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dimanche 1 octobre 2017

La grammaire n'y est pour rien.

Grammaire et politique
                                   On peut en rire...ou en pleurer, il y a un problème.
                                                  Même s'il y a plus grave.
         Si la grammaire est "sexy", c'est la faute, dit-on, au grammairien Claude Favre de Vaugelas qui écrit en 1647 depuis son fauteuil de l’Académie Française: “Le genre masculin étant le plus noble doit prédominer chaque fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble.”   Un “mouvement idéologique” qui s’ancre solidement dans la pensée commune, puisqu’un siècle plus tard, Nicolas Beauzée (encore un grammairien de l’Académie Française) en rajoute une couche: “Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle.” (Par femelle entendez, vous, les femmes.)
     Pendant la Révolution française, les femmes commencent (déjà) à se révolter. En 1789, elles écrivent la “requête des dames à l’Assemblée nationale”, pour demander à ce que le genre masculin, “même dans la grammaire”, soit l’égal du féminin: “Tous les sexes et tous les êtres doivent être et sont également nobles.” Suite à cette requête, elles n’obtiennent aucune réponse. L’Académie Française, voulant contrer ce genre d’idée paritaire et révolutionnaire, décide alors d’exclure les femmes à siéger. Problème réglé....
        Derrière la langue, qui façonne les mentalités, qui diffuse des valeurs, les règles, elles-aussi, reflètent parfois une vision du monde.
    La langue est vivante, elle bouge avec les sociétés, elle sert à communiquer, elle reflète l'état de nos moeurs.  Le sexisme est dans les têtes, et il s'exprime dans les codes, comme dans les institutions.
     Mais "Ce n’est pas la langue qui est sexiste [...] Ce sont les locuteurs qui le sont ou ne le sont pas."
        Faut-il changer notre grammaire ? Oui dans une certaine mesure. C'est en cours, même si on se heurte à certaines limites et à des adaptations difficiles. Mais  "... choisir le terrain linguistique pour mener cette bataille nécessaire c’est se tromper de combat et se moquer des victimes"
 Ne travailler que sur la langue, c'est prendre l'effet pour la cause.
     Certes, une révolution linguistique est en marche: ":  La masculinisation de la langue, avec l'imposition du genre masculin comme genre "le plus noble" par les grammairiens de l'époque, a fait partie d'une stratégie essentiellement politique. IL faut continuer à renverser la tendance, sans friser le ridicule. Si institutrice, ambassadrice, avocate... sont passé facilement dans la langue, que faire avec la désignation d'autres fonctions?
         Mais si la vieille règle de l'école primaire est "nulle", il n'est pas besoin d'en faire un drame...les femmes n'attendent pas la grammaire pour continuer à se faire une place au soleil et il y a d'autres combats...Le réel est plus difficile à changer que les codes.
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