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vendredi 21 janvier 2011

Lobbies, lobbying, lobbyistes

Groupes de pression et démocratie


Conflits d'intérêts

Quand les lobbies (dé)font les lois

_La récente affaire du Médiator est venu nous rappeler la secrète mais efficace et incroyable influence de certains groupes (pharmaceutiques _-Servier_ en l'occurence-_, un monde d'influences à une plus large échelle) sur les centres de décision publics voués à l'habilitation des médicaments et sur la pratique des visiteurs médicaux, qui se comportent plus en lobbyistes qu'en informateurs. Un monde d'influences dont on découvre tous les jours la puissance et les ramifications.
Quand des intérêts privés viennent interférer avec des intérêts publics, surtout quand il s'agit de questions aussi importantes que la santé, il y a lieu de se poser des questions.
__La pression des lobbies, aussi divers que multiples, peut s'exercer à tous les niveaux des instances de décision: au niveau local, pour emporter un marché immobilier sans appel d'offres, par exemple, régional, national (pression sur les élus, corruption par l'argent). Elle peut être même princiére.
Aux USA
, cette pratique est institutionnalisée et fait partie de la vie parlementaire courante. Même les marchands d'armes (NRA) font la loi au Congrès, pour ne pas parler de la puissance du lobby pro-israëlien.Les débats sensibles n'échappent pas à la pression des lobbies.
____Même si, en Europe, cette pratique est théoriquement contrôlée et réprouvée en parole , elle n'en existe pas moins, même au niveau des instances européennes, où de puissantes mutinationales et des groupes bancaires ont pignon sur rue. Il existe même un Institut Supérieur Européen du Lobbying..et une Association Française des Conseils en Lobbying.
________Dans son principe, la pratique du lobbying, semble pourtant neutre et légitime. Une pratique déjà ancienne, présente déjà dans le monde romain.

"Le mot anglais lobby signifie vestibule, pièce d’entrée d’un édifice. «Chez les Romains, précise le Littré, le vestibulum est l'espace laissé entre la porte de la maison et la rue, pour que ceux qui venaient saluer le maître de la maison, ne fussent pas dans la rue, sans être pourtant dans la maison.» Selon le poète Ovide, le mot vestibulum vient de Vesta; cette pièce d’entrée contenait un feu allumé en l’honneur de Vesta, déesse protectrice du foyer...
On appelle aujourd’hui lobbyistes ceux qui attendent le maître de la maison gouvernementale dans le vestibule à la place d’un tiers qui les paie pour remplir cette tâche. Il arrive parfois que cette antichambre du pouvoir soit aussi une antichambre de la mort politique. Le mot lobby désigne aussi un groupe de pression.
Comme nous le rappelle Florence Dieupart, «C'est en Grande-Bretagne que le lobbying a acquis ses lettres de noblesse. Il désigne les corridors ou couloirs de la Chambre des Communes britannique. C'est aux environs de 1830, que le terme de lobby désigne le groupe de pression qui influence les deux chambres britanniques.»
Source: Florence Dieupart, Le rôle des groupes d'intérêt en France.
" (Agora)

_______C'est une notion assez ambivalente, car si le lobbying est souvent décrié, il peut parfois représenter des causes légitimes, par exemple, les pressions faites au Parlement européen par des groupes d'alertes anti-OGM ou de lutte contre l'influence de Monsanto; ce sont souvent des anti-lobbyistes.
Mais, nous ne retiendrons que les aspects négatifs de la notion, celle qui va contre le libre débat, la libre concurrence, la transparence, l''intérêt général..
"Selon une définition largement admise, un lobby est une structure organisée pour représenter et défendre les intérêts particuliers d'un groupe donné. Pour ce faire, il exerce une activité de lobbying qui consiste « à procéder à des interventions destinées à influencer directement ou indirectement les processus d'élaboration, d'application ou d'interprétation de mesures législatives, normes règlements et plus généralement, de toute intervention ou décision des pouvoirs publics »[. La définition du consacrée au lobbying est très proche : « le rôle d'un lobby est d'infléchir une norme, d'en créer une nouvelle ou de supprimer des dispositions existantes » (Wiki)

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Aujourd'hui, les moyens du lobbying (financiers, communicationnels...) sont beaucoup plus considérables qu'autrefois et s'exercent dans un plus grand nombre de domaines.
En France, on a voulu édicter des règles parlementaires pour encadrer et limiter ces pratiques, mais de manière trop tardive,trop peu contraignante, trop peu efficace. La transparence n'est pas encore d'actualité....
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-Connaisances climatique et lobbying
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Lobbying sectaire en Europe
- Grosses ficelles d’hier et lobbying d’aujourd’hui

jeudi 20 janvier 2011

Braderie nationale


Le coin des affaires

Profitez-en !!

__En mal de ressources ("les caisses sont vides"! disait-il...), l'Etat est actuellement saisi par la fièvre marchande: il va vendre 1 700 biens immobiliers en trois ans. Une vente qui a l'ambition d
e participer " au redressement des finances publiques”, relève le ministère du budget qui précise que les opérations de cession “permettent d’apporter une contribution au désendettement correspondant, en règle générale, à 15 % du produit de la cession”. Cette contribution au désendettement a représenté 427 millions d’euros depuis 2005.
_____Parfait. Projet louable dans son principe. Pourquoi, en effet, devrions-nous entretenir à grands frais des biens immobiliers souvent délaissés ou sous-utilisés?

