Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête histoire manipulée. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête histoire manipulée. Trier par date Afficher tous les articles

lundi 13 décembre 2021

Trafiquants de l'histoire

 Tordre les faits  ou les respecter?

                        Pour manipuler les foules ou les éduquer?.   L'histoire peut être une connaissance rigoureuse, quand elle est confiée à des spécialistes formés et critiques, en dehors de tous préjugés, de manière neutre et documentée. Mais elle peut s'avérer dangereuse si elle est manipulée, instrumentalisée par des esprits, souvent incultes, qui veulent l'utiliser à leur convenance, sans souci d'objectivité, à seule fin de conditionner les esprits, souvent ignorants, pour les mener à une interprétation faussée et parfois dangereuse du passé. C'est ainsi que Hitler sut flatter le passé glorieux et mythique de son pays pour conditionner les esprits à épouser sa doctrine.   C'est ainsi qu'un certain Z. refait l'histoire à sa façon, selon ses visées idéologiques, après l'histoire bling bling de Nicolas  Le danger est toujours possible de faire dire au passé ce qu'il ne signifiait pas.                                                        C'est en ce sens que l'écrivain Paul Valéry disait: L’Histoire est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré. Ses propriétés sont bien connues. Il fait rêver, il enivre les peuples, leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, entretient leurs vieilles plaies, les tourmente dans leur repos, les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution et rend les nations amères, superbes, insupportables et vaines. ...Oui, si le récit du passé, faussé et manipulé, devient un outil de propagande. Comme avant et après la guerre de 14, d'un côté comme de l'autre du Rhin.

                L'histoire n'est pas une science au même titre que les sciences "dures" celles de la nature. Malgré la rigueur qu'elle exige, elle laisse une large place à des interprétations rationnelles et contrôlées.    On n'a pas fini d'en débattre..   Il y a les faits et l'interprétation des faits.  _____Par exemple, au sujet de l'histoire encore chaude de la naissance  d'Israël. De nouveaux historiens commencent à être écoutés dans leur réinterprétation de l'histoire dite "officielle", notamment sur la question de la Terre dite "promise". _____ Par exemple, sur la défaite de 1940.  Une défaite qui ne doit rien au hasard. Rien n'était inéluctable. L'illusion du déterminisme est tenace. Il est toujours temps de revoir nos propres mythes et même certains fantasmes Il y peut y avoir tout un art de tordre les faits.  L'art de l'historien est de prendre la maximum de recul par rapport au présent pour interpréter, de manière toujours renouvelée, les données du passé proche ou lointain. Ce qui n'est jamais une tâche achevée, car le présent, par ses limites et ses points de vue, conditionne toujours en partie la lecture du passé. L'objectivité est un idéal vers lequel il tend en sachant que sa tâche ne sera jamais achevée , à la lumière de nouveaux documents, grâce à des méthodes renouvelées. C'est ainsi qu'on n'aura jamais fini d'écrire l'histoire de la Révolution Française.                                           ___Le danger est que le politique s'empare du passé, du moins ce qu'il veut en retenir, pour valoriser la lecture qu'il veut en donner, pour favoriser ses vues et ses projets.   Les hommes au pouvoir et qui tiennent à le conserver, comme les autocrates, souvent par tous les moyens,  n'aiment pas les historiens. L'histoire donne trop d'exemples en leur défaveur et témoigne toujours d'une chose: tout régime arbitraire connaît un jour une fin. La considération du passé souvent les gêne comme un obstacle à leur domination. Ils essaient souvent de l'instrumentaliser en leur faveur, soit en inventant des généalogies, comme autrefois, soit en idéalisant ce qu'ils considèrent comme allant dans leur sens, soit en taisant des aspects qui les désavantageraient. L'histoire peut parfois être revisitée ou peut être malmenée, jusqu'à des pressions sur les historiens eux-mêmes.

     Ainsi, "La Fédération internationale pour les droits humains publie un document, « Crimes contre l’histoire », qui recense les atteintes systématiques menées ces dernières années par Moscou contre les historiens pour imposer un récit officiel et autolégitimer le pouvoir."                __Les historiens sont parfois vus comme des gêneurs, des empêcheurs de gouverner en tond. On comprend pourquoi. Ils ravivent une mémoire qui peut en perturber plus d'un, en faisant l'histoire de l'esclavagisme, par exemple. L'équilibre entre le relativisme et l'engagement dans le présent est toujours un problème. Les dérives sont encore nombreuses  D'où l'importance de faire l'histoire de l'histoire et de son implication dans l'histoire réelle. Le récit (toujours provisoire ) du passé demande le plus souvent une approche critique.   Cela fait partie du travail de l'historien, mais pas seulement, qui sait qu' une relecture des représentations du passé fait partie intégrante de l'étude des faits, qui sont toujours établis à une époque donnée, qu'ils en portent la marque, les limites et l'idéologie.

    Hier comme aujourd'hui.
       L'histoire s'est longtemps construite sur l'idée d'un roman national, flatteur et parfois mobilisateur, mais douteux du point de vue théorique..
    Instrumentaliser les faits ou les sortir de leurs contextes pour mieux agir sur les esprits est une dérive permanente. 
   Des récits non critiqués ont toujours la vie dure dans l'imagination.

      _____Des Gaulois à De Gaulle, il y a fort à faire parfois pour établir le vrai.
                             Charlemagne a-t-il inventé l'école ? Y-a-t-il un secret des Templiers ? Jeanne d'Arc a-t-elle sauvé la France ? Marignan fut-elle une victoire si importante ? Marie-Antoinette fut-elle une ravissante idiote ? Y-a-t-il eu un génocide vendéen ? Jean Moulin a-t-il été trahi ? La France est-elle malade de la guerre d'Algérie ?..
Des Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution... Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution... Des Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution... Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution...  Une relecture des représentations populaires, plus ou moins forgées par l'école, mais aussi de leurs prédécesseurs manquant de données, de recul ou de moyens techniques (par exemple, en archéologie, en génétique, en linguistique, etc...)Il est donc dans la nature même de l'historien de produire des vérités toujours partielles, provisoires, parfois biaisées et de se donner les moyens de se corriger en permanence et de remettre en question des croyances et des mythes qui sont loin d'être toujours innocents.

