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vendredi 24 octobre 2008

La bulle est aussi sociale





L'inégalité des revenus est la cause principale de la bulle spéculative, mais les conséquences de celle-ci vont la renforcer

La bulle sociale:

" Si elle est indispensable au fonctionnement du système économique et financier, à sa fiabilité comme à sa fluidité, il faut bien admettre que la confiance constitue aussi le fondement de nos sociétés, confiance qui n’est pas donnée et peut se perdre entre populations même après une longue cohabitation, on l’a vu encore récemment. On ne peut absolument pas se reposer sur la stabilité d’un ordre social qui peut assez facilement se disloquer et retourner à la barbarie, de même qu’il ne faut pas trop se fier à l’apparente soumission ou résignation des classes populaires. Là aussi, un peu trop de confiance dans la stabilité sociale amène à négliger assez le risque systémique pour s’engager dans une surenchère d’arrogance et d’étalage des richesses qui sombre dans le bling-bling pendant que la précarité et les inégalités explosent. On a fait des révolutions pour moins que ça ! Rien ne laisse présager encore le retour de mobilisations sociales, bien trop faibles pour l’instant, mais ce n’est pas seulement le système financier qu’il faudra refonder, le pacte républicain aussi, qu’on le veuille ou non ! et, pour cela, il faudra crever tout autant les bulles écologiques et sociales.Ce qui permet aux bulles spéculatives de gonfler pendant des années, semblant démentir toute analyse rationnelle, tient à la certitude que tout continuera comme avant. Pourtant, on sait bien que les temps changent et que les civilisations sont mortelles. Les causes de l’effondrement peuvent être externes (guerre, épidémie) ou internes (écologiques ou sociales) de simplement passer la mesure par défaut de régulation. On constate historiquement qu’un peu d’inégalités dynamise une société, signe de toute civilisation, mais tout autant que trop d’inégalités peuvent provoquer son effondrement. On a vu aussi, avec les analyses de la crise de 1929 par Eccles, Galbraith, Livingston, que trop d’inégalités et un partage capital/travail trop favorable au capital menaçaient l’économie elle-même en nourrissant la spéculation financière. C’est sans doute la leçon qu’il faut retenir de la crise actuelle, leçon qui avait été oubliée depuis quelque temps déjà...

-Une mise à l'épreuve brutale du système par capitalisation:
"...Même à court terme, "les fonds de pension sont aujourd'hui touchés par la crise car ils doivent assurer des liquidités jour après jour, au fil des départs à la retraite de leurs adhérents. Or les actifs qu'ils détiennent et qui sont évalués, comme les normes comptables actuelles l'exigent, trimestre par trimestre, ont perdu de leur valeur avec la chute des marchés", ajoute Anne Lavigne, professeur de sciences économiques à l'université d'Orléans.Dans les pays qui ont opté principalement pour la retraite par capitalisation, les salariés disposent de deux types de dispositifs : soit des fonds de pension publics, d'entreprise ou de branche dits "à prestations définies", qui offrent des retraites selon un mode de calcul prévu à l'avance ; soit des plans de retraite dits "à cotisations définies" qui prévoient seulement le montant des cotisations de l'entreprise et du salarié. La pension dépendra in fine de la façon dont l'épargne a fructifié. Aujourd'hui, le sort des uns comme des autres n'est guère enviable. "Il n'y a pas de mystère. Pour les fonds de pension à prestations définies, les cotisations devront augmenter. Pour ceux dits à cotisations définies, les prestations vont baisser", prévient Agnès Bénassy-Quéré, directrice du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii). "Les retraités et les épargnants perdent fortement avec la crise financière", ajoute-t-elle...."

-Face au séisme financier, l'onde de choc sociale est redoutée:
"L'impact social en France de la crise financière suscite perplexité et inquiétude chez les économistes et les syndicalistes : s'il est certain que le chômage et la précarité augmenteront, il est encore difficile de savoir dans quel délai et avec quelle ampleur.Les responsables syndicaux ont déjà tiré la sonnette d'alarme, à l'image de l'économiste de la CGT Jean-Christophe Le Duigou, qui craint "à assez court terme une remontée du chômage de plusieurs centaines de milliers de chômeurs".Vendredi, la CGPME, qui siège à l'Unedic, a fait état de données "préoccupantes" venant des Assedic sur une remontée "brutale" du chômage..."

-Où va la crise ?:
"..Tout se passe aujourd’hui comme si la crise était une sorte de cataclysme naturel qui frappait tout le monde de la même manière, et Fillon, le Premier ministre français n’a pas manqué de faire appel à l’unité nationale. Le climat de panique est mis à profit pour que chacun se mette dans la peau d’un spéculateur. Les faillites bancaires sont présentées comme une menace qui pèse aussi sur les plus modestes déposants. Tout ceci n’est évidemment pas de l’ordre du complot, mais contribue à occulter les enjeux sociaux que l’on peut résumer en posant la vraie question : qui va payer les pots cassés ?
Dans l’esprit des possédants, il faut que ce soit les travailleurs qui sont d’ores et déjà en première ligne, non pas tant comme épargnants que comme salariés ou retraités. La crise a déjà ruiné des millions de ménages aux Etats-Unis mais elle est lourde de conséquences très graves, d’abord pour les retraités des pays où les fonds de pension sont plus développés, comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Dans ces deux pays, le système était déjà au bord de la faillite et la valeur réelle des pensions va évidemment s’effondrer avec la chute boursière. C’est une leçon à tirer : décidément, c’est une très mauvaise idée de jouer sa retraite à la Bourse et tout plan de sauvegarde devrait prendre en compte cet aspect des choses qui est bien sûr absent du plan Paulson.Les salariés sont doublement dans le collimateur : directement, parce que les entreprises vont tenter de compenser leurs pertes financières par un blocage des salaires encore plus strict, en prenant pour argument les risques d’inflation, le prix du pétrole et en profitant du climat général d’incertitude. Ils vont subir aussi les effets indirects de la crise financière sur l’économie réelle qui va entraîner son lot de faillites et de licenciements. Les destructions d’emploi ont déjà commencé aux Etats-Unis ou en France. Ils seront également les premières victimes de la réduction des dépenses sociales destinée à compenser la charge des plans de sauvegarde..."

-Michel Aglietta : les salaires se sont déconnectés de la productivité
-LA CRISE SOCIALE N'EST PAS LOIN
-Les conséquences de la crise financière sur les collectivités territoriales
-Crise des subprimes - Wikipédia

jeudi 23 octobre 2008

Que fera la Chine ?


Transition probable de l'économie chinoise vers son marché intérieur? Plutôt une bonne nouvelle...Tant pis pour la dette américaine! Mais la récession sera sévère et obligera les USA à faire d'autres choix économiques.

Quand la Chine vacille… les Etats-Unis trinquent:

."Ça y est : la Chine s'effondre ! Les manchettes du Monde et du Figaro du mardi 21 octobre sont formelles : l'Empire du Milieu a vu sa croissance passer sous la barre des 10% lors des trois premiers trimestres de 2008 ! En cause, l'affaiblissement des marchés occidentaux qui priverait la machine industrielle chinoise de débouchés. Une mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis dont une partie substantielle de la dette est détenue par des organismes publics ou privés chinois, dont les garanties sont désormais fragilisées"_________

"« Pour commencer, il est important de ne pas exagérer : en passant de 11% à 9%, la Chine passe d'une croissance excessive à une croissance très élevée. Jusqu'à maintenant, la marché américain était le principal tracteur de la croissance chinoise. Les bénéfices que la Chine tirait de ce marché, elle les utilisait pour acheter des produits issus de la dette américaine, publique ou privée. Etant donné la situation, il serait assez logique que les opérateurs chinois fassent un arbitrage différent entre les titres américains et les autres.


