Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

vendredi 21 octobre 2011

Indignés de tous les pays...

Le mot d'ordre de Stéphane Hessel a fait école.

Pas seulement à Athènes, à Londres ou à Madrid. Les USA sont maintenant touchés et le mouvement se répand dans les villes importantes. Mais avec quelles perspectives?

______________

« [...] l’acquisition de la richesse [...] à travers des profits excessifs, crée un pouvoir privé illégitime sur les affaires privées et, à pour notre plus grand malheur, sur les affaires publiques aussi » [Discours sur l'Etat de l'Union, 1935]

« [...] La liberté de la démocratie n’est pas garantie si le peuple tolère la croissance du pouvoir privé jusqu’à un point où celui-ci devient plus fort que son Etat démocratique lui-même. » Message au Congrès, 1938]__Franklin D. Roosevelt_

__________________

__«L'indignation» gagne le pays de Roosevelt, révélant, sur fond de pauvreté et de précarité galopantes, le fossé qui se creuse entre le peuple et les élites, dans une situation économique qui ressemble à une impasse.
Sous des formes diverses, le mouvement «Occupy Wall Street», très différent de Tea Party, se développe dans des centaines de villes, grandes et petites, comme sur des campus universitaires., contre les
"suceurs de sang de Wall Street " (Harry Truman). Un mouvement relativement limité et aux mots d'ordre disparates, mais exceptionnel aux USA et éveillant des échos importants.
"Je ne peux pas leur reprocher d'accuser la finance d'avoir mis la finance dans le pétrin", avoue Ben Bernanke, le président de la Fed.
__Pourquoi Wall Street, une petite rue, au sud de Manhattan?
"L’abstraction que représente Wall Street comporte un double aspect. D’un côté, Wall Street renvoie à un certain type du pouvoir, un oligopole d’institutions financières qui retire à chacun de nous une rente sans que nous en ayons jamais retiré grand chose. Le slogan du vieux complexe militaro-industriel était “ce qui est bon pour General Motors est bon pour l’Amérique”. Aujourd’hui, le slogan de cette classe de rentiers est : “Ce qui est bon pour Goldman Sachs ne te regarde pas!”.

_«Nous sommes le 99%»: un mouvement qui se cherche, tente des jonctions, avec la conviction que " presque tous les problèmes de notre société découlent de l’extrême concentration de richesse et de pouvoir dans cette couche supéri
eure de 1%».
____Occuper Wall Street, c'est ré-imaginer le monde
"...
Nous assistons au début de l’affirmation revendicative d’une nouvelle génération d’Américains, une génération qui fait face à la perspective de terminer ses études sans trouver d’emploi, une génération sans avenir, mais lestée d’une dette exigible énorme. La plupart de ceux que j’ai rencontré viennent de la classe ouvrière ou sont d’origine modeste. Ce sont de jeunes gens qui ont fait exactement ce qu’on leur a demandé : étudier, entrer à l’université, et qui sont maintenant non seulement pénalisés pour cela, mais aussi humiliés - promis à une vie où ils seront traités comme des mauvais payeurs, des réprouvés. Est-ce vraiment surprenant qu’ils aient envie de s’expliquer avec les magnats financiers qui leur ont volé leur avenir ? Tout comme en Europe, nous observons ici le résultat d’un colossal échec social. Ces occupants sont exactement le genre de gens débordant d’idées, dont l’énergie devrait être favorisée par une société en bonne santé, afin d’améliorer la vie de chacun. Au lieu de quoi, ils la consacrent à imaginer le moyen de mettre à bas l’ensemble du système. Mais l’échec définitif ici, est celui de l’imagination. Ce à quoi nous assistons peut également être considéré comme la revendication d’ouvrir enfin le débat que nous étions tous censés mener après 2008. Après le quasi-effondrement du système financier mondial, il y eut un moment où tout semblait possible. Tout ce que l’on nous avait dit durant la dernière décennie s’était avéré être un mensonge. Les marchés ne se régulent pas eux-mêmes ; les créateurs d’instruments financiers ne sont pas des génies infaillibles, et les dettes n’ont pas vraiment besoin d’être remboursées. En fait, l’argent lui-même s’est révélé être un instrument politique : des milliers de milliards de dollars pouvant être créé ou disparaître du jour au lendemain si les gouvernements ou les banques centrales le jugeaient nécessaire.
Même le magazine The Economist titrait : « Capitalisme : était-ce une bonne idée ? » Il semblait que le temps était venu de tout repenser : la nature même des marchés, l’argent, la dette ; de se demander à quoi sert réellement une « économie ». Cela a duré peut-être deux semaines. Puis, manifestant l’un des plus énormes manque de courage de l’histoire, on s’est bouché les oreilles et on a tenté de ramener les choses au plus près possible de leur état antérieur. Ce n’est peut-être pas surprenant. Il devient de plus en plus évident que la véritable priorité de ceux qui ont gouverné le monde durant ces dernières décennies n’a pas été la création d’une forme viable de capitalisme, mais plutôt de nous convaincre que la forme actuelle du capitalisme est le seul système économique envisageable, que ses défaut sont sans
importance. Et nous voilà tous stupéfaits lorsque l’ensemble du système tombe en morceaux..."
__Un mouvement assez flou et équivoque par certains aspects, mais qui peut être porteur d'un avenir différent, s'il dure, s'étend et se structure politiquement. Car là est le problème.
Ce qui manque aux ind
ignés, ce sont les projets concrets et l'organisation. Le risque pèse de l'usure dans le temps et de la récupération politique.
"...Les revendications portées par les indignés sont sans doute audibles par une population ayant soif de changements dans les politiques économiques et sociales conduites en Europe ou aux Etats-Unis, mais elles ne peuvent permettre à tous de s'engager derrière le flou qu'elles entretiennent. En réclamant des changements pour une “véritable” démocratie, les indignés ne font que contester sans proposer : parvenus à prendre conscience de l'injustice engendrée par le système capitaliste, ils n'ont en réalité aucune idée précise des moyens de la réduire. Et établir un diagnostic n'est pas guérir le malade. Si on se réfère aux revendications émises, le changement de politique ne peut constituer ni une base suffisante pour unir et fédérer les mécontentements, ni véritablement inquiéter un pouvoir qui se bat déjà pour conserver la main. Il leur faudrait donc tout d'abord se mettre d'accord, ensemble, sur les réponses que les indignés voudraient voir adoptées par les gouvernements contestés pour aller les réclamer publiquement : car plus de justice, plus d'emplois, plus de partage des richesses ou plus de démocratie, cela ne signifie rien de bien concret pour développer la mobilisation. Ensuite, la structure même de ces mouvements ne saurait être suffisante pour appuyer ces faibles revendications..."
___Les médias américains surmédiatisent les « Indignés », pour diverses raisons: l'unanimité molle entre les organes de presse se dégrade et "
une belle indignation générale, spectaculaire, ça ne mange pas de corn flakes, et c'est facile à expliquer et à mettre en images."
________________Il y a loin de la révolte, même justifiée et sympathique, à une révolution, un changement radical d'un système financier qui n'est plus depuis longtemps au service de l'économie et qui continue à manifester son pouvoir de nuisance. Mais comment relayer et concrétiser l'indignation dans un espace politique verrouillé par une caste?