_Pas de problème pour mettre en vente telle ancienne maison de garde-barrière ou de garde-forestier, telle friche devenue inutile, vouée à la ruine ou à l'abandon. Rien à dire concernant la vente de tel immeuble parisien, possession de l'Etat pour des raisons parfois obscures, abandonné ou sous-utilisé. Pourquoi pas non plus certaines propriétés foncières à vocation de pur prestige, dont seulement quelques privilégiés peuvent avoir épisodiquement la jouissance, et dont l'entretien pèse sur nos finances?...Même si l'opération rapporte moins que prévu...
_________Mais il existe certains
BIJOUX DE FAMILLE dont la cession apparaît plus discutable, dont la liquidation heurte. Par exemple, l'Hôtel de la Marine est bradé pour une poignée d'euros ___(Une longue liste...)
Un collectif d'historiens "considère que ce lieu fait partie intégrante de l’histoire de France". Ils estiment que «
quiconque éprouve encor
e un minimum de respect pour le passé national, pour les pierres chargées de symboles et d'une histoire qui touche tous les Français, ne peut qu'être révulsé à l'idée que l'Hôtel de la Marine soit alloué le 17 janvier -demain !- sans protestation aucune ». D'après les six historiens, « la France ne perd pas sa mémoire, elle la vend ».
_Cette réaction ne relève pas d'une nostalgie désuète. L'attachement à certains
lieux de mémoire hautement symboliques, témoins de périodes fortes de notre notre passé, éléments de notre identité, fait partie de notre histoire, de notre culture à tous . Abandonner à la gestion privée les traces matérielles majeures de notre aventure nationale, notre héritage essentiel, ne peut que choquer.
_Demain, l' Hôtel de la Marine pourrait peut-être devenir le siège d'une grande banque.
Pourquoi pas Matignon transformé un jour en Mc Do géant, l'espace de la Tour Eiffel voué à un Super-Disneyland d'un nouveau genre ou Versailles aménagé en complexe hôtelier de très haut standing, géré par un nabab du pétrole?...
Malgré les appels élyséens à l'identité nationale, glisse-t-on lentement mais sûrement vers une logique purement privée dans le domaine patrimonial?
Malraux, réveille-toi!

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"...Au détour de l’article 52 de la loi de finances 2010 se profile clairement la destruction par l’état sarkozyste de plus de deux siècles de protection du patrimoine national.

C’est en effet en 1794 que l’abbé Grégoire, s’en prenant au vandalisme révolutionnaire (« Je créai le mot pour tuer la chose » disait-t-il), affirme l’existence d’un patrimoine collectif que la Nation a pour mission de protéger : « le respect public doit entourer particulièrement les objets nationaux qui, n’étant à personne sont la propriété de tous ». La Convention décide dans la foulée de protéger « les objets qui intéressent les arts, l’histoire et l’instruction ».

Guizot en 1830 crée le premier poste d’inspecteur des monuments historiques, poste que Mérimée occupera avec passion de 1834 à 1853, jetant les fondements de la protection par l’Etat des monuments importants et instituant à cette fin le classement des édifices. Les régimes politiques successifs ont tous depuis poursuivi ce processus de sauvegarde par l’Etat des œuvres patrimoniales dont la définition s’est étendue de façon exponentielle au XXème siècle : aux bâtiments anciens sont venus s’ajouter des créations contemporaines, des témoins de la mémoire industrielle, des jardins et, plus récemment encore, des « lieux de mémoire » (mur des fédérés, Oradour sur Glane…). Le succès, qui ne se dément pas depuis leur création en 1984, des journées du patrimoine, témoigne de l’adhésion des Français à l’idée d’un patrimoine commun à protéger.

Déjà en 2003 Jean-Jacques Aillagon avait autorisé la cession de certains monuments aux collectivités territoriales mais, outre que peu d’entre elles s’étaient empressées d’acheter des édifices d’un entretien souvent coûteux, le ministre de la culture avait alors limité très précisément les possibilités pour l’Etat de se défaire de son patrimoine. Or l’article 52 de la loi de finances élargit le périmètre des monuments et sites transférables, qui ne sera plus limité à une liste fixée par décret et couvrira dès 2010 la totalité des monuments appartenant à l'Etat et à l'ensemble de ses établissements publics, en outre l’Etat pourra maintenant se défaire aussi des objets mobiliers classés. On peut à première lecture se dire que, si l’Etat cède son patrimoine aux collectivités territoriale il n’ y a que moindre mal, sauf que, la loi étant muette, rien n’interdira aux dites collectivités de pratiquer un nouveau transfert au profit d’une entreprise culturelle à visée commerciale ou même d’un particulier.

Enfin il est essentiel de signaler que seul le préfet aura à se prononcer sur les cessions, le ministère de la culture, pourtant concerné au premier chef, n’ayant pas à être consulté. Une partie de l’UMP s’en réjouit ouvertement et le rapporteur spécial de la commission des finances du sénat, Yann Gaillard, a ces mots qui dévoilent la logique à l’œuvre : ce processus « s'inscrit dans la droite ligne de la « désétatisation » du patrimoine monumental …préconisée dans [un] rapport de 2002 sur le patrimoine monumental. De fait, c'est à la société tout entière qu'il appartient de conserver et d'entretenir le patrimoine, l'Etat ne pouvant se prévaloir d'aucun monopole en la matière. » Cette distinction entre Etat et société toute entière, signe tout simplement l’arrêt de mort de la politique patrimoniale nationale. L’extrême gravité de cette décision explique la réaction inquiète de quelques députés de droite comme Nicolas Perruchot, rapporteur spécial de la commission des finances de l’Assemblée Nationale qui, ne voulant pas s’opposer à la logique libérale en action, propose d’au moins « recenser, au sein d’une « liste négative » les éléments du patrimoine national non transférables ». Ainsi l’Arc de Triomphe, Versailles, les Invalides ou le Louvre (ce sont les exemples cités par Nicolas Perruchot) seraient déclarés « non transférables « mais on pourrait très bien imaginer qu’un préfet accepte de se défaire de la cathédrale de Chartres, de la colonne Vendôme ou du pont du Gard, voire du Mont Saint Michel si cher au cœur de Nicolas Sarkozy..." (Marie Lavin)

mercredi 19 janvier 2011

Banques sous tutelle?