          Une histoire "plurielle" dans une France qui a changé reste à réinventer, en gardant un regard critique sur ses propres productions et celles de son époque.
    Déconstruire les mythologies nationales est une nécessité permanente, malgré les résistances.
       Nous ne sommes pas encore tout à fait sortis de l'histoire à la Jules Michelet.
         Des barbares aux Gaulois, en passant par Charlemagne, Charles Martel et les autres...il est essentiel de dépoussiérer, de rectifier, de relativiser. A la lumière de nouveaux faits, de nouvelles méthodes, de nouvelles recherches.
               La Vérité historique est toujours un horizon...les vérités peuvent toujours s'affiner.    ________

samedi 14 novembre 2009

Histoire revisitée


Histoire instrumentalisée

Une interprétation de l'histoire au service des intérêts politiques présents et des projets d'avenir
_________________Le présent n’est pas brillant, l’avenir semble échapper au volontarisme magique, reste le passé qu'on torture pour en faire un élément fédérateur, faute de mieux...
-"Il n’y a guère pire « explosif » que l’Histoire, laquelle fournit à tous des preuves de tout et son contraire. Il n’y a d’ailleurs guère de matière plus volatile : instrumentalisée sans scrupule par les tenants de toutes idéologies pour leur permettre de prendre plus aisément le pouvoir. On dit souvent que l’Histoire, mise au service du nationalisme, ne vaut guère mieux que l’ignorance."(Le Taurillon)
-"L'histoire justifie ce que l'on veut. Elle n'enseigne rien, car elle contient tout et donne des exemples de tout. "-( Paul Valéry)

-"Les procédés multiples par lesquels Nicolas Sarkozy réécrit l’histoire à sa façon sont lourds de conséquences : produisant un brouillage du sens de l’histoire, ils ont pour but de désarmer toute critique. Nicolas Sarkozy ne détourne pas par hasard nombre de références historiques de gauche comme Jaurès ou le Front populaire, il n’inverse pas innocemment le sens de mai 1968 au point de prétendre en faire l’origine du capitalisme amoral que Mai 68 combattait"
________________

