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lundi 22 novembre 2010

Guerre des mots au Proche-Orient


Mots, maux et lassitude

Aujourd'hui ou peut-être jamais...

Y a-t-il encore des mots pour parler d'un conflit qui dure depuis si longtemps, sans perspective de solution proche, malgré les promesses, les rares éclaircies, les illusions de paix, les échecs, les provocations, les régressions, l'enlisement?
Les mots semblent avoir perdu leur contenu et l'esprit s'épuise à leur donner encore une signification, comme ceux de"processus de paix","négociations", etc...Mots manipulés, usés et subvertis. Comment encore parler de ce qui n'est souvent que leurre, quand la situation est
devenue absurde, quand les mots ne font plus que renvoyer aux maux qui s'éternisent?..Mots piégés.
__Beaucoup de journalistes eux-mêmes, sur le terrain, sont au bord de la fatigue, de l'accablement
même. Peu s'accrochent encore parfois courageusement, malgré tout, pour produire des analyses autant que possible dégagées des passions, du discours usé, comme Charles Enderlin, qui, en tant que franco-israëlien, est sans doute celui qui est le moins fataliste, probablement parce qu'il connaît bien le terrain et se sent existentiellement impliqué.
___Malgré une volonté sporadique de rompre l'engrenage , de sortir du bourbier, les conditions d'une paix seulement espérée semblent s'éloigner. La surdité du gouvernement israëlien freine toute avancée autre que verbale, pour, à l'évidence, mener à bonne fin le processus de colonisation de la Cisjordanie.
_ Les silences d'Obama
et son ambiguïté désespérants semblent compromettre un déblocage nécessaire, que les USA auraient seuls actuellement la capacité politique d'effectuer.
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"...Dans la région, les mots, il faut s’en méfier."... Doit-on parler de ‘mur de séparation » ou de ‘barrière de sécurité’? De Cisjordanie ou de Judée-Samarie ? De Palestine ? De terroristes, de martyrs ou encore de militants? L’adjectif devient lui aussi suspect. Le journaliste doit-il qualifier les Territoires d’occupés ou parler simplement de palestiniens? Cette guerre des mots ne se limitent pas aux Israéliens et aux Palestiniens. Le Hamas et le Fatah ont également leur rhétorique. Car c’est aussi dans les médias que les bélligérants espèrent gagner la bataille...

Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, tranche d’emblée le débat. Pour lui, il faut employer les mots « homologués » par la communauté internationale et ne pas avoir peur d’appeler un chat un chat...__Pour Christophe Boltanski, la situation est moins lisible aujourd’hui que par le passé. Selon lui, il y a quelques années encore, les journalistes français et leurs homologues américains avaient effectivement tendance à être légitimistes, à « coller » à la diplomatie de leurs gouvernements. Mais quelle est actuellement la position de la France? Les Etats-Unis ne reconnaissent-ils pas officiellement la nécessité de deux Etats? « Tout est aujourd’hui beaucoup plus compliqué. Il faut relire ce que la presse américaine a écrit à l’époque de la guerre de Gaza, c’était extrêmement critique à l’égard des Israéliens », ajoute-t-il. Et puis que signifie être pro-palestinien à la lumière des rivalités entre le Hamas et le Fatah ?...