Contrôler les banques

Depuis les années 1990, quelques dizaines de banques ont conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire : ce sont elles désormais qui dictent effectivement l’évolution des taux d’intérêt, et non plus les banques centrales. En raison de leur petit nombre d’une part et de leurs profits financiers considérables d’autre part, nous défendons l’idée que ces banques forment aujourd’hui un oligopole particulièrement puissant à l’échelle internationale. Reléguant les banques centrales au second plan, c’est-à-dire les cantonnant à de simples pourvoyeuses de la liquidité dont il a besoin, cet oligopole est le véritable régulateur des marchés monétaires et financiers mondiaux. C’est lui qui est le maître d’ouvrage du mur de l’argent qui se bâtit sous nos yeux.Cet oligopole n’est évidemment soumis ni à un contrôle politique, ni a fortiori à un contrôle démocratique. Tout juste est-il contraint par des règlements prudentiels de portée limitée et élaborés pragmatiquement a posteriori, ou encore par des normes issues d’une autorégulation professionnelle, une fois que les difficultés ou les catastrophes ont été malheureusement constatées..."(Attac)
_______________

___Des règles et des principes existent. Mais leur trop grande généralité et le manque d'une instance régulatrice fait le plus souvent défaut ou manque d'impartialité, de pouvoir d'action et de sanction.
_En France, des outils de contrôle sont disponibles, apparemment efficaces en régime normal, mais qu'en est-il en période d'échanges planétaires constants,d'euphorie financière, de fabrication illimitée de produits financiers sophistiqués parfois obscurs, de dérives spéculatives subies ou provoquées?
_L'affaire Kerviel a montré comment un système pouvait se laisser emporter par les pires pratiques financières, jusqu'à se mettre en danger.
_Un contrôle bancaire digne de ce nom et efficace ne peut être strictement technique
car on vu comment on pouvait "s'arranger avec les comptes" , avec le complicité d'autres banques et des agences de notation, à la fois juges et parties.
Le cas de la Fed est exemplaire, qui a couvert maintes dérives.
"Quand les crises financières sont des crises strictement boursières, elles peuvent avoir des conséquences mais celles-ci sont assez vite absorbées par le système. Mais quand les crises financières débouchent sur des crises bancaires, elles deviennent graves, voire très graves. Si la crise des années trente a commencé par une crise boursière, c’était d’abord une crise bancaire imputable à une erreur de politique monétaire de la Banque fédérale de réserve américaine qui n’a pas refinancé les banques alors qu’elles en avaient besoin pour faire face aux demandes de retraits. C’est alors que la crise bancaire s’est enclenchée et c’est devenu une catastrophe mondiale. Si la crise des subprimes suscite un peu plus d’inquiétude que les précédentes, c’est parce que, avant d’être une crise boursière, c’est une crise bancaire dont les conséquences pourraient être, outre des faillites bancaires, le resserrement du crédit par les banques, c’est-à-dire, d’une certaine manière, l’assèchement du financement du système productif et des difficultés pour ceux qui ont beaucoup emprunté et comptent sur le renouvellement de leurs emprunts pour vivre..."

__Comme on a pu le voir, le pouvoir des banques peut être redoutable, surtout quand elles sont assez grosses pour pouvoir espérer un renflouement public en cas de malheur (too big to fall).(-1-)
L'ampleur du danger, qui est loin d'être circonscrit, est tel que maintes voix s'élèvent pour réclamer plus que des contrôles souvent formels et insuffisants, voire impossibles, mais une mise sous tutelle des organismes bancaires, surtout de dépôts, pour les remettre sur les rails et leur imposer des pratiques conformes à l'intérêt général.
_______________Comme Susan George, qui prône une mise sous tutelle des banques , une tutelle non pas médiatique, mais réelle, ce qui ne signifie pas pour elle une nationalisation au sens strict.
"...Goldman SachsEt d'autres (qui ont fait dans la démesure, la plus totale opacité et l'absence absoluede contrôle, parfois politiquement appuyés, encouragsé par la Fed)... Ce marché est colossal. C'est 600 000 milliards par an. L'investissement va dans les produits financiers sans passer par l'économie réelle. Il faut instaurer une loi Glass-Steagall[adoptée aux Etats-Unis après la crise de 1929, ndlr] pour les banques, pour séparer les activités de crédit et d'investissement.Dans un pays, on peut aussi dire aux banques : « Vous allez prêter en priorité aux PME-PMI, surtout celles qui ont un projet écologique ou social. » C'est un contrôle du crédit, dans le sens où il y aurait des bénéficiaires prioritaires ; mais on ne va pas nationaliser toute l'économie..."
______Arnaud Montebourg pointe aussi la passivité des institutions, qui prépare objectivement de nouvelles crises

"Maintenant ce sont les institutions publiques qui sont attaquées par le système bancaire qu’on a renfloué avec l’argent des contribuables. Nous avons un paradoxe. Sur le plan structurel, nous avons fait des progrès vers le féféralisme, ce qui est un bien. Mais sur le plan de la régulation des marchés, nous faisons une politique de sur-place depuis deux ans. Toutes les déclarations dans les G20, les déclarations européennes de transformation du système financier sont restées lettre morte. Il n’y a pas eu une seule mesure prise..."
______F.Lordon va plus loin, jugeant la crise financière non réglée et la situation gravissime. Il y a nécessité de saisir les banques , pour arrêter leur pouvoir intrinsèque de nuisance et leur imposer une régulation publique.
"La faillite technique des banques a au moins un effet intéressant : elle permet de leur mettre la main dessus. Et à pas cher en plus. Les arguments de principe pour une recommunalisation du système du crédit abondent ; la situation de faillite leur offre leurs conditions de réalisation – et même de réalisation modique. Car si la nationalisation intégrale est la première étape du processus de recommunalisation du bien commun bancaire, avant la mutation ultérieure en système socialisé du crédit , la situation critique de la faillite générale offre la possibilité d’opérer cette nationalisation par simple saisie.__A l’inverse des pratiques ordinaires du redressement des entreprises en difficulté, il n’y a pas de solution privée à l’effondrement global des institutions bancaires qui condamne dès lors irrémédiablement leurs actionnaires à la vitrification. Le sauvetage public, quelle qu’en soit la modalité, n’a donc aucun compte à tenir de cette population spéciale qu’on peut d’ores et déjà tenir pour annihilée, conformément d’ailleurs à l’esprit même du capitalisme des sociétés par actions : les apports en fonds propres ne sont pas récupérables et les actionnaires n’acquièrent leur part de propriété (et les droits afférents aux dividendes) qu’en contrepartie d’accepter une perte définitive en cas de faillite – nous y sommes. Saisir les banques faillies n’a donc aucun caractère d’attentat à la propriété puisque la propriété a été anéantie par la faillite même, la faillite étant de ce point de vue l’équivalent capitaliste de la bombe à neutrons qui tue les droits de propriété en laissant intacts les bâtiments, les équipements et même, quoique pendant un temps relativement court, les humains salariés capables de les faire marcher. C’est tout cela qu’il faut récupérer..."

