Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 9 octobre 2017

Travailler (ou pas) en GB

(Quasi) paradis libéral
                  Depuis le choc du thacherisme, l'Angleterre, bientôt suivie par d'autres pays, est entrée dans la sphère d'influence de l'école de Chicago et de son libéralisme décomplexé.
 La réduction des missions de l'Etat au strict minimum, aux objectifs purement régaliens, était au coeur de la pensée de Hayek et de son disciple Friedman.
 Ce fut le début d'une politique qui allait faire des émules, dans le cadre d'une mondialisation dérégulée et du consensus de Washington.
Les héritiers de la Dame de fer, comme Tony Blair, surent être de fidèles successeurs, qui, avec des hauts et des bas, s'inscrivirent dans la lignée néolibérale.Avec les mutation industrielles et la montée de la prééminence de la finance et de la rente, les conditions de travail ne furent plus un souci pour Downing Street, dont le projet fut essentiellement de livrer la force de travail aux lois du marché. Quitte à laisser se développer un chômage inédit et en le masquant. Des réformes vraiment libérales -(*)En réduisant drastiquement les aides sociales. 
Cameron n'est pas l'Abbé Pierre et favorisa le développement d'une pauvreté vécue de plus en plus comme un statut culpabilisant.
      Des conditions particulièrement restrictives, sous la régime des Job Center aux missions rigidement encadrées.
     Une fin de l'assistanat, qui débouchera presque toujours sur un statut de travailleurs pauvres ou durablement précaires. Voir avec le travail «zéro heure», la magnifique invention des conservateurs, qui semble nous ramener àux workhouse d'une certaine époque, celle de Dickens.
   Selon Challenges, 1,4 million de salariés anglais ont un contrat sans garantie d'heures ni de salaire
       Tandis que la City prospère, que la richesse s'étale sans vergogne dans les beaux quartiers de Londres, que les inégalités, comme ailleurs ne cessent de se creuser, que la retraite à 70 ans est programmée.
   Certes, ce n'est pas la gloire chez nous, mais les pays trop souvent cités en exemple pour leur moindre chômage actuel paient une facture plus lourde socialement;  ...le taux de pauvreté y est bien plus fort qu’en France, s’établissant à environ 17% de la population dans les deux cas, pour un taux de chômage de 5,1% au Royaume-Uni en mars et de 6,1% en mai Outre-Rhin, contre 9,9% en France au deuxième trimestre. Ce paradoxe s’explique par le nombre de travailleurs pauvres : dans ces exemples étrangers, 20% des salariés touchent moins des deux tiers du salaire médian, contre environ 6% en France.  
C'est Challenges qui le dit, pas ATD Quart-Monde. Si les riches sont 64% plus riches, les pauvres sont deux fois plus pauvres. Une pauvreté qui touche les enfants et qui inquiète beaucoup d'Anglais eux-mêmes.
  Une situation qui  ne révolte pas que Ken Loach.
Pourtant, on le dit, les travailleurs ne sont pas plus productifsdans un pays dont la bonne santé économique est souvent proclamée, mais pleine de faux semblants. 
On avance résolument vers la  Big (or thin) Society...
        Alertez la reine!
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 (*) " ...Le gouvernement conservateur ne s’est pas arrêté là. On peut remarquer en particulier sa façon très particulière de simplifier le droit du licenciement et d’en limiter le coût pour les entreprises. Pour contester un licenciement abusif devant les tribunaux du travail, il faut désormais avoir deux ans d’ancienneté dans l’entreprise au lieu d’un an comme c’était le cas auparavant. Résultat: environ 3 millions de salariés sont ainsi privés du droit de formuler un recours contre un éventuel licenciement. Et le montant maximal des indemnités dues par l’employeur a été fortement abaissé: il s’établit désormais à douze mois de salaire ou 74.200 livres et c’est le plus bas de ces deux montants qui s’applique.   Pour couronner le tout, l’accès à cette justice du travail est désormais payant: entre 160 et 260 livres (entre 205 et 330 euros) au moment du dépôt du recours, entre 250 et 950 livres (entre 320 et 1.215 euros) au moment du passage en audience. Ces sommes sont remboursées si le salarié obtient gain de cause, mais, pour les plus modestes, l’effet dissuasif joue à plein: après la mise en place de ce système, le nombre des requêtes a chuté de 64% en un an. On se plaint ici de l’engorgement des prud’hommes: voilà une recette simple et efficace de résoudre le problème…"
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