Le centre ville de Schenzen. Crédit : FlickR CC / Carbon49
(Le centre ville de Schenzen)
Depuis cet été, les autorités chinoises ont pris des décisions qui laissaient entendre que le pays se tourne vers son marché intérieur pour anticiper la fermeture des marchés européens et américains. Ils ont augmenté les salaires, revu les conditions de réinvestissement dans le pays... autant de mesures qui ont pour but de donner du revenu aux Chinois pour acheter chinois. S'ils continuent dans cette voie, leur croissance se maintiendra, mais à un niveau plus faible qu'aujourd'hui et dégagera moins d'excédent.
Or, cela pose un énorme problème aux Etats-Unis car ils sont très dépendants des excédents chinois pour financer leur dette, d'autant plus qu'ils ont un très faible taux d'épargne. Les Américains épargnent pour 15% de leur PIB là où les Chinois épargnent pour 38% du leur. Autrement dit, les premiers vivent très au dessus de leurs moyens et les seconds très en dessous. Si la Chine se referme sur son marché intérieur et arrête d'injecter ses excédents dans l'économie américaine, les ménages américains vont devoir épargner plus, rogner sur la consommation et donc pénaliser l'économie américaine !
Le marché américain sera moins stratégique comparé aux marchés émergents des BRIC (Brésil, Inde et Chine) et les Etats-Unis ne pourront pas éviter 4 à 5 ans de récession. Les autorités américaines le savent déjà car la seule chose qui permettra de redynamiser l'économie américaine, ce sera un grand plan comme celui pour lequel s'est prononcé lundi Ben Bernanke, le patron de la Fed. Mais un tel plan coûtera de l'argent à l'Etat qui sera obligé de s'endetter, de vendre des actions du Trésor et donc de laisser plonger le dollar, faisant remonter l'euro par la même occasion. Ce sera la « nasty recession » qu'a prédit Paul Krugman.
Je ne crois pas à l'hypothèse d'un effondrement chinois : les déséquilibres régionaux sont tellement évidents qu'ils ont probablement été anticipés. Qui plus est, la Chine dispose de nombreuses marges de manoeuvre : la grande souplesse de sa monnaie qui n'est que partiellement convertible, une banque centrale quasi publique... Si la Chine se tourne bel et bien vers son marché intérieur, sa croissance sera beaucoup moins déstabilisante pour l'économie mondiale».
Jacques Sapir
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QUEL VA ETRE LE ROLE DE LA CHINE DANS LA CRISE SYSTEMIQUE ?
-Washington à Pékin : « Rien ne va plus, continuons »
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Craindre la Chine ?
- Mondialisation à crédit
- Economie chinoise : fragilités
-Chine et Etats-Unis : condamnés à vivre en paix ?

mercredi 22 octobre 2008

USA : période cruciale

Changement d'ère?

Les mois qui viennent semblent être de la plus haute importance pour l'avenir des USA , entre effondrement financier, qui n'est pas arrivé à son terme, et récession grave, dont les conséquences commencent déjà à apparaître.
Que pourra faire OBAMA ?
Est-ce le début de la fin d'un empire , d'une hégémonie économique planétaire ?
L'incertitude est totale...______________

«Les citoyens américains dans leur quasi-totalité considèrent le système économique qui est le leur comme idéal, n’envisageant sa réforme possible que sur des aspects mineurs. Suggérer à un Américain que certaines des institutions de son pays pourraient être améliorées si l’on s’inspirait de l’expérience d’autres nations, produit toujours chez lui la même consternation: s’il lui paraît admissible que certains détails soient révisables, l’idée que d’autres nations auraient pu faire mieux à ce sujet est pour lui inacceptable. Et c’est pourquoi on pourrait être tenté de qualifier le capitalisme tel qu’on le trouve aux États-Unis non pas de “sauvage”, mot qui suggère un certain archaïsme, mais de “fondamentaliste”.» (Paul Krugman)

On cause socialisme à Washington:

"(Ainsi) est-ce par rapport à la crise et à ses pressions qu’il importe de raisonner, et non par rapport aux candidats, aux partis perçus d’une façon conventionnelle, à leurs projets supposés selon les normes du système. Nous ne sommes pas dans une situation normale, nous devons écarter les certitudes de la normalité et être ouvert aux choses les plus inattendues, sans qu'elles garantissent rien bien entendu. Ainsi, le débat polémique qui s’est ouvert au coeur de la campagne concernant le pseudo-“socialisme” du camarade-candidat Obama doit-il être considéré comme un fait important. Pour fixer les idées, voici quelques extraits d’un texte de CNN.News du 20 octobreGov. Sarah Palin continued the GOP offensive Sunday, attacking Sen. Barack Obama's tax plan as “socialist,” and though Sen. John McCain tempered his allegations, his message was the same...
Ce qui nous a arrêtés, c’est la généralisation et la profondeur de la réflexion réformiste au sein et autour du parti démocrate; c’est la rapidité du renversement de la réflexion également, vers des observations qui, il y a seulement deux mois, eussent été simplement impensables, comme autant de sacrilèges inconcevables pour l’esprit américaniste.
Voici qui est peu ordinaire; qu’un parlementaire aussi intégré dans le système, aussi corrompu psychologiquement par le système qu’un Barney Franks, président de la commission financière de la Chambre, remarque ceci: «[T]he nation is entering a period of resurgent government activism that will resemble Franklin Roosevelt's New Deal of the 1930s. This is the end of the era of extreme laissez-faire, of ‘Don't tax it, don't regulate it’. That has now been totally evaporated.» … Qu’un investisseur classique (David Kotok, directeur des investissements à la firme de gestion financière Cumberland Advisor) nous parle du rythme des facteurs fondamentaux de la situation économique dans ces termes: «We nationalized financial institutions and banks by executive fiat. Once this begins to occur, this trend has only one direction to go. The free-market-capitalism economy is history.»...
Libéré de la pression d’une Maison-Blanche incontrôlable, un Congrès fortement, voire dictatorialement démocrate, pourrait libérer toutes les forces retenues pendant huit ans de domination terroriste et intellectuelle de l’“idéologie républicaine” dans le cadre de la terreur post-9/11, avec le champ de la crise dont la responsabilité est massivement attribuée aux républicains (les 30 ans de laissez-faire, rétabli comme idéologie agressive et impérative par le reaganisme) pour exercer sa vindicte,et un soutien populaire à mesure. Il y a de quoi donner le vertige...
Le système est dans une situation incertaine, dans une situation tragiquement incertaine parce que l'incertitude est dans ce cas une tragédie . Comme tout système, il n’a pas d’orientation, de but, de concept, par lui-même. Ce sont ses “cadres” qui s’en chargent, avec comme orientation de protéger et de renforcer ce système. Lorsque les “cadres” commencent à avoir un problème avec la conceptualisation de la dynamique systémique, problème allant jusqu’à une mise en cause, le système a un problème qui pourrait aller jusqu’à sa mise en cause. C’est le cas aujourd’hui....
Cela revient à notre fameuse “fable des termites et des conduites pourries”, que nous présentions le 22 septembre: «On the subject of budget deficits, Gallagher is fond of quoting the late economist Herb Stein, who said that the problem isn’t that wolves are at the door, it's that termites are in the foundation. Some of our country’s problems are termites, not wolves. Unfortunately, as Gallagher warns, our system is geared more toward dealing with wolves.» Ce qui vaut pour les conduites pourries vaut après tout pour les psychologies… C’est l’ennemi intérieur dont il y a tout à craindre, c’est soi-même, la psychologie humaine avec ses entraînements incontrôlables..."

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- La fin de l’empire et le nouvel ordre mondial
-Récession aux USA? Personne ne veut prononcer le mot en "R"...
- La récession pourrait durer jusqu'en 2011,
-Roubini : récession inévitable et risque accru de krach financier majeur : Une crise pas imprévisible pour tout le monde...

-Dean Baker:«Cette récession sera la plus féroce depuis la Seconde Guerre»
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-Crise et dépenses militaires US
- l' Etat dépollue
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-Où va l'Empire américain ?
-La fin de l'empire est proche
-Le déclin de l’empire américain a t-il commencé ? | AgoraVox

mardi 21 octobre 2008

Bourse : raison ou déraison ?

"Il a rarement été aussi difficile de dégager un consensus entre les analystes financiers, les économistes et les stratégistes de marché.
Tous nos oracles sont impuissants face à la crise financière. L'incertitude est à son paroxisme..."