-L’histoire par Nicolas Sarkozy : le rêve passéiste d’un futur national-libéral :
"L’usage de l’histoire et surtout des grandes figures du passé dans les discours des hommes politiques n’est pas une nouveauté. Les orateurs de la Révolution française et surtout les « pères fondateurs » de la IIIe République ont fait de la citation, de la référence, et de la convocation des « Anciens » des éléments majeurs de la rhétorique politique et de l’éloquence. Notre attention est retenue surtout par l’inflation de ces références alors même que partout domine le cliché des Français ignorant l’histoire de France tandis qu’une poignée d’entre eux peut espérer participer aux nouveaux jeux télévisés animés par quelques-uns de nos doctes collègues. Cette inflation n’est pas seulement surprenante en quantité, mais aussi en qualité pourrait-on dire tant elle est l’objet d’un surinvestissement à droite et plus encore dans les discours de Nicolas Sarkozy. La thématique nationale du discours de Nicolas Sarkozy s’appuie constamment sur la légitimation par le « grand homme ». La référence historique sert ici à s’inscrire dans la continuité de l’histoire nationale tout en martelant la rupture et en captant l’histoire de la gauche. Le Panthéon de Nicolas Sarkozy est à cet égard particulièrement significatif (les décomptes sont effectués sur 6 discours discours entre celui de Tours le 10 avril et celui de Marseille le19) : Jean Jaurès revient à 37 reprises, Jules Ferry 17, de Gaulle 12 et Léon Blum à 7 reprises. Ceci n’a évidemment pas manqué d’interpeller de nombreux observateurs (voir l’interview d’Henri Guaino sur France-Inter, le 25/4/07 entre 8h20 et 9h00 et divers sites internet).
POURQUOI ?Nicolas Sarkozy utilise l’histoire dans un double but : produire un nouveau rêve national qui brouille toutes les analyses et toutes les convictions ; détourner l’attention de son programme réel que l’on peut qualifier de national-libéral et dont les premières victimes seront les cibles directes de ses discours de récupération.Depuis longtemps, histoire et politique sont étroitement liées, mais la campagne électorale porte à son paroxysme l’interaction entre propagande électorale et instrumentalisation du passé. Gauche et droite rivalisent en références historiques coupées de toute historicité. Les grandes figures du socialisme, les hommes de gouvernement se retrouvent aux côtés des défenseurs d’une patrie mythique. De Jeanne d’Arc à Léon Blum, de Jaurès à Barrès, les figures se déplacent au rythme des manifestations publiques et de la course aux suffrages des candidats. Le héros national ancré dans un terroir, auquel la région serait identifiée, est invoqué afin de valoriser l’électorat visé. Le procédé est connu mais toujours renouvelé en fonction des polémiques et des enjeux du moment. Il est poussé à l’absurde dans bon nombre des discours de ce que la presse, en sa grande majorité, salue comme une excellente campagne et qui n’est qu’une suite de clichés et d’usages biaisés de l’histoire ....
MAI 68 : le repoussoir_____Cette réécriture de l’histoire a évidemment un objectif assez grossier qui est d’en déposséder la gauche actuelle, celle qui, paradoxalement, après 1984, a pris un virage social-libéral et qui, sans doute à ce moment-là s’est éloignée d’un électorat populaire. Mais ce n’est pas là que Nicolas Sarkozy marque le tournant de la gauche. Pour lui, clairement, c’est Mai 68. Là se situe un tournant conduisant, selon lui, à la négation des valeurs, du travail, de l’autorité, etc. L’insistance mise sur Mai 68 pour caractériser la gauche actuelle relève, là encore de l’escroquerie intellectuelle : est-il nécessaire d’insister ici sur la complexité de l’événement dans ses différentes phases étudiante, sociale, politique ; d’insister sur l’aspect problématique de ses inspirations marxistes : est-il nécessaire de rappeler la concurrence féroce faites par les nébuleuses gauchistes d’alors au PCF et la CGT ? Jamais sans doute le fossé n’a semblé plus grand entre « communistes orthodoxes » et gauchistes (trotskistes,libertaires, maos, etc.) : il est impossible d’en faire le substrat idéologique de l’actuel Parti Socialiste.C’est surtout « L’esprit de 1968 », dont la saisie historique échappe à l’homme de pouvoir, qui ne cesserait de déstabiliser l’ordre existant. Quoi qu’on pense des événements de mai, dont l’écriture est encore en débat, le sens donné aujourd’hui par les hommes d’ordre comme Sarkozy ne porte pas sur l’interprétation des événements mais sur son « esprit ». Qu’est-ce à dire ? S’agit-il de l’esprit révolutionnaire ? Du besoin des « gens » de s’occuper des intérêts collectifs ? De la volonté des citoyens de prendre en charge leur part de souverain ? Ou, tout simplement, de la nécessité de renouer avec la démocratie en s’occupant du bien commun ? L’esprit critique, en effet, a sans aucun doute permis de croire que la victoire des idées, des partis, des forces en présence, n’était pas irréversible et que le parti vainqueur pouvait être le vaincu de demain. Mais en rappelant le souvenir de de Maistre et de Bonald qui, en leur temps, ont jugé contre-nature la révolution de 1789 dont le déroulement avait dévié le cours normal de l’histoire, Nicolas Sarkozy signifie, de manière non équivoque, que ce qui est, est ce qui devait être. Comme si la pratique politique, échappant aux conflits, n’avait de sens que dans le respect de l’ordre « naturel » des choses et des hommes. Des inégalités aux intelligences, la « nature » déterminerait l’organisation sociale. Là est le danger le plus grave pour notre démocratie.Et si les hommes sont ce qu’ils doivent être en fonction de leur patrimoine génétique, alors effectivement l’esprit de 1968 est dangereux, car il a permis, entre autres, de penser que l’inégalité entre hommes et femmes n’était ni dans la nature humaine, ni dans celle des sociétés.
LES LUTTES SOCIALES OUBLIEES : le Front populaire__Dans sa tentative de réécrire l’histoire, Nicolas Sarkozy va jusqu’à annexer le Front populaire. Mais s’il annexe les congés payés qu’il réduit à une imagerie, il écarte la semaine de 40 heures – tout rapprochement avec les 35 heures serait gênant. Surtout, il omet de préciser que les acquis sociaux du Front Populaire ne sont que le fruit de la pression du vaste mouvement de grève du printemps 1936, lorsque Marceau Pivert s’écriait « Tout est possible ! » (une expression que reprend Nicolas Sarkozy dans son discours). Précisons aussi que les acquis sociaux de 1936 furent, dès 1937, contestés et progressivement repris par la Confédération Générale du Patronat Français, ancêtre du MEDEF, dans ce que l’historien allemand Ingo Kolboom a appelé la « revanche des patrons ». L’histoire de la gauche française comme la réécrit Nicolas Sarkozy est aseptisée, sans conflit, à tel point que comme historien on serait tenté de lui demander quand la gauche est devenue marxiste. Ce n’est pas faire acte de « repentance » que d’essayer de comprendre l’importance des conflits sociaux, mais évidemment, c’est difficilement conciliable avec la défense du capitalisme que revendique aussi explicitement Nicolas Sarkozy. Il y a assurément loin de la « synthèse » de Jaurès entre la « République », c’est-à-dire la démocratie politique, et le social, à celle de Nicolas Sarkozy entre le national et le socialisme.Comment ne pas rire au final à cette assertion : « Cette gauche-là elle n’est pas l’héritière des luttes sociales, elle n’a rien à voir avec Jaurès ou avec Blum, elle n’a rien à voir avec les canuts lyonnais ou avec les communards qui se sont fait massacrer par Thiers » (discours de Tours le 10 avril ) ?....
CONSTRUIRE UN AVENIR_LE RÊVE_Le rêve américain__Faisons un sort au rêve, seule référence qui ne soit pas totalement hexagonale. Car en effet, il « fait un rêve » Nicolas Sarkozy, et ses pensées oniriques se nourrissent d’un détour transatlantique, en appelant à se souvenir des mots de Martin Luther King : « Je rêve qu’un jour sur les rouges collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité » (discours de Nicolas Sarkozy à Marseille, 19 avril 2007). Qu’un leader noir-américain de la lutte pour le Mouvement des droits civiques rejoigne son panthéon des grands hommes est assurément lourd de sens, car sous ce glorieux patronage Nicolas Sarkozy n’en finit plus de rêver sa France nouvelle débarrassée de tous ses maux (dans ce seul discours de Marseille, il rêve en effet 46 fois…). À l’été 1963, la marche de Washington avait rassemblé près de 250 000 personnes qui protestaient contre l’incapacité du gouvernement américain à résoudre la question raciale. King y avait prononcé son plus beau discours, endossant son rôle de pasteur, et mobilisant ses talents de preacher. Et c’est bien cette posture-là que lui confisque aujourd’hui Nicolas Sarkozy. La rhétorique de la litanie, policée par ses professionnels de la communication, use et abuse des formules répétitives qui scandent chacun de ses discours comme pour marteler des vérités quasi-transcendantales. Sarkozy y devient le grand rassembleur de foule, dont la mission confine à celle de guide spirituel. La méthode procède d’une double imposture. La première n’est pas anecdotique : on oublie trop souvent que le discours de King, dans la tradition afro-américaine du sermon, était en majeure partie improvisé, contrairement à l’usage statique et réifiant qu’en fait l’orateur Sarkozy, et qui clôt le discours sur ses leitmotiv, lui conférant une dimension plus propagandiste que mystique. La seconde tient à l’usage de la mémoire de Martin Luther King, instrumentalisé comme la figure historique consensuelle d’une Amérique qui combat pour ses droits et ses libertés. C’est faire injure au courage politique qui a dicté la marche de Washington dans une Amérique en proie aux crimes racistes, et oublier que King, pour l’occasion, avait bravé les menaces du directeur du FBI sur la liste noire duquel il figurait en bonne position comme l’explique Nicole Bacharan (Histoire des noirs-américains au XXè siècle, éditions Complexe, pp.154-162). Mais c’est aussi un moyen, pour Nicolas Sarkozy, d’activer l’image du dissident politique, persécuté, aux combats duquel l’avenir donnera raison et légitimité. S’autoproclamer héritier de King permet donc à Nicolas Sarkozy d’apparaître comme le libérateur inspiré des opprimés, et d’adresser au passage un clin d’œil au « rêve » américain qui anime ses desseins politiques
Le « rêve français »___Le mot dit tout : à l’opposé du « modèle », trop normé, le mot produit ce qu’il désigne : la mythologie politique. Ce rêve permet, là encore, de suggérer que, comme lui, comme Jaurès, il est menacé. Mais c’est aussi un autre « rêve », français, comme il dit Nicolas Sarkozy, pour lequel le premier sert de cache ou de leurre, comme chacune des références de Sarkozy : un rêve de revanche « nationaliste », après les années 60-70 de domination des forces sociales d’opposition et de domination intellectuelle de la gauche, après les décennies de crise sociale.La matrice du « rêve » est aussi probablement le tableau du même nom du peintre peintre d’histoire militaire Edouard Detaille. Sur la toile, des soldats français qui dorment, pendant le désastre de 70, et rêvent des armées napoléoniennes victorieuses. Ce tableau, exposé aujourd’hui au musée d’Orsay datant de 1888 a été perçu comme boulangiste : parce qu’il suggère la « Revanche », en récupérant et en fondant dans un même ensemble les couleurs du drapeau tricolore et le blanc des monarchistes. Sarkozy rêve de revanche. Mais à l’impossible revanche militaire, étant donnée la puissance française actuelle(elle aurait pu cependant consister à faire le choix de la participation à la guerre en Irak aux côtés des américains), Nicolas Sarkozy offre l’alternative de la revanche économique sur les 30 « piteuses ». Nous sommes dans la mondialisation : il ne saurait être question de la croissance dans le cadre de l’Etat-Providence dont les « excès » sont vivement dénoncés. S’il faut jouer la victoire économique, il faut la jouer dans la pleine concurrence : il faut le libéralisme concurrentiel associé structurellement à une société d’ordre et de police. Mais il faut aussi rassurer : le discours historique de Nicolas Sarkozy avec son cortège hétéroclite et incompatible de références républicaines, de Robespierre à Georges Mandel, sert à fournir cette colle idéologique rassurante....
CONCLUSION : une histoire détournée et inversée au profit d’une ascension sociale et politique.L’apparente confusion des références historiques de Nicolas Sarkozy, leur accumulation, leur caractère hétéroclite et paradoxal, pour celui qui se réclame de la droite décomplexée, ont plusieurs fonctions. Elles servent d’abord à faire oublier ses alliances sociales et médiatiques : le MEDEF et les grands patrons des médias. Pour parvenir au pouvoir, Nicolas Sarkozy est resté l’homme de l’ « entre soi de la grande bourgeoisie ». Elles ont ensuite un but idéologique précis : dissimuler par une agitation constante, la vérité de son programme économique et moral, ce néo-bonapartisme libéral qui le range du côté des dirigeants les plus inquiétants et les plus aventureux de la planète.Les procédés multiples par lesquels Nicolas Sarkozy réécrit l’histoire à sa façon sont lourds de conséquences : produisant un brouillage du sens de l’histoire, ils ont pour but de désarmer toute critique. Nicolas Sarkozy ne détourne pas par hasard nombre de références historiques de gauche comme Jaurès ou le Front populaire, il n’inverse pas innocemment le sens de mai 1968 au point de prétendre en faire l’origine du capitalisme amoral que Mai 68 combattait. C’est seulement au prix de ce confusionnisme de tous les instants qu’il peut espérer tromper les classes populaires, rassurer et leurrer les indécis. Nicolas Sarkozy est le contraire absolu du chiffonnier de l’histoire de Baudelaire et de Walter Benjamin, qui en sauve les débris pour tirer de l’oubli les vaincus du progrès. C’est la France comme entreprise en crise dont il se veut le repreneur sans scrupule : il en reprend les références en gros, quitte à les abandonner après, une fois la plus-value électorale effectuée."
-Sarkozy revisite l'histoire de France à la sauce « Bling-Bling »
>>Un Lavisse 2009 ?
-Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France ?
-
Identité nationale: l'UMP kidnappe Jean Jaurès ! | Mediapart
-L’histoire bling-bling- Le blog de l'histoire-«Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France»-Nicolas Sarkozy préfère offrir de belles images puisées dans la mythologie -Le syndrome du poisson rouge - AgoraVox-Sarkozy et le 11 Novembre, une nouvelle lecture de l’Histoire____Nicolas Sarkozy puise dans le nationalisme un ressort électoral
_________Nationalisme et Histoire, liaisons dangereuses
____COMMENT ON RACONTE L’HISTOIRE AUX ENFANTS

