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mercredi 18 janvier 2012

Israël et ses extrêmes

Tensions au coeur de l'armée

__On évoque souvent les conflits entre Israël et les Palestiniens, mais pas ou peu les conflits et les dérives internes de la société israëlienne, qui ne sont pas que sociaux, et plus récemment propres à l'armée (Tsahal), dont on connaît le poids dans ce pays.
L'influence croissante des ultra-orthodoxes dans la société inquiète les laïcs et une partie de la hiérarchie militaire supporte de moins en moins le zèle des religieux, souvent à l'origine de discriminations (vis à vis des femmes notamment)
Plusieurs courants religieux, dont certains sont représentés à la Knesset , font entendre leurs voix de plu
s en plus bruyamment.
Ils pratiquent un entrisme grandissant dans la société comme dans les forces armées, ce qui ne pose pas seulement un problème idéologique, mais met en danger les valeurs de l'armée, aux yeux mêmes des sionistes modérés:

"..L'armée israélienne, matrice de la création de l'Etat juif, melting-pot, disait-on, de toutes les diasporas du monde, est-elle encore l'"armée du peuple" ou celle des religieux ?
_La question est stratégique : si une forte proportion des commandants d'unités et des soldats de Tsahal porte kippa, ils ne manifesteront pas beaucoup d'empressement le jour où il faudra évacuer les colons religieux établis sur le territoire du futur Etat palestinien. Parce que leur loyauté sera écartelée entre deux devoirs : la discipline militaire et les interdits du rabbinat militaire (…) Le phénomène est avéré : 35 à 40 % des conscrits et officiers d'infanterie sont religieux, de même que 30 % des effectifs des unités de combat. Tels sont les chiffres du Pr Yagil Levy, spécialiste réputé de l'interaction entre l'armée et la société israélienne : « C'est une évolution qui ne cesse de se renforcer
, nous explique-t-il. La plupart des commandants de la brigade Golani (prestigieuse brigade d'infanterie) sont des religieux. Quant à revenir en arrière, il est trop tard ».
_Le professeur Levy n'a rien d'une Cassandre, mais il estime sage de tirer la sonnette d'alarme. Il n'est pas le seul : en juin, le général Avi Zamir, directeur du personnel de l'armée, a quitté ses fonctions en envoyant un brûlot au chef d'état-major, le général Benny Gantz. Sous forme d'un appel à enrayer la radicalisation religieuse galopante au sein des forces armées, qui menace, écrivait-il, de détruire le modèle de « l'armée du peuple »...

_On peine à croire que ces tendances se développent sans le consentement au moins tacite de Netanyahou et d'une frange du Likoud, qui ont l'habitude de jouer machiavéliquement avec les extrémismes pour ne rien céder sur la colonisation:

"A bien des égards, le glissement religieux de l'armée rejoint celui de la société israélienne dans son ensemble, de plus en plus dominée par la droite religieuse. Certains se rassurent en rappelant qu'il n'y a rien de commun entre Tel-Aviv l'hédoniste et la religiosité militante de Jérusalem.__Sauf que les politiques n'hésitent pas à jouer avec le feu : « Benyamin Netanyahou, souligne Mikhaïl Manekin, de l'ONG Breaking the Silence (Briser le silence), est passé maître dans l'art de dire à la communauté internationale : "Vous pouvez comprendre que, vu les partis qui me soutiennent et l'évolution de l'armée israélienne, je ne peux mettre un terme à la colonisation, ni évacuer les colons "!
_______La surdité continue...Les espoirs de paix sont en recul
________________
- Israël, victime de sa sociologie

mardi 17 janvier 2012

Fragile démocratie

Chantier permanent

__________Comment démocratiser la démocratie?

La démocratie, au sens où nous l'entendons depuis le 18° siècle, système de gouvernement le moins imparfait, mais projet jamais accompli, dont on ne peut construire que des approximations, n'est pas une conquête totalement assurée et définitive.
Comme toute réalisation humaine, comme le montre l'histoire même récente, elle peut régresser vers des formes diverses d'autoritarisme, s'effacer ou connaître des éclipses, si elle n'est pas entretenue par l'action de tous ou parfois âprement défendue devant les dangers extrêmes.
___"A prendre le terme dans la rigueur de l'acception, il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais." disait Rousseau. Ce n'est pas exprimer là une sorte de fatalisme, mais sous-entendre que l'idéal ne peut être jamais atteint, que, sans combats pour des institutions plus équilibrées, des lois plus justes, des droits mieux garantis réellement, des solidarités mieux construites, la vie démocratique stagne médiocrement, s'étiole dans des pratiques purement formelles (voter à intervalles réguliers, déléguer sans contrôle) ou s'évanouit peu à peu, sans même qu'on n'y prête garde. La démocratie est un régime exigeant et instable.
__C'est aussi ce veut dire Loïc Blondiaux, qui remarque que, en cette période d'hyperindividualisme exacerbé et de consumérisme infantilisant, de montée des experts prétendument neutres aux dépends des politiques désintéressés, "nous vivons la fin de l'évidence démocratique". Dangereusement.
La tyrannie de l'argent-roi, la puissance des lobbies, le poids de l'oligarchie financière , le capitalisme de connivence règnent souvent avec notre assentiment ou s'épanouissent sur le lit de notre ignorance, suivant la logique d'un libéralisme outrancier, qui s'emploie à défaire les institutions, notamment les services publics, à coloniser l'Etat, qui fonctionne de plus en plus sous tutelle.
L'heure est aujourd'hui à une soumission de plus en plus marquée aux diktats de la spéculation financière internationale, qui compromet la survie de nos démocraties, en engendrant leur dégradation ou leur chute programmée, par les régressions économiques de grande ampleur qu'elle favorise pas ses exigences exorbitantes.