mardi 18 janvier 2011

Le livre et le numérique

Livres au coeur

-"Mettez des livres partout..." (V.Hugo)
-"Quiconque veut assurer son pouvoir sur autrui s'emploie à le maintenir dans l'ignorance. Par la censure ou l'autodafé, bien des despotes ont voulu faire taire les livres, la subversion de l'écrit." (Manguel)







__
Diffuser largement les livres, encourager le lecture.
. Oui, mais, sous quelle forme? quand aujourd'hui d'autres supports que le papier peuvent et pourront de plus en plus nous donner accès aux trésors écrits du passé et aux créations du présent?
Faut-il exclure l'un au détriment de l'autre?
Faut-il craindre le livre numérique? Peut-il mettre en péril l'analogique?

__
Doit-on défendre le papier contre l’électronique , dont la création et le développement semblent marginaliser le livre traditionnel, qui permettrait une lecture différente, un accès au savoir d'une autre nature, que la dématérialisation viendrait compromettre?
____On pèse le pour et le contre, dans le manque de recul que nous avons encore, car les technologies du numérique bougent très vite

"On a comparé l'apparition d'Internet avec l'idéal des Lumières, c'est à dire que c'est un savoir universel, encyclopédique et accessible à tous.
Avec l'édition sur Internet on a des avantages mais aussi des inconvénients.
Les avantages c'est qu'il y a une interactivité possible, une universalité des connaissances, une plus grande liberté d'accès aux connaissances et le fait que le livre se soustrait au monde commercial.
Les inconvénients c'est que l'accès est de moins en moins gratuit et il y a des concentrations importantes internationa
les qui ont tendance à verrouiller l'offre.
On se retrouve avec des choix culturel imposé (par exemple : la dominance de l'anglais et de l'américain).
La diversité culturelle devient moins importante.
L'apparition du texte électronique va modifier notre façon de lire.
Avec le livre on a une lecture linéaire (début, milieu et fin), alors qu'avec Internet on a une lecture non linéaire, plus fragmentaire.
Ce sont nos choix personnels qui font notre lecture, c'est le lecteur qui fait l'œuvre.
Deux lecteurs n'auront jamais lu le même livre de la même façon.
Le lecteur est beaucoup plus acteur mais c'est moins riche de sens.
L'hypertexte produit l'hypolecture, c'est à dire un niveau de lecture inférieur à celui du texte imprimé donc le type de lecture change.
Le texte électroni
que pose aussi le problème de la conservation et de l'archivage des textes puisque le texte électronique est beaucoup plus mouvant, un site peut changer chaque jour son contenu, on n'a pas la mémoire du passé.
Il y a des accès à des banques de données, des archivages mais ce n'est pas quelque chose de matériel ce qui fait que lorsqu'on se désabonne on n'a plus accès à tout ça.
Pour le patrimoine, Internet est un excellent outil.
Le serveur de la BnF par exemple propose des œuvres numérisées gratuitement (www.bnf.fr)
Il y a l'apparition ces dernières années de nouveaux supports qui ont essayés de marier le support du livre et le texte électronique : le e-book, le e-cartable et le e-ink
..." (Roger Chartier)
_
Le débat est toujours en cours, renforcé par la peur bien présente et fondée du risque de la privatisation des oeuvres, de la googelisation généralisée, pour le plus grand profit d'un monopole, aux ambitions financières apparemment sans limites.
Google s'avance comme une pieuvre pour phagociter toutes les productions littéraires mondiales et, pour l'instant, compte le nombre de livres dans le monde . Une entreprise gigantesque qui ne semble pas sans danger dans notre rapport même au texte, au savoir.
Est-ce que Google nous rend idiot ? se demandent certains...


_______Et si c'était un faux problème?
Dans un récent livre, Apologie du livre , Robert Darnton pose le problème en termes plus distanciés, moins passionnés.
Cet homme de caractères, conservateur d'une des plus grandes bibliothèque du monde, prône un équilibre entre les deux formes de transmission de la culture. Deux formes qui peuvent utilement se compléter et se renforcer à ses yeux, à certaines conditions, considérant que la crainte de voir le livre disparaître, écrasé par le rouleau compresseur du numérique, relève du fantasme. A condition que des projets comme ceux de Google n'aboutissent pas.
Pour lui, une cohabitation des anciennes pratiques de lecture est compatible avec les nouvelles qui s'installent. L'information n'est pas le savoir
"En son temps, la bibliothèque d'Alexandrie rassemblait, dit-on, 70 % de toutes les connaissances de l’humanité. Aujourd’hui, le défi de l’ère numérique est de faire encore mieux – et pour plus longtemps... "
(Digital Libraries Initiative )
Optimisme exagéré? Pari sur l'avenir?
Bilan dans quelques décennies...
_____________________________En tous cas, la lecture est un acte complexe, historiquement déterminé, comme l'a bien montré Manguel (extraits). On indique et expérimente combien elle reste encore mystérieuse, tout autant que nécessaire.
Qu'est-ce que lire ?
Une activité qui reste encore à élucider...