__________________
- Identité nationale: diversion?
-Guy Môquet :mémoire manipulée?

mardi 2 mai 2023

Passé falsifié

Histoire ou délire?

                      Notre rapport au passé se trouve souvent faussé soit pas notre propre ignorance, soit par notre propre imagination. Mais aussi par le poids que le présent fait peser sur notre jugement, présent qui peut nous aveugler soit déformer nos jugements. Je ne parle même pas de la propagande qui instrumentalise l'histoire passée, comme le fait un certain E.Zemmour, à la suite d'autres par le passé. Il y a aussi le poids que fait peser une certaine presse et certains médias n'ayant aucune rigueur dans ses références à un passé qui nous conditionne. Notre vision du passé, proche ou lointain, est rarement neutre et complètement  "détachée". Il reste encre bien des mythes.  Et les trafiquants de l'histoire sont encore nombreux.  Reconstruire la réalité des faits est une tâche longue et rigoureuse et c'est toujours partiel et provisoire, loin des croyances et des dogmes établis. Mieux comprendre le passé, qui conditionne largement notre présent, faire de l'histoire n'est pas "raconter des histoires"...


                                                                                                             "...l’Histoire est aussi manipulée de façon mal intentionnée en vue de servir des desseins idéologiques ou nauséeux. Ces manipulations ont des effets d’autant plus dommageables qu’elles atteignent des personnes dépourvues de culture historique et ne disposant pas du minimum de connaissances qui pourrait éveiller leur méfiance et leur sens critique. Les réseaux virtuels, dits « sociaux », offrent un boulevard à ces torrents de boue comme le montre « Maître » Gims. Ce rappeur congolais a mis en ligne le 23 mars 2023 une vidéo dans laquelle il assure posément que les noirs d’Afrique seraient à l’origine de la civilisation européenne et auraient peuplé le continent européen avant d’être exterminés par les Indo-Européens. Les plaques d’or conductrices d’électricité qui, peut-être, recouvraient la pointe des pyramides seraient la preuve de cette civilisation en avance sur la nôtre !...  Ce délire de la part d’un ancien membre du groupe de hip hop Sexion d’Assaut (douteuse allusion aux SA nazis) prêterait à sourire s’il n’était suivi sur Youtube par des millions de fans, lesquels n’ont pour la plupart jamais ouvert un livre sur l’Égypte ancienne, pas plus que le chanteur lui-même. Plaignons les professeurs d’Histoire-Géographie qui doivent allumer des contre-feux face à ce genre de sornettes....Les manipulations de l’Histoire prennent un tour plus réfléchi et plus systématique dans les médias occidentaux. Quand la chaîne Netflix a annoncé une série documentaire avec Cléopâtre sous les traits d’une actrice métisse, les Égyptiens ont réagi au quart de tour et le ministre des Antiquités a pris la peine de rappeler le 17 avril 2023 que la reine Cléopâtre avait la « peau blanche et des traits hellénistiques » (AFP)....On n’a observé par contre aucune réaction quand la télévision britannique a présenté une docufiction sur Ann Boleyn, maîtresse du roi Henry VIII et mère de la reine Elizabeth Ière, avec l'actrice noire d'origine jamaïcaine Jodie Turner-Smith dans le rôle-titre !  Si les médias anglo-saxons - et maintenant européens et français - prennent autant de liberté avec les données historiques et anthropologiques, c’est l’effet du wokisme, un courant de pensée qui a submergé, semble-t-il, les universités anglo-saxonnes et selon lequel il convient d’en finir avec l’arrogance « blanche » et de réparer les infamies dont auraient spécifiquement souffert les « Noirs ».....   
 _________________________