"La situation est vraiment paradoxale : jamais il n’y a eu autant d'informations financières disponibles, mais jamais la base objective sur laquelle appuyer l’évaluation des cours n’a été aussi mince car le déploiement de ce qu’on appelle la nouvelle économie et l’interconnexion de tous les marchés augmentent le niveau d'incertitude" (PN Giraud)__________

Les marchés financiers sont-ils rationnels ?:
"...L'hypothèse la plus communément véhiculée par les médias et retenue par le grand public est celle d'une folie collective qui serait venue perturber la capacité des investisseurs à estimer correctement les bénéfices futurs des entreprises et, en conséquence, leur valeur fondamentale. Cette approche nous semble insuffisante : elle conserve du modèle orthodoxe l'idée centrale que les opérateurs de marché se détermineraient à partir de leur estimation de la valeur fondamentale. Il faut, selon nous, abandonner cette conception de la rationalité financière. Sur un marché, les acteurs ne se déterminent pas en fonction de leur estimation de la valeur fondamentale mais en fonction de l'évolution attendue des cours. Aussi le regard des opérateurs n'est-il pas tourné vers l'économie réelle mais vers le marché lui-même pour en prévoir les prochains mouvements d'opinion. Ce qui conduit les agents à acheter ou à vendre dépend étroitement de ce qu'ils pensent que les autres feront. Le rôle du mimétisme y est essentiel. Dans ce contexte, il peut y avoir des bulles sans irrationalité de la part des agents : elles résultent d'une croyance généralisée dans la hausse future des cours....
Un individu est rationnellement amené à acquérir le titre à un prix supérieur à sa valeur fondamentale dès lors qu'il pense que d'autres sont prêts à l'acquérir à un prix encore supérieur dans le futur
.
C'est l'anticipation de l'évolution des cours qui détermine l'action des investisseurs. On parlera de rationalité "autoréférentielle" pour désigner cette forme spécifique de rationalité tournée exclusivement vers les opinions des autres. Le rôle de la rationalité autoréférentielle est bien connu des praticiens de la finance. Dans son ouvrage "La Bourse : mythes et réalités", l'un d'entre eux, Pierre Balley, souligne :Peu importe la qualité du raisonnement s'il doit être démenti par la Bourse, c'est-à-dire par l'opinion collective qui y prédomine. Pas plus qu'un homme politique, le gestionnaire ou l'analyste ne peut avoir raison contre l'opinion majoritaire de ses électeurs : c'est le marché qui vote. C'est pourquoi il importe, au-delà de l'étude des entreprises, de prendre conscience des courants d'opinion qui peuvent agiter la Bourse....

-KEYNES : les bourses, c'est du court terme irrationnel !

-Les investisseurs sont-ils rationnels ?

-Marchés financiers(Objet application/pdf)
-APPRENDRE LA BOURSE
-Des astres à la bourse, l'astrologie appliquée aux marchés.

lundi 20 octobre 2008

Une autre Allemagne ?

21 mai 2008 - Selon le dernier rapport du gouvernement allemand sur la pauvreté et la richesse en Allemagne, la pauvreté concernerait 13% de la population outre-Rhin. Un chiffre qui serait deux fois plus élevé sans les prestations sociales (allocation de chômage de longue durée, aide au logement, allocations familiales…)

Allemagne : trop de justice pour les pauvres - ça va changer !

"L’octroi de l’aide juridique aux personnes de faibles ressources revient trop cher à l’Etat. Cette aide est doublement inconfortable pour le gouvernement, car les pauvres l’utilisent pour gagner des procès contre lui. Concernés sont surtout des travailleurs pauvres et des chômeurs relevant de la loi Hartz 4, mais plus général toute personne qui ne dispose que de faibles revenus.
Une justice accessible à tous, que l’on soit riche ou pauvre, c’est bien naturel pour un pays démocratique faisant partie des puissances économiques des G8. Le dispositif qui réalise cette accessibilité est l’aide juridique, un acquis social bien ancré en Allemagne et dans bien d’autres pays. Mais, à en croire le Conseil fédéral, les pauvres en abusent : le 10 octobre 2008, il a décidé un projet de loi[1] qui vise à rendre plus difficile l’octroi de cette aide permettant aux indigents d’avoir un conseil ou une assistance juridique professionnelle quand ils en ont besoin. Maintenant c’est au Parlement fédéral de s’en occuper..."

-Les dessous de l’Allemagne- Université de Hambourg : des scientifiques à un euro:
"Une douzaine de scientifiques sans emploi ont été obligés par la “Bundesagentur für Arbeit” (agence allemande pour l’emploi) à travailler pour l’université de Hambourg. Il s’agit du fameux “travail à un euro introduit” par la réforme Hartz IV. Si on a cru que ces mesures de coercition ne sont appliquées que sur des chômeurs peu qualifiés, on doit revoir ses convictions. Pourquoi faire venir des gens diplômés de pays lointains pour un salaire “compétitif” si on dispose de scientifiques chez soi qui, de plus, font un travail hautement qualifié pour un euro de l’heure, et ceci sans que l’employeur ait à payer ni cotisations sociales ni salaires ?...
>>
Actu6 Chomage : Les dessous du plan Hartz
>>Réformes Hartz - Wikipédia
>>Berlin: 50000 plaintes contre Hartz 4
>>Allemagne : le rouleau compresseur de la précarité
->>Allemagne : le retour du STO pour les chômeurs est une réalité -
>>La pauvreté explose en Allemagne
-La surveillance en Allemagne
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- Les Allemands désorientés
-Allemagne : la crise se confirme
-Le Temps - international-CRISE: une nouvelle chance pour le SPD ?

dimanche 19 octobre 2008

Crise : points de vue en vrac


1- L'UMP s'attaque à la «refondation du capitalisme»:
"La commande a été passée par Nicolas Sarkozy à Toulon, le 25 septembre : il faut «refonder» le capitalisme. L'UMP commencera les travaux mercredi, en consacrant une première réunion de ses «ateliers du changement» aux «nouvelles règles du jeu du capitalisme financier». Frédéric Lefebvre, maître d'œuvre de l'opération, animera une table ronde rue La Boétie avec Gilles Carrez et Philippe Marini, les rapporteurs généraux du budget à l'Assemblée et au Sénat....
Le dispositif mis en place par Nicolas Sarkozy suscite lui aussi des réserves au sein de la majorité. Si l'ancien ministre du Budget Alain Lambert est le seul à juger le plan «insensé», parce qu'«on va mettre de l'argent à la disposition des banques sans avoir les moyens de contrôler ce qu'elles vont en faire», les deux rapporteurs généraux du budget rivalisent de conseils de prudence..."
>> Les Vingt-sept appellent à une refondation du capitalisme
>>La crédibilité de Nicolas Sarkozy

2-( Les Inrock) Pourquoi la crise: P. LARROUTUROU:
".... Pourquoi le pays le plus riche du monde est-il si endetté ?
C’est en prenant du recul et en analysant les statistiques données par la Réserve fédérale pour les cinquante dernières années qu’on comprend vraiment d’où vient cette crise. Entre 1950 et 1980, le ratio dette/PIB était parfaitement stable aux Etats-Unis car l’économie était régulée par un compromis “fordiste” : un certain nombre de règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable des gains de productivité entre salariés et actionnaires. Ces règles du jeu furent à l’origine des trente années de forte croissance que connurent les Etats-Unis et l’Europe.
Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison Blanche. C’est à partir de là que la dette va considérablement augmenter. D’abord la dette publique (à cause des baisses d’impôts sur les plus riches), mais surtout la dette privée, parce que la précarisation du marché du travail amène à une baisse de la part des salaires dans le PIB : un nombre croissant de ménages américains sont obligés de s’endetter pour continuer à consommer.
Dans un contexte de gains de productivité très élevés, les politiques libérales ont provoqué sur le marché du travail une précarité catastrophique.
Le dernier rapport économique de la Maison blanche indique que la durée réelle moyenne du travail (sans compter les chômeurs) est tombée à 33,6 heures car des millions de salariés américains ne font que 10 ou 15 heures par semaine. Petits boulots, petits salaires… Des millions d’Américains ont vu leurs revenus diminuer depuis vingt ans. Si la consommation a continué d’augmenter, c’est uniquement parce qu’on aura poussé les classes moyennes et les pauvres à s’endetter chaque année un peu plus. Jusqu’à s’endetter au-delà du raisonnable.
En générant des millions de petits boulots, on sape durablement la demande. Il fallait donc lâcher la bride du crédit. D’une main, on enlève du salaire aux travailleurs pour mieux rémunérer les actionnaires, de l’autre on leur prête de l’argent pour qu’ils continuent à acheter ce que produisent les entreprises. La crise actuelle n’ est pas due seulement à l’inconscience de quelques traders fous. Le problème est plus grave et plus profond : pour assurer un maximum de bénéfices aux actionnaires tout en maintenant le niveau de consommation du plus grand nombre, le néolibéralisme a eu structurellement besoin d’un endettement croissant. Comme l’explique Patrick Artus, directeur des études de la Caisse des dépôts et consignations, “sans la hausse de la dette des ménages, la croissance serait nulle en zone euro depuis 2002”. En Grande-Bretagne, la dette des ménages dépasse les 160% du revenu disponible. Une étude récente montre que, sans l’augmentation de la dette des ménages, la Grande-Bretagne serait en récession depuis 2002 !
C’est un point fondamental : la crise ne vient pas de la rémunération excessive des banquiers et des pdg, mais d’une rémunération insuffisante de l’ensemble des salariés pendant vingt-cinq ans...."