______Comment en sommes-nous arrivés là?
__L'équivoque Alain Cotta, un peu provocateur, auteur du Règne des oligarchies, avait été l’un des premiers à dire dans un média, le 14 février 2011, que la démocratie, telle qu'elle fonctionne, était "un leurre".
"L’idée était encore peu répandue. Etienne Chouard, au fil de ses interventions sur Internet, l’a
popularisée. Depuis, elle s’est répandue comme une traînée de poudre, jusqu’à s’incarner en Espagne dans le mouvement des Indignés. Même s’il est encore faible en France, ce mouvement qui conteste la représentation témoigne, selon Blondiaux, de cette prise de conscience.
__Loïc Blondiaux considère que le vote n’est plus suffisant pour faire vivre notre démocratie, le processus représentatif doit être enrichi par une implication plus forte des citoyens : "Il faut multiplier, entre les élections, les épreuves de légitimité, il faut donner la possibilité aux citoyens d’interpeller le pouvoir, il faut obliger le pouvoir à rendre des comptes." Il faut aussi permettre aux citoyens de participer davantage. Des capacités d’auto-organisation existent selon lui à l’intérieur de la population, comme en témoignent les Indignés, et le processus politique doit apprendre de ces expériences.
___Blondiaux évoque, en guise d’exemple, l’expérience islandaise, injustement méprisée en France : "
L’Islande a pensé un dispositif constituant, dans lequel une assemblée de citoyens tirés au sort a élaboré des projets, a essayé de définir des perspectives, qui ont été reprises par un groupe de citoyens ordinaires élus, c’est-à-dire qu’on s’est débarrassé des représentants. Ces citoyens ont consulté, sous la forme d’une wiki-constitution, le peuple entier, qui a annoté cette constitution, et cette constitution sera soumise in fine au référendum. Ce mélange de démocratie participative, de débat public approfondi, et de démocratie directe, qui laisse à chacun la possibilité de peser sur le processus, me paraît aller dans le bon sens." Une bonne idée sans doute, à injecter - comme un gentil virus - dans la campagne présidentielle.
."
__Pas sûr que nous parvenions assez vite à cette esquisse de renouvellement, qui n'a rien d'utopique, apte à revitaliser le projet démocratique, à reconstruire les bases d'un nouveau vivre ensemble, peut-être en définissant une nouvelle constitution, de nouvelles règles du jeu. L'approfondissement de la crise suscitera peut-être de prises de conscience salutaires et des formes d'engagement nouvelles, à moins qu' elle ne produise davantage de repli sur soi, de fatalisme résigné, par crainte pour ses propres intérêts menacés, terrain favorable aux pires régressions. Rien n'est jamais gagné.
En tous cas, la démocratie, sous sa forme représentative, est à réinventer, pour assurer au mieux la coexistences des libertés et le moins mauvais équilibre entre le peuple et le pouvoir délégué, qui, on le sait, peut toujours abuser, s'il oublie qu'il n'existe que pour servir, de manière désintéressée.
_____________
___________« Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques. Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)
« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.
« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)
« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple…
« Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. » [Alexis de Tocqueville _Extrait de De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840]

lundi 16 janvier 2012

Gazprom: surpuissance

Un mastodonte qui inquiète

____Entre dépendance et méfiance


«Notre objectif stratégique est clair: nous aspirons à devenir le leader mondial de l’énergie. » (Alexandre Medvedev, vice-président du comité directeur de Gazprom, juin 2007.)
_______________
Gazprom est parti à la conquête du monde. Le géant industriel russe dispose des plus importantes réserves de gaz de la planète et jouit d'un pouvoir considérable. Il édite des journaux, possède ses hôpitaux, ses avions, et a même édifié des villes où la plupart des habitants sont à son service. Avec ses 400 000 salariés, il représente 8% du PIB du pays. _Une sorte d' Etat dans l'Etat_
Cette enquête relate l'histoire et le fonctionnement de cet empire, et montre comment ce dernier est une pièce maîtresse entre les mains de Vladimir Poutine dans sa stratégie de reconquête de l'influence russe au niveau mondial. Est-ce pour autant une pièce gagnante ? Les affaires de corruption et l'épuisement prévisible des ressources ne vont-ils pas fragiliser l'édifice ? [_Lire ici_
]