lundi 7 avril 2014

Rwanda: 20 ans après

Questions sur une terrible énigme
                                                              "En 1994, entre le lundi 11 avril à 11 heures et le samedi 14 mai à 14 heures, environ 50000 Tutsis, sur une population environ de 59000, ont été massacrés à la machette, tous les jours de la semaine, de 9h30 à 16 heures, pas les miliciens et voisins Hutus, sur les hauteurs de la commune de Nyamata, au Rwanda..."
   Froide relation d'un aspect d'une catastrophe d'une plus grande ampleur, menée comme un "travail" obligatoire, relatée par Jean Hatzfeld dans Une saison de machettes.
      Quand le meurtre de masse devient un devoir...
Sidération! C'est encore le sentiment qui domine...20 ans après.
  Comment en parler, quand l' ampleur de l'horreur rend muet, pétrifie, quand l'inimaginable nous ébranle? 
                Malgré la compréhension des racines (qui ne furent pas tribales!), des causes, proches et lointaines, connues ou encore mal éclaircies, d'un tel cataclysme, l'esprit se heurte à un mur, comme après les horreurs de la Shoah, du Cambodge, celles de l'ex-Yougoslavie: comment fut-ce possible?
      Comment la mécanique de l'horreur a-t-elle pu se propager si vite et si systématiquement, pendant les 100 jours d'extermination, planifiée tous les matins, dans chaque localité?
    Comment parler de l'indicible souffrance vécue par les Tutsis et les Hutus opposants?
La démesure de ce crime de masse inaudible met en évidence ce que nous oublions souvent: le fragile vernis d'humanité, affectant même les plus cultivés ou religieux...
    Mise en évidence aussi de la normalisation de la haine, de l'incroyable force du conditionnement, de la propagande, de la  haine programmée, à partir d'une histoire manipulée depuis longtemps.
   Un traumatisme toujours  présent, malgré le silence des survivants, celui qui suit les immenses frayeurs collectives.
    La peur cultivée à jouée contre de faciles boucs émissaires
Des hommes comme les autres...
 Le génocide des Tutsi n a pas été improvisé en fonction d une conjoncture. Il n était pas non plus une fatalité inscrite dans les gènes de la population rwandaise : ce n est pas un objet ethnographique. Il est le produit, très moderne, d une option politique extrémiste, jouant ouvertement du racisme comme arme de contrôle du pouvoir. Les médias qui en ont été les vecteurs efficaces l' attestent sans ambages. Mais cette mise en condition de tout un pays aurait été impossible sans l inscription durable dans la culture de la région des Grands lacs d une idéologie intrinsèquement raciste, discriminant, sous les étiquettes hutu et tutsi, des autochtones et des envahisseurs, une majorité naturelle et une minorité perverse, le « vrai peuple » rwandais et une race de « féodaux ». (JP Chrétien)
      Oui, les  medias ont joué un rôle clé, la propagande de la  radio a été permanente, l'appel au meurtre constant, entre deux émissions de variétés (Radio Mille collines)
   Ce  génocide de proximité a été favorisé par un intégrisme ethnique, que les occupants coloniaux ont contribué à développer très tôt, dans leur intérêt.  Toujours diviser pour mieux gérer.
     La vérité sur le génocide rwandais reste encore à écrire.
                          La part prise par la France fait encore l'objet de polémiques. 
On a parlé de neutralité coupable...qui ne pouvait profiter qu'aux assassins.  Certains ont fait un pas de plus:
 "On a déjà beaucoup écrit sur l’histoire de la présence française à Bisesero, en particulier le remarquable livre de Patrick de Saint-Exupéry, L’Inavouable. Ce qu’il est important de retenir, c’est le geste d’Antoine pour qui la complicité de la France dans le génocide des Tutsis ne fait pas de doute, comme un pan d’Histoire qu’on peut interpréter jusqu’à plus soif, mais dont les faits sont indéniables. De la même manière qu’il y a eu un appui au régime d’Habyarimana pendant toutes les années Mitterrand, y compris avant et juste après le déclenchement du génocide, il y a bien eu des soldats français, peut-être fourvoyés, en compagnie des interahamwe sur la colline de Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été sauvagement assassinés. Ce n’est pas le genre de chose qui s’oublie facilement au pays des mille collines. C’est une marque indélébile entre les deux États.. Ce qu’il est important de retenir, c’est le geste d’Antoine pour qui la complicité de la France dans le génocide des Tutsis ne fait pas de doute, comme un pan d’Histoire qu’on peut interpréter jusqu’à plus soif, mais dont les faits sont indéniables. De la même manière qu’il y a eu un appui au régime d’Habyarimana pendant toutes les années Mitterrand, y compris avant et juste après le déclenchement du génocide, il y a bien eu des soldats français, peut-être fourvoyés, en compagnie des interahamwe sur la colline de Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été sauvagement assassinés. Ce n’est pas le genre de chose qui s’oublie facilement au pays des mille collines. C’est une marque indélébile entre les deux États..."
                  Des questions encore sans réponse... Le débat est loin d'être clos. (*)
_________
(*)    " Le génocide n'est pas un massacre soudainement provoqué par un peuple hutu en colère après l'assassinat de son président, une sorte de dérapage monstrueux d'habituelles tueries interethniques, comme ont voulu le faire croire les responsables politiques français en charge en 1994. Il est l'aboutissement d'une planification méthodique, pensée, voulue, organisée par le régime d'Habyarimana. Ce qui pose directement la question du rôle de la France qui, depuis 1990, n'a cessé de soutenir, d'armer, de former les futurs génocidaires, jusqu'à combattre à leurs côtés en 1992 et 1993 contre la rébellion tutsie du FPR conduite par Paul Kagamé. Jusqu'à 1 000 soldats français ont été déployés au Rwanda au début des années 1990.
C'est toute la qualité du livre que publient Benoît Collombat et David Servenay, « Au nom de la France », guerres secrètes au Rwanda (éditions La Découverte), que d'explorer ces quatre années qui ont précédé le génocide. Les deux journalistes travaillent depuis des années sur le Rwanda, le premier ayant réalisé de nombreuses enquêtes pour France Inter, le second ayant déjà publié un livre important, en 2007 avec Gabriel Périès, Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994).
Ce que révèle ce livre, c'est d'abord l'ampleur de l'engagement français auprès des troupes du régime dictatorial d'Habyarimana. Formation, armement, construction d'une gendarmerie rwandaise qui sera ensuite l'instrument du quadrillage de la population et de sa mobilisation pour participer aux massacres, opérations spéciales, assistance technique dans les phases de combat : à partir de 1990, l'armée française s'engage crescendo pour sauver un régime qui, en parallèle, met en place les structures qui permettront le génocide.
Or, et c'est là le point clé, la France ne peut ignorer ce projet génocidaire. Car, dès 1990, les alertes sont faites. Elles se multiplieront ensuite, venues de militaires, des agents de la DGSE, des diplomates et des ONG. En 1993, un rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) avec trois autres organisations humanitaires documente parfaitement les massacres survenus en 1992, premier acte du génocide. Que fait la diplomatie française ? Elle s'inquiète de son retentissement médiatique ; la politique française restera inchangée... Les alertes se font-elles encore plus détaillées, lorsqu'il est, par exemple, signalé l'achat de cargaisons entières de machettes  à la Chine ? Il ne se passe rien de plus.
C'est ce naufrage politique français que documente le livre de Benoît Collombat et David Servenay. Le choix initial de François Mitterrand n'est jamais contesté ni même questionné durant ces quatre années qui précédent la catastrophe. À partir de 1993, le régime de cohabitation ne vient pas plus remettre en question cette politique. François Mitterrand, sa cellule Afrique, son fils Jean-Christophe Mitterrand, Hubert Védrine, Édouard Balladur, François Léotard, Alain Juppé, son directeur de cabinet Dominique de Villepin, et l'état-major de l'armée, tous persistent dans leur soutien au régime criminel. Un seul homme prend ses distances en envoyant deux notes très critiques à François Mitterrand : Pierre Joxe, lorsqu'il est ministre de la défense avant 1993. Son avis n'est pas écouté..."
                 -Elements d'éclaircissements.  ___(1)
                 - Le carnet de Colette Braeckman
                  - Les idiots utiles de Kagamé
                 - Le déshonneur de la France 
                  - Un pays brisé 
                   -Négationnisme structurel
                  - Des intérêts géoéconomiques 
                  - Le chaos dans l'Afrique des Grand Lacs
___________
Relayé par Agoravox 
____________________________

