CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT.
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" Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile."
[Thucydide]---------------------
" Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus]
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Plus d'un citoyen lucide aux USA s'interroge et s'inquiète: jamais les armes de toutes sortes n'ont été aussi nombreuses sur le sol du pays. Même des armes de guerre. Et ce ne sont pas des objets de musée ou de collection. La longue tradition qui a enraciné le pays dans la conquête d'espaces toujours plus étendus, où le fusil faisait souvent la loi, a marqué les esprits, a engendré une tradition. La violence initiale se poursuit en violences épisodiques que beaucoup déplorent mais qu'aucune loi ne vient changer, ou si peu. Les ventes d'armesexplosent aux USA, surtout depuis l'épisode Trump. Ce n'est plus de l'autodéfense, c'est du surarmement, incité par la toute puissante NRA. Même les enfants sont sollicités dans cette course folle, dans le contexte de quasi-guerre civile armée que déplore les observateurs actuellement. Les massacres, les tueriesde masse ont beau se succéder, rien n'y fait. Obama e d'autres ont eu quelques velléités de légiférer sur ce point, mais rien n'y a fait. Avec une hausse spectaculaire des homicides, même la police s'inquiète de cette escalade sans fin. "...Il y a encore eu une hausse de 24 % des homicides au premier trimestre 2021 par rapport aux trois premiers mois de 2020, selon une étude du Council on criminal justice (CCJ) portant sur 34 des plus grandes villes du pays. « Cette hausse, supérieure à la normale saisonnière, est extrêmement troublante », soulignent ses auteurs...." Depuis plus d'une dizaine d'années, c'est la surenchère et l'extension des tueries de masse. Une croissance folle. D'amie intime, l'arme individuelle est devenue l'ennemie intime.
Aux USA, la barbarie est en progrès. Les mouvement anti-armes militent pourtant comme ils peuvent contre cette folie qui ne tarit pas, mais a même tendance à s'aggraver ces dernières années, en quantité et en qualité; les engins automatiques envahissent maintenant les marchés et les armureries. Obama a tenté une réforme pour modifier ce droit, dont l'application dépasse la simple raison. En vain. Il a dû céder devant la force des lobbies. Même résolution du côté de Joe Biden, qui a déjà réduit ses objectifs et est en train de baisser les armes. Les ventes repartent à la hausse . La bible et le fusil, c'est comme la prunelle de leurs yeux. Le contrôle est en perte de vitesse, malgré la montée des tueries de masse dans les écoles e dans l'espace public. Jamais sans mon fligue: telle est la devise dans la plupart de Etats. Les lobbies sont si puissants politiquement. La NRA se distingue particulièrement et sait inlluencer les élections, généreuses avec ceux qui soutiennent son influence. ___________"...En ces temps de réouverture de l’économie après un an de pandémie, beaucoup d’Américains réfléchissent à la tenue qu’ils vont porter pour sortir après avoir passé l’année chez eux en pyjama et en jogging. Certains ont un accessoire singulier en tête : une arme de poing. Plusieurs États du pays ont en effet décidé d’essayer de rendre plus facile pour leurs habitants de porter une arme dans l’espace public sans qu’ils aient à demander un permis, se soumettre à une vérification de leurs antécédents ou suivre une formation au tir. La mode du port d’armes sans permis est en plein boum. Depuis février, cinq États ont adopté de nouvelles lois ou assoupli les anciennes. Certains, comme l’Utah, où le port d’armes sans permis est entré en vigueur le 5 mai, exigent qu’elles soient dissimulées (par exemple dans un étui sous une veste). D’autres, comme le Tennessee, permettront aux gens de porter leur revolver bien en vue. Cinq autres États, dont la Louisiane et la Caroline du Sud, envisagent d’approuver également le port d’armes sans permis, ainsi que le Texas, où le Parti républicain s’est donné pour priorité de faire passer une loi en ce sens. Il y a vingt ans, seul le Vermont autorisait le port d’une arme de poing sans permis. D’ici la fin de l’année, au moins 20 États le feront. Les nouvelles lois font sauter tous les garde-fous. Aujourd’hui, pour porter une arme de poing de façon dissimulée au Texas, il faut demander un permis qui inclut une vérification des antécédents, la prise d’empreintes digitales, une formation, un examen écrit et une épreuve de tir. Si elles sont approuvées, les nouvelles lois feront disparaître toutes ces conditions....