jeudi 20 octobre 2011

Un prix pour Denis

Hommage à Denis Robert

__Même si cette reconnaissance symbolique est tardive, elle mérite d'être signalée.
Après tant de luttes solitaires, parfois contre certains de ses confrères (dont Philippe Val, notamment), de batailles perdues contre le Goliath luxembourgeois, le petit David lorrain est parvenu à faire la lumière sur le fonctionnement de Clearstream, en journaliste d'investigation obstiné et courageux.
_Après avoir un temps jeté l'éponge, découragé dans sa lutte solitaire et des procès usants, le petit pot de terre est finalement parvenu à ses fins.
Le spécialiste du poil à gratter journalistique a gagné son ultime combat contre la fameuse chambre de compensation luxembourgeoise aux pratiques douteuses, un des hauts lieux des circuits de l'argent invisible.
"
En février 2011, après 10 ans de procédures, Clearstream perd tous les procès contre Denis Robert. Se fondant sur l’article 10 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la Cour de Cassation a explicitement reconnu « l’intérêt général du sujet» et le « sérieux de l'enquête » de Denis Robert."
Enfin blanchi pour avoir soutenu que Clearstream blanchissait...
________Il est justement récompensé par Anticor (Prix Ethique catégorie Journaliste d'investigation)

_La liberté d'informer a gagné. Aux yeux du journaliste devenu franc-tireur, qui a beaucoup donné de sa personne, c'est le plus important.
Il témoigne d'une forme de journalisme d'investigation devenue une denrée rare, réagissant contre une trahison des médias assez généralisée.
Merci donc au vaillant Lorrain!
____________________
Denis Robert sur Agoravox

mercredi 19 octobre 2011

Fric in the City

Un empire dans un royaume

"La City de Londres fait partie des plaques tournantes essentielles dans le blanchiment d’argent.Installer la Grande-Bretagne parmi les nations vertueuses équivaut donc à placer une tenancière de bordel dans un jury de prix de vertu" (Cuénot)

-"Londres est la botte de foin idéale..."

__Eclairant et percutant, glaçant aussi, le document diffusé hier soir sur France5.
En plus de ce qu'on savait, surtout depuis 2007, sur cette institution vénérable et discrète, au statut particulier, on y apprend quelles sortes de douteuses activités financières s'y déroulent en toute impunité, quels types de capitaux y circulent, comment ils s'y recyclent hors de tout contrôle et quelles relations équivoques et dangereuses existent entre ce petit territoire londonien et le pourvoir du pays de sa Gracieuse Majesté.
Par exemple, un représentant de la City siège au Parlement, sans être élu, et peut conseiller le gouvernement en matière de politique économique et sociale.
__Le G20 s'était pourtant engagé à mettre fin aux pratiques des transactions occultes qui déstabilisent les économies, dont la City s'était fait une spécialité, en tant que paradis fiscal, terrain de jeu préféré des multinationales. On a fait mine de réguler.
Il est le plus prisé, aux multiples ramifications (Jersey, etc...), concentrant le plus de richesses . Les vélléités de Gordon Brown, en 2009, n'étaient qu'un écran de fumée pour éviter de bousculer les pratiques de la face cachée de la City
La pompe à phynance londonienne, après un ébranlement passager, a repris de comme avant ses activités, avec des embellies spectaculaires. Rien n'a vraiment changé.
La moralisation attendra...