jeudi 14 février 2008

Des mésusages de l'histoire

De la prudence qu'il faut avoir dans l'évocation du passé...et son éventuelle instrumentalisation.

"L'Histoire justifie ce que l'on veut. Elle n'enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout et donne des exemples de tout." (Paul Valéry)
---------------------------------------------------------
---------------NON à l’obligation de compassion pour les enfants ( Philippe Renève)------------------------------(Agoravox)-
-------------------------------------------------------------------------------
-
«Cela risque plutôt d'accabler les élèves»
«En liant artificiellement un enfant victime du nazisme à un élève de CM2, on risque de développer chez celui-ci un sentiment de culpabilité qui ne favorisera pas sa compréhension du monde historique.»
-Peut-on prendre une tragédie par la main ?
-S.Weil: «Mon sang s’est glacé. C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. On ne peut pas infliger ça à des petits de dix ans, on ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter.»
-Un marketing mémoriel:
".... Le passé est devenu un entrepôt de ressources politiques ou identitaires, où chacun puise à son gré ce qui peut servir ses intérêts immédiats. Il est inquiétant de voir qu’une fois de plus, le - mauvais - exemple est donné au plus haut niveau, que la «mémoire» et la défense de bons sentiments ne servent qu’à faire passer les ombres de la politique réelle. "(Rousso)
-Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (site d'utilité publique!)
----------------------------------
-L’histoire par Nicolas Sarkozy : le rêve passéiste d’un futur national-libéral

>>>>>>>-USAGES ET MESUSAGES DE L'HISTOIRE| Mediapart<<<<

-Guy Môquet :mémoire manipulée?
-L'Industrie de l'Holocauste - Wikipédia----------->Holocauste<
-Annette Wieviorka: "J'ai été choquée puis révoltée"

jeudi 25 octobre 2007

Guy Môquet :mémoire manipulée?


Laissons Guy Môquet en paix...

Personne n’en aurait parlé si, dans sa mise en scène permanente de lui-même,dans sa prétention à transcender tout clivage politique, dans son art consommé de brouiller les cartes en instrumentalisant l’histoire, dans sa volonté récupératrice qui fait feu de tout bois (ce fut Jaurès, bientôt Marx ?), notre Grand Timonier n’avait pas utilisé sa mémoire. Le présent n’est pas brillant, l’avenir semble échapper au volontarisme magique, reste le passé qu'’on torture pour en faire un élément fédérateur, faute de mieux...Nihil novi... ZEN




Guerre des mémoires, par Bertrand Le Gendre Le Monde| 24.10.07 | 13h36 • Mis à jour le 24.10.07 | 13h37

"En 2005, la polémique portait sur l’esclavage, le génocide arménien et le rôle "positif" de la colonisation... On croyait cette guerre des mémoires éteinte, mais le feu couvait sous la cendre. De nouveaux foyers ont pris feu, ranimant les passions. Comment parler de l’immigration ? A qui appartient Guy Môquet ? La République est-elle comptable des crimes de Vichy ?

Ces questions, Nicolas Sarkozy et son conseiller spécial, Henri Guaino, les posent sans complexes. Comme prévu, les historiens se raidissent, la gauche crie à la manipulation des symboles, et l’Elysée persiste. Le chef de l’Etat et son idéologue ont de bonnes raisons d’exalter ainsi le passé. Ils voient dans la nation un antidote providentiel à la mondialisation qui désincarne la France, un remède nécessaire aux forces centrifuges qui minent le vivre ensemble dont parlait Ernest Renan (1823-1892).

Nicolas Sarkozy ne connaissait pas la lettre de Guy Môquet, qu’il a décidé de faire lire le 22 octobre dans tous les lycées. C’est Henri Guaino, gaulliste nostalgique, qui la lui a mise sous les yeux pendant la campagne présidentielle.

A qui appartient la mémoire de ce jeune communiste fusillé à 17 ans par les Allemands, en octobre 1941 ? A tous, affirme l’Elysée. A nous, rétorquent les communistes, non sans arrière-pensées. Exalter le sacrifice de Guy Môquet, c’est passer sous silence l’un des épisodes les moins glorieux de l’histoire du Parti communiste français: l’adhésion du parti au pacte Hitler-Staline d’août 1939. Une trahison qui, en février 1940, valut au père de Guy Môquet, Prosper Môquet, d’être déchu de son mandat de député.

Otages de mémoires concurrentes, les enseignants et les chercheurs, en particulier les historiens, ont le sentiment d’être abusés, dépossédés. Ils disent "instrumentalisés". Dans L’Humanité, une professeure de lettres s’insurge contre la circulaire demandant aux enseignants de lire la lettre d’adieu de Guy Môquet: "Cette circulaire transforme cet hommage au résistant qu’il était en une sorte d’ode à l’obéissance."

Histoires d’hier, querelles d’aujourd’hui. La gauche s’exaspère tout autant de l’invocation par la droite de ses grands hommes: Léon Blum, Jean Jaurès, Jules Ferry... Voulue par Jacques Chirac - horresco referens -, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration est révélatrice de ces tiraillements, dont les travailleurs étrangers sont souvent l’enjeu.

A quelques semaines de son ouverture au public, porte Dorée, à Paris (12e), une poignée d’historiens décidaient de quitter son conseil scientifique pour protester contre la création d’un ministère de l’immigration et de "l’identité nationale". Les mêmes historiens sont revenus à la charge, début octobre, pour contester la création d’un Institut d’études de l’immigration au sein du Haut Conseil à l’intégration. Son inauguration par le ministre, Brice Hortefeux, a dû être reportée sine die.

