Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mercredi 13 avril 2011

Comment meurt une ville


Sic transeat...

Sauver Detroit ?


_La crise économique montre encore ses stigmates dans certains secteurs du territoire américain, surtout dans le Michigan.
Des ensembles urbains dévastés, des cités qui se vident, surtout là où régnaient naguère des industries prospères, notamment à base de sidérurgie et de construction automobile. Un
séisme est passé par là.
La ci-devant quatrième ville du pays est devenue le symbole d'une certaine tiers-mondisation, affectant des quartiers entiers, coeurs de la puissance industrielle d'antan.
L'ancienne capitale de
l'industrie automobile, où le temps semble s'être arrêté, est devenue une ville qui rétrécit.
Une ville fantôme où seuls restent les plus pauvres .

_"Detroit symbolisait le triomphe de l'industrie automobile américaine (Ford, General Motors, Chrysler...) et, plus que toute autre ville du monde, le succès de l'économie libérale. Elle était le moteur de toute une nation - Motor City - et représentait l'univers de tous les possibles. Aujourd'hui, la ville incarne le déclin sans précédent de tout un système. Sur les deux millions d'habitants d'autrefois, plus de la moitié sont partis. Ceux qui sont restés se cherchent un avenir au milieu des usines désaffectées et des immeubles en ruine." (photos)

"...Detroit déti­endrait la palme de la décad­ence. Autrefois la qua­trième ville des Etats-Unis, aujourd’hui la onzième (en cin­quante ans, la popu­la­tion a dimi­nué de moitié), il lui manque 300 mil­lions de dol­lars pour assu­rer le mini­mum de ser­vi­ces publics. Tout le système sco­laire est en redres­se­ment judi­ciaire. Toute une partie de la ville est vide : sur 400 000 adres­ses pos­ta­les, 20 % sont sans occu­pants (78 000 loge­ments seraient vides). En octo­bre, 9 000 loge­ments saisis en 2006 pour non-rem­bour­se­ment de prêts sont mis aux enchères au prix de 500 dol­lars : ils ne trou­vent que 1 800 acquéreurs. Depuis les émeutes de 1967 qui firent 43 morts, les Blancs ont fui la ville qui est deve­nue un ghetto noir de fait. Il s’est développé un phénomène local, « la nuit du démon », qui voit des incen­dies de mai­sons vides (800 en 72 heures dans une de ces « nuits »)…Quelques-unes de ces mai­sons qui ont survécu sem­blent atten­dre le coup de grâce qui pour­rait mettre un terme à leur misère… Dans les rues com­mer­cia­les adja­cen­tes, « l’acti­vité est si visi­ble­ment absente que vous pouvez penser qu’une bombe a neu­trons y a explosé » (Time, 5 octo­bre 2009). En août 2009, le maire de Detroit a pro­posé un chan­tage aux agents muni­ci­paux syn­di­qués : réd­uction des salai­res de 10 % ou 1 000 licen­cie­ments (3 000 non-syn­di­qués ont déjà été licen­ciés et les entrants doi­vent accep­ter des réd­uctions impor­tan­tes sur tous les points du contrat de tra­vail par rap­port à ceux en fonc­tion. Le 21 déc­embre, la muni­ci­pa­lité réussit à impo­ser aux ensei­gnants une baisse des salai­res de 10 000 dol­lars sous forme de pré­lè­vement men­suel de 500 dol­lars sur leur paie, un « prêt obli­ga­toire » à la ville qui leur serait rem­boursé lors de leur retraite ou en cas de départ ; le but de l’opé­ration serait de faire partir les vieux et d’embau­cher des jeunes à taux réduit..."
Laisser mourir Detroit: une intention délibérée?
Beaucoup d'Etats et de villes n'en sont pas là, mais la faillite financière sévit dans certaines cités ou Etats, incapables de faire face aux dépenses courantes, de payer les fonctionnaires, d'entretenir les écoles...Même la Californie est touchée.
Un déclin programmé?
Détroit, comme Cleveland, n'est pas Wall Street..On sauve Goldman Sachs plus facilement qu'une ville, abandonnée à la pauvreté.
Mais où va l'empire?
Qui veut acheter les Etats-Unis ?
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[photos Yves Marchand et Romain Meffre]

mardi 12 avril 2011

Royal wedding

Latest and good news

Ah! Que la mariée sera jolie!..

