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mercredi 7 juin 2023

Dissimulation

 Cachez ces pesticides que je ne saurais voir

                                                                 Le problème est récurrent...et toujours plus problématique. Pour la qualité des sols, pour celui de l'environnement, pour la santé humaine, pas seulement celle des agriculteurs. On en parle, on tergiverse, on remet au lendemain des mesures urgentes, on ne veut pas perdre des soutiens dans le monde agricole, qui pourtant se réduit en se concentrant de plus en plus, on ne résiste guère aux groupes de pressions, comme la FNSEA, on fait des concessions aux industriels de l'agroalimentaire, aux successeurs de Monsanto and Co. Et bien des secteurs sont touchés. On s'aveugle face à la bombe à retardement qui nous attend. On a gagné la bataille agricole, oui, mais à quel prix! et les marchés agricoles planétaires ont fini par constituer un piège. Et la redoutable question des perturbateurs endocriniens n'a pas l'air d'empêcher nos responsables de dormir. Les timides mais prometteuses percées d'une autre agriculture semblent aujourd'hui en péril, pour des problèmes de coùt. Alors qu'il est urgent de changer de modèle. 


                                                                                                     ___    Mais le silence domine ou la dissimulation:   "  Des géants des pesticides accusés d’avoir dissimulé la toxicité de leurs produits pour le cerveau en développement. Selon une étude publiée jeudi, plusieurs fabricants ont soustrait aux autorités européennes des résultats de tests qui mettaient notamment en évidence les effets délétères de leurs substances sur des animaux de laboratoire exposés in utero. 

      Alors que les troubles du neurodéveloppement (autisme, déficit de l’attention et hyperactivité, handicaps intellectuels, etc.) sont en forte augmentation dans de nombreux pays, dont la France, les travaux du chimiste Axel Mie (université de Stockholm, Institut Karolinska) et de la toxicologue Christina Rudén (université de Stockholm) risquent fort de susciter un vif intérêt. Et une forte polémique.    Dans la foulée de précédents travaux sur le glyphosate parus en septembre 2022, les deux scientifiques suédois montrent, dans une étude publiée jeudi 1er juin par la revue Environmental Health, que plusieurs fabricants de pesticides ont soustrait aux autorités européennes des résultats défavorables de tests de toxicité pour le cerveau en développement (DNT, pour developmental neurotoxicity) – tests qu’ils avaient menés sur leurs substances en vue de leur évaluation, avant autorisation de mise sur le marché. Des résultats révélés en exclusivité par Le Monde, la Bayerischer Rundfunk et Der Spiegel en Allemagne, la Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) en Suisse et The Guardian au Royaume-Uni.  Au départ, les deux chercheurs ont procédé à un travail de fourmis. Ils ont comparé, dans des milliers de pages de dossiers réglementaires, les données transmises par les fabricants aux autorités américaines, d’une part, et européennes, d’autre part. Ils ont ainsi pu identifier neuf pesticides pour lesquels plusieurs industriels (dont Bayer et Syngenta) ont réalisé et soumis des études de DNT à l’Environment Protection Agency (EPA) américaine, mais pas à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Menés sur des animaux de laboratoire entre 2001 et 2007, ces tests n’ont ainsi pas été pris en compte par le régulateur européen lors des premières autorisations de ces neuf substances (abamectine, éthoprophos, buprofézine, fénamidone, fénamiphos, fluaziname, glyphosate-trimésium, pymétrozine, pyridabène), pour la plupart accordées à la fin des années 2000..."                                                                                                              Lire aussi : Glyphosate : une étude industrielle sur la neurotoxicité de l’herbicide soustraite aux autorités européennes. _________________________

mercredi 7 juillet 2021

Mangez des métaux lourds

Mais vous êtes prévenus: 

           Ce n'est pas bon pour la sante. Mais vraiment pas. Et nous sommes plus ou moins touchés. Ils sont partout, même dans les organismes. C'est encore confirmé. Surtout le cadmium. Assez s'études et de rapports convergent sur ce point. La neurotoxicité de ces métaux ne fait plus de doute.                                                                                                                                        Cela fait déjà longtemps que l'on parle et que l'on met en garde contre les perturbateurs endocriniens, qui ne sont pas sans effet sut notre organisme, notre système hormonal. Une menace souvent ignorée, tue ou oubliée.  Il y a une chose qui perturbe: c'est le quasi-silence officiel et l'inaction remarquables des divers responsables sur une menace pourtant dénoncée depuis des lustres.