Mais après l’excitation des premières années, de nombreux correspondants ressentent une certaine lassitude. Jean-Luc Allouche, un ancien de Libération, a tout simplement renoncé. « Je devenais cynique, je n’avais plus une curiosité suffisante vis-à-vis de mes interlocuteurs », explique-t-il. L’impression de savoir ce que chacune des parties va dire avant même qu’elle ne le fasse, c’est aussi ce qu’est en train de vivre Karim Lebhour, le correspondant de RFI. « Je suis allé faire un reportage sur un village palestinien en conflit avec la colonie israélienne voisine, j’ai interrogé le maire du village et je savais à l’avance ce qu’il allait me dire », raconte-t-il.
__Il y a des mots que Christophe Boltanski ne peut plus prononcer comme « processus de paix », des lieux où il ne voudrait plus aller. « Il n’y a pas un colon d’Hébron qui n’aurait pas été interrogé au moins une fois dans sa vie, c’est de la folie », explique-t-il. Atteindre les limites de l’empathie, avoir l’impression
de remarcher sans cesse sur les mêmes traces. « Il y a un désintêrét dans les rédactions aujourd’hui parce qu’il y a un côté horriblement répétitif à cette histoire et une absence totale de visibilité sur ce qui peut se passer », poursuit-il. Un sentiment que l’ancien correspondant de Libération n’avait pas à l’époque où il était en poste : « Quand j’y étais, on pouvait penser que les choses faisaient sens, soit on allait vers la paix, soit on allait vers la guerre. Mais maintenant, c’est une sorte de serpent qui se mord la queue ». Christophe Boltanski affirme avoir même du mal aujourd’hui à lire des articles sur le conflit.
__Charles Enderlin, lui, ne semble jamais se lasser. Il y est pourtant en poste depuis plus de trente ans. En revanche, il ressent une réelle lassitude chez ses interlocuteurs à Paris. « Il y a encore quelques ann
ées, je diffusais trois ou quatre sujets par semaine. Aujourd’hui, il m’arrive d’en diffuser trois ou quatre par mois ». Cette lassitude, il l’a aussi ressentie outre Atlantique. « Même ABC, la grande chaine américaine, a fait l’impasse sur l’un des derniers voyages d’Hillary Clinton à Ramallah. La fin du moratoire sur les colonies a été complètement passée sous silence par la plupart des grands chaines américaines ». Mais pour l’infatiguable correspondant de France 2, les médias font une erreur d’appréciation. « En dépit du fait qu’il n’y ait pas de violences, on assiste aujourd’hui à un tournant dans l’histoire diplomatique de la région », explique-t-il, ajoutant un peu blasé : » Mais ce n’est pas assez exotique. Ca ressemble à de l’institutionnel »...." [Mediapart_-Grotius.fr]

__Rendre compte des faits sur le terrain est d'autant plus difficile que les mots sont investis, non seulement de passions, de dénégations, mais aussi de mythes identitaires, religieux, concernant la terre elle-même, chargée d'une histoire lourde d'imaginaire, à reconstruire, à réinterpréter. L'autre difficulté, signalée par des journalistes indépendants, est aussi que les mots sont manipulés par une certaine propagande israëlienne, destinée à justifier son intransigeance et à influencer la presse et l'opinion, pour les rallier à ses objectifs.
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Jean-Luc Allouche, les Jours redoutables (Denoel)

Charles Enderlin, Un enfant est mort (Don Quichotte Editions)

Karim Lebhour, Jours tranquilles à Gaza (Riveneuve éditions)

Renaud Girard, La guerre ratée d’Israël contre le Hezbollah (Editions Perrin)

Christophe Boltanski et Jihan El-Tahri, Les sept vies de Yasser Arafat (Grasset)

dimanche 21 novembre 2010

TV sous influence

Sarkotélé sans fard

Elysée et trahison des medias

Sarkozy se rêverait-il en directeur de France Télévisions?

«Nous, nous vivons chaque jour l’indépendance.»(sic!) (Elkabach)

__Depuis le dirigisme d'Alain Peyrefitte, ministre de information contrôlée, pour qui «La télévision, c'est le gouvernement dans la salle à manger de chaque Français", beaucoup d'eau a coulé le long du quai de Passy. Le directeur de l'unique chaîne était aux ordres et la censure était directe et quotidienne.
Avec l'ouverture mitterandienne, la multiplication des chaînes, le glissement vers la privatisation et la marchandisation, la banalisation aussi, tout semble avoir changé. Bouygues promettait le
"mieux disant culturel", la main sur le coeur. En réalité, on a vite réalisé qu'à TF1, les marchands de soupe réglaient dans l'ombre l'information pour la rendre la plus insipide et conventionnelle, la moins critique possible, soucieux surtout de livrer à la pression commerciale le plus grand temps de "cerveau disponible" possible. En offrant le plus grand choix de divertissements insipides, on entreprenait de détourner les esprits d'une compréhension de leur vie réelle..... " A la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit » (P.Lelay)
.L'information se censurait d'elle-même, sous le contrôle des barons d' affaires, le plus souvent familiers de l'Elysée. Le lien qui reliait au pouvoir n'était plus direct, mais il fonctionnait encore par le biais des nominations, des recommandations, des relations, des "amis", de la dictature de l'audimat imposée par la pression publicitaire. Toutes les chaînes se sont peu ou prou "tééfunisées". De l'info sans info....