"...
Ceux qui considèrent les détracteurs d’Internet comme des béotiens technophobes ou passéistes auront peut-être raison, et peut-être que de nos esprits hyperactifs, gavés de données surgira un âge d’or de la découverte intellectuelle et de la sagesse universelle. Là encore, le Net n’est pas l’alphabet, et même s’il remplacera peut-être l’imprimerie, il produira quelque chose de complètement différent. Le type de lecture profonde qu’une suite de pages imprimées stimule est précieux, non seulement pour la connaissance que nous obtenons des mots de l’auteur, mais aussi pour les vibrations intellectuelles que ces mots déclenchent dans nos esprits. Dans les espaces de calme ouverts par la lecture soutenue et sans distraction d’un livre, ou d’ailleurs par n’importe quel autre acte de contemplation, nous faisons nos propres associations, construisons nos propres inférences et analogies, nourrissons nos propres idées. La lecture profonde, comme le défend Maryanne Wolf, est indissociable de la pensée profonde.__Si nous perdons ces endroits calmes ou si nous les remplissons avec du “contenu”, nous allons sacrifier quelque chose d’important non seulement pour nous même, mais également pour notre culture. Dans un essai récent, l’auteur dramatique Richard Foreman décrit de façon éloquente ce qui est en jeu :
“Je suis issu d’une tradition culturelle occidentale, pour laquelle l’idéal (mon idéal) était la structure complexe, dense et “bâtie telle une cathédrale” de la personnalité hautement éduquée et logique, un homme ou une femme qui transporte en soi-même une version unique et construite personnellement de l’héritage tout entier de l’occident. Mais maintenant je vois en nous tous (y compris en moi-même) le remplacement de cette densité interne complexe par une nouvelle sorte d’auto-évolution sous la pression de la surcharge d’information et la technologie de “l’instantanément disponible”.” (N.Carr)

_________________________
- Libraires: encore un effort pour être numériques

lundi 17 janvier 2011

La "révolution" du philanthrocapitalisme

Les dollars du coeur

La richesse concentrée par quelques uns sert bien plus la cause du progrès que lorsqu’elle est émiettée en salaires destinés à faire vivre la multitude » (Carnegie)

« 98% d’entre eux (les plus fortunés) se sont hissés au sommet à la force du poignet. Je compatis néanmoins avec ceux qui sont restés pauvres même s’ils doivent, d’abord, à leur propre incompétence de n’avoir pas échappé à leur condition." (Pasteur Russel Cornwell)


__________Les milliardaires américains, de plus en plus nombreux, ont le coeur sur la main.
Merci Reagan! merci Bush!
De 1979 à 2007, la richesse des 1% des Américains fortunés s'est accrue de 281%.
-Ils rivalisent de générosité, à la recherche de nouveaux symboles de prestige. Les "multinationales de la bonté", qui prennent d'un côté pour donner de l'autre, ne manquent pas d'étonner les grandes fortunes françaises, qui lâchent moins facilement leurs millions...
-Comme s'ils avaient mauvaise conscience, ou peur des colères montantes, face à la
pauvreté croissante de larges couches de la population et aux inégalités montantes, à la faveur d'une crise générée par les nababs de Wall Street et à leurs alliés, ils cachent pour un temps leur cynisme (
« La lutte des des classes a repris aux Etats-Unis et ce sont les gens dans mon genre qui sont en train de la gagner, disait naguère W.Buffet) en se sentant sans doute en contradiction avec certaines valeurs affichées ("La voracité d’une poignée de carnassiers mine l’évangile de la richesse pour tous, arc-boutant du rêve américain." (E.Dior))

-Parmi les plus riches que riches, les "barons pillards" du Richistan, c'est à qui donnera le plus dans les fondations humanitaires ou culturelles. Ils veulent "sauver le monde", quand ils ont contribué souvent à le détruire par leurs activités prédatrices...


___Le Charity business n'est pas nouveau Outre-Atlantique, mais il connaît, notamment avec W.Buffer et Bill Gates, une surenchère étonnante. Phénomène opportuniste?

"Faire payer les riches" est un slogan qu'ils s'appliquent à eux-mêmes. Il faut dire que les fortunes arrivent à des hauteurs tellement stratosphériques que le sacrifice d'une partie, même importante, de leur fortune, laisse encore une grande marge de réserves pour vivre plus qu'aisément... Par exemple, "le niveau phénoménal des sommes mobilisées par Bill Gates. Quelques points de comparaison ? Le PNB du Mali : 9 milliards de dollars, Celui de Madagascar, 8,5 milliards. Haïti, 6,5. Le Laos, 5,5…. Bill Gates, sa fondation : 100 milliards. Les dons annuels de la Fondation sont plus élevés que le budget de l’Organisation mondiale de la Santé. Et quand les amis de Bill Gates répondent à son appel, cela donne Warren Buffet et 37 milliards de dollars ! Soit 40% du Viet-nam ou du Maroc !.."

___Une "philanthropie" qui s'inscrit dans une longue tradition. C'est une vieille histoire américaine (1/3)_-(2/3) -(3/3)
Le "rêve américain" se poursuit sous d'autres formes, avec d'autres moyens...

_Une spirale infernale?
"... Ce déferlement de dollars, pour les protagonistes de l’affaire, les Gates, mais aussi leur ami Buffet, l’ont-ils vraiment voulu dans toute l’acceptation du terme ? Ont-ils compris que le big business a pris le pouvoir aux Etats-Unis et qu’ils en sont, bonne conscience ou non, les représentants. Sont-ils conscients que, leur bonté, dans un monde globalisé où les marchés ont été décloisonnés et ouverts, devenu le champ clos des multinationales du profit, va faire émerger des « non profitable institutions » multinationales, autrement dit, des multinationales de la Bonté....Lles Etats-Unis ont été transformés en un « Richistan ». Et ce n’est pas l’économie qui est en cause. C’est la politique. » En 1963, aux Etats-Unis, le taux marginal d'imposition des plus riches était de 91 % alors qu'à l'heure actuelle, avec les avantages consentis par Bush, il n'est plus que de 35 %. A ce compte, il est facile de comprendre pourquoi la part des riches s’est considérablement accrue dans la richesse nationale américaine et, plus généralement, dans le monde. Warren Buffet ne s’y est pas trompé lorsqu’il y a peu de temps, il en a appelé à la taxation des riches. Il n’est pas le seul. Plusieurs « riches Amércains ont fondé l’association « patriotic millionnaires for fiscal strength » qui a lancé ce slogan s’adressant au Président Obama “For the fiscal health of our nation and the well-being of our fellow citizens, we ask that you allow tax cuts on incomes over $1,000,000 to expire at the end of this year as scheduled”. Cette association a rappelé au Président Obama que de 1979 à 2007, la richesse des 1 % des Américains fortunés s'était accrue de 281 % ! Peut-être Warren Buffet a-t-il conscience qu’à ne rien faire, la spirale de la bonté va passer, même aux yeux des pauvres, pour infernale. Des sommes colossales maniées par des personnes privées, pour le bien de l’humanité ? Quel bien ? Au nom de quelle vision de l’homme et de la société ? Celle de Bill Gates, celle de Melinda ou de Warren Buffet ? Ou d’un gourou, qui saura les influencer ? Celle d’un prédicateur évangéliste ? Ou d’un membre de l’église de la Scientologie ?..."
___La gestion de ces fonds privés ne sont pas sans lacunes démocratiques.
Et s'ils payaient leurs impôts?...
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-George Soros, l'homme qui n'est pas à une contradiction près