La crise est finie en Angleterre !!!!
[ironic mode, of course..]

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Ce mariage va "remonter le moral" de la Grande-Bretagne "en pleine déprime... "la Grande-Bretagne a désespérement besoin de l'injection de charme et de romance qu'un mariage royal pourrait lui apporter...Quel meilleur moyen pour remonter notre moral touché par la récession que de papoter sur un trousseau, les chapeaux et une lune de miel?..."_ The Daily Telegraph._
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Ce mariage tombe à pic !
Un antidote à
la crise.
Une aubaine pour le pays .


Good business pour le tourisme et...excellent pour le moral des sujets de Sa Gracieuse Majesté, qui ne descendront pas dans la rue pour manifester contre les mesures d'austérité inédites, mais pour applaudir aux splendeurs de la Couronne.
Rien de tel que les fastes d'un grand cérémonial fédérateur pour apaiser les esprits, mettre du baume au coeur et faire oublier pour un temps la rigueur du présent et les divisions. Pour un temps, le débat politique va faire place aux rêves et à la légende. Storytelling à l'anglaise...qui aura une autre gueule que la française!

Bien sûr, le royal spectacle va coûter cher, très cher, mais quand on veut rassembler, on ne compte pas...

But,
who will foot the bill?
Au Château, on compte ses £...Les temps sont durs! La "pauvre reine" a vu son budget réduit de 14%, pour participer à l'effort national. Shoking!
["Pour l’instant aucun budget précis n’est sorti. Mais à première vue, il devrait coûter plus de 100 millions d’euros. La plus grosse partie du budget sera destiné aux mesures de sécurités, pour laquelle il faudra débourser environs 95 millions d’euros. La réception, quant à elle, coûtera seulement la bagatelle de 12 millions d’euros. Mais qui va payer le faste de cette réception ? Il y a quelques jours, le porte parole de St James’s Palace a annoncé que la famille royale allait mettre la main à la poche à hauteur d’environs 60 millions d’euros. Le reste sera donc à la charge des citoyens.Mais ce n’est pas le mariage en lui-même qui va coûter le plus cher. C’est surtout le jour férié déclaré pour le mariage. Cette journée devrait couter 6 milliards d’euros aux contribuables..."]

Rien ne vaut un mariage royal pour oublier la crise

Kate, future souveraine d'Angleterre, a réussi son examen de passage. "Après Catherine de Valois, Catherine d'Aragon, Catherine Howard, Catherine Parr et Catherine de Bragance, Catherine Elizabeth Middleton -dite Kate- sera la première souveraine roturière dans l'histoire de la famille royale britannique...."
________________God save the Queen!...
Pas trop longtemps quand même, pour laisser la place à la suivante.
________Une question hante le bon peuple: quel chapeau portera Elisabeth pour la cérémonie? Les paris sont ouverts.
[NB: Si vous êtes invités, quelques règles à suivre...
suivez le guide]

lundi 11 avril 2011

Billet lusitanien

Où va le Portugal?

Le Portugal a longtemps été un pays "pauvre", au passé surtout agricole, qui a fourni pendant des décennies aux pays européens, notamment la France, une main d'oeuvre utile et courageuse.
_Malgré un passé prestigieux (ce pays, comme l'Espagne, depuis Henri le Navigateur, a ouvert la voie au commerce international, à une forme de mondialisation-colonisation entre l'Ancien et le Nouveau Monde notamment), le développement du petit Portugal est resté modeste, par rapport à ses partenaires européens du Nord.
C'est par une ironie de l'histoire que le Brésil, enfant de Lisbonne, propose aujourd'hui son aide à la mère fondatrice.
__Le Portugal traverse une crise économique et politique profonde, qui a des causes internes spécifiques, aux racines anciennes. Sa fragilité relative, ses profondes inégalités et une gestion désastreuse ont été accentuées par la crise économique et par l'exorbitant pouvoir des agences de notations et les manoeuvres des traders, qui ont organisé la crise