Le gaz n'a pas d'odeur: "Alimenté - comme pour les autres sources d'énergie - par des besoins croissants, le commerce international du gaz est grevé par un mode de transport, le gazoduc, qui nécessite des investissements coûteux et de long terme. Difficile, dans ces conditions, de diversifier ses sources d'approvisionnement, comme cherche à le faire l'Europe, soucieuse de moins dépendre du géant russe Gazprom."
__L'enquête ICI_
_Gazprom représente une sorte d'empire :
"Gazprom - 400 000 salariés, 8% du PIB russe - est devenu l'instrument privilégié du pouvoir vertical de Vladimir Poutine. Les auteurs ne se contentent pas de relier entre eux des faits en se plaçant toujours dans une perspective historique. Ils en identifient précisément les acteurs, mettent des noms, suivent les itinéraires personnels. Dmitri Medvedev, adoubé par Poutine pour lui succéder à la présidence le 2 mars est aussi un dirigeant de Gazprom, installé par le même Poutine lorsque ce dernier avait repris en mains une entreprise auparavant dominée par les oligarques de l'époque Eltsine. Si, au grand dam des Occidentaux, Poutine est parvenu à empêcher qu'une entreprise aussi stratégique ne tombe aux mains d'intérêts privés, les auteurs montrent aussi comment les intérêts collectifs sont bien mal pris en compte par les gérants de la rente gazière, qui donne par ailleurs lieu à d'invraisemblables gaspillages. Or demain, il faudra que l'Etat limite ses appétits s'il veut répondre à des besoins colossaux d'investissement, les principaux gisements exploités étant proches de l'épuisement. Comme la Russie, Gazprom est un géant aux pieds d'argile."
Gazprom à la conquête de la planète Premier goupe mondial et étendant ses intérêts dans tous les azimuts, "(Pour mémoire) Gazprom a fourni à l’Europe occidentale 25 % de ses approvisionnements en gaz naturel en 2005. Les États baltes et la Finlande sont dépendants à 100%, l’Autriche à 55%, l’Allemagne à 37%, la France à 21%. Le gaz en direction de l’Union européenne est transporté essentiellement via l’Ukraine (80%) et la Biélorussie (10%). Après la résolution des crises Ukrainiennes et BiéloRusse en 2006 (pays essentiels pour le transit), l’Ukraine va dès 2009 acheter le gaz au prix Européen et Gapzrom a acquis en BiéloRussie 50% de la principale société Biélorusse Beltransgaz. Cette Gazpromisation générale préoccupe l’Europe mais pour GAZPROM il ne s’agit que "d’interdépendance". Pour preuve la nouvelle relation entre Gazprom et GDF : Gazprom livrera jusqu’en 2030 12 milliards de mètres cubes de gaz par an à GDF qui, en échange, rétrocède à Gazprom 1,5 milliard de m3 pour alimenter la filiale de distribution de Gazprom en France. "
Un appétit qui pose problème, Gazprom se dit même prêt à produire de l'électricité en France

"
Gazprom inquiète car c’est une entreprise géante qui s’adosse au pouvoir politique russe. De ce fait, elle est un élément fort de la diplomatie mise en œuvre par le Kremlin. Mais la lecture géopolitique s’arrête là. D’autres logiques, plus économiques et industrielles, président au déploiement international de l’entreprise gazière russe. Celle-ci, comme toute entreprise normalement constituée, cherche à faire des bénéfices et des placements rentables pour assurer sa pérennité...."

vendredi 13 janvier 2012

Medias en question


Aujourd'hui sur vos écrans

JACQUES KIRSNER PRÉSENTE
_________________________Sortie le 11 janvier 2012


__L'idée de chien de garde a pour la première fois été le thème d'un essai de Paul Nizan, dont le but était d'abord de remettre en question certains courants philosophiques idéalistes de son époque, qui lui semblaient penser en retrait de la vie concrète des hommes et du coup les détourner de leurs propres vies, de leur propres intérêts, de la compréhension du monde.
__L'idée fut reprise naguère par S.Halimi dans un pamphlet visant surtout les tares d'un certain monde médiatique d'aujourd'hui, pauvre en information.
"Il prétend démontrer le traitement parfois partial et complaisant de certains médias français vis-à-vis des sociétés qui en sont le actionnaires. Il explique aussi le peu de cas qui est selon lui fait des mouvements sociaux, et la place prépondérante des faits divers dans les journaux télévisés. Il reprend la thèse selon laquelle « le fait divers fait diversion », selon la formule de Pierre Bourdieu, qui a préfacé ce livre. Dans son dernier chapitre, il souligne les connivences dans le milieu journalistique, facilitant les autopromotions." (wiki)
__Pierre Servent, P.Cohen avaient aussi dénoncé une certaine trahison des medias du point de vue informationnel ( l'info sans info) et souligné la grande difficulté, voire l'impossibilité de se livrer à un véritable travail d'investigation, par censure ou autocensure.
__Denis Robert , empêcheur de faire du journalisme en rond, dont les mérites ont tout de même été reconnus, a payé cher son obstination à faire la lumière sur les activités de Clearstream, en assumant la solitude, voire les menaces.