samedi 15 janvier 2011

Tunisie: tournant décisif

Une Bastille est prise

Ben Ali a quitté le pouvoir et la Tunisie






_La colère tunisienne a accouché de la "révolution de jasmin"

Reste à bâtir une démocratie, ce qui n'est pas sans risques et va demander du temps. Qui pour remplacer Ben Ali en Tunisie ?

_Comment faire sauter "le verrouillage politique" opéré par Ben Ali et le système mis en place :

Sans être aussi pessimiste que certains Tunisiens [« Le régime a détruit tout espace de débat. Les Tunisiens n'ont pas de culture politique du débat, il est impossible de susciter un dialogue intellectuel d'où une personnalité et des idées nouvelles pourraient émerger. » (M.K.)], les conditions d'un débat démocratique vivant et durable vont sans doute être longues à se mettre en place.

_Une joie compréhensible , mais mitigée:

"L'optimisme n'est pas partagée par tous. Mejdi et Melik, deux amis venus manifester, soulignent que le futur de la Tunisie est encore empreint d'incertitude:“ Le départ de Ben Ali est une première étape vers la démocratie mais il reste encore beaucoup à faire. La police et la garde présidentielle n'ont pas encore fait sédition, des échanges de tirs ont encore lieu. Mohamed Ghannouchi est un technocrate, mais il reste du même parti que Ben Ali, les gens ne lui font plus confiance. Et il ne faut pas oublier que demain, certaines familles tunisiennes enterreront leurs morts.” On se demande aussi ce qui va se passer dans les jours à venir. »

_10.000 avocats se mobilisent pour la Tunisie
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-De 1989 à 2011...
-
Ben Ali, le règne de la répression

-La diplomatie française a défendu jusqu'au bout le régime tunisien
-Des politiques français à l'index sur le "Ben Ali Wall of shame"
-Economie politique de la répression en Tunisie
-Le libéralisme réformiste, ou comment perpétuer l'étatisme tunisien
-Corruption en Tunisie, "ce qui est à vous est à moi"


vendredi 14 janvier 2011

Régression fiscale

Hold-up à Bercy

Qui paie, un peu, beaucoup...pas du tout?

_La fonction de l' impôt est essentielle dans une démocratie: assurer les dépenses publiques, favoriser une certaine régulation sociale et économique, même si cette dernière fonction peut être objet de discussion, pouvant parfois renforcer les inégalités.
« Article 13 - Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés.
___ Article 14 - Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée. » (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.)

Que penseraient les rédacteurs de ces articles en voyant aujourd'hui les grands patrons échapper à l'impôt?

Le moins-disant fiscal, cher à Hayek, a été une pratique délibérée depuis l'ére Reagan-Thatcher. Elle a fini par contaminer toute la gestion politique et économique des pays qui s'y sont ralliés, au détriment de la justice sociale et de l'investissement productif à long terme, renforçant les inégalités de manière inouïe.
De plus,"notre système de prélèvements est devenu illisible ; nul ne sait qui paye l'impôt, ce que représentent les taux affichés et la réalité de la redistribution opérée... Il est aussi devenu instable. Les exonérations de cotisations sociales ont changé douze fois en quinze ans de mode de calcul. Comment les entreprises peuvent-elles, elles-mêmes, faire leurs arbitrages ? Et, pour finir, il n'est ni favorable à l'emploi, ni à l'investissement, et pas davantage à l'environnement..."(M.Sapin)