De fait, de plus en plus d’États vont vers davantage de laxisme dans une période où les fusillades de masse et les crimes violents sont en hausse et alors que les ventes d’armes à feu atteignent des niveaux record. En 2020, les vérifications des antécédents des acquéreurs d’arme ont atteint le nombre de 39,7 millions, du jamais-vu. Lors du dernier trimestre de l’exercice 2019-2020, le fabricant Smith & Wesson a enregistré deux fois plus de ventes (et trois fois plus de bénéfices) que l’année précédente...." ________Les causes sont anciennes et profondes: "...Si le droit aux armes est bien un droit individuel, l’arme elle-même est au moins autant un lien social qu’un instrument d’individualisation. Les armes, tout comme l’art de les manier, se transmettent de génération en génération. Comme le note fort justement Robert Spitzer, l’acquisition d’une certaine habileté au tir est une marque de maturité et peut à bien des égards être considérée comme un « rite de passage » du monde des enfants à celui des adultes (8-9). C’est ainsi que « ceux qui sont les plus susceptibles d’embrasser et de perpétuer la tradition des armes sont socialisés tôt dans leur vie par d’autres membres de la famille à travers la possession et la pratique des armes » . De plus, pour l’« Américain honnête », le fait de posséder et de porter une arme peut être ressenti comme un engagement vis-à-vis de la communauté, comme une manière d’exercer sa responsabilité de citoyen...." ______________________________________
Il paraît déjà loin le temps où l'on parlait surtout de développer les services aux dépends d'une industrialisation jugée désuète et confiée à d'autres, dans le cadre d'une "mondialisation heureuse", comme disait alors le gourou A. Minc. Le réel nous rattrape depuis un certains temps, bien avant la phase critique de la covid et de la prise de conscience qu'elle a opérée. Déjà Montebourg avait alerté: il y va de notre souveraineté dans plus d'un domaine d'activité d'importance.. En vain. Les sirènes de la mondialisation sans frein et de la financiarisation à outrance couvraient la voix de ceux qui voyaient venir le danger. Il est venu plus vite que prévu. Les pénuries actuelles nous rappellent à l'ordre, dans des domaines d'importance. Une prise de conscience verbale s'esquisse. E.Macron en serait-il devenu planificateur "socialiste", aux dernières nouvelles? ___Il y a peu, après des négociations ou un simulacre de pourparlers, après une mobilisation et un engagement jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, c'est la fin d'une grande entreprise béthunoise. Les Japonais ont dit non, après avoir bien profité des soutiens de l'Etat et l'UE. La désindustrialisation se poursuit dans notre pays. Une logique trop connue qui n'est pas la première et qui souligne, une fois de plus, notre étroite dépendance vis à vis de grands groupes étrangers et leurs pratiques de délocalisation en fonction de la rentabilité à un moment donné, quelle que soit leur puissance.
"...La fin de l’usine Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais) est tristement exemplaire d’un processus bien connu : une entreprise mondialisée cherchant la rentabilité à tout prix délocalise vers des pays où la rémunération des ouvriers est moins lourde et la fiscalité plus légère, accélérant sans états d’âme la désindustrialisation d’un territoire déjà marqué au fer par la litanie des plans sociaux… Jeudi, le groupe Bridgestone a donc confirmé la fermeture de son site de Béthune le 1er avril 2021. Cette décision sans appel entraînera la destruction de 863 emplois directs. C’est une histoire de mondialisation malheureuse, qui fait écho à des événements survenus dans la même industrie du pneumatique il y a quelques années, au détriment des salariés de Continental à Clairoix (Oise) et de Goodyear à Amiens (Somme). ..." __L’agitation des pouvoirs publics n’y a rien fait... A. Minc appelait ce processus la mondialisation heureuse. On est loin de la relocalisation prônée aujourd'hui. Les décisions d'Etat se retrouvent piégées comme dans tant d'autres affaires, comme dans l'affaire Alstom/Général Electric. Les multinationales font le loi, au gré de leurs intérêts et de leurs actionnaires ...Des promesses (ou de vent). Des solutions alternatives qui, si elles ont lieu, désertifieront encore plus le secteur. Le gigantisme de l'entreprise n'y a rien fait; il fallait aller ailleurs, vers le pays le moins disant salarial. ____Elles ne manquent pas d'aplomb, les grandes multinationales. Ni de sens de leurs intérêts et de leurs actionnaires. Déjà qu'elles s'attachent à faire la