Comme l'avait bien vu Jacques Attali : « Les Anglo-Saxons n'ont pas supprimé les paradis fiscaux, ils ont éliminé leurs concurrents ». Enfin, pas tout à fait...
________________
-Un monde occulte
-la City à Londres résiste à l'investigation

- Paradis fiscaux: les gros, les petits
-Qui va aux paradis fiscaux?
_Aidons l'argent à revenir des paradis fiscaux

mardi 18 octobre 2011

Enseignants: en voie de disparition?

Malaise dans l'éducation nationale

__On souligne de plus en plus souvent le malaise, la profonde solitude, la souffrance de nombre d'enseignants qui se trouvent depuis quelques années dans des situations de plus en plus difficilement gérables, surtout dans des établissement les moins bien dotés matériellement, administrativement et culturellement. Même si, dans des cas plus favorables et même dans l'enseignement privé, généralement plus favorisé, des voix s'élèvent aussi pour réclamer des moyens essentiels qui commencent à faire défaut. La réduction drastique des personnels n'est pas seul en cause.
Des témoignages de plus en plus fréquents font état de dérives débouchant parfois sur des situations tragiques. Sans aller jusqu'à certaines extrémités, révélatrices d'impasses systémiques, on assiste à des situation inédites: des démissions par impossibilité d'enseigner, même de la part de professeurs fortement motivés, considérant que leur fonction n'est pas de faire de l'assistanat ou de l'animation, un manque criant de postulants aux concours, obligeant à un recrutement au rabais, quitte à réduire drastiquement le niveau d'exigence.
Une hémorragie nouvelle et inquiétante, qui révèle plus qu'une difficulté passagère d'enseigner à un public notoirement plus difficile. Un tiers de profs souhaitent quitter leur emploi

Malgré des appels ministériels de dernière heure à s'engager dans le métier, dénotant une situation critique, ne nous préparons-nous pas à des générations d'enseignants sous-formés, avec toutes les conséquences prévisibles sur le niveau des élèves, devenu déjà problématique?
La crise des vocations s’intensifie, malgré les campagnes de séduction, masquant certaines visées à long terme. Les chiffres rapportés par les organismes les plus sérieux ne rassurent pas et sont l'indice d'une volonté politique s'inspirant de modèles anglo-saxons.
"...
Cette crise des vocations est une aubaine pour tous ceux qui, au ministère, s’enthousiasment pour la généralisation des nouvelles technologies à l’école. Un moyen moderne et branché de se débarrasser de cette masse salariale coûteuse que représente le corps enseignant ! Armé d’un ordinateur et d’une connexion internet, l’élève peut dès à présent « créer lui-même le contenu de ses cours », voire « s’autoévaluer grâce à des QCM informatisés » affirment - sans rire - les brochures du ministère. Et le ministre, Luc Chatel, n’est pas le dernier à vanter les mérites du multimédia à l’école. N’est-ce pas lui qui, l’année dernière, préconisait le recours « à internet et aux professeurs à distance » pour l’enseignement de l’Anglais en maternelle ? Si un seul prof peut faire cours à plusieurs classes en même temps, qu’importe la baisse des inscription aux concours d’enseignants : bientôt, on aura l’école…sans profs ! "
__Les chiffres rapportés par les organismes les plus sérieux sont inquiétants et ne sont pas que l'indice d'une simple
logique comptable, dont on nous dit qu'elle serait imposée par la nécessité de réduire la dette, version soft de "dégraisser le mammouth"...
-Ils reflètent les conséquences d'une réforme de fond engagée par X.Darcos, qui vise à
proposer une réforme qui puisse satisfaire aux impératifs de la RGPP pilotée par N.Sarkozy.
Réforme dont le but savamment masqué derrière un vocabulaire de management "moderne" est l'affaiblissement et la disparition des services publics, bien engagés par ailleurs, pour le plus grand bien des groupes privés, voyant dans les transports, la santé, l'éducation une manne qui leur échappe. L'
Etat minimal est l'alpha et l'omega du néolibéralisme. Place au business!

__Tout se passe comme si on voulait la mort lente de l'Education Nationale.
Elle n'est plus dans les faits une priorité.
On assiste à une dérive, une sorte de démolition, derrière les mots qui prétendent le contraire. Un affaiblissement en tous cas, souhaité par certaines élites économiques dominantes, pour qui les valeurs républicaines de "l'instruction publique" n'ont plus d'intérêt. On rejette l'idéal de Condorcet et de J.Ferry comme de vieilles lunes. Comme si le savoir et l'autonomie du jugement dérangeaient, empêchaient de produire et de consommer en rond...
"...Les organismes internationaux, et plus particulièrement l’OCDE, se sont intéressés aux acquis des élèves plutôt qu’à la façon dont l’égalité des chances était respectée. Progressivement, les indicateurs de performance,(générateurs d'effets pervers-ndlr), les tableaux de comparaison entre établissements, entre régions ou entre Etats, les tests standardisés deviendront en effet une sorte de boîte à outils pour évaluer la qualité des systèmes éducatifs. Ce qui revient à importer les méthodes de gestion des entreprises et à réduire la fonction de l’école à une production de compétences soumise aux critères de rationalité et d’efficacité. Le Royaume-Uni en constitue un exemple caricatural."
Il est temps de reconstruire l'édifice.
_____________________
-
L’école condamnée à produire du capital humain

lundi 17 octobre 2011

Revenir de Chine...