Guy Môquet, identité nationale... Henri Guaino revisite le passé avec une telle passion qu’il lui arrive de mettre Nicolas Sarkozy en porte-à-faux. Le régime de Vichy était-il la France ? Non, disait de Gaulle. Oui, a dit Jacques Chirac. Non, a expliqué Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle, dans un discours inspiré par Henri Guaino: "La France n’a pas commis de crime contre l’humanité, la France n’a pas commis de génocide."

Si la France en tant que telle n’est pas coupable de la rafle du Vél’d’Hiv’, pourtant organisée par la police française, c’est donc Vichy qui est responsable. Retour à la vulgate gaulliste. C’est ce qu’on avait cru comprendre jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy, élu président de la République, assure qu’il n’avait "rien à ajouter et rien à retrancher au très beau discours de Jacques Chirac". En juillet 1995, commémorant la rafle de 1942, l’ancien président avait affirmé que "la France" des années d’Occupation avait commis "l’irréparable", la France et non l’Etat français.

Dans Le Monde du 27 juillet, Serge Klarsfeld, président de l’association Les Fils et Filles de déportés juifs de France, se félicitait aussitôt de ce retour à l’orthodoxie chiraquienne. Qu’en a pensé Henri Guaino ? On le sait depuis l’interview qu’il a accordée à Libération (20-21 octobre). Il ne désarme pas: "Ma France à moi, elle n’était pas à Vichy. Je ne vais pas me repentir de quelque chose que je n’ai pas fait..."

BROUILLONNE, INTÉRESSÉE, APOCRYPHE

Ces messages contradictoires, cet empilement de propos n’embarrassent pas Nicolas Sarkozy. Contrairement à son conseiller spécial, ce n’est pas un idéologue. Il ne se sert pas de l’histoire comme d’un corps de doctrine, mais comme d’une boîte à outils, au risque d’entretenir, par ses zigzags, la guerre des mémoires.

Comme pour le régime de Vichy, la France ne sait pas sur quel pied danser avec l’immigration. Et encore moins avec la colonisation. Là aussi, la parole officielle empile, juxtapose, faute d’un accord sur une lecture commune du passé.

Le Palais de la porte Dorée, où la République se propose aujourd’hui de "changer le regard contemporain sur l’immigration", a d’abord abrité l’Exposition coloniale de 1931. Puis un musée des colonies. Puis un musée de la France d’outre-mer.

Les deux ailes de son grand hall Art déco hébergent toujours des fresques monumentales où se déhanchent, lascives, des négresses nues. Telle était, à l’apogée de l’empire, la vision de l’homme blanc.

Cette sédimentation de l’histoire est une constante du roman national. De la colonisation, certains ne veulent retenir que le côté présentable: Charles de Foucauld, Lyautey, les tirailleurs sénégalais... Les autres ne voient que sa face hideuse: le travail forcé, la torture en Algérie...

L’invocation de Guy Môquet brouille pareillement la mémoire nationale. Elle exalte un acte de résistance héroïque sans le resituer dans son contexte. Contrairement à Guy Môquet, la France profonde a collaboré ou elle a fait le dos rond.

De Gaulle le savait, mais il ne voulait pas le savoir. A peine revenu en métropole, en juin 1944, il s’adressait ainsi à des Normands maréchalistes la veille encore: "Ce que le pays attend de vous, c’est que vous continuiez le combat comme vous ne l’avez jamais cessé depuis juin 1940." De Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy, c’est la même vision de l’histoire nationale qui se perpétue. Brouillonne, intéressée et souvent apocryphe.

Les historiens s’insurgent. Ils ont bien raison. Mais ils n’y peuvent rien. Sinon fourbir leurs arguments pour la prochaine bataille de la guerre des mémoires". Bertrand Legendre Article paru dans l’édition du 25.10.07.


La manipulation des émotions (Contrejournal):

Le théâtre politique de Nicolas Sarkozy




mercredi 12 mars 2025

Point d'hisoire

Les USA et leurs guerres

                Hier soir, Arte a diffusé un intéressant document sur l'importance des conflits guerriers en Amérique depuis ses origines jusqu'à nos jours. Malgré les silences et les démentis, cette histoire ne fut pas un long fleuve tranquille. Loin de l'histoire "idéale" qu'elle se raconte le plus souvent, en fonction du mythe de "la destinée manifeste"..                                                                

      “Nous sommes un peuple de la guerre. Nous aimons la guerre parce que nous sommes très bons à la faire. En fait, c’est la seule chose que nous savons faire dans ce putain de pays: faire la guerre, on a eu beaucoup de temps de pratique et aussi parce que c’est sûr que nous ne sommes plus capables de construire une machine à laver ou une voiture qui vaille un pet de lapin ; par contre si vous avez plein de bronzés dans votre pays, dites leur de faire gaffe parce qu’on va venir leur foutre des bombes sur la gueule…~ George Carlin ~

  De la guerre du Mexique à celle d' Afghanistan, en passant par celle du Vietnam, les armées des USA seront restées peu de temps au repos. Sans évoquer la longue guerre pour la conquête et l'extension du pays.