"... En Europe, ce sont les marchés financiers de la renégociation permanente qui font la pluie et le beau temps. Maintenant, c’est sûr : Il faut bien prendre cette variable en compte dans les prises de décisions politiques. Désormais cela n’a plus de sens de parler d’harmonisation des politiques budgétaires et fiscales en Europe, sans envisager la réaction – prévisible, ou irrationnelle - des marchés secondaires, qui peuvent changer la donne. L’autre certitude, lorsque la politique politicienne – le jeu de dupe entre la droite et la gauche portugaise - vient se mêler aux soubresauts des marchés, cela crée un détonateur phénoménal, capable de forcer un gouvernement à demander l’aide… refusée quelques jours plus tôt, toujours par l’entremise de la panique boursière. Ceci étant accentué par le fait que l’irrationalité mimétique à grande échelle fait que des traders sur dette publique peuvent parfaitement avoir l’impression d’être rationnels. Cette situation était évitable au Portugal : moyennant un minimum de raison du coté des « traders du citoyen lambda » - ceux qui gèrent l’argent des clients et de leur banque en le plaçant au jour le jour -, il était inutile de demander l’aide du FMI ou de la commission européenne. Mais comme ces traders ont vendu massivement la dette portugaise, par défiance, cela a fait monter les taux d’intérêt auxquels le Portugal peut emprunter, le mettant dans une situation intenable, nonobstant sa crise politique, qui n’a fait infine que renforcer la défiance des marchés secondaires..." (P de Lima)
Du coup , il est à craindre que l'austérité ne fasse qu'ajouter à l'austérité.
. La jeunesse sacrifiée perd confiance en l'avenir. Un cercle vicieux s'installe après plusieurs plans de rigueur. Les remèdes tuent le malade. Désarmer la spéculation est une urgence.
Face à une Europe défaillante, les bons docteurs du FMI trouveront-ils la voie du redressement?
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samedi 9 avril 2011

Réhabiliter l'impôt


"L'impôt est la base matérielle de l'Etat" (J.Schumpeter)

Va-t-on enfin assister à une révolution fiscale?

_"Le système fiscal a trois fonctions: financer les biens publics, corriger les inégalités, favoriser le développement économique"(JC Le Duigou)
L'impôt , tel qu'il est prélevé, apparaît le plus souvent comme foncièrement injuste.
L'impôt indirect affecte tout un chacun de la même manière, quel que soit son revenu, et constitue donc le plus injuste des impôts, quoique le moins visible et le moins douloureux en apparence.
_Pour ce qui est de l'impôt direct, on assiste depuis quelques dizaines d'années à une dénaturation progressive et à une remise en question de sa fonction redistributive, en faveur des plus favorisés, dans le sillage de la "révolution reaganienne", qui va de pair avec une croissance inouïe des inégalités, du développement de la rente au détriment de l'investissement productif.
En France,"
La décentralisation a permis de transférer des charges de financement importantes aux collectivités territoriales. En contrepartie, l'Etat devenait le principal soutien des marchés financiers, au point de former avec eux un couple indissociable" (JC Le Duigou)
Il y a tant de niches fiscales et d'exceptions.

Les grandes entreprises échappent à l’impôt .Les systèmes dérogatoires amputent les recettes de 73 milliard d'euros par an.
"
Les revenus du capital bénéficient de privilèges exorbitants...ils échappent à 80% à l'impôt progressif en raison de multiples régimes dérogatoires" et le CSG "reste un prélévement dont la base est composée à près de 90% de revenus salariaux". Le bouclier fiscal a montré toute sa nocivité. Les niches fiscales abondent.
"
Dissuader la croissance financière, inciter les banques à financer l'activité économique (autrement dit leur redonner leur vraie fonction), sanctionner l'usage des paradis fiscaux, imposer les plus-values, favoriser les entreprises qui développent l'emploi et les salaires...autant de pistes qui permettraient une réactualisation entre les logiques de redistribution et l'incitation à mieux utiliser toutes les richesses disponibles...." (JC Le Duigou)
Le problème actuel de l'impôt vient aussi de l'ampleur des faibles revenus, du chômage de masse, du développement de la précarité.
Nulle fatalité dans tout cela.
Le PS a posé les premiers jalons d'une réforme à approfondir et à discuter, qui sera forcément difficile.Ce problème de fond constituera-t-il le thème central de la future campagne électorale? On aimerait le croire.
Question de solidarité
et de cohésion sociale...

vendredi 8 avril 2011

Petit soldat de l'Elysée

Ultime bataille, perdue d'avance

Passé de l'ombre à la lumière, chassant sur les terres de Marine, en service commandé, le rabatteur de voix en fait des tonnes....Ce n'est pas un dérapage.
Objectif: sauver les meubles pour 2012
Mais sans doute politiquement suicidaire...