Peut-on en revenir vraiment?






Petit billet à chaud

_____________Chine: le choc


____On ne peut revenir indemne de Chine, même si le parcours était des plus classiques et le temps trop limité.
Mais que peut-on saisir de ce pays paradoxal et hors norme en deux semaines, même après de nombreuses l
ectures et un programme bien rempli? Une année suffirait-elle à appréhender les facettes déroutantes de sa culture et de ses mutations? Il faudrait sans doute y passer une partie de sa vie, comme Jacques Gernet.
Quinze jours du Nord au Sud avec quelques détours, c'est juste un survol, un bref
aperçu, une approche impressionniste, mais c'est déjà un choc, qui donne envie de comprendre la Chine telle qu'elle est.
__Un monde de démesure et de contrastes saisissants, en autocréation permanente.
Démesure de l'espace, irrégulièrement peuplé, de l'urbanisation qui explose (le Chongqing de l'intérieur est moins connu que le Shanghai côtier), de concentrations humaines, que l'on peut mieux mesurer au début d'octobre, jours de fête nationale et de (rares)congés,
quand se déplacent en tous sens une partie de la population, naguère rivée à sa terre.
Un monde en chantier permanent.
Contrastes entre l'Est sururbanisé et l'intérieur encore très traditionnel, co
mme autour de Guilin, où cohabitent encore souvent, de manière saisissante l'ancien et le nouveau: le portable au fond des rizières, les îlots d'habitats anciens au milieu des tours géantes en sont quelques exemples.

___Une marmite en surchauffe dangereuse , saisi par une frénésie de rattrapage et de dépassement de l'Occident sur bien des points, qui "souffre des inconvénients de ses avantages", contaminée par la crise.
"Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la banque centrale, déclarait dernièrement à Washington que la Chine, comme tous les pays émergents, souffrait d’un « excès de liquidités à l’échelle mondiale, de la volatilité des flux internationaux de capitaux, d’une demande externe qui s’affaiblit et d’une fluctuation du prix des matières premières ». Il oubliait simplement de mentionner dans cette énumération les propres turpitudes causées par l’introduction massive du crédit bancaire en Chine, qui n’a pas tardé à produire ses effets..."
___Une Chine que son propre système, aux fondements fragiles, met en danger.
Un pays néanmoins conscient de ses faiblesses, mais menacé par une double panne .
La Chine nous a beaucoup apporté par le passé, mais aujourd'hui notre destin est plus que jamais lié au sien.
Pour le meilleur ou pour le pire?
___________
- Centenaire de la révolution chinoise de 1911

__________________________
Photos personnelles (cliquez pour agrandir)
__________________
>>Suite..

vendredi 30 septembre 2011

A bientôt!

Bonjour amis visiteurs, lecteurs occasionnels ou réguliers!

Vous l'avez remarqué, un cap vient d'être franchi.
Les 200000 visites ont été dépassées.
Champagne!

_Le but premier de ce blog était de constituer une sorte de banque de liens sur des sujets qui me tenaient à coeur.
Puis, le projet s'est un peu étoffé et le nombre croissant de visites inattendues m'a incité à poursuivre, à approfondir et surtout à structurer à ma manière, souvent très subjective, les informations récoltées sur des points qui attiraient mon attention à un moment donné, en m'efforçant de prendre du recul par rapport à l'événementiel pur.
Merci à vous, dont 99,99 % me sont inconnus.
Je salue votre intérêt, votre constance, votre courage et...votre
indulgence.
Cette fidélité, que je ne m'explique pas encore très bien, est pour moi un plaisir et un honneur.

Mais je suis arrivé à un point, dans mes explorations de passeur internétaire, où je m'interroge:
Continuer ou non? That is the question
Personne n'est indispensable et j'ai parfois l'impression de tourner en rond, de me répéter...
Vais-je poursuivre et sous quelle forme rénovée?
Je vais me donner un peu de temps pour y réfléchir, prendre du recul, puisque l'occasion m'est donnée de quitter temporairement le sol natal.

Petit circuit envisagé depuis longtemps dans l'
Empire du milieu (中国)
Au coeur de cette Chine fascinante et assez insaisissable dans ses mutations actuelles et ses cheminements futurs.
Une Chine qui vient de loin, à qui nous devons beaucoup, à l'histoire déjà longue et pleine de vicissitudes, contrairement au mythe ancien d'un pays immobile.
Un Chine qui oscille en permanence entre ordre et désordre
, entre continuités et ruptures.

A bientôt donc! 待会儿见。!

jeudi 29 septembre 2011

La Palestine attendra

Du moins, ce qu'il en reste ...

Obama: c'est non!

...Après certains oui...
« Mister Magic » fait du slalom.
Alors qu'en mai, un pas en avant prometteur semblait s'amorçer.
Le défi palestinien n'a pas porté ses fruits, comme on pouvait s'y attendre, étant donné la constante intransigeance de l'extrême droite israëlienne.
Belle occasion manquée de créer une dynamique propre à rapprocher les deux familles palestiniennes.
Face à l'obstacle américain, l'échec était prévisible.
Demain l’Etat palestinien, toujours demain...quand les poules auront des dents ou quand les Palestiniens seront finlandais..