_Les journalistes préférés des Français (comme ils s'entre-désignent souvent eux-mêmes) ne son
t souvent journalistes que de nom et évoluent dans l'insignifiance et la soumission aux contraintes et aux injonctions d'instances indirectement mais organiquement liés au pouvoir, où le conformisme, l'ambition et le copinage sont autant d'entraves aux exigences de l'éthique journalistique.

______Auj
ourd'hui, Balbastre et Kergoat reprennent l'analyse à nouveaux frais, produisant un document qui ne devrait pas plaire au petit monde des medias dominants hyperconcentrés, dépendants de l'industrie et des affaires, qui donne le ton.
"Ce n’est pas un film contre la profession de journaliste, mais contre une certaine forme d’organisation sociale et économique des médias et un certain type de journalisme".
Pas étonnant que la presse soit moribonde et pas seulement en France

-Six extraits commentés des “Nouveaux Chiens de garde”
-Les nouveaux chiens de garde font leur cinéma

jeudi 12 janvier 2012

Oublis d'Obama

« Ce que nous voyons est tout simplement la capitulation et la rhétorique intransigeante et fallacieuse d'une Maison-Blanche qui voit n'importe quel effort pour protéger les libertés civiles comme un signe de faiblesse. »


(Russ Feingold, sénateur démocrate, Wisconsin)
_______
__On attendait d'Obama autre chose que cela:
"Prix Nobel de le paix par anticipation, le premier président noir a été pour la planète entière le porteur d’un immense espoir : celui de revenir sur une décennie de gestion néo-conservatiste, de guerres injustes, de dérives antidémocratiques justifiées par une absurde guerre contre des fantômes. Mais loin de rompre avec son prédécesseur, le président démocrate maintient et renforce l’arsenal législatif répressif déployé par George Bush et instaure l’arbitraire judiciaire au cœur du pays...National Defense Authorization Act (NDAA), ou Loi d’Autorisation de la Défense nationale. Controversé en particulier par les mesures autorisant l’armée US à procéder à « la détention militaire illimitée contre qui que ce soit, où que ce soit dans le monde, et pour quelque raison que ce soit. »
En clair, au lieu d’appliquer les promesse du candidat Obama de fermer le camp de détention de Guantanamo et de revenir sur les dispositions du Patriot Act contournant les conventions de Genève en instaurant le concept d’ennemi combattant, le président Obama fait exactement l’inverse :
Il étend le co
ncept de détention arbitraire et extrajudiciaire au sol même des USA et à ses propres citoyens sous l’accusation unilatérale et sans appel de « menace à la sécurité d’état ».
Ce pas radical vers la militarisation de l’état policier et la déchéance des droits constitutionnels des citoyens américains arrive à un moment où les protestation comme les mouvements Occupy commencent à rallier de plus en plus de monde contre le système et sa faillite économique..."

__L'année dernière déjà, Obama,
entre dire et faire,
avait reconduit les mesures de Patriot Act
Le Prix Nobel a oublié ses promesses au sujet de Guantanamo
La zône de non-droit perdure

"On est très surpris par le nombre de personnes qui croient que Guantanamo a été fermé." Pourtant, rappelle Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty international France, la prison, ouverte le 11 janvier 2002 à Guantanamo Bay, à Cuba, est bel et bien toujours là, avec encore 171 détenus sur les 779 qui sont passés par ses geôles en dix ans. Pire, la perspective d’une fermeture s'éloigne. Barack Obama a eu beau signer ce texte à contrecœur et insister sur le fait qu'il n'était pas "d'accord avec toutes ses composantes", il n'empêche : il a promulgué, le 31 décembre dernier, une loi sur le budget de la Défense, votée par le Congrès, qui empêche tout transfert de détenus de Guantanamo aux Etats-Unis, autorise les détentions illimitées sans procès et impose le recours aux tribunaux militaires pour la plupart des suspects de terrorisme. La fermeture du centre est désormais impossible..."
_“Il est pratiquement impossible d’imaginer comment fermer Guantanamo après cela, explique Anthony Romero, directeur exécutif de la principale association de défense des libertés l’American Civil Liberties Union. En un peu moins de deux ans, l’administration Obama a complètement fait machine arrière._
_____A Guantanamo,"Les Etats-Unis ont tissé, en toute impunité, un système de procédures extra-judiciaires dont ils ont aujourd'hui du mal à démêler les fils et envers lequel ils se refusent encore à rendre des comptes."
_Pendant ce temps, ils redéfinissent leurs objectifs militaires à long terme. Pas question de renoncer à leur fonction de gendarme du monde
. Pour une guerre permanente?
____________
-Patriot Act: historique
-Sécurité et liberté
-Danger pour la vie privée