3-
Des nouvelles règles pour sortir d’un système toxique-(Susan George):
"Panique à bord ! Péril en la demeure ! Feu au lac ! La situation est-elle devenue suffisamment dramatique pour qu’enfin les dirigeants européens prêtent l’oreille à ceux qui dénoncent depuis de longues années l’économie-casino, le tout-marché et l’empire de la finance déchaînée ? Ceux qui ont gobé l’idéologie, affirmé comme Mme Thatcher qu’il n’y avait "pas d’alternative", ou cru pouvoir "humaniser" le néolibéralisme en sont pour leurs frais. Ecouteront-ils à présent ?
Les partis sociaux-démocrates qui ont choisi d’accompagner ce système se sont rendus complices de son projet : enrichir indécemment une minorité, augmenter substantiellement la part du capital dans le partage de la valeur ajoutée, mettre les salariés partout sur la défensive, se faire aider des Etats, de la Commission et de la Banque centrale européennes (BCE).La crise vient de l’explosion du crédit, surtout aux Etats-Unis, de "l’effet de levier" permettant la création de 40 dollars et plus pour chaque dollar "réel". Elle résulte des "innovations" des banques, débarrassées de toute entrave. Leur métier ? Mélanger toutes sortes de dettes, en faire des saucissons, les trancher et vendre les tranches à d’autres avec l’aide des agences de notation accordant des labels AAA de complaisance...."

4-La nouvelle pompe à phynance
« Encore une fois, je veux m’enrichir, je ne lâcherai pas un sou »
(Ubu roi, acte II, scène 7)
"...il y a la crise financière. Car le fléau de la phynance sait se donner des expressions variées. Cette phynance-là ne se confond pas avec celle – actionnariale – qui pompe au quotidien et silencieusement ; elle procède plutôt à grand fracas et par éruptions – quoique celles-ci deviennent récurrentes et, à force, d’une quasi-permanence pénible. À défaut de pomper directement, la merdre financière de la crise fait chier par la bande : comme le Père Ubu, elle sème une telle désorganisation dans la vie matérielle de la société, et d’abord parce qu’elle détruit les fonctionnements réguliers du crédit, qu’elle finit immanquablement en pertes de croissance et d’emplois. Comme on se demande jusqu’où l’on tolérera les progressions de la captation actionnariale, il faut se demander jusqu’à quand nous sommes prêts à souffrir l’éternel retour de la crise des marché..."
>>Petit cours d’économie politique en temps de crise | AgoraVox

5-La corbeille:
"Il y a quelques semaines encore, l’affaire était entendue : hors quelques coups de tabac périodiques et secondaires comme en connaissent les maisons les mieux tenues, le capitalisme était increvable. Arrimé à sa commère la démocratie, le système était là pour toujours, « horizon indépassable de notre temps », comme disent les têtes pensantes de la rue de Solferino. Depuis la chute du Mur, une fois déblayés les décombres du « socialisme réellement existant », nous pouvions célébrer tout à la fois « la mort des idéologies » et « la fin de l’Histoire ». Plus personne pour dire bien fort, après Saint-Just, que « la Révolution doit s’arrêter à la perfection du bonheur » : nous devions apprendre à nous satisfaire de ce que nous avions, soit – inusable formule de Churchill ! – « le pire des systèmes à l’exception de tous les autres ». Comprenez : la main invisible du marché dans la culotte de soie d’une ploutocratie arrogante qui, du haut des privilèges qu’elle s’octroie, ose se réclamer du peuple souverain. Ou encore, dit autrement et théorisé par Dame Thatcher [1] et ses disciples : le règne de Tina (« There is no alternative »). C’était hier encore. Aujourd’hui, on appelle en urgence l’intervention de la main de fer de l’État (dans son gant de velours, quand même, hein !)..."

6-Prédation et prédateurs
"« On est passé d’un capitalisme du laisser-faire à un capitalisme de la brutalité. Il faut, au XXIe siècle, instaurer un capitalisme de la responsabilité. » (Daniel Brennan, Corporate Social Responsibility [24].)

En 1975 s’est produite une rupture dont on ne saurait surestimer l’importance. Entre autres phénomènes elle nous a fait entrer (ou revenir), sans que rien ne nous y ait préparés, sous le régime de la prédation..."

samedi 18 octobre 2008

Crise : dernières nouvelles


1-Comprendre les plans de sauvetage:
"...Le plan de sauvetage français repose, lui, sur deux piliers. Une enveloppe de 40 milliards d'euros est destinée à d'éventuelles recapitalisations. Par ailleurs, une société de droit privé est créée, la Société de refinancement. Elle est présidée par Michel Camdessus, ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI). L'Etat en sera actionnaire à hauteur de 34 %, ce qui lui donne une minorité de blocage. Les 66 % restants sont détenus par les banques. En échange d'actifs "de bonne qualité" (point sur lequel la ministre de l'économie Christine Lagarde a insisté) qui serviront de gage en cas de défaillance, elle refinancera les établissements de crédit en leur prêtant du cash. L'Etat se portant garant à hauteur de 320 milliards d'euros. Cette approche vise à permettre aux banques de prêter de nouveau aux entreprises et aux particuliers. Elle n'a pas pour objectif direct de faire refonctionner le marché interbancaire. C'est donc un mécanisme différent de celui promu par les Britanniques....
l'enveloppe de 40 milliards d'euros sera-t-elle suffisante ? Paris a déclaré qu'il ne laisserait tomber aucun établissement bancaire. Implicitement, cela signifie que le gouvernement est prêt à porter secours à l'ensemble des établissements français... donc à dépenser 3,5 fois le PIB. C'est inimaginable...Toutes ces mesures sont des rustines. Elles se substituent au marché interbancaire mais ne le relancent pas. Ce dernier a beaucoup de mal à repartir : les établissements ne se font pas assez confiance entre eux pour se prêter. Si les Bourses ne montrent pas une tendance à la hausse, les gouvernements risquent d'être obligés de prendre d'autres dispositions...."

2-L'Etat crée une société écran pour prêter 320 milliards aux banques sans avoir l'air de s'endetter:
"En temps de crise, la dette est plus que jamais un honteux secret de famille. Pour éviter d'affoler le contribuable et de s'attirer le courroux des autorités européennes, le ministère de l'Economie et des Finances a décidé de créer… une société écran pour mettre à disposition 320 milliards d'euros de garantie sans faire bondir la dette publique de 20%.
Détaillé par le rapport du sénateur Marini sur le projet de loi de finances rectificative présenté mardi 14 octobre, le montage consiste tout bêtement à confier aux banques une majorité des parts de la «société de refinancement» créée pour l'occasion et de ne conserver pour l'Etat que 34%. Sous la loupe de critères d'Eurostat (l'organisme statistique de la zone euro), les 66% d'actifs détenus par des entreprises privées en font une structure commerciale dont la dette, toute colossale qu'elle soit, ne rentre pas dans les comptes publics. L'Etat, de son côté, se ménage une minorité de blocage et le droit de veto d'un commissaire du gouvernement pour contrôler les opérations....
Derrière l'écran de fumée, les deniers publics seront donc gérés par un banquier au service des banques. Et la dette ? Pas d'inquiétude : elle ne deviendra celle de l'Etat que si les banques viennent à faire défaut dans le remboursement des emprunts contractés auprès de la société de refinancement. Il suffit donc juste d'avoir confiance dans le système bancaire français."

3-Et l'économie réelle ?:
"...craintes principales se sont déplacées de la sphère financière au sens strict vers la sphère réelle. Les acteurs financiers redoutent désormais surtout une récession profonde et durable tant aux États-Unis qu'en Europe. Tandis que la Chine ou l'Inde, qui, mesurées en dollars ou en euros, restent encore de « petites » économies, pourraient bien connaître elles aussi un ralentissement marqué et des troubles financiers graves compte tenu des bulles spéculatives qui s'y sont également formées....Rarement l'avenir de l'économie mondiale aura si fortement dépendu de l'attitude des gouvernements européens. Seront-ils capables dans l'urgence de sortir des règles qui paralysent leurs politiques budgétaires comme ils ont été, finalement, capables de ranger au placard celles qui leur interdisaient théoriquement de renflouer leurs banques ? On le saura bientôt..."