___Que vaut un appel israëlien aux négociations, toujours reportées, quand Netanyahu vient d'autoriser de nouvelles constructions en Cisjordanie et à Jérusalem Est, qui est un enjeu majeur du conflit?...
Que vaut une négociation pour une partie occupée?
Toujours le double langage, pour gagner du temps et créer une situation irréversible, qui rendra toute négociation future dépourvue de sens et radicalisera encore plus les tendances intransigeantes du Hamas, ce qui entrainera de nouveaux refus, etc... Une spirale bien connue. On ne négocie pas avec ses amis...
__Sur le terrain, les colons, choyés par Tel-Aviv, rivés au mythe identitaire, aux mots de la terre, donnent de la voix et révèlent les intentions finales: un Etat palestinien n'aura pas lieu.:
"
Le vrai champ de bataille n’est pas aux Nations unies", a dit Avraham Binyamin, porte-parole de la colonie de peuplement de Yitzhar, près de Naplouse. "Il est ici, sur le terrain, et nul n’espère que le gouvernement et les forces de sécurité comprendront, comme les Arabes et les colons l’ont fait, que toute idée de compromis est vouée à l’échec", a-t-il affirmé. (...) » (L’Express - Reuters) "Ce qu’ils font à l’Onu ne nous intéresse pas. Nous avons la Bible, qui dit que la terre d’Israël appartient au peuple juif", a déclaré un militant âgé de 25 ans, Meir Bartler, dans un avant-poste illégal, entre les villes de Ramallah et Naplouse en Cisjordanie occupée..."
C'est l'« Etat juif » contre les juifs qui est en question et la possibilité d'un avenir possible dans la région.
Sans changement radical de la politique interne du pays, la glaciation se poursuivra
"L'alliance entre les ultra-libéraux, les faucons et les théocrates ne cédera jamais d'un pouce, c'est dans la nature de chacune de ces tendances de l'ultra droite sioniste, l'espoir ne peut venir que d'un renversement du pouvoir et d'une implication grandissante de la population jeune qui commence à prendre conscience de l'impasse entretenue pour diverses raisons obscures qui les dépassent. Entretenir le conflit même artificiellement c'est entretenir les subventions américaines sans lesquelles le Likoud s'effondrerait..." (E.Red)
__La proclamation à l'ONU est donc un non-événement , juste un symbole.
Fallait-il y aller?
Sans doute, pour préparer les esprits pour l'après Netanyahu, malgré le scepticisme affiché de certaines organisations et personnalités palestiniennes, l' impuissance européenne, les divisions même au sein du PS sur le sujet.
_______«Il n’y aura pas de négociations sans un arrêt complet de la colonisation», cela paraît une position minimale et de bon sens, et quoi sert un Etat palestinien sans souveraineté palestinienne?
Le courage politique fait défaut
"
C'est la seule chose qui manque aujourd'hui : une volonté politique de la part de la communauté internationale, des américains et des européens et de la part de Benyamin Netanyahou. A-t-il la stature d'un homme d'Etat comme l'ont été Menahem Begin quand il a fait la paix avec l'Egypte, comme Yitzhak Rabin quand il a signé les Accords d'Oslo ? Est-il un simple politicien, un tacticien qui prend des décisions pour plaire à certains milieux de la société israélienne et à certains lobbys dans le monde ? Ou est-ce un homme d'Etat qui veut sincèrement faire la paix avec ses voisins ? Il n'y a rien aujourd'hui qui me prouve qu'il a cette stature de quelqu'un qui contre vent et marée amènera son peuple et les prochaines générations vers la paix, dans une région où les armes et la violence ne sont pas le langage employé..."
Certains Israëliens redoutent les conséquences de l'aveuglement politique de l'équipe au pouvoir.
Aucun mur n'est éternel...

________________________
_La longue marche vers l'Etat palestinien: 24 heures à Jérusalem

mercredi 28 septembre 2011

Cénacle sénatorial

Victoire «historique».
________________Et après?..


Le Sénat
: Une institution discutée, confortée par l'histoire, qui devra être réformée, au moins sur un point:
"La réforme du type de scrutin sénatorial s'imposera un jour pour ajuster de nombreuses variables et particulièrement celle du rapport entre la surreprésentation du corps électoral des communes rurales et la sousreprésentation de celui des espaces urbains.
De même, à l'avenir est-il convenable de conserver deux sénateurs respectivement pour Saint-Barthélemy et Saint Vincent, alors que ces deux îles antillaises n'auront en commun qu'un seul représentant à l'Assemblée nationale en 2012 ?
Doit-on admettre que douze sénateurs représentent les Français de l'étranger au Sénat et élus par un micro corps électoral, lorsque onze députés siègeront à l'Assemblée, toujours en 2012 ?
Peut-on, aussi, conserver la grille actuelle du nombre de sénateurs par département, alors que pour un même nombre de représentants, des distorsions de population importantes subsistent?"

...peut-être supprimée, si le Parlement jouait pleinement son rôle, dans un système moins présidentialiste [- voir ce point de vue-]

____ "Si au dessus du gouvernement il y a le Sénat, au dessus du Sénat il y a la nation." (V.Hugo)

Le Sénat : Une institution sans transparence, qu'on a pu qualifier de niveau zéro de la démocratie parlementaire?
Petit train (de vie) de sénateur: une expression devenue légendaire...