mercredi 11 janvier 2012

Tobin or not Tobin

____Stabiliser les échanges financiers internationaux_____

«Son objectif était d'abord de lutter contre la volatilité des devises, rappelle Yves Jégourel, économiste spécialiste de la finance alternative. Puis on a fait dériver son idée en la présentant comme une réponse à toutes sortes de crises. Il faut dire que sa notoriété et sa simplicité lui donnent une puissance politique considérable».
____________
__Un petit pas, mais important

"Parmi les options existantes pour réduire la spéculation boursière, on trouve la taxe Tobin.
Américain, professeur d’économie, disciple de Keynes, Tobin proposait dès 1972 une taxation sur les transactions des marchés des changes. Son but est de limiter les investissements à court terme. Son projet prévoit qu’à chaque transaction réalisée (je récupère mes sous pour les mettre ailleurs), une taxe doit être versée, une sorte d’impôt permettant de financer des programmes d’aide internationale. Double intérêt : d’une part, les entreprises cotées peuvent prendre des décisions d’investissement à long terme plutôt que des stratégies de profit réglées à coup de licenciements, et d’autre part, l’aide servirait à financer des programmes de lutte contre la pauvreté.

François Chesnais, fervent défenseur de cette taxe, est d’ailleurs membre de la commission scientifique d’ATTAC (Association pour un Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens)."

__La taxe Tobin, de retour par nécessité, aux yeux de politiques désemparés devant une crise dont il ne comprennent rien, semble logique et en théorie relativement efficace, malgré une certaine complexité dans sa mise en oeuvre, nécessitant une information pas toujours aisée et une collaboration des principales puissances. Etant donné la masse des capitaux échangés, le rapport est intéressant et l'utilité est certaine.
Le secteur financier y est plutôt hostile, ce qui est plutôt bon signe...
Le prétendu échec de l'expérience suèdoise semble avoir été mal comprise.

__Le Président s'est d'abord farouchement opposé
à la taxe Tobin, la considérant comme antiéconomique.
_Mais en 2009, dans une déclaration enflammée, malgré la phraséologie de circonstance non suivie d'effets, dénonçant «le capitalisme financier», il introduit habilement le doute
, une possibilité d'ouverture:
"Lors d'un mini-sommet sur l'emploi de l'Organisation internationale du travail (OIT), auquel participait une dizaine de chefs d'Etat, Nicolas Sarkozy s'est déchaîné contre le monde de la finance.Face à la crise, «on ne règlera rien, si on ne règle pas d'abord la question du capitalisme financier qui impose à l'économie et à la société son propre système et ses propres normes», a affirmé le Président, selon lequel «les réunions du G20 à Washington et à Londres resteront dans l'histoire comme des étapes décisives, à condition que les engagements qui y ont été pris soient tenus». Mais Nicolas Sarkozy estime que «dans beaucoup de domaines, il faudra aller beaucoup plus loin pour reconstruire un système financier qui finance davantage les entrepreneurs que les spéculateurs».
«Il faut tout revoir», a-t-il martelé, énumérant «la surveillance prudentielle des banques, la réglementation des hedges funds, les règles comptables, les modes de rémunération. La crise nous rend de nouveau libres d'imaginer. C'est le moment d'aller le plus loin possible...»
Selon lui, «dans certains milieux, ici-même peut-être, dans certaines administrations, parce que les marchés vont un peu mieux, parce que les spéculateurs se sont remis à spéculer (...) il y a la tentation de réduire la portée de ce qui a été décidé» mais «céder à cette tentation serait une faute historique», a insisté le chef de l'Etat, qui s'est voulu le moteur de la réforme.
«Je le dis à tous les Chefs d'Etat et de gouvernement du G20, c'est pour chacun d'entre nous une responsabilité historique (...) de ne laisser aucun groupe de pression, aucune bureaucratie, aucun intérêt particulier y faire obstacle. Je veux dire au président des Etats-Unis que l'Amérique doit être la plus ambitieuse parce que c'est sa vocation (...) Je veux dire à tous les Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne que l'Europe doit être exemplaire parce c'est ainsi qu'elle sera la plus fidèle à ses valeurs et qu'elle aura une chance de la faire partager.»

Et Nicolas Sarkozy de presque prendre sa carte chez Attac: «Regardez le débat sur la taxe Tobin qui est une taxe pour freiner la spéculation. Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je ne sais pas si elle est applicable. Mais qui pourrait comprendre que ce débat soit enterré?» a-t-il demandé...."