Malgré quelques critiques de Mme Lagarde sur l'immigration légale, l'homme de la "croisade" persiste et signe.

Une stratégie assez claire:
"Avec Claude Guéant, la droite majoritaire n'est plus qu'à un pas de l'immigration zéro prônée par le FN. Musulmans, immigration, France, croisade: depuis son entrée en fonction le 27 février, le ministre de l'intérieur braconne sur les terres de l'extrême droite. Méthodiquement: la récurrence de ses déclarations empêche de les considérer comme des dérapages. Mises bout à bout, elles construisent un paysage idéologique cohérent salué par Marine Le Pen qui a symboliquement délivré à l'ex-préfet le titre d'«adhérent d'honneur»
de son parti. Leur répétition ne permet pas non plus de penser que leur auteur fait cavalier seul. Avec l'aval de Nicolas Sarkozy, c'est le socle droitier de la campagne présidentielle de 2012 qui prend forme...
Maladresses? ... Le premier flic de France agit en connaissance de cause quand il s'empare des questions migratoires et religieuses... Comme son mentor, il lance des polémiques, convaincu d'en tirer profit. II sait qu'il n'a pas été élu, mais avoir été choisi par Nicolas Sarkozy lui suffit pour aller chercher, à l'extrême droite, les voix dont le chef de l'État a besoin pour espérer rester président cinq ans de plus. Le poste même de ministre de l'immigration a été créé dans cette optique. Ce qui explique peut-être le crescendo à sa tête depuis 2007..
." (C.Fouteau)
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___Claude Guéant, le cerveau du Président, jamais élu, l'éminence grise incontournable
"
Un homme incarne aujourd'hui, plus que d'autres, le grand désordre qui a gagné l'exécutif : Claude Guéant. Le secrétaire général de l'Elysée a désormais acquis un poids tel, qu'il devient possible de douter des capacités du président en titre. Et si Guéant, préfet ayant cheminé depuis vingt ans dans les réseaux de la police et du renseignement, ayant accompagné depuis dix ans Nicolas Sarkozy dont il connaît tout, était le véritable président?...Certains, même à droite, s'offusquent de longue date d'une telle omniprésence; François Fillon a dit publiquement son mécontentement de voir les «collaborateurs» du président occuper une telle place, visant tout autant Claude Guéant que le «conseiller spécial» Henri Guaino, aujourd'hui marginalisé. Jamais de toute la Ve République, un secrétaire général de l'Elysée n'a eu autant de poids, de pouvoirs, allant jusqu'à s'autoriser à apparaître publiquement pour mieux signifier qui est le patron..." (F.Bonnet)
_________
"...Alors qu'il vient de quitter son poste à Dakar, Jean-Christophe Rufin s'est également attardé dans son texte donné au Monde sur la gestion des affaires africaines: «Ces dernières années, un mode de gouvernance particulier s'est construit: les affaires africaines les plus sensibles sont tranchées par Claude Guéant, qui est un préfet et n'a pas une connaissance particulière de l'Afrique. Dans ce domaine qu'il s'est réservé, le secrétaire général de la présidence agit d'autant plus librement qu'il n'en répond ni devant l'Assemblée ni devant le gouvernement. Il dépend du seul président de la République, dont j'ignore s'il est complètement informé des initiatives de son collaborateur.» (Pierre Puchot)

jeudi 7 avril 2011

Fukushima: le pire du pire?

Brouillage d'information

Bientôt un mois...

Mais notre attention est déjà émoussée.
Les médias s'occupent d'autres choses: graves, comme en Côte d'Ivoire ou futiles, comme les débat franco-français de l'heure. C'est la loi de l'événementiel, de la nouvelle-spectacle.