     Si les problèmes climatiques nous préoccupent beaucoup, les menaces hormonales et neurologiques progressent à bas bruit, dans la quasi indifférence d'un grand public laissé dans l'ignorance et des médecins généralistes, souvent pas ou peu préparés à un vrai travail d'information et de prévention, ou simplement à de vrais questionnements.
   Certes des alertes ont déjà été lancées au sujet des effets nocifs des métaux lourds, notamment du plomb, de l'aluminium, du mercure, des solvants et des multiples produits chimiques qui constituent notre environnement souvent quotidien. Marie Robin a fait un formidable travail sur la toxicité des produits phytosanitaires en agriculture et a bien souligné la force des groupes de pression qui s'exercent en faveur de leur développement.
 Les nanoparticules sont aujourd'hui aussi sur la sellette.
___Les perturbateurs endocriniens sont à l'origine d'anomalies, de dysfonctionnements, dont les causes sont parfois certaines ou parfois fortement soupçonnées. 
   Un problème majeur, dont on ne soupçonne guère l'ampleur et la portée, qui mériterait une plus grande mobilisation, avec prudence mais rigueur.
Les enjeux industriels et financiers sont considérables. Le lobbying et la contre-information s'exercent à tous les niveaux.
  Les rapports d'experts sont nombreux. La France est en retard dans la prise de conscience et les applications urgentes, malgré les connaissances acquises en la matière....
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(*)  Dans une enquête édifiante, "Intoxication"la journaliste Stéphane Horel raconte comment, en 2009, le Parlement de Strasbourg a chargé la Commission européenne de définir juridiquement ce que sont les perturbateurs. Car aucun pays ne peut interdire, ni même limiter, l’usage de choses qui n’existent pas dans les textes. Rien de plus simple sur le papier… Sauf que, rapporte la journaliste, les industries chimiques et les fabricants de pesticides ont sorti l’artillerie lourde en matière de lobbying pour contrer une définition qui pourrait leur coûter des millions d’euros. Un rapport très critique contre les perturbateurs est remis en 2012 à la Commission ? Il déclenche illico une contre-attaque : des pseudo-scientifiques prennent la plume dans des revues spécialisées pour le dézinguer, lui et "son approche 'anecdotique' qui ne permet pas d’offrir une 'analyse équilibrée'" de la question. Ces scientifiques œuvrent en réalité au service des grandes entreprises et sont rémunérés pour produire de la sound science ("science sensée"). Ce charabia d’apparence sérieuse ne sert qu’à semer le doute chez les politiques, et donc à retarder toute forme de régulation. Parmi les perles de déni relevées par Stéphane Horel, un texte produit par l’industrie chimique avance même que les perturbateurs n’ont pas plus d’effet sur l’homme que la caféine ou les films d’horreur… Le hic, c’est que ces "doutes" sont opportunément relayés par un certain nombre d’instances bruxelloises, plus désireuses de ménager les industriels que la santé de nos concitoyens. Et toutes ces gesticulations finissent par payer : la définition de ce qu’est un perturbateur endocrinien, qui aurait dû voir le jour en 2013, est restée au fond d’un tiroir.
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- Toxicité à la maison    _____________________________

vendredi 5 avril 2024

On les appelle "éternels"

 

         A cause de leur durabilité et de leur haute toxicité

                          On en débattait encore hier sur France5.  Et dans d'autres émissions précédemment. Depuis vingt ans, les soupçons étaient nombreux. Les doutes aujourd'hui n'existent plus, malgré certaines dénégations, le lobbyisme intense, des doutes savamment distillés et des chantages à l'emploi. On a connu cela naguère avec les problèmes liés à l'usage de la cigarette, à l'amiante...Aux USA, les faits sont avérés depuis longtemps et des affaires judiciaires de grande ampleur sont toujours en cours [ voir ICI et Dark Waters] Les PFAS sont partout, jusque dans nos cuisines. Tous leurs effets nocifs ne sont pas encore connus.                                                                                                                                                                     D'une façon générale, les produits polluants disséminés dans nos intérieurs comme dans nos champs, sont néfastes pour notre santé, certains depuis le stade embryonnaire. Des bombes à retardement, à le neurotoxicité insidieuse, menacent notre vie à bas bruit. S'il reste encore beaucoup de recherches à mener, de faits à établir ou à confirmer, le principe de précaution devrait s'imposer dès que les soupçons sont forts et convergents. Mais on sait déjà assez pour tirer la sonnette d'alarme et alerter les responsables des politiques de santé.