__Le Sénat tel qu'il est: opacité, abus et influences:

______(Analyse partiellement infirmée depuis dimanche)
"...le Sénat pourrait une nouvelle fois échapper dimanche à l'alternance alors que la «chambre haute» est censée «représenter les collectivités territoriales»; alors que le PS et ses alliés dirigent 21 régions métropolitaines sur 22, 61 départements sur 101, et une majorité des villes de plus de 3.500 habitants. La faute à un mode de scrutin indirect qui fait la part belle, parmi les 72.000 «grands électeurs», aux élus ruraux souvent sans étiquette, historiquement proches de la droite.
L'UMP espère donc garder la
mainmise sur cette assemblée dont, pour l'heure, 25% des membres ont plus de 70 ans, 76,5% un sexe masculin, 69% un autre mandat local. Cette chambre compte deux ouvriers et dix employés.

Pour éviter que la gauche ne remporte les 22 sièges de plus qui lui manquent pour devenir majoritaire, la droite a tenté, tant bien que mal, de limiter le nombre de listes dissidentes. Mais elles restent nombreuses, notamment en Ile-de-France et dans le Nord. De quoi inquiéter en plus haut lieu: même les pronostics de Gérard Larcher (UMP), qui espère conserver le «Plateau» (la présidence), sont de moins en moins optimistes.
Mais les prévisions restent risquées pour cette campagne aux airs anachroniques, pour laquelle, à la différence des autres scrutins, il n'existe aucune obligation de déposer un compte de campagne, aucune limitation des dépenses, aucun plafonnement des dons. Une campagne où, dans certaines grandes villes de France, ce ne sont pas seulement des maires et des adjoints qui iront voter, mais parfois leur mère, leur secrétaire, leur cousin ou leurs copains d'enfance. Une campagne où tous les marchandages sont soupçonnés: comme à chaque fois, avant le premier tour, on a reproché au président d'acheter des voix de maires en leur distribuant de l'argent via la réserve parlementaire: cette cagnotte qui permet à chaque élu (mais à certains plus qu'à d'autres) de financer des travaux de voiries dans un village, de réparer le toit d'une école ou celui d'une église grâce à une enveloppe au montant inconnu. Le tout dans la plus grande opacité.

Les tractations en tous genres, qui se poursuivront dans la semaine séparant le vote des grands électeurs de l'élection du président par les sénateurs, rendent les calculs complexes. A quelques mois de la présidentielle, au vu de la valeur symbolique du scrutin, la droite envisage même de déployer les grands moyens en cas de résultats serrés, avec des conséquences inattendues: un remaniement ministériel. En effet, les candidats Gérard Longuet, Chantal Jouanno et Maurice Leroy pourraient être contraints de quitter leur poste de ministre. Car s'ils restaient au gouvernement, ils ne pourraient siéger au Sénat (le cumul est interdit par la constitution). Or leurs suppléants au Palais du Luxembourg ne disposant de leurs prérogatives de sénateurs qu'un mois après le scrutin, ils ne pourraient pas apporter leurs précieuses voix à Gérard Larcher le jour de l'élection du président, le 1er octobre...
Jean-Marc Pastor est un des trois questeurs du Sénat, ces « demi-dieux » qui gèrent les 346 millions d'euros de budget de la maison, avec bien peu de comptes à rendre. Pas même à l'administration sur leurs notes de frais. Notre premier article sur ces factures indues, faites dans le restaurant de sa fille dans le Tarn, n'aura même pas suffi à faire bouger le Sénat, qui n'a jamais cherché à en savoir plus sur le sujet. C'est seulement quand le questeur s'est fendu d'un faux communiqué de soutien, rédigé au nom du président Larcher, que celui-ci a fini par réagir.

A travers Jean-Marc Pastor, beaucoup d'élus et fonctionnaires ont découvert à la fois que des enveloppes de frais de représentation existaient pour certains sénateurs. Et que la réalité de ces frais était à peine contrôlée.

Les questeurs ne sont cependant pas les seuls sénateurs à jouir de privilèges particuliers. En tout, ils sont 48 élus au jardin du Luxembourg à disposer de suppléments de rémunérations dont les montants avaient toujours été soigneusement cachés. Des suppléments pouvant aller de 700 euros à plus de 5000 euros par mois, et que nous avons pour la première fois divulgués.

Mieux: sur les feuilles de salaires de ces super-sénateurs, appelés dignitaires, apparaît une ligne de cotisation complémentaire pour leur retraite. On savait la pension des parlementaires hyper-avantageuse. Pour certains sénateurs, elle dépasse en fait l'imaginable.

Petite cotisation, grande pension: au final, plusieurs sénateurs ayant exercé un poste de dignitaire reçoivent plus de 10.000 euros de retraite par mois. Michel Charasse, en plus de ses autres retraites et de son indemnité de 12.000 euros net du Conseil constitutionnel, se voit verser mensuellement 13.200 euros brut par le Sénat, dont il fut questeur pendant seulement trois ans. Cerise sur le «plateau»: c'est dans les années 2000, pendant que les Français se voyaient contraints de travailler plus longtemps, que le Sénat a cru bon d'octroyer une partie de ces avantages...
Comment a-t-on pu ignorer, jusqu'à cette année, qu'une prime était régulièrement versée aux sénateurs, en plus de leurs différentes rémunérations, pour faire face à leur supposée «baisse de pouvoir d'achat»? Comment peut-on accepter, comme nous l'avons également découvert, que des élus censés voter des lois d'intérêt général, soient parallèlement rémunérés comme lobbyistes pour des groupes d'alcool, ou membres de conseils d'administration d'entreprises?