   Comme disait le général Patton, "De tous temps, les Américains ont aimé se battre...Les Américains aiment les vainqueurs. Les perdants, chez nous, on n'en veut pas. Les Américains se battent pour gagner quel que soit le prix, et nous ne paierons jamais assez cher pour rester des hommes libres. Quoi qu'il arrive. C'est pour ça que les Américains n'ont jamais perdu une guerre. Et c'est pour ça que jamais ils n'en perdront. Tout simplement parce que l'idée de perdre est intolérable aux Américains. 
           C'était avant le tragique fiasco vietnamien et le bourbier afghan.
   Une histoire qui se répète cependant, comme le reconnaît  Ken Burns, " Nous faisons toujours les mêmes choses, nous passons notre temps à faire la guerre. Nous n'apprenons pas."                          Comme pour tout empire, la guerre, proche ou lointaine, est consubstantielle à la politique étrangère des USA, favorisée par la recherche de l'influence, du leadership, de la puissance. Soutenue aussi par une certaine culture des armes ancrée très tôt, largement partagée, justifiée par le Deuxième Amendement et largement encouragée par des lobbies puissants. 
   _____Dans son étude, l'historien Thomas Rabino explique que "la rupture du 11 septembre est d'abord psychologique" , mais également révélatrice de ce lien très particulier que le pays entretient avec la guerre. C'est à partir de ce lien qu'il est possible d'obtenir des clés de compréhension majeures sur le 11 septembre, mais aussi les Etats-Unis. Comme tous les grands empires, la guerre fait partie de l'histoire du pays. En effet, une puissance se construit économiquement, mais aussi militairement. Mais l'auteur va plus loin. Le pays lancerait une campagne de guerre tous les quatre ans en moyenne depuis 1774 (date de sa formation), ce qui permettrait de comprendre le caractère violent de la culture américaine, l'influence des entreprises d'armement ou encore l'importance du budget de la défense. Surtout, le 11 septembre, ainsi que les guerres qui en ont découlé, ne sont que des nouveaux épisodes d'une dynamique bien connue et rodée du pays : "les guerres américaines font les Etats-Unis d'aujourd'hui, et feront les Etats-Unis de demain..." 
  ______     Avant lui , Noam Chomsky  "met en relief la nature belliqueuse de la politique étrangère américaine, contrairement au discours classique de défense des libertés et des droits de l’homme mis régulièrement en avant par les autorités officielles américaines. Les États-Unis ont imposé un modèle capitaliste qu’ils défendent sur la scène internationale et, selon l’auteur, la guerre vise principalement à protéger les intérêts des grandes entreprises américaines. En effet, le parallèle entre la guerre et la concurrence économique est entièrement assumé par Noam Chomsky, qui s’emploie à justifier historiquement.. Il ne s’agit pas d’éliminer des adversaires, mais de mettre à terre d’autres projets de société alternatifs pour que la mondialisation libre-échangiste serve uniquement les intérêts américains. Les États-Unis ont ainsi systématiquement soutenu des coups d’État militaires pour appuyer une brutalisation consistant « à infliger […] le maximum de souffrances dans l’espoir, non seulement de faire durer [les] difficultés mais aussi de faire en sorte que seuls les éléments les plus durs et les plus brutaux de la population en sortiront » . L’originalité de l’ouvrage tient à l’analyse systématique de tous les régimes appuyés par les États-Unis dans les années soixante, en Amérique latine et en Asie. La Seconde Guerre mondiale fait même l’objet d’une nouvelle lecture, selon laquelle les États-Unis sont entrés en guerre non pas pour s’opposer à la solution finale appliquée par le régime nazi, mais pour protéger les intérêts économiques américains menacés. Selon Noam Chomsky, l’usage de la bombe nucléaire par les États-Unis et la destruction de générations au Japon ne peuvent être ignorés dans ce contexte. Les États-Unis se sont très vite écartés des accords de Genève d’après la guerre qui donnaient un cadre aux conflits pour éviter les massacres des populations civiles..." 
 Même dans l'intervention en Europe en 1917 et dans celle, tardive de 1940, les intentions US ne furent jamais désintéressées.            Une histoire qui se répète, sous des formes diverses, depuis deux siècles et demi, jusqu'à l'intervention syrienne, à la fois avouée et déniée. Non sans "bavures", ni sans échecs.
    Les avertissements de Eisenhower à la fin de son mandat n'ont pas eu de portée.
                 __ "A l'instar des empires d'antan, de la Pax romana à la « démocratisation du Moyen-Orient », les intérêts stratégiques propres à une grande nation sont 

indispensables au maintien, voire à l'accroissement de sa puissance. Du Mexique, victime en 1848 de l'expansionnisme américain, au Panama, dont le contrôle offre un atout commercial considérable, en passant par l'Irak, objet de toutes les convoitises depuis que l'or noir y est exploité, les exemples ne manquent pas.
       Assurer la croissance de son territoire, la maîtrise des matières premières et des débouchés économiques pour la production nationale sont autant d'enjeux qui requièrent parfois l'usage de la force. Le déclin relatif de l'économie américaine, l'explosion d'un déficit commercial apparu dans les années 1970, la contraction de son produit national brut à l'échelle mondiale et l'émergence d'un concurrent comme la Chine rendent, depuis les années 1990, la consolidation et l'extension de ses positions stratégiques plus vitales que jamais. La guerre n'est-elle pas, selon les mots du théoricien militaire Clausewitz, la « politique continuée par d'autres moyens » et un « véritable instrument de la politique » ?
 ____ Rabino étudie la contribution de l’armée à la réalisation des films de guerre, la torture dans les séries télévisées, le vocabulaire volontiers barbare des responsables de la communication militaire, le débat sur les éventuels dégâts sanitaires dus à l’uranium appauvri des munitions, nous donnant, chaque fois que c’est possible, des statistiques sur l’évolution de ces phénomènes significatifs. Les fluctuations d’une opinion mobile, patriotique et démocratique, manipulée ou résistante selon les circonstances, adhérant ou refusant le discours officiel, sont saisies et suivies par des sondages. Il le faut : la réalité de l’Amérique est qu’elle est toujours en guerre, ainsi que son immense armée, son gigantesque budget militaire, ses bases, ses interventions incessantes en témoignent. "
       "« Cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (...) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (...) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée. La possibilité existe, et elle persistera, que cette influence connaisse un accroissement injustifié, dans des proportions désastreuses et échappant au contrôle des citoyens. Nous ne devons jamais permettre au poids de cette conjonction d’intérêts de mettre en danger nos libertés ou nos méthodes démocratiques. Rien, en vérité, n’est définitivement garanti. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent prendre conscience de la toile d’influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle et la confronter avec nos méthodes et objectifs démocratiques et pacifiques, afin que la sécurité et les libertés puissent fleurir côte à côte. » (1961)
    "Républicains et démocrates jugent que ces années de guerre ont épuisé financièrement le pays, au moment où il aurait besoin de réserves pour relancer l'activité. Le message est à peu près le même d'un bord à l'autre du spectre politique, notamment chez les élus de base. 
       Représentant républicain d'un Etat qui ne manque pourtant pas d'académies militaires, le député de Caroline du Nord Walter Jones assure : "Nous ne pouvons pas continuer à policer le monde."Sénateur démocrate de Virginie occidentale, Joe Mandrin assène : "Reconstruire l'Amérique ou l'Afghanistan, il faut choisir."__Plus significatif encore, le NewYork Times rapporte que la Conférence des maires du pays, réunie en juin, a adopté une résolution à tonalité isolationniste. Elle stipule que les impôts des Américains doivent servir à construire des ponts "à Baltimore et à Kansas City, pas à Bagdad ou à Kandahar". Traditionnellement, le Parti républicain porte haut et fort le drapeau de l'engagement à l'étranger. Cette fois, ses deux principaux candidats pour 2012, Mitt Romney et Jon Huntsman, sont les avocats d'un retrait rapide d'Afghanistan.
   __Est-on encore une superpuissance quand une partie de son budget militaire est prise en charge par un autre pays, en l'espèce, la Chine, acheteur numéro un de bons du Trésor américains ? L'un des papes de l'establishment stratégique du pays, Leslie Gelb, répond : "Ce qui déterminera l'avenir de l'Amérique, ce n'est pas ce qui peut arriver en Afghanistan aujourd'hui ou dans les cinq ans à venir, mais ce qui va se passer à propos d'une dette qui nous écrase."
_____________________________