéficiaire de droits sociaux soumis à déclaration de ressources trimestrialisées a mécaniquement davantage l’obligation de se connecter qu’une personne ne percevant pas de prestations sociales. La connectivité étant socialement distribuée, l’on assiste ainsi à une double peine (Credoc 2016) : les individus les plus précaires, aussi bien économiquement que sur le plan de l’isolement social (Défenseur des Droits 2017) sont moins connectés alors que, dépendants davantage de droits et prestations sociales, ils ont davantage l’obligation de le faire.
     Davantage que d’exclusion numérique, qui renverrait à un manque de compétences d’individus qui ne seraient pas à l’aise avec le numérique, cette inégale exposition à l’obligation de connexion conduit à parler d’exclusion par le numérique : ce sont prioritairement les normes implicites de la dématérialisation qui rendent ici les usagers incapables de demander leurs droits...."

__________________________

lundi 25 mars 2024

Viellir

  La mort, la belle affaire, mais vieillir!...disait Jacques 

                 Il est vrai que la mort n'est rien pour nous, comme l'affirmait Epicure, qui la voyait comme un phénomène naturel, loin des peurs et des fantasmes des hommes, qui ont à partir de là créé des religions soi-disant apaisantes. Elle fait partie du cycle nécessaire à la vie, que cela nous plaise ou non...                                                                                                                                               Vieillir, c'est une autre histoire, même quand cela se passe souvent relativement bien et il y a vieillir et vieillir...Cela ne va pas sans conséquences sur le corps et l'esprit, jusqu'au moment où on ne peut plus rien rafistoler.... Comme dit l'autre: Je ne vois pas l'intérêt de vieillir,...je vais arrêter J'ai essayé, ça ne marche pas...                         ____L'esprit encore bien vivant, quoi qu'il en dise, Bernard Pivot y va de son franc-parler:

Vieillir, c'est chiant.   

J’aurais pu dire :
vieillir, c’est désolant,
c’est insupportable,
c’est douloureux, c’est horrible,
c’est déprimant, c’est mortel.
Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira.
Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.
On était bien dans sa peau.
On se sentait conquérant. Invulnérable.
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante.
Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps –
mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.
J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard.
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans "l’apartheid de l’âge".
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
« Avec respect »,
« En hommage respectueux »,
« Avec mes sentiments très respectueux ».
Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ?
Les cons !
Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !

Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place.
J’ai failli la gifler....
Puis la priant de se rassoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué.
« Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée.
J’ai pensé que… » Moi aussitôt :
«Vous pensiez que…?
-- Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous assoir.
– Parce que j’ai les cheveux blancs?
– Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée…-
- Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous?
–Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… --Une question de quoi, alors?
– Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…»

J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, Ne renoncer à rien.
Ni au travail, ni aux voyages,
Ni aux spectacles, ni aux livres,
Ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.
C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie.
La musique est un puissant excitant du rêve.
La musique est une drogue douce.
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant
soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart,
soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.

Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps.
Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital.
En années? En mois? En jours?
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital.
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération.
Après nous, le déluge? Non, Mozart.

Les mots de ma vie de Bernard Pivot.

dimanche 24 mars 2024

Sainte Soline

Un document 

                   " Ni nécessaire, ni proportionné..." selon la Ligue des Droits de l'Homme...

                             "...Le commandant de la gendarmerie chargé du dispositif a reconnu le jour même que c’était une erreur, comme l’a révélé un reportage de l’émission « Complément d’enquête »...." Seulement une erreur?...

Une répression d’une ampleur démesurée, des centaines de blessés et traumatisés... Le documentaire « Sainte-Soline, autopsie d’un carnage », coproduit par Off Investigation et Reporterre, est désormais en accès libre.......    __________________________

Petit billet dominical

__  Expulsions

__ Travail forcé

__ Come back

__ Insoumises

__ Bonne nouvelle  

__ Reconversion

__ Le droit et Israël

__ Zônes grises

__ Bio-informatique

__ Réindustrialiser?

__ Corruption bancaire

__ Fraudes fiscales

__ Uranium russe

__ CIA en Ukraine

__ Déchets électroniques

__ Nationalisme chrétien

__ Comment financer?

__ Médias en péril

__ Libéralisme autoritaire

__ Enfants de Guyane

__ Brouillard cérébral

   _____________________ Revue de presse. _____________

samedi 23 mars 2024

Dismorphophobie

 Quand domine l'obsession

                 Et quand la forme est "capital"...

                                 Comme l'aime y participe.

                                                                            _________________________________

Haiti: malédiction?

Descente aux enfers

    Mais pas par hasard. La violence extrême qui règne dans l'île est d'un niveau jamais atteint. Une catastrophe humanitaire sans précédent au coeur de cet Etat failli. On a pu appeler ce bout de territoire caribéen une île maudite, en oubliant qu'elle fut un temps florissante, dans le giron de la France, produisant même des écrivains remarquables. Mais depuis des décennies, rien ne va plus. La déshérence est devenue des plus  tragiques.                                                                                                                                                         Qui arrêtera la chute d'Haïti?   Comme frappée par le sort, l'île n'en finit pas de partir à la dérive. Comme si elle était maudite. Cela continue et s'aggrave, au point qu'il est question de faire intervenir une force extérieure pour essayer de remettre sur pied ce pays failli.                                       Si l'intervention du Kenya aboutit à remettre un début d'ordre, notamment dans la capitale, où les gangs font la loi, il faudra du temps pour éradiquer le cycle de la violence et rétablir un certain ordre politique durable. IL faut dire que l'histoire de l'île, après des débuts prometteurs, mais un développement empêché, est marquée par des chocs politiques nombreux. Sans parler des catastrophes naturelles. Les dictatures récentes, dont celle des Duvalier, ont précipité la dégradation des structures du pays. L'intervention des USA n'y est pas pour rien.     