Le Sénat connaît ces situations. Il ne les révèle pas. Les tolère. On en finirait presque par s'étonner que certains, dans la maison, aient fini par juger tous ces privilèges extravagants; tous ces non-dits effarants. Qu'ils aient eu le courage de nous parler, de nous renseigner, parfois au péril de leur carrière. Car d'autres, soucieux de préserver leurs avantages et leurs arrangements, aimeraient les voir jugés et condamnés.

Leurs révélations sont pourtant à l'évidence d'intérêt public comme le démontrent les mesures prises peu de temps après leur publication: Gérard Larcher a plafonné les salaires des membres de son cabinet; Jean-Marc Pastor a remboursé ses factures et suspendu sa participation aux réunions de questure, le président de la commission de finances, Jean Arthuis, a plaidé pour la fin du système des retraites complémentaires, certaines primes ont même déjà été supprimées (comme celle de 4000 euros versée aux anciens présidents du Sénat).

Mais il reste tant à faire. Quel qu'il soit, le nouveau président aura un immense chantier devant lui." (M.Mathieu)

mardi 27 septembre 2011

Errances boursières

La bourse est devenue folle

"La Bourse est devenue un casino géant. Sauf que le fonctionnement d'un casino est plus transparent et plus facile à comprendre" ( Thomas Peterffy, fondateur de la société Interactive Brokers)
___________

_Par nature sujette à des variations, l'irrationalité des acteurs étant une constante ("investing is more a matter of guts than intelligence"), l'activité boursière est actuellement engagée dans une spirale infernale potentiellement autodestructrice.
Principale raison: le
High Frequency Trading, qui va tuer la bourse comme le spam tue les emails.

_L'économiste Frederic Lordon proposait dans les colonnes du Monde Diplomatique : "Et si on fermait la bourse ?". Récemment, l'économiste et anthropologue Paul Jorion a complété cette proposition. "Pas la peine, les ordinateurs s'en chargent !"

Cela se manifeste à Wall Street par un Trading haute folie
"Plus des deux-tiers des volumes de transactions à la Bourse de New York proviennent aujourd’hui non pas d’investisseurs prenant des décisions fondées sur la réalité économique mais de programmes informatiques branchés sur les systèmes de négociation de la Bourse. C’est le trading "haute fréquence", que les régulateurs – enfin ! – commencent (trop doucement comme toujours) à regarder comme de la "haute folie". Les entreprises de marché comme Nyse Euronext ou le London Stock Exchange réalisent une bonne part de leur profit grâce aux volumes générés par ces acteurs controversés. Les marchés boursiers investissent d’ailleurs massivement dans les infrastructures informatiques et de communication pour permettre à ces systèmes haute fréquence d’exploiter les moindres variations des marchés, au millionnième de seconde près. Les entreprises de trading haute fréquence installent d’ailleurs leurs machines au plus près des serveurs informatiques des marchés boursiers, de manière à ce que, très concrètement, les longueurs de câbles de fibre optique soient les plus courtes possibles afin de réduire les délais de transmission des ordres, clé du profit. Mais lorsque les deux-tiers des volumes d’un marché boursier sont réalisés de cette manière, il va sans dire que l’on perd un peu de vue la raison d’être de la Bourse elle-même. Les actions qui s’échangent sont un code répété des millions de fois par jour par un automate, à une vitesse excluant naturellement toute intervention humaine. Ce qui fait le volume, c’est la course entre ces machines. Mais cette bataille de calculateurs abreuvés real time de paquets de données, aussi fascinante soit-elle sur le plan de l’intelligence informatique, utilise pour munitions des actions, autrement dit des titres de propriété d’entreprises a priori venues en Bourse pour y rencontrer des investisseurs, pas des automates bourrés d’algorithmes. Car au fond, à quoi sert le trading haute fréquence ? Quand on pousse ses promoteurs dans leurs retranchements, ils expliquent que cela permet d’accroître la liquidité. Sauf que ces systèmes n’existaient pas il y a moins de dix ans.
Il est temps que les homo sapiens reprennent le dessus.
"
_____Il est temps de stopper l'extrême VOLATILITÉ DES COTATIONS et de revenir à un minimum de raison, de sortir du chaos, quand seulement moins de 10% des transactions financières mondiales concernent l'économie réelle.
Si on arrêtait la folie boursière, qui déstabilise les économies au lieu de stimuler le développement...
Hélas! il est à craindre (à souhaiter?) que l'écroulement du système soit seul capable de le forcer à ne plus marcher sur la tête. _Comme dit
Galbraith,"Il n'y a aucune chance, tandis que la Bourse s'approche de l'abîme, que ceux qui sont concernés s'aperçoivent de la nature de leur illusion et ainsi se protègent eux-mêmes et leur système. Les fous peuvent communiquer leur folie ; ils ne peuvent la percevoir et décider d'être raisonnables."..
___________
Rassurer les marchés ?

lundi 26 septembre 2011

Dexia: le piège


Dexia : une banque très discrète

__________Les banques se suivent et ...se ressemblent, même celles qui ont , comme Dexia, une vocation spécifique, d'intérêt général, celle de financer les collectivités locales et le logement social, avec la garantie de l'Etat, actionnaire principal. Certaines de ses pratiques, déjà stigmatisées naguère, sont aussi dévoyées que celles de certaines banques privées.