_Aux dires de certains spécialistes, le pire du pire attend le Japon et pas seulement la zône concernée par la centrale nucléaire progressivement abandonnée pour sa dangerosité, en attendant d'immenses et de longs travaux de démantèlement et d'enfouissement des matériaux radioactifs.

_Déjà ébranlé par une crise économique qui s'éternise, comment le Japon, que l'on dit particulièrement apte à la résilience, pourra-t-il s'en sortit seul?
La gravité du désastre nippon a été sous-estimée dès le début par le gestionnaire privé de la centrale, le gouvernement et les medias du pays et la plupart des organes de presse, notamment français, alors qu'il est vite apparu que rien n'était sous contrôle et que la situation s'aggravait inéluctablement. Les spécialistes dépêchés par Areva, repartis très vite, semblent l'avoir compris.
Les silences coupables de Tepco sont maintenant connus.
La sécurité a été sacrifiée sur l’autel du profit.
Les problèmes techniques, mais surtout les dissimulations et les mensonges se sont étalés sur 30 ans
On a pu parler d'un monde du Silence.
L'opacité est la caractéristique du monde du nucléaire civil en général, mais là s'est ajouté une incroyable incurie et la prévalence d'intérêts coupables à court terme.

__Le brouillage d’information sur Fukushima est proprement renversant...

"... Le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, a (aussi) reproché à Tepco de faire de la rétention d'information, même dans cette situation extrême où l'on attendrait une coopération parfaite. Mardi, le premier ministre a sévèrement critiqué l'imprévoyance de l'exploitant, qui a construit un mur de protection contre les tsunamis d'une hauteur de 5,50 mètres, alors que la vague du 11 mars était trois fois plus haute. Et a englouti les générateurs diesel de secours qui auraient pu permettre de prévenir le désastre...
L'attitude de Tepco conduit les experts français à recourir à des périphrases pour expliquer, comme l'a formulé André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), que «
la priorité de l'exploitant japonais est de remédier à la crise et non d'informer les experts internationaux »... Ce qui contraint lesdits experts à jouer aux devinettes alors que leur diagnostic serait fort utile! Dans son point d'information du 28 mars, l'ASN indique ainsi que l'état très dégradé des réacteurs 2 et 3 et les pressions mesurées dans les cuves «semblent permettre de conclure à la perte d'étanchéité des cuves 2 et 3 ou de leurs circuits de connexion; les relevés de pression au sein des enceintes semblent permettre de conclure, pour les réacteurs 2 et 3, à une perte d'étanchéité de l'enceinte métallique [...] Les données actuellement disponibles ne permettent pas de confirmer l'intégrité des cuve et enceinte du réacteur n°1, dont le combustible a été fortement dégradé.» En clair, il se peut que trois réacteurs sur les six de la centrale laissent échapper du combustible fondu, ce qui expliquerait les niveaux élevés de contamination de l'eau contenue dans la salle des machines, ainsi que les pics de radioactivité dans l'eau de mer...
En dépit du brouillard jeté par l'exploitant sur sa propre installation, un certain nombre de faits semblent incontestables. En premier lieu, il est certain que les conditions de travail à la centrale de Fukushima Daiichi sont désormais très dangereuses, et ralentissent toutes les interventions, étant donné qu'on mesure des débits de dose supérieurs à 1000 mSv/h en certains points du site. De l'eau très fortement contaminée a été trouvée dans les salles des machines des réacteurs 2 et 3. Selon André-Claude Lacoste, en raison du niveau de radiation élevé sur le site, les durées d'intervention des techniciens se comptent «
en minutes de travail». Dans ces conditions, il faudra des semaines ou plus pour rétablir la situation, à supposer qu'elle ne s'aggrave pas brutalement.Or, si l'on s'en tient au résumé de l'ASN, il est probable que trois réacteurs sont en train de fuir, alors que leur combustible a partiellement fondu et continue de se détériorer...
Dans un communiqué daté du 28 mars,
Tepco indique que la concentration en plutonium n'est pas dangereuse pour l'être humain. Mais là n'est pas la question: le problème est que le plutonium n'existe pas naturellement dans l'environnement et ne peut donc provenir que d'un des réacteurs. Une fois de plus, Tepco répond aux questions qu'on ne lui pose pas pour éviter celles qui sont vraiment importantes. Ces contorsions rhétoriques seraient comiques si la région de Fukushima n'était pas en train de vivre une tragédie. Car quel que soit le mécanisme exact qui produit les rejets et le chemin précis par lequel l'eau contaminée atteint l'océan, la centrale de Tepco est en train de provoquer une très grave pollution radioactive dans une zone qui s'étend bien au-delà de la zone d'évacuation d'un rayon de 20 kilomètres autour du site. De fortes contaminations ont d'ores et déjà été détectées jusqu'à des distances de l'ordre de 100 kilomètres de la centrale...
Mercredi 30, Yukio Edano, le porte-parole du gouvernement japonais, a suggéré que toute la centrale soit démantelée. Mais cela ne peut se faire aussi simplement que s'il s'agissait d'envoyer une voiture à la casse. Les six réacteurs de Fukushima Daiichi sont encore loin d'être neutralisés. Et le compte à rebours du désastre continue de s'égrener..
."(M de Pracontal_Mediapart)