pluie et le beau temps dans le monde, allant jusqu'à monopoliser parfois des pans importants d' économies mondiales, à s'ingérer dans les affaires des Etats souverains pour leur dicter leurs normes et les contraindre à se plier à leurs exigences , à leurs intérêts économiques. Les voilà, en cette période de récession généralisée, qui atteignent le comble de l'indécence. Avec la complicité de puissants cabinets d'avocats d'affaires, elles veulent que l'Etat leur rembourse les pertes qu'elles ont subies du fait du covid à l'échelle mondiale: "...Les multinationales réfléchissent à demander des comptes aux Etats pour avoir pris des mesures contre le coronavirus qui auraient nui à leur business. Un comble. En effet nombreuses sont celles qui ont été grassement soutenues ces derniers mois par les pouvoirs publics à coups de baisses, voire d’annulations de charges et d’impôts pour faire face à la pandémie ; sans parler des plans massifs de soutien à certains secteurs… Las, tout serait de la faute des États. Partout dans le monde, elles vont donc engager des poursuites judiciaires, en espérant récupérer des milliards.... __ "Le nombre de ces plaintes pourrait être sans précédent et imposer des charges financières considérables aux gouvernements qui croulent déjà sous le fardeau des crises sanitaires et économiques dévastatrices", alertaient plus de 600 ONG provenant de 90 pays le 23 juin. "Les mesures prises pour restreindre les activités des entreprises afin de limiter la propagation du virus, pour mobiliser les établissements hospitaliers privés, pour obliger des entreprises à produire tel ou tel bien médical d’urgence, pour permettre aux ménages de reporter ou annuler le paiements de loyers ou prêts immobiliers, pour empêcher les investisseurs étrangers de racheter des entreprises, pour garantir l’accès à l’eau potable ou aux médicaments, etc. pourraient être concernées" par ces plaintes, craignaient les ONG...." Pour les Etats les plus faibles, la puissance de certaines firmes pourraient avoir des conséquences dramatiques. Mais les Etats se sont mis souvent eux-mêmes dans le pétrin en favorisant leurs expansion par abandon de souveraineté, dans la plus parfaite logique libérale. A force de vouloir attirer à tout prix, par des conditions avantageuses, aux dépends de leurs voisins, les plus grands fleurons de l'industrie mondiale, les Etats, surtout s'ils sont faibles, se mettent dans des conditions périlleuses dans certaines circonstances et se retrouvent comme dans un piège, certaines grandes multinationales pouvant avoir une puissance financière égale ou supérieure à certains petits Etats. Sans parler des Gafas. Il serait temps de repenser une autre mondialisation, comme le chef de l'Etat le suggérait lui-même récemment, peut-être par inadvertance ou par opportunisme. Les incantations ne servent à rien, tant que des règles internationales ne sont pas édictées pour réguler se qui apparaît comme une jungle financière.________
_____________Point de vue: Emmanuel Macron le sait. L’industrie est son talon d’Achille. D’autant qu’en ce domaine il a un passé et un passif de dix ans et non de cinq. Dès son arrivée commesecrétaire général adjoint de l’Élyséepuis comme ministre de l’économie, il s’est occupé, souvent en sous-main, des grands dossiers industriels et du sort des grands groupes français. Rien n’a changé depuis son arrivée à l’Élysée : c’est au Château que s’arbitrent les grandes décisions industrielles, selon des choix jamais expliqués, et dont on ne sait s’ils procèdent d’Emmanuel Macron lui-même ou du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler. Au point que cette dyarchie a provoqué des conflits ouverts et publics avec le ministre des finances Bruno Le Maire,comme dans l’affaire Suez-Veolia. ______Dix ans d’interventions et de choix, cela laisse le temps d’imprimer une politique. En matière industrielle, son bilan n’est guère convaincant. Pourtant, entre les différents allégements, suppression d’impôt, l’État a versé plus de 60 milliards d’euros par an aux entreprises depuis le début du quinquennat. C’est la grande victoire proclamée de Bruno Le Maire : l’hémorragie industrielle a été stoppée.