_____________________"On assiste aujourd'hui à une régression fiscale renforcée, un "... hold-up fi
scal, qui est en fait la captation de la richesse de l'Etat par de riches particuliers et par de grosses sociétés multinationales, avec la complicité active de nos politiciens qui sont pourtant censés agir dans l'intérêt des citoyens, est en réalité bien plus grave, puisqu'il fait des dizaines de millions de victimes, qui doivent compenser de leurs maigres deniers le manque à gagner de l'Etat (par exemple l'augmentation de la fiscalité locale due au transfert non financé des compétences de l'Etat vers les collectivités locales) ou subir le savant et inexorable travail de sape des Services Publics. On pourrait donner 1000 exemples, de l'augmentation de l'âge de la retraite au déneigement d'une seule voie sur les autoroutes.
J'ai déjà expliqué ici que Madame Bettencourt ne paie que 10 millions d'euros
d'impôts par an (elle en donne 40, et l'Etat lui en rend 30 par le mécanisme scélérat du bouclier fiscal) alors que la simple application du taux de 1.8% sur sa fortune au titre de l'ISF comme le prévoit la théorie devrait lui faire cracher 290 millions d'euros tous les ans. Sur 10 ans, le préjudice de l'Etat est donc d'environ 2.8 milliards d'euros ! Pour une seule personne ! Au niveau du symbole, c'est fort, d'autant que l'actualité nous a laissé entrevoir les mécanismes de corruption qui fonctionnent et permettent cette ignominie. Mais au niveau comptable, il y a largement pire.
Dans le même billet, je parlais des ristournes dont certaines sociétés, souvent les plus grosses, bénéficient pour diminuer leur impôt sur les bénéfices, qui rappelons-le, est fixé en France à 33%, contre 12 en Irlande. Or, seules certaines PME paient effectivement ces 33%. Les sociétés plus importantes ont à leur disposition tout un arsenal de mesures parfaitement légales pour faire diminuer l'addition.
..: un quart des sociétés du CAC 40 ne paie pas d'impôt du tout. Nada. Peau de zobi. Et Les Echos de balancer des noms : Total, Danone, Essilor, Saint-Gobain, Schneider, Suez Environnement et ArcelorMittal. On croit rêver, ou plutôt cauchemarder ! Total, Danone ! Les plus gras, ceux qui font les bénéfices les plus nauséeux ! Total, 8 milliards d'euros de bénef' en 2009 (13.9 milliards en 2008). Visez la mine réjouie de son PDG, qui ne sait tellement plus quoi foutre de son flouze qu'il rachète ses propres actions pour en soutenir le cours ! 0 euro. Et c'est légal : on arrange la compta pour faire ressortir des pertes en France, et pour faire inscrire les bénéfices dans des paradis fiscaux, et hop ! L'affaire est dans le sac ! Si Total payait ses 33%, ce seraient 2.6 milliards qui rentreraient dans les caisses ! En 2010, les bénéfices du CAC 40 ont à peu près doublé. Les impôts aussi, manifestement : 2 X 0 = 0 ! C'est bien foutu, comme truc… Le taux moyen d'imposition sur les bénéfices du CAC 40 serait de 8%. L'ensemble des bénéfices 2010 sera donc de l'ordre de 100 milliards, sur lesquels les entreprises paieront environ 8 milliards. Si la théorie était appliquée, ce seraient 33 milliards. Et hop, 25 milliards de plus dans les caisses de l'Etat ! Cette anomalie a au moins un avantage : elle pulvérise l'argument massue des libéraux pourfendeurs des zimpôts : « Ah oui, mais on est bien contents de les avoir en France, ces multinationales ! Et si on leur fait payer trop d'impôts, elles iront ailleurs ! » Et pourtant elles restent, on comprend mieux pourquoi !..
Ce qui est le plus honteux, c'est bien le caractère de « vases communicants » de l'imposition. En effet, ce que les riches particuliers et les multinationales ne paient pas, ce sont les PME et surtout les citoyens lambdas qui vont devoir casquer. Et à écouter Baroin, l'addition risque d'être salée ! Politiquement, c'est même incroyable, à croire que l'UMP a déjà renoncé à 2012, alors que d'ordinaire, les gouvernements évitent les mesures impopulaires les années préélectorales… les premières mesures qui ont été révélées donnent le ton : - Suppression d'un abattement de 15% sur les cotisations sociales des salariés du secteur des services à la personne employés par des particuliers par l'intermédiaire du « Chèque Emploi Services Universel » : y'a de quoi se la mordre ! Ce truc a été conçu pour limiter le « travail au noir », et pour permettre l'essor des « services à la personne » qui, payés par des particuliers pas forcément fortunés, sont inconcevables sans subventions. Le résultat probable sera donc une explosion du travail au noir, et la décrépitude du secteur, pourtant chéri de Borloo. Les cotisations ne rentrant plus, j'ai du mal à voir l'économie réalisée… - Suspension de l'obligation de rachat par EDF de l'électricité photovoltaïque. Là encore, je me marre ! Ah, il est loin le Grenelle de l'Environnement, et Borloo est piétiné très rapidement… Je ne sais pas comment toutes les boîtes qui ont proliféré sur ce secteur vont pouvoir survivre (les problèmes commencent déjà ), car ces aides publiques étaient leur principal argument de vente. Ironie, le prétexte invoqué est que la plupart des panneaux solaires vendus en France seraient fabriqués en Chine… Ah oui, si on appliquait un protectionnisme intelligent à l'égard des produits fabriqués au mépris du droit du travail, des normes sociales, environnementales et/ou fiscales, ça n'arriverait pas… Mais on peut aussi se demander pourquoi deux poids, deux mesures, puisque l'Etat n'a pas eu les mêmes scrupules pour claquer un milliard en sponsoring de bagnoles fabriquées dans les pays de l'Est, opération baptisée « prime à la casse », et dont le récent arrêt va plonger la filière dans le marasme. - Division par deux des aides à l'installation des agriculteurs bio. Là, ça ne mérite qu'un crachat par terre. Les gens qui prennent ce genre de décisions devront être jugés. Les tomates bio du Maroc et les pommes de terre bio d'Egypte ont de l'avenir… Cette situation est grotesque. La France a perdu toute marge de manœuvre puisqu'elle est inféodée aux claquements de doigt des « agences de notation », gardes-chiourmes de l'idéologie financière et ultralibérale. Et comme les autres, nous sommes « contraints » de faire casquer les pauvres pour payer la gabegie des riches...
" (SuperNo)

On tend à imposer la petite épargne au lieu des grandes fortunes
La suppression de l’ISF apparaît comme une entourloupe ou un tour de passe-passe, un "marché de dupes qui revient à remplacer des impôts sur la rente et les patrimoines les plus élevés par une plus forte imposition du travail". "L'ISF rapporte 4,1 milliards d'euros, le bouclier fiscal coûte 680 millions. Supprimer l'un et l'autre revient à alléger de près de 3 milliards et demi l'imposition du patrimoine"(Pierre-Alain Muet)
La révolution fiscale attendra...

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Faut-il vraiment supprimer l'ISF ?
Cadeaux fiscaux et dette publique
Révolution fiscale?
Touche pas à mon bouclie
r

jeudi 13 janvier 2011

Business des mouroirs

Chers vieux !

Les vieux: de plus en plus vieux, de plus en plus nombreux.
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(On tue les vieux: à propos du livre...)
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"Mourir, la belle affaire Mais vieillir!... (Brel)

__Vieillir: un processus naturel, universel, mais vécu bien différemment selon les époques, les cultures, les situations familiales, l
a qualité du lien social, le regard des autres...
Vieillir comment? Où? Dans quelles conditions? That is the question...