_Il faudra peut-être 50 ans pour procéder au démantèlement de la centrale, si rien de plus grave n'arrive dans les prochaines semaines ou les prochains mois.
___________On peut suivre ICI tous les billets ("suites") d'une journaliste spécialisée, qui suit au jour le jour la situation, s'efforce de réparer les silences entretenus et de faire des projections à partir des éléments connus.
Espérons qu'elle se trompe parfois....
_________________
Dernier point de vue
L'accident de Fukushima classé au même niveau que Tchernobyl
Fukushima au même niveau que Tchernobyl
Une trentaine de réacteurs dans le monde risquent d'être fermés

mercredi 6 avril 2011

Goldstone: quel rapport?

Un revirement qui pose question

Après l'opération Plomb durci, le débat fut vif, en Israël même, sur le méthodes employées par l'armée israëlienne à Gaza.
S'agit-il d'enterrer un rapport encombrant pour le droite israëlienne? Lieberman a été un des premiers à se réjouir de cette reculade.
Pression ou intimidation? Sans doute les deux.

...En attendant la justice?

Israël accusé par l'ONU de crimes de guerre à Gaza
Israël hors de portée de la justice ?

"...Curieuse volte-face pour Richard Goldstone. Après avoir conclu en 2009 dans son rapport qu'Israël avait intentionnellement tué des civils lors de l'opération Plomb durci, le juge se rétracte dans une tribune publiée dans le Washington Post, réduisant à néant tout espoir de juger les exactions de l'Etat hébreu. Dans un texte intitulé « Reconsidérer le rapport Goldstone sur Israël et les crimes de guerre », le juge sud-africain revient sur les conclusions de l'enquête qu'il avait chapeautée sur les abus commis par le Hamas et l'armée israélienne durant l'opération Plomp durci (décembre 2008-janvier 2009).......La volte-face de Goldstone va conforter Israël dans la manière dont elle combat le Hamas. Gabriela Shalev, professeure de droit et ambassadrice d'Israël à l'ONU, a déclaré après avoir pris connaissance du texte de Goldstone : « Si nous devons nous défendre contre des organisations terroristes, nous serons dans la mesure de dire qu'il n'y a pas d'autres moyens de gérer cette terreur que d'agir exactement de la même manière qu'on l'a fait lors de Plomb durci. »
En 22 jours, environ 800 civils palestiniens et trois civils israéliens ont trouvé la mort dans ce conflit..."

__Un retour en arrière pour le moins curieux, compte tenu des faits et de nombre rapports

"Que Richard Goldstone publie une tribune pour contester les travaux de la commission qu’il a présidé, sans en parler aux autres membres de cette commission et sans aviser l’organisme qui a mandaté cette commission, c’est curieux. Du point de vue du droit, c'est un épiphénomène.

