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lundi 23 octobre 2017

Point d'histoire

Autriche: dénis et dénazification manquée
                                                                 Alors que l'extrême droite est une nouvelle fois en embuscade au pays de Sisi, personne ne s'indigne vraiment. Juste quelques mises en garde. Pourtant, l'élection de Sébastien Kurz et ses futures alliances devraient inquiéter, comme hier le succès de Jörg Haider ou le passé de Kurt Waldheim.
      A Bruxelles, pas de manique, même si le ton est différent vis à vis de la Hongrie ou de la Pologne.
    A Vienne, le passé ne passe pas, pas le plus prestigieux, celui de l'ancien Empire, mais celui d'un passé si récent, sur lequel on a passé un peu vite l'éponge, après-guerre, pour des raisons aussi opportunistes, culturelles que politiques à courte vue.
     Avoir considéré le pays comme  "victime du nazisme" , ne fut pas sans conséquences, non seulement dans l'immédiat après-guerre.
        La dénazification confiée aux Français suivit un chemin très particulier, ce qui fait dire que "... la dénazification totale des Autrichiens fut un échec. L’Est et l’Ouest étaient en pleine guerre froide, la France connaissait de graves crises gouvernementales, la Légion étrangère avait besoin de soldats pour la guerre d’Indochine et pour défendre les acquis coloniaux. Les Français ne pouvaient donc se passer du soutien des Autrichiens et de leur contribution directe dans les combats qu’ils menaient contre le communisme et le mouvement de décolonisation. L’occupant français ne pouvait donc pas se permettre d’être trop dur avec les nazis autrichiens : les Français avaient besoin d’eux, autant économiquement que militairement. En condamnant trop vivement ceux qui avaient collaboré avec les nazis, les Français risquaient de provoquer une grave crise sociale en Autriche, ce qui n’aurait pas manqué de déstabiliser toute l’Europe centrale..."
    Bref, on ferma beaucoup les yeux. Résultat: un passé qui ne fut jamais digéré et des plaies toujours ouvertes. On a oublié les conditions de l'Anschluss et le fait que " 40 % des gardiens des camps de concentration et 70 % de l’équipe d’Eichmann, chargée de la solution finale, étaient des Autrichiens. Alors que le pays représentait 8 % de la population du IIIe Reich. » L’histoire douloureuse refuse obstinément de mourir. Le théâtre de Thomas Bernhard en atteste, violent et outrancier pour mieux réveiller la nation."
    De même les écrits sans complaisance de Elfriede Jelinek.
       Un  passé qui ne passe pas, selon certains observateurs.  Oublier son passé n'a jamais produit les meilleurs effets. Freud avait raison: le déni est la pire des choses, la nostalgie est révélatrice. Les mythes ont la vie dure.
__________Un simple exemple: le travail forcé, notamment des Juifs, a eu un début de reconnaissance en Allemagne et certaines réparations partielles furent accordées aux victimes.
  Ce ne fut pas le cas en Autriche, comme l'atteste le témoignage de ce juif rescapé d'origine polonaise, échoué finalement dans le nord de la France, qui a toujours obtenu un refus concernant d'éventuels dédommagements concernant les terribles traitements endurés en Autriche:
      "En 39-45, j'ai été travailleur forcé. L'Autriche refuse toujours de l'admettre
            Un fonctionnaire anonyme a répondu à ses requêtes qu'on n'allait pas créer de précédents et... remonter à Attila...
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