Elle a contribué à intoxiquer les collectivités locales
" Imaginez que votre banquier vous propose de faire une croix sur les intérêts de votre prêt pendant trois ans, le temps de payer les études supérieures de l'aîné : ça ne se refuse pas ! Et bien les maires de Laval, Saint Etienne, Rouen, la présidence de la communauté d'agglomération de Lille, celle du Conseil général de Seine-Saint-Denis, le patron de la société immobilière Sacvl à Lyon et cent autres responsables de collectivités territoriales, n'ont pas refusé... et s'en mordent aujourd'hui les doigts, la crise financière ayant fait enfler des taux d'intérêts inférieur à 4% jusqu'à des sommets improbables : 10, 20, 24% par an sur plus de dix ans pour les plus malchanceux !
A chaque fois, l'offre avait été présentée de la même manière : la banque proposait de ne pas payer d'intérêts jusqu'aux élections (cantonales, municipales ou autres) puis de rembourser à taux variable, évitant aux élus d'augmenter les impôts en période de campagne. Une offre d'autant plus alléchante qu'elle était formulée par une banque amie, Dexia, ancien établissement public, surnommé « le partenaire des collectivités locales ». Ce que les maires et conseillers généraux ne savaient pas, c'est que les taux variables en question étaient adossés à des valeurs extrêmement instables (taux de changes croisés, matières premières...), les fameux « produits toxiques » dont la crise financière a révélé les dangers. Et pourquoi ne le savaient-ils pas? Parce que Dexia ne le leur avait pas dit !
Que fait l'Etat, actionnaire principal de Dexia ? Rien !___Avec 97% de sa dette appuyée sur des produits toxiques, le conseil général de Seine-Saint-Denis a été le premier à briser l'omerta : Claude Bartolone a mis en demeure Dexia de lui proposer des solutions, sous peine de la poursuivre pour « défaut de conseil à un client non initié ». Avec l'aide d'un cabinet spécialisé, son équipe a épluché trois ans d'échanges de mails, de fax, de courriers à la recherche d'une trace de mise en garde contre la dangerosité de ces produits... Bilan : rien, pas une ligne sur les risques encourus..."

___Le premier financier mondial des collectivités locales et des services publics (et son président) a une histoire très particulière et ses pratiques semblent bien contradictoires avec ses objectifs proclamés
Toujours est-il que beaucoup de collectivités se sont endettées.
Dexia s’est payé leur dette:

" Banque historique des collectivités locales, DCL est la première à avoir poussé les élus à ne plus recourir aux bons vieux prêts à taux fixe. Mais elle n’est pas l’unique responsable : les Caisses d’épargne et le Crédit agricole étaient aussi très présents sur ce marché. Le document de Dexia signifie en tout cas que la faillite de certaines communes n’est plus une hypothèse invraisemblable. En raison de l’irresponsabilité passée des banques et des élus, les collectivités locales (villes, régions, départements, communautés de communes…) et les établissements publics locaux (hôpitaux, syndicats d’économie mixte…) ont dans leurs comptes des stocks d’emprunts toxiques, qui risquent de les couler totalement. Et du même coup, ce sont des dizaines de services publics qui risquent d’être affectés : crèches, écoles, collèges, voirie, ramassage des ordures… sont financés par les collectivités territoriales..."
L'irresponsabilité financière de certains élus locaux n'explique pas tout. Les engagements occultes de Daxia ont largement contribué à certaines dérives.
__Les «emprunts toxiques» touchent nombre de communes
Apparaissent ainsi les limites du libéralisme
pour les collectivités locales : "Ces financements s'appuient sur des facteurs techniques risqués. Tout d'abord, une longue durée : généralement 25 ou 30 ans et des remboursements différés, souvent voisins de zéro les premières années, mais avec des clauses de déclenchement irréversible de la hausse des taux...
Ils comportent aussi des incertitudes graves dues à des taux d'intérêts variables car dépendants de paramètres boursiers aléatoires, impossibles à évaluer dans le futur."
__Pour en finir avec la folie financière qui a contaminé les collectivités locales, celles-ci veulent leur propre agence de financement "Ce type d'agences, pilotées par et pour les collectivités locales et opérant sur les marchés financiers aux meilleurs taux, existent déjà dans les pays nordiques (Suède, Finlande, Norvège, Pays-Bas, Danemark). "Elles n'ont pas connu de problèmes de liquidité pendant la crise financière de 2008 : leurs agences ont agi comme des filets de sécurité et ont accru leurs parts de marchés"
__________________
La carte de France des emprunts toxiques fournis par Dexia
-Yvelines : première plainte pénale contre les «prêts toxiques» de Dexia
-
La faillite de Dexia: la leçon et la nationalisation nécessaire
-Remettre les banques au service de l'économie
-Dexia: vers un deuxième Crédit lyonnais?