«Grâce à notre politique, nous avons réussi à stabiliser l’emploi industriel en France depuis deux ans »,dit-il dans Les Échos. Mais il était difficile de tomber plus bas. En dix ans, l’économie française a perdu plus d’un million d’emplois industriels. La part de l’industrie dans le PIB est passée de 20 % à 10 %. À l’exception de Chypre, de Malte et du Luxembourg, aucun autre autre pays de la zone euro n’affiche un taux aussi bas. Ascoval,GM&S,Doux,Saint Louis Sucre,Roquette,Luxfer,Arjowiggins, La Chapelle Darblay,Bosch,Ferropemet aujourd’hui les fonderies du Poitou, de MBF, les fonderies de Bretagne,la Société de métallurgie aveyronnaiseet tant d’autres… La chronique de cette destruction industrielle sans précédent s’est déclinée ces dernières années en une litanie sans fin. Plus de 100 usines ont été sacrifiées chaque année. Il a fallu la crise sanitaire du Covid-19 pour que le gouvernement réalise soudain l’ampleur du désastre, prouvant au passage le désintérêt qu’il avait jusqu’à présent porté à la question industrielle. Non seulementSanofi, censé être le leader mondial des vaccins, n’était pas capable d’en élaborer un, mais le pouvoir découvrait que la France n’était plus en capacité de produire des masques, du gel, des petits matériels médicaux, et même des principes actifs aussi essentiels et basiques que le paracétamol. Sans parler des composants électroniques, des semi-conducteurs, du bois, etc. Cet affaissement industriel trouve sa traduction dans les comptes de la nation. Alors que la France affichait un excédent commercial jusqu’en 2004, sa situation se dégrade année après année. Les exportations n’ont cessé de baisser en volume et en valeur, tandis que les importations grimpent. Fin 2021, le déficit commercial atteignait 84,7 milliards d’euros. Un niveau jamais atteint. Alstom. Le nom lui collecomme un sparadrapdepuis des années et Emmanuel Macron ne parvient pas à s’en débarrasser. Car cette affaire est emblématique de toute sa politique industrielle. À la manœuvre dès 2012 à partir des soupentes de l’Élysée, il a œuvré activement au démantèlement accéléré de ce qui fut le premier conglomérat français (CGE puis Alcatel-Alstom).La branche électromécanique d’Alstoma été vendue à GE, et Emmanuel Macron a veillé à neutraliser les rares défenses mises en place par son prédécesseur, Arnaud Montebourg. Alcatel a été cédéau Finlandais Nokia et l’essentiel des emplois détruits. Sans l’opposition de la direction européenne de la concurrence,la partie ferroviaire d’Alstomaurait d’ailleurs été absorbée par l’Allemand Siemens. En parfait« connaisseur de la grammaire des affaires », Emmanuel Macron n’a jamais eu la moindre critique contre la financiarisation débridée des capitaines d’industrie. Au contraire. Il en épouse toutes les vues : le Monopoly financier – vendre, acheter, fusionner, scinder, démanteler – tient lieu pour lui de stratégie industrielle. Il s’agit toujours de créer un géant mondial, peut-être européen, en tout cas un champion français. Avec à chaque fois des centaines de millions de commissions pour les banquiers d’affaires, les avocats et bien sûr les cabinets de conseil. Et, à chaque fois, des productions délocalisées, des sites fermés, des emplois directs et indirects détruits. Avec les encouragements de l’Élysée, quand ce n’est pas à son initiative, des groupes entiers ainsi ont été essorés, liquidés pendant cette mandature. Car il n’y a pas eu qu’Alstom. Il convient d’y ajouter Lafarge, Essilor, Rhodia, Suez pour ne citer que quelques noms de groupes privés. Mais l’État mérite une mention spéciale pour les entreprises dont il est actionnaire. Le secteur de l’énergie, jadis un des points forts de l’économie française, a été particulièrement saccagé.Le groupe parapétrolier Technipest ressorti vidé de sa substance après l’échec, prévisible dès le départ, de sa fusion avec l’Américain FMC. EDF, à qui Emmanuel Macron a imposé d’assumer une partie des pertes liées à la faillite cachée d’Areva, puis la construction de deux EPR sur le site britannique de Hinkley Point, est affaibli, endetté etmenacé d’être démantelépour pouvoir reverser une partie de la rente nucléaire au privé. Quant à Engie, l’ancien GDF,il est vendu à la découpe à Total, Bouygues, Veolia et autres fonds. En attendant que Total, le grand gagnant de cette mise à sac du secteur de l’énergie, rachète les restes de l’ancien monopole public gazier. Le secteur automobile a été un peu plus préservé. Mais Renault a failli aussi sombrer dans le scandale provoqué parCarlos Ghosn, que les pouvoirs publics ont laissé prospérer pendant des années, bien qu’ils aient été parfaitement informés de la situation. PSA, lui, s’est mariéavec Fiat pour créer Stellantis. Et sa première décision a été d’implanter son siège social aux Pays-Bas avec l’assentiment de l’État actionnaire. En septembre 2020, le gouvernement, déclarant avoir tiré quelques leçons de la crise sanitaire, annonçait la création du Haut-Commissariat au plan, disparu dans les années 1990.Nommé président, François Bayroua pour mission« d’éclairer les choix collectifs que la nation aura à prendre pour maintenir ou reconstruire sa souveraineté ». Un an plus tard, impossible de trouver la moindre trace de l’apport de ce Haut-Commissariat au plan. Il n’a même pas été officiellement associé au plan « France 2030 », censé tracer les pistes de l’avenir et présenté en grande pompe par Emmanuel Macron en octobre 2021. 