4-Un plan de sauvetage pour les villes spéculatrices | Rue89:
"...Par où la crise va-t-elle arriver? Les villes seront-elles les prochaines cibles de l'effondrement boursier? Les départements? Les régions? Alerté depuis des mois, le gouvernement prépare un plan de sauvetage des collectivités locales: « plusieurs milliards d'euros », selon une source officielle.Place Beauvau comme à Bercy, on suit en effet la situation de près. L'estimation des encours de prêts pour les collectivités locales en 2008 s'élève à 67 milliards d'euros. Or, sur cette somme, 10 milliards seraient des « produits toxiques », précise-t-on dans l'entourage de la ministre de l'Intérieur, Michèle Aliot-Marie. L'agence de notation financière Fitchratings estime, elle, ces produits toxiques à 20 à 25 milliards d'euros. En juillet, elle livrait le diagnostic suivant:« Ces produits, qui comportent généralement des contrats d’option très risqués, ont déjà entraîné certaines collectivités dans une fuite en avant qui pourrait les mener jusqu’à l’insolvabilité. »Car les principales banques manquent de liquidités pour faire face aux demandes croissantes des collectivités locales...
C'est la deuxième fois que les élus autorisent la collectivité à prendre des risques sur les marchés financiers. Et pas n'importe lesquels: le même jour, dans la délibération «Recours aux instruments de couverture du risque de taux et de change en 2009», un chiffre est lâché:«Au 31 décembre 2007 le portefeuille d'instruments de couverture comprenait 48 contrats représentant un montant notionnel de 955 068 669,46 euros, soit 57,40 % du stock de dette.»En clair, sur les 1,7 milliard d'euros de dette, 57% sont adossés à des produits spéculatifs. Le banquier du Grand Lille? Dexia... la banque qui assure les trois-quarts des crédits dédiés aux collectivités territoriales françaises...."
>>Sauvetage des villes : Matignon confirme

5-L’inégalité des revenus, cause des bulles spéculatives:
Retour sur l’analogie entre inflation monétaire et inflation des actifs. A quelle condition peut fonctionner une relance de la demande Keynésienne, qui consiste à injecter de la monnaie supplémentaire dans une économie anémiée ? Lorsque des capacités de production sont sous employées. Au-delà, l’apport monétaire bute sur l’inélasticité de l’offre et ne se traduit plus par une élévation de la production, mais simplement par une hausse des prix. Et dans les actifs ? Le processus est le même. L’épargne, le surplus de capital, ne produisent d’effets positifs qu’à condition de trouver une offre d’investissements où s’employer utilement. Mais son élasticité, comme celle de l’offre des biens et services, n’est pas infinie. Que trop de capitaux cherchent à s’investir simultanément, et rapidement les possibilités d’emplois en viennent à se tarir. Et comme dans le cas de l’offre des produits et services, les prix commencent alors à monter. L’investissement spéculatif prend alors le pas sur l’investissement productif. L’excès de capital peut donc être aussi néfaste à l’équilibre économique que l’excès de monnaie. A ceci près que si la sévérité anti-inflationniste - structurellement défavorable aux salariés - fait désormais partie de la vulgate, dans nos sociétés l’excès de capital - qui croît en proportion avec les inégalités de revenu - est lui salué d’applaudissements nourris. La croissance exponentielle du nombre de milliardaires, le luxe ostentatoire, les patrimoines équivalents à des millénaires de revenus, nous sont présentés comme autant de réussites exemplaires, preuves des succès d’une économie en plein boom. Alors que ce ne sont que les signes avant-coureurs d’une bulle dont le dégonflement risque de mettre nos sociétés à genoux....

6-L'Ecureuil a bouffé ses noisettes :
"L’écureuil, figure emblématique de l’épargne française, avec ses noisettes, a perdu 600 millions d’Euros. Son fameux livret A représente l’épargne favorite des Français, avec près de 46 millions de livrets, 3 Français sur 4. Ces gens-là avaient mis leur argent au chaud. Un placement pépère, sans risque. Mais, officiellement, ils n’ont pas à s’inquiéter...."
>>Caisses d'épargne : le président du directoire dit se sentir "responsable"

7-Ces petits paradis fiscaux français qu'on laisse prospérer:
"Les paradis fiscaux « ne doivent plus exister », a déclaré un François Fillon emporté par la crise, le 14 octobre. Le Premier ministre pensait-il aux places off shore qu'abrite le territoire français ?Selon les spécialistes, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Tahiti, Wallis-et-Futuna mais aussi des départements d'outre-mer peuvent fonctionner comme des paradis fiscaux, voire des places de blanchiment....">>Privés de paradis ?

8- La crise n'est pas finie:
"Après les mauvaises nouvelles du mois d'août, un mois avant la chute boursière, l'UNEDIC table désormais sur une hausse de 46.000 chômeurs en 2008. Il y a à peine trois mois, elle attendait une baisse de 80.000 pour l'année. Une autre nouvelle, tombée vendredi dernier, est passée inaperçue : la production industrielle a fléchi de 0,4% en août par rapport à juillet en France, alors qu'elle a augmenté en moyenne de +1,1% dans la zone euro le même mois..
L'inflation s'est confirmée à 3,6% en septembre dans la zone euro, preuve que le marché reste tendu malgré le ralentissement de la croissance, voire l'entrée en récession pour certains pays tel la France depuis 3 mois...."

9-Virilio:"Le krach actuel représente l'accident intégral par excellence"
"...Comme pour tout événement contemporain, il faut prendre en compte une série de synchronisations au niveau mondial. Synchronisation des coutumes, des moeurs, des façons de réagir, mais aussi des émotions. On est passés d'un communisme de classe à une mondialisation instantanée et simultanée des affects et des peurs - et non plus des opinions. C'était le cas avec les attentats du World Trade Center ou avec le tsunami. Pour la Bourse, c'est la même chose. Après une courte phase technique - faillite de banques, chute des cours -, on est passés à une période d'"hystérisation" exagérée des réactions. On parle de "folie des marchés", de réactions "irrationnelles", presque de fascination pour la fin du monde. Les terroristes ont très bien compris ce phénomène, et ils en jouent...
...Après avoir déstabilisé le système financier, le krach risque de déstabiliser l'Etat, dernier garant d'une vie collective. Il essaie en ce moment de rassurer. Mais si la Bourse continue de baisser, c'est l'Etat qui sera à son tour en faillite, et va plonger les nations dans le chaos. Ce n'est pas du catastrophisme de ma part. Je ne crois pas au pire, je ne crois pas au chaos, c'est absurde, c'est de l'arrogance intellectuelle, mais il ne faut pas s'empêcher d'y penser. Face à la peur absolue, j'oppose l'espérance absolue. Churchill disait que l'optimiste est quelqu'un qui voit une chance derrière chaque calamité."

-Larrouturou ;comprendre la crise

vendredi 17 octobre 2008

Faillite des économistes...

Rien à ajouter à cet article de Ludovic Lamant.
Grandeur et misère de l'enseignement de l'économie !
Ou comment cette discipline peut révèler ses liens avec la pratique , certains choix politico-économiques...
Aujourd'hui ,vu les circonstances , certains de ses présupposés se manifestent plus clairement.
On voit même des ultra-libéraux convaincus demander le retour à Keynes.
Ah! les convertis de la dernière heure!...

Crise: la grande faillite des économistes | Mediapart

Nous sommes en janvier 2007. Non sans mal, l'anthropologue Paul Jorion vient de trouver un éditeur pour publier un essai intitulé Vers la crise du capitalisme américain? (La Découverte, 2007). Sa thèse est explosive, presque trop énorme pour être prise au sérieux : le capitalisme financier aux Etats-Unis est sur le point d'imploser, victime de ses pratiques spéculatives. Mais cette crise, prévient-il, n'éclatera pas en Bourse. Elle surgira depuis le cœur des marchés immobiliers. A l'appui, une description pointilleuse de ce que Jorion nomme alors le «secteur sous-prime du prêt hypothécaire», le fameux «subprime» qui fera la Une des journaux quelques mois plus tard (on peut télécharger l'intégralité du chapitre consacré à l'immobilier ici).En somme, l'un des seuls livres, en langue française, à avoir anticipé la crise des crédits immobiliers aux Etats-Unis a été rédigé par un... non-économiste. Au moment de sa publication, l'ouvrage fera l'objet, au mieux, d'une indifférence polie de la part des confrères économistes. «J'ai bâti une théorie économique qui a été jugée irrecevable, jusqu'à ce que la crise vienne la confirmer», résume Paul Jorion à Mediapart, en attendant la sortie, début novembre, de son prochain livre, La Crise (Fayard).