Que le Procureur près la CPI, qui dispose de tous les éléments d’informations, qui est saisi par une déclaration du ministre de la Justice de Palestine, dont la compétence est reconnue par l’AG ONU, reste plus de deux ans sans prendre de décision, alors que son devoir statutaire est de saisir la chambre préliminaire de la CPI, seule compétente pour autoriser une enquête, est foncièrement anormal...."____________

Débat sur un dossier non clos___Le correspondant du Monde à Jérusalem (« Le juge Goldstone exonère Israël pour la guerre de Gaza », Le Monde, 5 avril 2011) : « L’opération “Plomb durci affirme qu'” étant ainsi partiellement réhabilitée, il sera plus facile à Israël de justifier la nécessité de rétablir sa “dissuasion” vis-à-vis du Hamas, pour une nouvelle opération militaire à Gaza. » Pour Alain Gresh, ce « « permis de tuer » les terroristes, c’est ce que Nétanyahou exigeait depuis longtemps, affirmant que, contre les barbares, les règles du droit international ne peuvent s’appliquer » (« Le chaudron de M. Netanyahou », 16 novembre 2009). Pour le journaliste, les rétractations du juge Goldstone posent plusieurs problèmes

  • La campagne d’intimidation menée contre lui par des organisations juives
  • Goldstone n’est pas le seul rédacteur du rapport
  • Nombreux rapports d’autres organisations internationales, notamment Amnesty International et Human Rights Watch, ont confirmé les crimes commis par l’armée israélienne ;
  • Au sujet du massacre de la famille al-Samouni (29 morts), le juge Goldstone affirme qu’une enquête israélienne a été ouverte. Or les Nations unies, dans le rapport cité par le même Goldstone à l’appui de sa thèse, affirment que l’officier responsable n’est pas l’objet d’une enquête judiciaire (« Goldstone op-ed praises Israeli investigation of Gaza war crimes, but UN committee paints a different picture », par Adam Horowitz, 2 avril).__Gilles Devers, avocat et porte-parole des ONG qui ont déposé une plainte à la Cour pénale internationale contre Israël, souligne « Ce n'est pas sérieux de désavouer son travail dans un média, car même s'il en est le rapporteur, l'enquête est le résultat du travail de quatre experts. S'il pense que de nouvelles investigations sont nécessaires, il devait avertir le Conseil des droits de l'homme pour être de nouveau envoyé en mission. »_Hina Jilani, avocate des droits de l'homme qui faisait partie de la commission Goldstone, a contredit les dernières affirmations du juge. Dans une interview accordée au Middle East Monitor le 4 avril, elle affirme : « Au final, le rapport n'aurait pas été différent de ce qu'il est. » Selon elle, il reste une pièce importante « qu'aucune procédure acceptable n'invaliderait […]. Si cela arrive, ce serait vu comme une décision suspecte ». (Wiki)


mercredi 23 mars 2011

Printemps

Botticelli
_________L'homme et l'oeuvre
_______________________________
Parenthèse printanière
...A bientôt!

mardi 22 mars 2011

Lybie: opération à risques

Lubie élyséenne?

Pourquoi? Comment? Jusqu'où? Et après?...


_Autant de questions que l'on peut difficilement ne pas se poser, quelques jours seulement après le début d'une action militaire, dont le Parlement n'a pas été saisi, et qui commence à battre de l'aile, à entrer déjà dans l'ère de l'incertitude, voire du doute.
Le ci-devant "ami" Khadafi, à qui on voulait vendre encore récemment du nucléaire, dont on louait les qualités d'excellent acheteur, l'efficacité pour contenir une partie de l'immigration africaine, méritait, certes, d'être neutralisé. arrêté dans son action répressive.
Mais, vu la méconnaissance du terrain, des vrais rapports de force, des objectifs, de l'organisation et du programme des insurgés, le risque est grand d'aboutir à mettre en place ce qu'on prétend éviter: le début d'un chaos impossible à gérer et d'une intervention plus longue que prévue, les conditions d'un guêpier à l'irakienne...
Il y avait de la marge entre ne rien faire et intervenir militairement au sein d'une coalition de pays volontaires, aux contours mal définis, aux buts incertains, aux moyens mal adaptés, aux objectifs si flous...
Où nous mène notre"chef de guerre" ?
Si Khadafi méritait une leçon, quid des autres leaders de pays arabes qui ne se comportent pas beaucoup mieux vis à vis de leur peuple? Y aurait-il des arabes meilleurs que d'autres?
Une ingérence à géométrie variable...qui ne peut que questionner: quels objectifs finaux sont en jeu? Question de pétrole, qui hante les USA, sans doute véritables inspirateurs de l'initiative française?
Pour Nicolas Sarkozy, la reconquête de l'opinion semble en tous cas une motivation puissante, à l'heure où son étoile décline...Mais l'opinion déjà s'inquiète.
La « furia » française fait-elle son dernier baroud d'honneur ?
Tout se passe comme s'il n'y avait pas de pilote dans la coalition anti-Kadhafi en Libye..
Cette guerre dans l'urgence fait désordre et engendre scepticisme et réticence au coeur même de l'Europe, qui montre une fois de plus son impuissance à s'unir en matière de politique étrangère.
L'engagement de l'Otan serait sans doute contre-productif et renforcerait les risques d'enlisement....le risque suprême.
Comment a-t-on pu oublier les désastres d'Irak et d'Afghanistan?
_____________
Point de vue:-Comprendre la guerre en Libye
- Un accelerateur puissant de la dislocation geopolitique mondiale_