30 milliards d’euros pour répondre«aux défis de notre temps », pour aider à« l’émergence des futurs champions technologiques », à « la transition de nos secteurs d’excellence que sont l’automobile, l’aéronautique, ou l’espace ». 30 milliards d’euros surtout saupoudrés en de multiples projets, répondant tous à la croyance absolue du numérique, dutout électrique,du nucléaire.Bien entendu, tout est placé sous la responsabilité du privé, l’État n’entendant avoir ni droit de regard ni effet d’entraînement. Et il ne demande aucune contrepartie. Mais c’est une question d’habitude. L’État a distribué plus de 40 milliards d’euros d’allégements fiscaux et sociaux, d’aides diverses chaque année, sans que les dépenses en R&D n’augmentent, sans que l’investissement productif ne progresse significativement, sans que les productions manufacturières ne montent en gamme, sans que la productivité ne s’améliore. Avec le « quoi qu’il en coûte » adopté depuis le Covid-19, les largesses publiques ont été encore plus abondantes. Sans le moindre contrôle. Alors que les groupes français figurent depuis des années parmi les firmes mondiales qui reversent le plus de dividendes à leurs actionnaires, ils s’apprêtent cette année à battre tous les records : les entreprises du CAC 40 ont prévu de redistribuer 98 % des profits engrangés en 2021. Des profits en partie améliorés grâce aux subsides de l’État. En dix ans, Emmanuel Macron, qui se voulait le président de la« start-up nation », a surtout confortéles rentes existantes. Au lieu des Gafam, la France a les LHOCK (LVMH, Hermès, L’Oréal, Chanel, Kering), cinq groupes de luxe qui dominent la vie des affaires et le CAC 40. [Martine Orange] __________________________________
Si Vladimir est le grand animateur d'une intervention spéciale guerre, dont les résultats inattendus peuvent s'orienter vers un échec reconnu ou un durcissement redouté, il n'est pas venu de nulle part. Il a su jouer habilement sur les humiliations du peuple russe après l'ère Eltsine, un certain redressement économique après une période de thérapie de choc, de crise profonde et sur la mise au pas et la complicité des oligarques qui se sont partagés les lambeaux de l'ex-Union soviétique. La psychologie n'explique pas tout. Elle permet même de se rendre aveugle à l'essentiel. "Malheureusement Poutine n'est pas fou" , comme dit Marianne. La corruption est devenue une constante ambiguë, alliée du pouvoir central qui la contrôle et le domine. L'absence de tradition démocratique et une information muselée rendent problématiques des réactions de masse contre les dérives anciennes ou actuelles d'un système verrouillé, comme on l'a assez dit.
_____Tout retournement de situation à partir de la base semble hautement improbable, sauf si la situation économique, du fait de sanctions efficaces, devient intolérable pour les masses. De toutes manières, le coût de la guerre sera exorbitant. Nous ne sommes pas encore sortis de la sidération. Faut-il aller jusqu'à dire avec S.Audoin que :"...On n’imaginait pas la possibilité de la guerre, elle est là désormais, et le déni a été balayé par le principe de réalité. Mais l’idée d’une extension, d’une internationalisation et d’une radicalisation de la guerre à travers un processus de montée aux extrêmes ne fait-elle pas l’objet d’un nouveau déni ? J’ai été très frappé par ce rappel du général Desportes, affirmant que, désormais,« la porte du feu nucléaire [était] ouverte ». Même si elle n’est qu’entrouverte, cela est déjà beaucoup… En dépit des menaces explicites du pouvoir russe, nous opposons à cette éventualité un déni plus puissant encore que celui qui précédait le conflit, un déni dont je me demande s’il ne pourrait pas s’apparenter à ce que Freud a désigné sous le nom d’« illusion d’immortalité » : nous avons beau savoir consciemment que nous allons mourir, la mort n’est pas représentée dans notre inconscient et cela nous permet de vivre. Ne se joue-t-il pas là quelque chose de similaire ? Nous savons, consciemment, que la porte du feu nucléaire est ouverte, mais nous ne pouvons considérer cela autrement que comme une hypothèse abstraite, sans conséquence sur notre vie quotidienne...."