Depuis les remous de l'été 2007, quid des économistes? Les plus médiatiques n'ont cessé de défiler, à tour de rôle, dans les colonnes des journaux, pour dire que non, vraiment, il ne fallait pas s'inquiéter, et que, oui, c'était certain, le plus dur était passé. Dans un entretien aux Echos du 13 août 2007, Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis, chiffrait à 26 milliards de dollars les risques de pertes liées au «subprime» pour les banques américaines, avant de conclure: «Ce n'est pas avec un montant pareil qu'on détruit la finance internationale.» Le FMI a chiffré en mars 2008 le coût provisoire de la crise à 1.000 milliards de dollars.Frédérik Ducrozet, directeur des études économiques du Crédit agricole, estimait quant à lui, le 13 mai 2008, toujours aux Echos, que «l'idée selon laquelle le pire de la crise financière serait passé semble faire son chemin». Dans une tribune publiée le 7 octobre 2008 par le Wall Street Journal, le prix Nobel américain Gary Becker y allait de son mea culpa: «J'admets avoir fortement sous-estimé l'ampleur de la crise.»

Pourquoi la plupart des économistes n'ont-ils rien vu venir? Pourquoi certains se sont même complètement fourvoyés? Et pourquoi «les jeunes stars de la macroéconomie n'ont rien à dire sur la crise», pour reprendre l'accablant constat de Thomas Philippon, économiste enseignant à l'université de New York?Parce que l'école de pensée dominante est incapable de théoriser les «crises endogènes», répond sans hésiter Michel Aglietta, économiste au Cepii. «Pour ces économistes libéraux, qui s'appuient sur l'hypothèse des marchés efficients*, toute crise vient forcément de l'extérieur, et elle est donc par nature imprévisible!» explique Aglietta.Lui défend une autre approche, plus minoritaire, dite de l'instabilité financière, formulée par l'Américain Hyman Minsky. ..De son côté, Thomas Philippon, auteur du Capitalisme d'héritiers (Ed. du Seuil, 2007), pointe du doigt la «trop forte segmentation de la recherche académique». Faute d'«économistes généralistes», personne, ou presque, n'a pu observer la propagation de la crise, surgie d'un coin obscur du droit immobilier américain (le contrat subprime) pour se propager à l'économie réelle, passant par les dernières innovations de la finance (les mécanismes de «titrisation» et de crédit dérivés). «Il aurait fallu plusieurs cerveaux dans la même tête pour voir venir les choses», résume Philippon.Gilles Raveaud, professeur d'économie à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-8, reprend l'argument, pour le pousser un peu plus loin: «Depuis des années, on a assisté à un morcellement du savoir économique terrifiant, avec l'apparition de spécialistes très pointus, ici sur le travail, là sur le commerce international... On se retrouve à l'université avec des thésards très calés sur leur sujet, mais dénués de toute culture générale en économie!» Et Raveaud, qui connaît bien la recherche américaine pour avoir enseigné deux ans à Harvard, de s'inquiéter de ces manquements: «Un économiste peut traiter du chômage, sans rien connaître aux marchés boursiers ou aux banques... C'est conforme à la théorie de l'équilibre général, selon laquelle on peut analyser le fonctionnement d'un seul marché pris séparément, celui du travail par exemple, puisqu'on suppose que les autres sont naturellement à l'équilibre. Mais cela ne tient pas!»

En fait, la macroéconomie des dix dernières années a subi de lourdes transformations. Vexés de ne pas pouvoir prétendre au statut de scientifiques purs et durs, la plupart des économistes ont versé dans un formalisme mathématique effréné, sur les conseils de Milton Friedman et ses collègues monétaristes. Profusion de courbes, modèles et équations, qui ont éloigné les chercheurs du monde «réel». Les maths sont devenues une fin en soi. Aveu de Thomas Philippon: «Nous étions devenus des enfants gâtés, puisque nous n'avions pas connu de vraie crise depuis longtemps. Sous la présidence Clinton, la politique monétaire était devenue répétitive. Notre intérêt pour le réel s'est donc logiquement atténué.» Une enquête étonnante, réalisée auprès des doctorants en économie des grandes facs américaines (téléchargeable ici), confirme ces propos. Plus de la moitié des personnes interrogées (51%) estiment que «connaître l'économie de façon approfondie» est «sans importance»... Et à peine 9% des thésards se disent convaincus du contraire («connaître le réel est très important»)

Et puis il y a ce best-seller international, tellement révélateur du refus de beaucoup d'économistes des années 2000 à se confronter à d'amples débats de société... Le livre s'appelle Freakonomicséconomie saugrenue», faute de meilleure traduction). Ecrit par Steven Levitt et Stephen Dubner, publié en 2005 aux Etats-Unis, un an plus tard en France (Denoël, 2006), l'ouvrage s'est écoulé à plus de trois millions d'exemplaires.

Du jour au lendemain, ses auteurs sont devenus les chefs de file d'une économie du coin de la rue, portée sur la résolution de problèmes très ciblés, ancrés dans le quotidien: l'importance du choix du prénom pour l'avenir d'un enfant, les limites de la politique de tolérance zéro mise en place à New York dans les années 90, les motivations d'un agent immobilier lorsqu'il décide du prix d'un appartement, etc.«Nous avons perdu notre optimisme dans la capacité à utiliser les outils de la science économique pour gérer l'économie et nous sommes passés à une approche plus microéconomique du monde», avait déclaré Levitt au New York Times, au moment de la sortie de son ouvrage. D'un côté, donc, le tout mathématique. De l'autre, retour à un empirisme jugé parfois trop étroit. Qu'ont provoqué ces bouleversements? Les économistes sont désormais devenus des techniciens, «en perte d'influence», selon Christian Chavagneux, journaliste à Alternatives économiques, et auteur d'un livre annonçant Les Dernières Heures du libéralisme (Perrin, 2007).Gregory Mankiw, professeur d'économie à Harvard et un temps conseiller de George W. Bush, a même théorisé cette déconvenue, dans un article devenu fameux, «The Macroeconomist as scientist and engineer» (2006). Au sein de la grande famille des économistes, il distingue les «ingénieurs», dans la lignée de Keynes, qui cherchent à comprendre le monde pour mieux agir sur le cours des choses, des «scientifiques», obsédés par la mise au point des modèles mathématiques de plus en plus poussés. En bout de course, Mankiw, catégorique, constate la victoire du deuxième groupe. En somme, les économistes ont de moins en moins d'influence sur les politiques économiques de leurs pays.Faux, semblent répondre à distance Anton Brender et Florence Pisani, économistes chez Dexia, qui préfèrent déplacer le problème: «Ce ne sont pas les économistes qui sont en cause, mais la gestion de la crise par les autorités! C'est comme si un petit feu avait pris dans un camping [la crise du subprime], et qu'il se propageait à l'ensemble des Alpes du Sud parce que les pompiers ont tardé à intervenir...» Brender et Pisani sont les auteurs d'un livre de référence, La Nouvelle Economie américaine (Economica, 2004), dont la thèse, au regard de l'actualité menaçante, ne manque pas de surprendre. En substance: si l'Europe est à la traîne des Etats-Unis, c'est parce qu'elle n'a pas assez innové en matière financière...Aujourd'hui encore, malgré les dégâts de la titrisation outre-Atlantique, ils persistent, convaincus des vertus «stabilisatrices» de la finance. A condition, précisent-ils, que soit mise en place une plus stricte réglementation, «à tous les stades, depuis la compréhension jusqu'à l'extension de la crise».
Dans ce contexte mouvementé, le climat universitaire devrait évoluer. «J'espère que la crise va déstabiliser les économistes, leur apprendre une forme d'humilité et de prudence intellectuelles», avance Pascal Combemale, auteur de plusieurs ouvrages d'introduction à Marx et Keynes. «La grande affaire dans tout cela, ce n'est pas la revanche des keynésiens (...), mais le fait que toute pensée critique, qui était inaudible depuis quasiment 20 ans en France, puisse à nouveau s'exprimer!» D'autres «hétérodoxes» lui emboîtent le pas, à l'instar de Gilles Raveaud: «C'est une bonne claque pour les économistes, qui manquent souvent de modestie par rapport aux chercheurs en sciences sociales
A première vue, la crise signe donc le grand retour des «post-keynésiens» sur les «nouveaux classiques», ces libéraux qui avaient repris la main depuis les années 70. Elle replace aussi sous la lumière l'économie des conventions*, incarnée par André Orléan. En fait, en produisant du «neuf», la crise a périmé certains concepts (exit les «anticipations rationnelles»* de Lucas, certes déjà bien malmenées avant la crise...), et remis d'autres idées au goût du jour. On en retiendra trois.