_Aujourd'hui, il fait des moulinets, les élections approchant
"Ce texte, lancé en septembre dernier, n'a aucune chance de se concrétiser avant 2014! Mais Paris voudrait le mettre en place au plus vite, pour engager «un mouvement dans la zone euro». La chancelière, elle aussi favorable au principe de la taxe, a toutefois nettement pris ses distances avec la soudaine accélération du calendrier français, rappelant que le sujet divise, au sein même de sa coalition et qu'elle attendrait une initiative coordonnée au niveau européen... Mais ce débat hyper-médiatisé sur une improbable taxe Tobin franco-française détourne l'attention. Sur le fond, la crise de l'euro est toujours aussi vive. Les décisions prises lors des Conseils européens à répétition, sur l'impulsion du couple «Merkozy», n'ont rien donné. Et la crise continue de muter..."
___A supposer que la taxe Tobin finisse pas s'imposer (même si elle est déjà votée en France depuis des années!!!), ce ne sera pas suffisant pour redresser la barre.

mardi 10 janvier 2012

République des lobbies

Influences, lobbycratie et soft power

__Même si les lobbies en France ont plus mauvaise réputation qu'aux USA, où leur pratique est institutionalisée, ils n'exercent pas moins une influence importante et croissante.
Ces pratiques sont rarement
transparentes, mais les techniques sont maintenant bien éprouvées. Les conflits d'intérêts sont légion.
Certains en défendent le principe, sans états d'âme.
_Tous les députés font l'objet de pressions. Certains y cèdent trop facilement. Pour défendre leurs intérêts et peser sur les décisions des responsables politiques, les lobbies agissent au cœur du pouvoir. Tabac, alcool, nucléaire, chasse... industrie pharmaceutique, religion même sont concernés.
Difficile pour les parlementaires de ne pas être
sous influence. Un certain F.Lefebvre y excelle. Le Président lui-même n'est il pas un fervent défenseur des intérêts du Fouquet's Club et de personnes très proches?
Bruxelles n'est pas en reste...

____À quelques mois de l’élection présidentielle de 2012, de nombreux lobbies se mettent en ordre de marche pour tenter d’influer sur les programmes politiques...
"Aujourd’hui, les lobbies économiques ont compris que leur poids se mesurait avant tout sur le terrain des idées. Le « soft power » à l’américaine en somme. Objectif : imposer les termes du débat. Véritable « encadrement idéologique » selon le journaliste Olivier Vilain, coauteur d’un livre sur la montée en puissance des think tanks en France : « À travers notre enquête nous constatons que ces organismes sont de plus en plus influents dans le débat politique en France. Leur baptême du feu fut l’élection présidentielle de 2007. Aujourd’hui, le travail des années précédentes a payé. »
__Dans ce livre, Vilain interview un responsable de la Fondation Jean Jaurès, proche du PS qui explique : «
Il faut reconnaître que le candidat Sarkozy avait préparé sa campagne de 2007 très tôt et dans les moindres détails : le candidat UMP a profité des livres parus en 2004 sur le déclin de la France à cause du poids de l’État et une fois ce diagnostic posé dans les médias, il s’est présenté avec sa solution : imiter les États- Unis. » En réalité, dès cette époque, le sujet de la dette publique s’impose dans le débat.
__Deux ans auparavant, l’institut de l’Entreprise, rassemblant 300 « experts », présidé à l’époque par Michel Pébereau, publiait en effet un rapport sur la dette française, en gonflant les chiffres. En 2007, ce même « institut » mettait en place une cellule chargée de chiffrer le coût des programmes des partis politiques. Résultat, le PS dut s’expliquer à maintes reprises sur un programme qualifié alors de « trop dépensier ». Ce qui, depuis, n’a pas empêché Nicolas Sarkozy de creuser la dette publique de moitié. Et n’en déplaise à l’Élysée, la Cour des comptes estime que cette situation s’explique aux deux tiers par les mesures de défiscalisation mises en place par le Président de la République..."

lundi 9 janvier 2012

Marx: le retour?

"L'histoire ne repasse pas le plats...Elle ne se répète pas, elle bégaie"

Le cadavre de Marx bouge encore...