Le dernier rapport du GIEC devrait alerter un peu plus, nous, comme les responsables politiques.. L'aggravation est manifeste. Plus personne ne le conteste. L'urgence s'impose. Même si la prudence impose, que l'on parle encore au conditionnel sur certaines évolutions. Rien n'est joué, mais les tendances sont là, confirmées une nouvelle fois. En France comme ailleurs. Au lieu de nous enfermer dans une attente fataliste et anxiogène, il n'y a d'autre issue que la prise de conscience et l'action collective, l'engagement politique au sens le plus large et le plus fondamental. _____Il ne suffit pas de le dire. Les mesures économiques et politiques tergiversent et les événements actuels ne favorisent pas les bonnes décisions. Des forces économiques freinent des deux fers. La contre offensive vient des USA et gagne la France. Au nom d'un refus des normes climatiques qui empêcheraient de faire du business as usual en rond, de fortes pressions se manifestent au nom d'un statu quo dans le monde des affaires, avec en arrière- plan un climato-scepticisme avoué ou implicite. "...L’offensive des lobbys industriels révélée par Basta ! et l’Observatoire des multinationales dans son rapport « Lobbys contre citoyens. Qui veut la peau de la convention climat ? », marque une inflation dans la violence verbale : contre les « citoyens » de la Convention Climat et les écologistes en général. Cette violence verbale s’explique en partie par une réaction de rejet de la part d’un petit monde de représentants professionnels, de lobbyistes, d’experts et de hauts fonctionnaires habitués à un confortable entre-soi, dans lequel de simples profanes ont prétendu faire irruption. « C’est un peu étrange que ce groupe de 150 citoyens de bonne volonté s’érige en conscience universelle et veuille décider pour nous », commente ainsi Patrick Martin, dirigeant du Medef et industriel fortuné. Un discours repris par Emmanuel Macron estimant, dans son entretien avec le média en ligne Brut, n’avoir « pas de leçons à recevoir ». Pour résumer : mais pour qui se prennent ces citoyens avec leurs propositions ? Ces mesures n’ont pourtant rien d’inédit ou de révolutionnaire. Beaucoup sont déjà versées au débat public, ou ne font que prolonger des efforts antérieurs. À lire ou écouter certains « experts » et commentateurs, c’est le principe même d’une régulation publique des activités économiques qui est devenu inacceptable pour une partie des milieux d’affaires...."
La question se pose de la puissance des forces qui s'opposent des quatre fers aux conventions mises sur pied à la COP 31, au nom d'une vision à court terme. La désillusion gagne au vu des résistances organisées. La Convention climat a du plomb dans l'aile; même s'il était illusoire d'attendre une adhésion rapide et généralisée, surtout de la part des géants de l'énergie. Pas de limites à l'économie néolibérale. Les lobbies"...qui savent que le Parlement est plus un lieu de rapport de force que de débats, sont puissamment organisés : cabinets d’avocats, de marketing, d’influence, étourdissent députés et sénateurs sous un flot de propositions d’amendements tout faits, d’études d’impact savamment dosées pour favoriser leurs activités..." Non, nous ne sommes pas au bout du chemin.... _________________
Au bénéfice de ceux que certains ont appelé les infiltrés.
Un rapport du Sénat, qui vient de sortir, souligne l'importance du recours à des cabinets de conseil privés et notamment étrangers qui se sont installés au coeur de l'Etat, surtout sous la dernière présidence, à la demande des plus hauts responsables. Il dénonce un phénomène "tentaculaire et opaque", dont le principe même et l'efficacité sont sévèrement contestés. Un phénomène de délégation devenu banal et très coûteux. "....L’intervention de consultants dans la gestion de la crise sanitaire à partir de 2020 a constitué l’un des points de départs de cette commission, formée sur proposition du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE). Celle-ci n’était que la « face émergée de l’iceberg ». En réalité, le rapport de la sénatrice Éliane Assassi met au jour un « phénomène tentaculaire », selon ses mots, et révèle l’appui de cabinets de conseils sur « des pans entiers des politiques publiques ». Selon le rapport, « les cabinets de conseil sont intervenus sur la plupart des grandes réformes du quinquennat, renforçant ainsi leur place dans la décision publique ». La commission d’enquête cite par exemple la réforme des aides personnalisées au logement (APL), sur laquelle est intervenu le cabinet McKinsey, pour le volet informatique (une prestation à quatre millions d’euros), la réforme de l’aide juridictionnelle pour laquelle il a été fait appel au concours du cabinet EY, ou encore la simplification de l’accès aux droits des personnes handicapées, sur laquelle a travaillé Capgemini. Roland Berger a constitué un appui dans la réforme de la formation professionnelle. Plus d’un milliard d’euros minimum de dépenses de conseil pour les ministères et les opérateurs publics l’an dernier..."