1 - L'asymétrie d'information
L'idée est admise de tous côtés: la grande débâcle de 2008 signifie la «victoire intellectuelle du Joseph Stiglitz des années 70-80», pour reprendre l'expression de Thomas Philippon. Non pas le Stiglitz pourfendeur du néo-libéralisme et de la guerre en Irak des années 2000, encore moins l'économiste en chef de la Banque mondiale de la fin des années 90. Mais celui qui théorisa le concept d'asymétrie de l'information*, travaux pour lesquels il reçut le prix Nobel, en 2001, aux côtés de George Akerlof et Michael Spence.Tous les agents économiques en présence sur le marché, effectivement, ne savent pas tous la même chose – sur la qualité des biens qu'ils échangent, par exemple. Ce qui a pour effet de déformer les échanges, au grand dam des néo-classiques, qui ne jurent que par la concurrence pure et parfaite*.Michel Aglietta explique pourquoi cette notion, ou celle, similaire, d'aléa moral*, est au cœur de la crise actuell : «Prenons l'exemple d'un courtier en crédit immobilier aux Etats-Unis. Il est rémunéré à la commission. Ce qui l'intéresse, ce n'est donc pas le risque inhérent au crédit qu'il accorde, mais le volume du crédit, afin d'être convenablement rémunéré. Le courtier n'a donc plus intérêt à évaluer le risque. C'est un aléa moral massif! Or, toute la chaîne de transmission des risques a fonctionné de la sorte ces derniers mois...» Les crédits «pourris» se sont échangés de main en main, sans que les agents connaissent l'exacte nature de ce qu'ils détenaient.
2 - La distribution des richesses C'est une question classique de l'économie politique, mais qui avait, ces derniers temps, déserté les programmes d'économie à l'université: les théories de la répartition*. «On va de nouveau faire le lien entre la croissance, et la façon dont les richesses sont distribuées», se félicite Gilles Raveau. Avec des auteurs classés à gauche, Marx et Keynes, et plus récemment, le «post-keynésien» Nicholas Kaldor.
3 - La théorie comportementale de la finance
D'après cette école, représentée par Daniel Kahneman (lui aussi prix Nobel, en 2002, et lui aussi membre de la commission Stiglitz), il faut introduire des éléments de psychologie collective au cœur de la science économique pour mieux comprendre les choses. L'acteur économique n'est plus forcément rationnel. Il peut être victime de ses préjugés, ou troublé par ses émotions. Appliqué au monde de la finance, cette théorie permet par exemple d'expliquer certains comportements de panique boursière des derniers jours.

>>Ce débat sur les conséquences intellectuelles de la crise est en train d'en réactiver un autre, plus ancien mais tout aussi virulent. L'affaire avait éclaté en juin 2000 avec une «lettre ouverte» d'étudiants en économie insatisfaits de l'enseignement qu'ils recevaient à l'université : «usage incontrôlé des mathématiques», pas assez de «pluralisme des approches» théoriques...Huit ans plus tard, les faits semblent leur donner raison. «On n'a jamais autant parlé de la crise de 29 qu'aujourd'hui, et pourtant, un étudiant diplômé peut très bien ne jamais avoir entendu parler de la crise de 29 à la fac, l'enseignement de l'histoire économique n'étant plus obligatoire», s'inquiète Gilles Raveaud.Alors que le rapport de Roger Guesnerie, rendu public le 3 juillet dernier, sur le contenu des manuels d'économie, continue de faire des vagues, Pascal Combemale, professeur d'économie en classes préparatoires au lycée Henri-IV, à Paris, confirme: «L'enjeu à court terme, porte aussi sur les sciences économiques et sociales [SES] au lycée, actuellement menacées de mort par la réforme en préparation de Xavier Darcos, et durement critiquées dans le rapport Guesnerie, justement parce qu'elles laisseraient trop de place au débat et à la diversité des analyses.» (Ludovic Lamant)

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Devenez beau, riche et intelligent(Objet application/pdf)



Privés de paradis ?

«Des trous noirs comme les centres offshore ne doivent plus exister, et leur disparition doit préluder à une refondation du système financier international»(F.Fillon)

Avec l'enfer de la finance dérégulée , verrons-nous disparaître les chers paradis fiscaux , ces piliers du capitalisme financier mais en même temps leur talon d'Achille?...
On nous le promet en haut lieu. Ce n'est pas la première fois que l'on s'en prend verbalement à ces instances stratégiques de la finance internationale
Un voeu pieux, qui ne mange pas de pain...pour faire diversion?
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Paradis ou enfers fiscaux ?
- Paradis fiscaux
-Dopage financier...
-Les paradis fiscaux( Par Christian Chavagneux et Ronen Palan)
-Au fait, le Luxembourg est bien un paradis fiscal...
-Les paradis fiscaux peuvent dormir tranquilles
-Nous n’irons pas tous au paradis...
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Suppression des paradis fiscaux : Fillon est-il sérieux ? EST-CE UN GAG ?:

"Va-t-il falloir compter l’UMP parmi les nouveaux repères de gauchistes ? Après le combat de Nicolas Sarkozy contre les parachutes dorés, voila que François Fillon demande purement et simplement la «suppression» des paradis fiscaux. «Des trous noirs comme les centres offshore ne doivent plus exister, et leur disparition doit préluder à une refondation du système financier international», a déclaré mardi le Premier ministre. Fillon est-il sérieux ? Et peut-on vraiment supprimer ce type de territoires ? Explications.

Du côté des ONG, on a été plutôt surpris par cette déclaration. La plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, qui réunit une dizaine d’organisations, dont Attac, Oxfam et Transparence International, avait justement prévu de lancer aujourd’hui un appel pour attirer l’attention des décideurs sur cette problématique. Cet appel devient-il inutile, alors ? «Non,on est au contraire encouragés par la déclaration de Fillon, explique Jean Merckaert, du Comité catholique contre la faim et pour le développement, membre de cette plate-forme. Mais il faut savoir que ce n’est pas la première fois qu’on entend ce type de discours. A la fin des années 90, il y a eu une montée en puissance du sujet. Avec la constitution de listes noires de pays non coopératifs. Aujourd’hui, ces listes sont vides et le problème est toujours là.»

Dès mardi soir, Arnaud Montebourg en a profité pour adresser à Fillon un «mode d’emploi» pour «aboutir» à la disparition des paradis fiscaux. Le député PS s’était illustré au début des années 2000 en menant, avec Vincent Peillon, une mission parlementaire qui avait embarrassé Monaco ou Vaduz. Parmi ses propositions figure l’interdiction du «secret fiscal et du secret bancaire, en commençant par les pays membres de l’UE comme le Luxembourg et le Royaume-Uni, sans oublier la Suisse, Monaco et le Liechtenstein». Le secret bancaire est aujourd’hui autorisé au sein de l’Union européenne. Les pays qui refusent de transmettre des informations aux fiscs d’autres pays doivent cependant payer une taxe fondée sur le volume de l’épargne étrangère déposée dans les caisses de leurs banques. Autre proposition du député PS, «briser le secret attaché aux trusts, qui interdit la coopération judiciaire et fiscale avec nos propres autorités Il s’agit de sociétés représentées par des prête-noms, qui ont pour objectif de frauder le fisc. Les ONG aussi avancent des idées : «L’interdiction de l’accès aux marchés publics» pour les entreprises ayant des relations avec les territoires offshore, la possibilité d’une taxe pour les opérations financières vers ces territoires, etc.

La question des paradis fiscaux ne pouvant être traitée qu’au niveau international, les ONG espèrent que la crise va convaincre de plus en plus de gouvernements du risque systémique pour la finance que représentent les paradis fiscaux. «Au niveau européen, l’Allemagne et la France sont sur cette position, analyse Jean Merckaert. Mais pas le Royaume-Uni.»Le gouvernement britannique veille sur son industrie financière, déjà mise à mal par la crise. Mais les négociations internationales devraient surtout dépendre du résultat des élections américaines. Si Obama est élu, les paradis fiscaux n’ont qu’à bien se tenir. Le sénateur de l’Illinois avait déposé en 2007 une proposition de loi visant à limiter l’évasion fiscale vers les territoires offshore. Son nom : «Stop Tax Haven Abuses» (Stoppez les abus des paradis fiscaux). Tout un programme."
-____En finir avec l'enfer des paradis fiscaux

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jeudi 16 octobre 2008

Et mon dimanche ?


Du temps...
Du temps pour le travail, mais aussi du temps pour la détente, les loisirs, la famille, la vie sociale , associative, la culture...L'homo oeconomicus va-t-il finir par s'imposer les sept jours de la semaine ?
Une journée hors de l'univers productif et marchand , un temps pour se dégager des sollicitations utilitaires pour se dis-traire et se cultiver, pour se refaire , se recentrer...
Mais pour l'univers de la marchandise, il semble qu'il y ait trop de temps (et de profit) qui lui échappe et pour nos idéologues de service, trop de temps pour penser.
Sur la base d'une enquête biaisée, en faisant appel au chantage économique, on nous pousse à la consommation sans fin pour occuper notre "temps de cerveau disponible" , nos envies bien formatées et pour compenser des salaires insuffisants...