La France n'est pas en pointe dans la prise en charge de la vieillesse dépendante, c'est le moins qu'on puisse dire. Une prise en charge à plusieurs vitesses.
On a pu parler d'une certaine
misère de la gériatrie en France.
_Les vieux coûtent cher
, trop cher, aux yeux des pouvoirs publics, des gestionnaires de la santé... Les perspectives financières ne sont pas encourageantes. Des réformes s'imposent.
Les grandes lignes du projet
_
" ...La réforme de la dépendance qui doit être engagée avant la fin de l’année. Un texte qui suscite beaucoup d’inquiétudes. À l’heure des restrictions budgétaires, comment l’État va-t-il financer ce secteur ? « On ne pourra jamais, avec l’argent public couvrir l’ensemble des besoins », a déjà prévenu Nora Berra. « Plutôt que de créer une nouvelle branche de la Sécurité sociale dédiée à l’aide aux personnes âgées fragilisées, comme Nicolas Sarkozy l’avait promis, le risque, c’est de tourner le dos à la prise en charge collective et de recourir aux assurances privées », prévient Maryse Stehly, membre de la FNAQPA, un autre collectif d’associations." (L.Mouloud)
___"...Ce qu'on nomme pudiquement dépendance a une autre appellation : le grand âge. Le vieillissement de la population (on estime qu'un tiers des Français aura plus de 60 ans en 2050) fait exploser les pathologies liées à l'âge : maladie d'Alzheimer, perte d'autonomie motrice, maladies dégénératives... Le nombre de personnes âgées qui ne peuvent plus s'occuper d'elles-mêmes seules augmente, au rythme de 1 % par an environ. Selon le rapport de la députée UMP Valérie Rosso-Debord sur le sujet, on compte aujourd'hui 1,13 million de personnes bénéficiaires de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), la principale forme de prise en charge de la dépendance. Ils représentent 6,7 % des 16,4 millions de Français de plus de 60 ans, qui touchent en moyenne 670 euros (pour les particuliers, 200 euros lorsque l'APA est versée à une maison de retraite). Créée par le gouvernement Jospin et entrée en vigueur en janvier 2002, l'APA a vu son budget multiplié par 2,5 pour répondre à la hausse du nombre de bénéficiaires, passé de 605 000 à 1,13 million. L'APA a dépensé 5,1 milliards en 2009, contre 1,85 en 2002. Or, selon les prévisions, le nombre de bénéficiaires devrait monter à 1,6 million d'ici à 2025...."

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Faudra-t-il en venir aux solutions inquiètantes envisagées par Alain Minc (ce con...), purement technocratiques et comptables, annonces de cyniques calculs?..[Alain Minc voulait-il préparer les esprits, créer une brèche?]
...ou
supprimer les dernières années de l'existence(!), les plus onéreuses pour la société? (pas drôle du tout!...)
Pour certains groupes privés, la vieillesse est en passe de devenir un eldorado, un business comme un autre, et même une affaire très juteuse...
Les vieux, c'est l'inverse du pétrole : Le pétrole (l'or noir), il y en a de moins en moins, alors que les vieux (l'or gris), il y en a de plus en plus"
C'est pour cela que le marché de l'assurance dépendance gagne du terrain.
Celle-ci devient le nouveau gisement des industriels de l'« or gris »
___"Voici venu le temps de l’« or gris », métaphore des profits juteux du marché de la dépendance. « Le business du cacochyme est devenu au fil des ans presque aussi juteux que le casino de Monte Carlo. Une fois les investissements immobiliers amortis, le taux de rentabilité dépasse facilement les 25% et c’est quand même pas mal » note à ce titre le journaliste Daniel Mermet ...La réforme de la dépendance, entamée par le gouvernement, devrait ouvrir des perspectives alléchantes pour un secteur déjà florissant. Et dont un mot d’ordre pourrait paraphraser la maxime d’Alphonse Allais : « Il faut prendre l’argent aux vieux pauvres. Certes, ils n’en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux ! »...
__Le marché de la « dépendance » (le « marché sénescent », comme disent les gens bien élevés) repose sur deux facteurs ; D’une part, le chiffre croissant des personnes âgées : «
Ils sont 1,1 millions de personnes âgées de 85 ans et plus dans notre hexagone ; et dans dix ans ils seront près du double […] Selon l’INSEE, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait bondir de plus de 40% d’ici à 2020 et devrait quasiment avoir doublé en 2040. Quelle industrie peut se prévaloir d’une aussi réjouissante prévision de marché ? »...
__La prise en charge des personnes âgées dépendantes par les pouvoirs publics est largement insuffisante. Pour plus d’un million de plus de 85 ans, on compte seulement 600000 places dans les maisons de retraites publiques, dont le taux d’occupation est à son maximum . Dès lors, les opportunités sont nombreuses pour les établissements privés, d’autant que les personnes âgées disposent souvent de ressources diverses : leurs propres patrimoine et biens, mais aussi… l’argent de leurs descendants. Qu’il s’agisse des maisons de retraites publiques (par manque de fonds) ou des privées (par quête de rentabilité), les personnels sont soumis à de véritables cadences fordistes...
__Quant à l’« or gris », c’est peu dire qu’il rapporte : «
Une demi-douzaine de grands groupes écument désormais le marché et alignent des bénéfices haut comme ça : ceux de Medidep 12,4 millions d’euros, ont été multipliés par 10 depuis 1998 ; et des cours de bourse sont dopés à la cortisone : les actions dOrpéa, la société de Jean-Claude Marian n’ont-elles pas doublé en moins d’un an ? Pas étonnant que les investisseurs se précipitent dans le créneau comme des oursons sur un pot de miel ! »__Jean-Claude Marian, par ailleurs président du conseil de surveillance de Medidep jusqu’en 2005, n’est certes pas le seul à participer à cette ruée vers l’« or gris » : « Le fonds de pension britannique Bridgepoint n’a par exemple pas hésité à flamber 330 millions d’euros en 2003 pour mettre la main sur Medica-France, 5100 lits, et pas un matin ne se lève sans qu’un particulier monte un dossier de construction de résidence auprès de sa préfecture avec le fol espoir de faire la culbute. On appelle tout cela "l’or gris", le business des mouroirs.
»..._
ASSOCIATION SOLIDARITE GRAND AGE
UNA