_____"...Le cabinet Mc Kinsey, notamment, est accusé d'optimisation fiscale, ce qui renforce l'indignation de certains élus. "...Résultat, “il semble qu’il s’agisse d’un exemple caricatural d’optimisation fiscale”, accuse le Sénat, alors que Karim Tadjeddine, responsable du pôle secteur public de McKinsey et conseiller sur la campagne d’Emmanuel Macron en 2017, avait juré devant les membres de la commission que l’entreprise avait bien payé l’impôt sur les sociétés en France. Des propos mensongers pour lesquels le Sénat compte saisir la justice, puisque l’intéressé s’exprimait sous serment et que le faux témoignage devant la représentation nationale est passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende. ..." __________________
L'obsession de René Camus n'a pas perdu de sa vigueur dans le cercle de Eric Z., même s'il tend à nuancer quelque peu ses positions extrêmes à l'approche des élections, où il semble pour l'instant en difficulté par rapport à ses ambitions initiales. Pure position tactique, sans aucun doute. L'idée a été exprimée clairement, qui vient de loin. Il a fait de la fureur et de l'approximation, notamment historique, une arme rhétorique de choix. Ce n'est pas la première fois qu'une réponse critique a été formulée à cette idée. Même si un certain type d'immigration peut poser problème. Mais l'amalgame n'est pas un souci pour le candidat à l'Elysée.
Entre autres critiques, on peut retenir celle, récente, de Hervé Le Bras: "Que peut faire un honnête homme face à la répétition permanente d'une contre-vérité? Hervé Le Bras, démographe, a choisi de répondre par la raison et des démonstrations aux torrents de dénonciation d'un«grand remplacement»qui submergerait la France. Son ouvrageIl n'y a pas de grand remplacement(éditions Grasset) n'évite aucun des arguments dont nous sommes noyés depuis des mois. Mais il y répond sur des bases rationnelles. Certes, l'entreprise ne saurait convaincre celles et ceux qui se sont bunkérisés dansune vision raciale assiégée. Mais on ne saurait désespérer totalement de nos concitoyens, et comme certains d'entre eux sont manifestement titillés par cette idée qu'une rue cosmopolite suffirait à démontrer qu'un peuple et une civilisation se substituent à d'autres, il n'est pas une mauvaise idée de leur proposer de rationaliser les choses. Sans blabla moralisateur, le livre est bien celui d'un chercheur en sciences sociales confrontant des arguments depropagandeà des données empiriquement fondées...."
La question revient régulièrement sur le tapis, que ce soit à Strasbourg, à Dunkerque ou à Bordeaux: le problème du nouveau découpage administratif de la France. Ce projet, puis cette réalisation furent très contestés, souvent faits sur un coin de table, pour satisfaire une exigence européenne sur laquelle on s'est peu interrogé. Le bilan reste encore à faire, mais les premiers avis ne sont guère positifs.... _____Point de vue:_" La réforme territoriale est en France absente du débat politique et de la campagne présidentielle. Pourtant, la faillite des Agences Régionales de Santé (ARS) pendant la pandémie de Covid-19 et l'abstention record aux élections régionales des 20 et 27 juin 2021 attestent d'un« millefeuille territorial »déconnecté du quotidien des Français...
Différentes raisons ont déjà été évoquées pour expliquer l'abstention record des élections régionales (seulement un électeur sur trois a voté). Mais il en est une qui a été occultée : les 13 Régions métropolitaines issues de la loi de 2015 (note) ne servent à rien !
Au total, ces Régions gèrent 35 milliards d’euros par an. C'est 15 % des dépenses des collectivités locales, bien moins que les départements (28 %) et que les communes (57 %)... et moins de la moitié du budget de l'Éducation nationale. Elles ont la faculté de distribuer cet argent à qui bon leur semble : rénovation d’un lycée, financement d’une carte de transport, subventions à des associations, etc. Il s'agit de tâches utiles sans aucun doute, mais rien que les départements ne puissent faire au moins aussi bien.