lundi 21 mars 2011

RGPP en question

Vers un Etat low cost?

_La culture du résultat devient depuis quelques années le référence absolue, dans l'administration, l'école, la santé, (la sécurité?), les services publics en général, au détriment de la qualité et de l'équité.
Les normes de l'entreprise privée, essentiellement comptables, tendent à s'imposer dans des secteurs où la logique quantitative de la production et de la rentabilité ne peuvent être de mise, sous peine de les dénaturer.
Si des économies sont possibles et nécessaires, une meilleure organisation souhaitable, qu'en est-il de la finalité générale?

Au nom de la "modernisation" , de la "rationalisation", se préparent de simples mesures d'économie à courte vue et aussi l'ombre d'une privatisation qui ne dit pas son nom, dans l'esprit et la logique de l'AGCS. (Voir ICI)
Pour des résultats
discutés et discutables, et des régressions sociales
déjà bien visibles.
_________________"...Il est nécessaire de se demander si la motivation réelle de RGPP n’est pas de désorganiser le fonctionnement du secteur public tout entier, afin, à terme, de justifier son remplacement par des structures privées. Ce qui a été décrit ci-dessus pour les hôpitaux est aussi vrai pour l’enseignement ou la tentation d’inscrire son ou ses enfants dans le secteur privé, en regard des dysfonctionnements du secteur public que les réformes étouffent, pourrait devenir forte pour les familles qui en ont les moyens. Cette vision des objectifs de la RGPP cadre parfaitement avec de nombreuses directives européennes, qui ont pour seule finalité d’ouvrir à la concurrence l’intégralité́ des services publics, sociaux et locaux. La RGPP vise donc à favoriser l’abandon de la gestion publique de nombreux secteurs d’activité, en particulier de ceux qui possèdent une dimension sociale telle l’éducation, la recherche, où la santé. Cet abandon vient à la suite de l’abandon d’autres secteurs pour lesquels une puissance publique forte était garante du bon fonctionnement à un coût modéré, tels la production et la distribution d’électricité ou le transport ferroviaire. On voit dans le cadre de la SNCF et de RFF tous les dégâts qu’a engendrés la semi-privatisation du secteur et la gestion strictement financière de ce qui aurait dû rester un service public._Il serait faux de croire que cette privatisation ne pourrait concerner à terme les fonctions régaliennes de l’État. Le ras-le-bol actuel de la magistrature est à cet égard assez symptomatique du désengagement de ce secteur des gouvernements qui se sont succédé depuis 10 ans. Ce désengagement ne conduira pas à une privatisation de l’activité judiciaire, mais pourrait conduire à celle du système pénitentiaire. Par ailleurs, il sert les intérêts d’un gouvernement tel que celui de M. François Fillon, permettant au premier ministre et au Chef de l’État de désigner à la vindicte populaire des boucs émissaires (en l’occurrence les magistrats), et de justifier la mise en place régulière de nouvelles mesures « sécuritaires », sans à en avoir à évaluer leurs coûts, leur efficacité, ou leurs conséquences..."
La notion de service public est en danger