__Le fantôme de celui que l'on avait cru définitivement enterré revient parmi nous en ces temps de crise, pour en comprendre la logique, dans la confusion des idées ambiantes.
Mais quel Marx?
Pas celui qui était naguère statufié sur les places de Leningrad ou de Sofia. Pas celui dont on avait transformé la pensée pour en faire une idole et un prêt-à-penser politique, dans un système qui l'instrumentalisait au nom d'un
socialisme réel, caricature de ce qu'il avait pu oser entrevoir au cours de ses luttes, de ses lectures, de ses recherches, mais qu'il n'avait jamais finalisé.
Il l'avait dit , le vieux Karl:
Je ne suis pas marxiste...signifiant par là qu'il ne voulait pas se laisser momifier, réduire à des systèmes à venir se référant à lui de manière simpliste et dogmatique.
Pas celui auquel se sont référés, parfois sans le connaître, souvent en trahissant sa pensée, les régimes qui se sont réclamés de lui, comme le Vatican se réfère au Sauveur. Certainement pas.
Pensée vivante, pensée en action, ouverte, pensée qui se savait inachevée, toujours en recherche intellectuellement et à la fois toujours s'informant de ce qui se passait en Europe au niveau des luttes sociales dans un capitalisme en pleine expansion, s'efforçant d'associer théorie et pratique. Pensée difficile souvent, surtout dans le Capital, confrontée au problème de la nature du travail salarié, de la formation de la valeur, dans le sillage de Smith et Ricardo.
__On le disait
dépassé.Il était de bon ton de faire de Marx un repoussoir depuis les premiers craquements du système soviétique et l'effacement des régimes se réclamant de sa pensée, mal connue, contribuant à le discréditer L'instrumentalisation de Marx par des régimes qui étaient assez loin de son esprit, a contribué à sa relégation. La notion de fin de l'histoire était alors de mode, considérant que le système libéral s'était définitivement imposé, celle de socialisme passant définitivement aux oubliettes.
On ne s'y référait plus guère, même dans le petit monde des économistes.
____Mais la crise a ravivé l'intérêt pour ce penseur méconnu et le désir de relire certains textes, toujours éclairants aujourd'hui, semblant presque prémonitoires à bien des égards. Sans même le savoir ou le dire explicitement un nombre de plus en plus grand d'économistes se sont mis à réactualiser certaines de ses analyses, y découvrant une riche matière à penser.
______Comme le dit un internaute, pourtant critique sur les applications historiques du marxisme:
"Rappelons schématiquement, les critiques que Marx fait du capitalisme développé pour en justifier l'actualité face à la crise actuelle. Marx considère :
1_qu'il est un système qui , sauf par l'innovation et par le monopole, voire par le monopole de l'innovation, mais qui ne sont plus aujourd'hui possibles aujourd'hui , tend à la réduction du taux de profit du fait de la concurrence aujourd'hui mondialisée.
2_que la baisse du taux de profit provoque, pour préserver les profits la hausse tendancielle du taux d'exploitation par la baisse des salaires moyens, par la délocalisation de la production et même de la recherche et développement en des régions du monde où le coût de la force de travail est plus bas, par la précarisation de l'emploi et le chômage de masse que cette baisse du taux de profit (retour sur investissement) tend elle-même à faire passer la spéculation financière de l'économie casino mondialisée et le crédit comme une source de profit autonome prédatrice de l'économie productrice de réelles richesses que le crédit, via le gonflement de la bulle financière généré par cette économie financière spéculative, tend à maintenir les profits à très court terme, mais s'avère catastrophique à long terme, dès lors que les salariés ne pourront plus rembourser les crédits et payer les intérêts afférents, ce qui remet en cause l'équilibre de l'offre et de la demande, du fait de l'augmentation du taux d'exploitation. Les marchandises produites ne trouvent plus assez de preneurs solvables sur le marché mondial, sauf à accroitre le coût de la force de travail et les salaires dans les pays dits émergeant, ce qui fera à nouveau baisser le taux d'exploitation et donc le taux de profit moyen.
C'est la fameuse contradiction -centrale dans le pensée critique du capitalisme de Marx - entre le niveau de productivité des forces productives toujours plus coûteuses en investissements et les rapports sociaux de production. Cette contradiction entrainant un chômage endémique élevé, facteur croissant d'exclusion du marché de l'emploi et donc du marché tout court, génère une tendance à la surproduction dans l'économie réelle compensée à court terme par l'économie financière spéculative au prix d'une catastrophe systémique bancaire et financière, mais aussi économique dont les états eux-même seront les victimes, dès lors que les dettes privées individuelles et bancaires et les dettes publiques sont ou tendent à devenir, une seule et même dette généralisée.
__En ce sens toutes ces analyses critiques que fait Marx du capitalisme sont confirmées et tous les commentateurs critiques du capitalisme et de la crise ne font rien d'autres que de reprendre à leur compte tels ou tels éléments de cette critique, sans le dire.
.."
___Pour Michel Santi, analyste financier et ancien trader, la pensée de Marx a encore une valeur interprétative sur bien des points.
_L'économiste Husson , de son côté, approfondit en centrant son analyse sur la notion de valeur et d'accumulation du capital, qui tient une place centrale dans l'oeuvre majeure de Marx, et qui éclaire encore maints aspects du capitalisme d'aujourd'hui, malgré les mutations qu'il a subi depuis le 19°S.
_François Chesnais attire l'attention sur l'analyse marxienne de la finance, du rôle des banques et du statut des dettes.
L'actualité de la théorie monétaire de Marx est toujours à réactualiser, mutatis mutandis
Lien
________Sur la notion de dette publique, il est intéressant de relire de passage, extrait de "Les luttes des classes en France" de K Marx de 1850 après les évènements de 1848
_"Après la révolution de Juillet, lorsque le banquier libéral Laffitte conduisit en
triomphe son compère le duc d’Orléans à l’Hôtel de ville , il laissa échapper ces
mots : « Maintenant, le règne des banquiers va commencer. » Laffitte venait de trahir
le secret de la révolution."
"L’endettement de l’État était, bien au contraire, d’un intérêt direct pour la fraction
de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des Chambres. C’était précisément
le déficit de l’État, qui était l’objet même de ses spéculations et le poste principal
de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre
ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque nouvel emprunt fournissait à l’aristocratie
une nouvelle occasion de rançonner l’État, qui, maintenu artificiellement au bord de la
banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus
défavorables. Chaque nouvel emprunt était une nouvelle occasion, de dévaliser le
public qui place ses capitaux en rentes sur l’État, au moyen d’opérations de Bourse, au
secret desquelles gouvernement et majorité de la Chambre étaient initiés. En général,
l’instabilité du crédit public et la connaissance des secrets d’État permettaient aux
banquiers, ainsi qu’à leurs affiliés dans les Chambres et sur le trône, de provoquer
dans le cours des valeurs publiques des fluctuations insolites et brusques dont le
résultat constant ne pouvait être que la ruine d’une masse de petits capitalistes et
l’enrichissement fabuleusement rapide des grands spéculateurs. Le déficit budgétaire
étant l’intérêt direct de la fraction de la bourgeoisie au pouvoir, on s’explique le fait
que le budget extraordinaire, dans les dernières années du gouvernement de Louis-
Philippe, ait dépassé de beaucoup le double de son montant sous Napoléon, atteignant
même près de 400 millions de francs par an, alors que la moyenne de l’exportation
globale annuelle de la France s’est rarement élevée à 750 millions de francs. En outre,
les sommes énormes passant ainsi entre les mains de l’État laissaient place à des
contrats de livraison frauduleux, à des corruptions, à des malversations et à des escroqueries
de toute espèce. Le pillage de l’État en grand, tel qu’il se pratiquait au moyen
des emprunts, se renouvelait en détail dans les travaux publics."