          S'il est un pays que l'on pourrait qualifier de "maudit" , c'est bien cet Etat insulaire, qui connaît régulièrement une succession de catastrophes. Des phénomènes qui ne sont pas seulement naturels. L'histoire ancienne et récente de Port au Prince montre qu'elle fut longtemps victime de violences externes et d'incuries internes, de corruptions dont Duvalier, soutenu par les USA, fut une figure remarquée. Le chaos s'est installé durablement et les aides internationales furent sans grands effets, mal organisées ou détournées.  Le pays, qui fut un modèle à l'époque coloniale, connut des relations "compliquées" avec son voisin US, pas toujours désintéressées, semble vivre un calvaire sans fin, Cette descente aux enfers n'était cependant pas inéluctable...Il n'y a pas de fatalité.

              ___  La "malédiction" plane sur Haïti__   Depuis trop longtemps. La descente aux enfers continue. La nature meurtrière et la gestion politique  désastreuse se conjuguent pour aller  à l'encontre des intérêts des habitants, qui, abandonnés, ne voient pas d'espoir.    La solidarité ne peut pallier à l'abandon, la catastrophe sismique et la défection des institutions, de l'Etat failli. Une décennie perdue, malgré les bonnes intentions affichées des instances donatrices qui se sont précipitées sur le grand blessé.  Des promesses trahies.

               Où sont passés les milliards promis pour la reconstruction?
        "....Haïti est un pays dévasté, englouti dans de violentes crises sociales et politiques. La misère y est encore plus grande qu’avant 2010. L’État n’est plus « failli », comme le diagnostiquaient les experts avant le séisme. C’est un État disparu, évanoui, qui laisse les 12 millions d’Haïtiens à la merci d’un clan qui tient la présidence de la République et de gangs criminels qui contrôlent de larges parties du territoire (lire nos précédents reportages ici et ici).     Collision du calendrier : depuis ce lundi 13 janvier, la République haïtienne n’a plus de parlement (le mandat de ses élus a expiré et il n’y a pas eu d’élections). Le gouvernement est démissionnaire depuis le printemps 2019. Le budget n’a pas été voté depuis trois ans. L’économie est en récession. L’inflation explose. Les services de base (éducation, santé, administrations) ne sont plus assurés ou si peu.   ...l’incurie et la corruption de la classe politique haïtienne, la violence des élites exercée sur une population misérable, la prédation de la richesse nationale par une douzaine de familles qui tiennent 80 % de l’économie du pays ne suffisent pas à expliquer le désastre en cours. Le bilan est aussi celui de la communauté internationale, celui des grands acteurs de l’« aide » qui, en dix ans, a accéléré la destruction d’Haïti.      « Livrée, déshabillée, nue, Port-au-Prince n’était pourtant point obscène. Ce qui le fut, c’est sa mise à nu forcée. Ce qui fut obscène et le demeure, c’est le scandale de sa pauvreté », écrivait Yanick Lahens, dans son livre Failles, publié quelques mois après le séisme de 2010. « Haïti tient une place exemplaire dans toute généalogie de la fabrique moderne de la pauvreté », ajoute-t-elle dans un texte récent.    « La catastrophe ici est de plusieurs autres grandes villes du pays. Ban Ki-moon, alors secrétaire général de l'ONU, se proclama « grand ami d’Haïti », et propulsa Bill Clinton, autre grand ami d’Haïti, à la vice-présidence de la Commission intérimaire pour la reconstruction. Il s’agissait alors de rassurer les pays donateurs – et le Congrès américain – sur la bonne utilisation des milliards de dollars à venir…"
           "...Une catastrophe qui dure depuis dix ans et se perpétue, mais dont aujourd’hui la laideur est nue », écrit également l’écrivain Lyonel Trouillot dans une tribune publiée dans Le Club de Mediapart.   ...Dès les années 2000, bien avant le séisme, Haïti avait déjà gagné son surnom de « République des ONG ». Mis sous tutelle par l’ONU en 2004, avec l’envoi d’une force armée de maintien de la paix (Minustah), le pays allait devenir le laboratoire des expérimentations les plus folles des bonnes âmes humanitaires. S’engouffrant dans les vides laissés par un État défaillant et en crise, des ONG de bric et de broc allaient se livrer à un concours Lépine du n’importe quoi (lire ici notre article de 2009).      Tant pis pour les ONG puissantes et expérimentées. Tant pis surtout pour les Haïtiens, « la fabrique moderne de la pauvreté » pouvait commencer au nom du bien et du bon. Consultants, experts avisés, associations de toutes sortes, sectes évangéliques ou doux illuminés sont venus « sauver Haïti ». Chacun avec son avis, sa recette, ses crédits. .."      
          Bref, le pire continue.
                  Un peu d'histoire ancienne et plus récente permet de comprendre pourquoi on n'en est arrivé là, par un engrenage infernal, dans cette île autrefois prospère et exemplaire dans la région. Mais la spirale de la dette....

                                                      ______________________