La marchandisation du monde à la conquête du temps:

"Xavier Bertrand, avec sa proposition de favoriser le travail le dimanche suivie de celle d'ouvrir des crèches 7 jours sur 7 vient de relancer le débat sur le temps de travail. Mais cette fois, il ne s'agit plus du travailler plus pour gagner plus, mais d'un nouveau slogan «gagner plus en travaillant hors des horaires normaux de travail» qui pose d'autres questions.
Le «travailler plus pour gagner plus» était critiquable parce qu'il induisait un arbitrage entre les heures supplémentaires et les créations d'emploi pouvant être vecteur de chômage, et surtout parce que ce slogan, s'il est vrai au niveau de l'individu, ne pouvait pas l'être, sauf de manière marginale, au niveau de l'économie toute entière.
Ici, il s'agit bien d'augmenter globalement la quantité de travail en étendant la sphère de l'activité salariée à toutes les plages de temps. Aujourd'hui on parle du dimanche. Bientôt on parlera de la nuit et de services ouverts sept jours sur sept. Plus qu'une question économique, il s'agit d'un choix de civilisation.
Le marché est un redoutable conquérant. Après avoir conquis l'ensemble de la planète et converti quasiment toutes les économies à ses lois, après avoir ramené la sphère publique à la portion congrue, il est désormais à la conquête du temps libre. Le dimanche, le soir, la nuit sont ses nouveaux terrains d'expansion. S'il y a des besoins, il doit y avoir moyen d'y faire du fric !...

L'ouverture des activités marchandes sept jour sur sept et 24 heures sur 24 est effectivement dans la logique du système. Elle se prévaut d'arguments économiques et répond à une demande sociale, d'autant plus réelle qu'elle est artificiellement suscitée par un effet de domino. Plus les temps sont déstructurés, plus ils appellent de déstructuration.
Un jour, on se souviendra sûrement avec nostalgie de l'époque où les nuits étaient noires et silencieuses, où les dimanches étaient morts où il y avait des heures de pointes parce que tout le monde faisait tout en même temps, où l'on pouvait faire la fête le samedi parce que personne ne travaillait le lendemain, où l'on pouvait prendre une demi journée de RTT pour se débarrasser des formalités et se libérer le week-end. On se dira que c'était le bon vieux temps... "(Malakine)

-Enquête sur le travail le dimanche, cette obsession présidentielle | Mediapart:
"Soudain, le 12 octobre, alors que les dirigeants des 15 pays membres de la zone euro étaient en train d’élaborer à l’Elysée un colossal plan de sauvegarde du secteur bancaire, le travail du dimanche est devenu une priorité nationale.Tout a commencé par un sondage, paru dans le Journal du dimanche, annonçant que 67% des Français accepteraient de travailler le dimanche si leur employeur le leur proposait.

«C'est une nouvelle France qui se dessine, qui pense ne plus avoir d'autres choix que de sacrifier ses acquis sociaux», écrit le JDD qui croit pouvoir titrer : «La crise économique favorise des réformes que l'opinion rejetait.»En octobre 2007, un autre sondage du même IFOP n'indiquait-il pas que «51% des Français disaient être favorables au travail le dimanche», souligne un peu plus tard l'AFP? – une agence dont de nombreux journaux et sites web reprennent les dépêches...A 13 heures, la bataille du dimanche continue à la télévision. Sur le plateau de France 2, le ministre du travail, Xavier Bertrand, est invité par le présentateur, Laurent Delahousse, à commenter les fameux 67% du sondage du JDD. Il jubile. «Les esprits sont en train d'évoluer. (...) Les Français sont en train de se rendre compte que si la règle actuelle ne change pas sur le travail le dimanche, des dizaines et des dizaines de milliers de salariés vont y perdre, ceux qui travaillent aujourd'hu, dit le ministre, persuadé que le travail dominical servira la croissance.

Xavier Bertrand assure que le travail du dimanche sera «volontaire» et «payé double» (vidéo disponible sur le site de Libération).L'après-midi, le travail officiel de persuasion continue. Le ministre du travail, Xavier Bertrand, et le porte-parole du gouvernement, chargé de la consommation, Luc Chatel, se rendent au centre commercial de Thiais (Val-de-Marne) qui est au cœur d'une longue bataille juridique entre les commerçants (qui veulent ouvrir le dimanche) et des syndicats (qui les attaquent régulièrement et gagnent, car le travail du dimanche est interdit par la loi). Les caméras ont été conviées.Objectif de cette journée : mettre sous les projecteurs de l'actualité une réforme des règles sur le travail dominical. Réglementation complexe, qui fait du dimanche un jour chômé..., mais autorise une foule de dérogations. Une loi souvent contournée par de nombreux centres commerciaux en région parisienne, en Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’Azur..."

-La crise, prétexte idéal pour imposer le travail le dimanche | Rue89:

"...Le lobbying ne faiblit pas pour autant. Il est même encouragé, comme en témoignent les échanges épistolaires entre Richard Maillé, Roger Karoutchi, Axel Poniatowski et François Fillon.Ce n’est d'ailleurs que du fait de la pression de quelques enseignes prises de nouveau la main dans le sac que ce dossier revient aujourd'hui sur la table, et ce, à la veille des plaidoiries destinées à leur présenter l’addition de la somme de leurs infractions. A grands renforts de moyens de communication, ces enseignes mobilisent tout ce qu’elles ont de réseaux pour obtenir les mêmes dérogations que dans le secteur de l’ameublement..."

-Polémique sur le travail du dimanche:

"...Même le patronat n’est pas forcément pour. C’est du moins ce que fait savoir hier la Confédération générale des petites et moyennes entreprises dans un communiqué : « Le commerce de proximité subit de plein fouet le ralentissement de la consommation (…). Prétendre libéraliser maintenant l’ouverture des commerces le dimanche, c’est prendre le risque de porter un coup fatal au commerce proximité. »...

-L’escroquerie du repos dominical... | AgoraVox

- Capitalisme et Rapport au temps:
"...Et ce n’est pas la moindre contradiction du capitalisme que, d’une part, avoir ouvert le champ des possibles en nous libérant du poids de la tradition reconduite aveuglément ; pour, d’autre part et simultanément, refermer ou du moins singulièrement rétrécir ce champ en nous privant de l’horizon qui en permet le déploiement....

On se rend compte combien le capitalisme est ennemi du temps. Ce qui me conduit à parler d’une véritable chronophobie du capital. Le temps, voilà l’ennemi pour le capital ; ennemi qu’il ne peut certes jamais vaincre, mais qu’il va chercher constamment à réduire. Doublement.D’une part par l’unidimensionalisation du temps : le temps réduit tendanciellement au seul présent. Le capitalisme abolit le passé au nom du présent et du futur ; et simultanément le futur au profit du présent. Seul subsiste en définitive le présent érigé en seul « temps réel ».D’autre part – mais ceci n’est que la conséquence de cela – par la dictature de l’immédiat : alors que le temps est par définition la dimension de la médiation, qu’il n’existe que sous la forme de l’intermédiation du passé, du présent et de l’avenir, le capitalisme institue une dictature de l’immédiat, donc là encore du présent. Ce qui ne fait que redoubler l’irréalité du soi-disant « temps réel »...."

-Touche pas à mon dimanche (Objet application/pdf)
-Consumérisme, précarité et destructions d’emploi : vive le travail le dimanche !
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"Il faut bien comprendre que pour les libéraux, la famille constitue l’un des derniers obstacles à la diffusion de leur idéologie totalitaire. Ce lieu universel de gratuité et de solidarité, échappant encore partiellement à l’économie marchande, doit être éclaté.
Après avoir, pour les besoins de son commerce, encouragé non pas, ( comme on le croit à tort ), la liberté sexuelle mais la permissivité au-delà de ce que une société peut accepter sans vaciller sur ses fondements, la société libérale veut, avec des mesures comme le travail le dimanche, et pourquoi pas la nuit, les crèches ouvertes en continu, les obligations de mobilité géographique, éclater encore la cellule familiale. C’est ce qu’ils appellent « créer de l’emploi » c’est à dire que ce qui se faisait normalement gratuitement dans le cadre d’échanges familiaux va nécessiter des solutions payantes qui vont entrer dans la sphère marchande. On troquera pour certains de l’amour et de la présence parentale contre quelques satisfactions financières, on remplacera pour d’autres la sortie dominicale ludique par la visite aux temples de la consommation.
Bienvenue dans le monde libéral !" (Léon sur Agoravox)