__
Les études critiques sur Marx, son actualité, refont surface avec vigueur.
Sans tomber dans le prophétisme, au vu des contradictions d'une système aujourd'hui plus apparentes que jamais, on peut se demander si le capitalisme, surtout sous sa forme hautement financière, a un avenir, ou ne représente qu'un moment dans l'histoire des sociétés.
Il n'est pas en tous cas indépassable.
__________
Aux racines de la crise
Lire "L'impérialisme stade suprême du capitalisme"

samedi 7 janvier 2012

Panorama

1._Le "crédit score" ou le diktat de la solvabilité aux USA
_____" Les deux tiers des Américains ne connaissent pas les conditions auxquelles ils empruntent."
Bulle étudiante en vue
_________Une dette qui explose

La fabrique de l'homme endetté

2_Boutons les Hollandais...
_____Après Clovis, le chanoine du Latran revendique l'héritage de Jeanne d'Arc
Pauvre Jeanne, instrumentalisée...héritage du XIX° Siècle, dans les conflits entre églises et République
Jeanne , toujours bonne à penser: _Maurice Barrès, au moment de l'Union sacrée en 1914: «Chacun de nous peut personnifier en elle son idéal. Êtes-vous catholique? C'est une martyre et une sainte que l'Église vient de mettre sur les autels. Êtes-vous royaliste? C'est l'héroïne qui a fait consacrer le fils de saint Louis par le sacrement gallican de Reims... Pour les républicains c'est l'enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies... Enfin les socialistes ne peuvent oublier qu'elle disait: "J'ai été envoyée pour la consolation des pauvres et des malheureux."»


3_Socialiser les pertes: Dexia pourrait être nationalisée
________Irresponsabilité financière

4_Le camping ou la rue
____"Les députés ont adopté à l’unanimité, le 16 novembre, un texte qui renforce les pouvoirs des maires dans la chasse à la « clientèle résidentielle » et oblige les locataires de mobile-home depuis plus de trois mois à fournir un justificatif de résidence principale. Vivre à l’année dans un camping est illégal, mais cette pratique est tolérée par certains gestionnaires et fonctionne comme un amortisseur de la crise du logement. Si ce texte était adopté, 70 000 à 120 000 personnes pourraient se retrouver à chercher un nouvel abri." (Politis)

5_Médicaments sans contrôle
_____Maladies à vendre__(videos.arte)
Pharma: quels progrès?
Pour vendre des médicaments, inventons des maladies