  _______"  C’est une menace invisible qui ne cesse de se propager. Alors que leur présence est déjà largement documentée dans l’eau ou les sols, les « polluants éternels », généralement désignés par le sigle PFAS (pour « substances per- et polyfluoroalkylées »), se retrouvent aussi de plus en plus dans les assiettes. Selon une étude menée par plusieurs ONG et donc les résultats sont publiés ce mardi 27 février, la présence de pesticides contenant ces substances chimiques a explosé entre 2011 et 2021 dans les fruits et légumes consommés en Europe..." ___


        Arkéma est, parmi d'autres, en cause. Des produits chimiques présents dans la pluie, dans notre corps, ce qui est plus problématique. Une dispersion impressionnante, même là où ne l'attendrait pas. Un défi sanitaire majeur. Les victimes collatérales sont nombreuses.                                     Depuis longtemps déjà, ce qui n'était qu'un soupçon ou une hypothèse est devenu une certitude, réfutée seulement par ceux qui, à différents niveaux, ont intérêt à la poursuite de ses usages variés et parfois encore massifs. Sans parler de la pratique de certains pays comme le Brésil, dont nous importons maints produits agricoles. On sait que l'on a affaire à une bombe à retardement. Mais les perturbateurs endocriniens ne perturbent pas trop les Monsanto-Bayer et les autres, qui en font commerce et parfois usage massif, malgré les interrogations et les scrupules qui se font jour ça et là. Les effets sur la santé, commencent à inquiéter plus d'un producteur, dans la logique commerciale dans la quelle ils se trouvent insérés, gros céréaliers, betteraviers ou viticulteurs. Rendement oblige. Les enjeux économiques, à l'échelle internationale, étouffent la voix des chercheurs ou on minimise le risque, en revenant sur les engagement pris. Le fameux "plan écophyto" notamment se voit remis en cause, contre les engagements de l'Etat.                                                                                                       Cette annonce s’inscrit à rebours des engagements pris, des objectifs du plan Écophyto et des attentes de la population. ____« La réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques (c’est-à-dire les pesticides dans le langage courant, ndlr) constitue une attente citoyenne forte et une nécessité pour préserver notre santé et la biodiversité », peut-on ainsi lire sur la page dédiée du ministère de l’agriculture. Les organisations non gouvernementales (ONG) de défense de l’environnement déplorent, de leur côté, « le signal désastreux » envoyé par la suspension du plan Écophyto.  Nombre d’ONG et d’associations militent, en particulier, pour la reconnaissance des effets sanitaires liés à l’exposition aux pesticides chez les agriculteurs et au sein de leurs familles".                                                                                                                           Nos belles campagnes françaises ne sont pas seulement comme marginalisées, trop souvent loin des avantages des services publics, ou de qu'il en reste. La paysannerie, de plus en plus réduite en nombre, sur des terres de plus en plus concentrées, subit, quand elle ne reste pas traditionnelle ou semi-traditionnelle, des pressions fortes pour s'insérer dans le monde des multinationales ou de l'industrie alimentaire locale, qui ont souvent une puissance insoupçonnée, non seulement pour fixer les prix de production sans négociation, mais aussi pour imposer l'achat  des produits phytosanitaires et des intrants. C'est le monde de l'agrobusiness, qui fait beaucoup de perdants, sous la pression de puissants lobbies, qui se sont installés jusque dans le monde des coopératives agricoles, avec l'appui de syndicats puissants, au nom du "progrès". Un système qui s'est imposé, notamment en Bretagne, qui produit ses winners et trop souvent ses loosers, quand le poids des dettes se fait trop fort et que la course au rendement produit des effets délétères.                   ____ L'accoutumance à l'emploi encore systématique du glyphosate, notamment, est devenue persistante, malgré les mises en garde, les études qui aujourd'hui ne permettent plus de douter de leur nocivité pour la santé des utilisateurs et de l'environnement, sans parler de la qualité des sols. Que ce soit des produits de Bayer-Monsanto ou d'un autre. Leurs effets nocifs sur le système endocrinien sont maintenant bien connus, surtout après les études sur le sujet, en France ou ailleurs, notamment les travaux de Marie Robin. Malgré les dénégations des vendeurs où le doute constamment instillé.                                ___________

samedi 6 avril 2024

L'exemple vient du haut...

 Ça commence à se savoir 

         Neurotoxicité en question

             Question de bon sens et de responsabilité.

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