Mais, dira-t-on, les départements sont trop petits pour ces tâches. Ils n’ont pas la taille critique ! Vraiment ? Les 101 départements français sont en moyenne trois fois plus étendus et deux fois plus peuplés que les cantons suisses, lesquels représentent le nec plus ultra de la décentralisation, avec plus de compétences et d’autonomie que nos Régions et nos départements réuni;.....- Les compétences des Conseils régionaux ont été reprécisées par la loi NOTRe (7 août 2015) : « Le conseil régional a compétence pour promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique de la région, le soutien à l’accès au logement et à l’amélioration de l’habitat, le soutien à la politique de la ville et à la rénovation urbaine et le soutien aux politiques d’éducation et l’aménagement et l’égalité de ses territoires, ainsi que pour assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales, dans le respect de l’intégrité, de l’autonomie et des attributions des départements et des communes ». _______Dans les faits, toutes les missions imputées aux Régions pourraient aussi bien l’être aux départements. Nul ne s'en plaindrait car les départements bénéficient d'une taille mieux appropriée, avec moins de frais de structure et plus de proximité. Ils bénéficient surtout d'une plus grande homogénéité que les Régions. Comment le Conseil régional de Bordeaux peut-il coordonner les transports ferroviaires de la Nouvelle-Aquitaine, qui a 500 km de long ? Quel avantage y a-t-il pour un habitant de la Creuse d’être administré à partir de Bordeaux plutôt que de Guéret (son chef-lieu) ou de Paris ? Enfin, quelle pertinence y a-t-il à ce que la Région Île-de-France gère la formation professionnelle de populations aussi différentes que celles de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine ? ____L'imbroglio territorialest aggravé par l'enchevêtrement des circuits de décision. Dans chaque domaine, la subdivision départementale en réfère à l'administration régionale, laquelle demande l'avis de son ministère de tutelle. Lorsqu'elle l'a enfin reçu, elle transmet ses conclusions au préfet ou au conseil départemental pour l'exécution de la décision ! Ce cheminement a été ainsi mis en oeuvre par les Agences régionales de santé (ARS) pendant la pandémie avec pour résultat des initiatives tardives ou incohérentes. Pour une décentralisation efficace, il n’est que temps de revenir à la sobriété héritée de la Révolution en supprimant les Régions mais aussi les sous-préfectures, et surtout en attribuant aux départements les compétences et les budgets aujourd'hui dévolus aux Régions. Les départements redeviendront ainsi un échelon intermédiaire efficace et proche des citoyens, avec des préfets et des conseils départementaux bien outillés pour assister les municipalités et coordonner leurs efforts....." _______________
Dans une certaine presse, la dictature de la ligne revient comme un marronnier sur le devant de la scène, surtout au début de printemps, dans la perspective d'un été supposé chaud et dénudé... Objectif: ventre plat! raplapla...
Une nécessité, un impératif catégorique, une urgence! Sus aux bedaines, aux méfaits de l'hiver et à ses excès de table! Un mois doit suffire: exercices adaptés, régime calculé, avec ou sans machines...même sans faire d’abdos. Comme j'aime....Sus aux gourous! Ça devrait marcher, puisqu'on le promet C'est ainsi tous les ans... Il faut un corps parfait! Narcissisme oblige... Le marketing de l'ego l'impose. ________________________Le culte du corps, réaction trop humaine à notre finitude et à notre mortalité s'exprime à travers le fantasme d'une forme parfaite et durable,capital(e), et d'une possible intervention des techniques modernes pour le maîtriser et le réparer à souhait, jusqu'à l'absurde. "L’ idéologie libérale... repose sur l’exaltation de la «liberté de choix». Or, ce qui frappe, c’est l’impuissance que trahit le discours de ses enquêtés : «Qu’on le veuille ou non, seule l’apparence compte dans notre société»; «Le fait est que le poste va toujours à celle ou à celui qui paraît le plus jeune», etc. Le lifting ou le Botox leur apparaît comme une fatalité, «au même titre que les impôts ou la mort», observe-t-elle. Ainsi, ils créent eux-mêmes la réalité qu’ils prétendent subir, comme si la portée collective de leurs actes, à force d’être niée, se retournait contre eux. Puisque chacun veut sortir du lot, on voit s’instaurer une surenchère absurde où les fronts doivent être toujours plus lisses, les traits toujours plus figés, les seins toujours plus gros. Le déferlement d’images de corps artificiels, lisses et brillants, ceux des mannequins et des célébrités, donne le la, alimentant l’anxiété, le mépris et la haine du corps réel...." Les normes de la beauté, relatives et changeantes, finissent par imposer leur diktat. Le conditionnement est d'autant plus puissant qu'il est ignoré. _______________________________________