___A l'heure sarkozienne, le problème de l'indépendance de l'information est loin d'être réglée, malgré les déclarations et les professions de foi. Un volonté de mainmise sur l'information se manifeste
périodiquement, plus ou moins habile, plus ou moins directe. Sur le sarkoshow de TF1, Laurence Ferrari apparaît comme une complaisante "hôtesse d'accueil"...pour le Maître auquel on va poser les questions les moins dérangeantes possibles. « La gauche en rêvait, Sarkozy l'a fait », écrit sans rire Etienne Mougeotte, patron de la rédaction du Figaro et ancien directeur des programmes de TF1 à propos de la fin de la « tyrannie de l'audience » sur les chaînes publiques.
La "servilité" reste grande. Peillon évoque «la mainmise [de Nicolas Sarkozy] sur de nombreux médias privés par sa proximité avec les propriétaires des principaux grands groupes privés», il concentre son offensive contre les dirigeants du service public : «La perspective de la nomination du président du service public par le président de la République exerce déjà une pression sur le travail [des rédactions de France 2 et France 3, ndlr] et favorise la servilité de certains dirigeants.» Ceux-là mêmes qui, à en croire Peillon, ont organisé le débat entre Eric Besson et Marine Le Pen sur l’identité nationale dans l’émission A vous de juger. En août, le mandat de Patrick de Carolis, nommé il y a cinq ans par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, arrivera à expiration et Nicolas Sarkozy, comme il l’a déjà fait à Radio France en désignant Jean-Luc Hees, va pouvoir se servir du joujou qu’il s’est lui-même fabriqué : choisir le patron de la télé publique.
____Le Président".. est toujours à intervenir dans les médias ce n’est pas un fantasme mais un plan bien programmé qui porte une très grave atteinte à la démocratie et à l’indépendance des médias. Les objectifs sont connus il veut que tous les journaux télévisés susurrent les vertus et les bienfaits de sa politique..."

_« La France change, le 20 Heures de TF1 doit changer aussi. » Cette sentence, on la prête à Nicolas Sarkozy, dont la presse a fait non sans raison le grand marionettiste du PAF, ces derniers temps. Il a un avis sur tout, se mêle de tout, de faire les programmes du service public, de faire nommer les responsables d’information, de recaser les animateurs au placard, d’écarter les journalistes irrévérencieux et d’en promouvoir d’autres, plus en empathie avec son style (un petit jeu auquel la gauche mitterandienne a sacrifié en son temps)..."

__Laurent Mauduit, dans Mediapart vient de faire un analyse pointue de la manière dont fonctionnent les relations entre le locataire de l'Elysée et les chaînes publiques.Même les faiseurs d'opinion traditionnellement les plus modérés et les plus légitimistes s'alarment et décrivent les pressions qui s'exercent sur eux et leurs confrères ainsi que le climat délétère qui règne dans les rédactions.
"'C'est peu dire que la réforme de la procédure de nomination des patrons de l'audiovisuel public a fait polémique, quand Nicolas Sarkozy, peu après son élection, a privé le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de cette prérogative essentielle pour s'attribuer à lui-même ce pouvoir exorbitant. Mauvais coup contre la démocratie ! Régression autoritaire ! Remise en cause de l'indépendance de l'information sur les chaînes publiques !

La décision a déchaîné une tempête politique. Et de proche en proche, à l'occasion de l'éviction des saltimbanques Stéphane Guillon ou Didier Porte de France Inter, ou lors des tentatives (avortées) de pousser le patron d'Europe-1, Alexandre Bompard, qui est un ami proche de Nicolas Sarkozy, à la tête de France Télévisions, la controverse a repris sur le thème que l'on sait: le chef de l'Etat rêve d'un audiovisuel à la botte, et si la procédure de nomination a été réformée, c'est à cette fin. La vérité, pourtant, c'est que quand il n'y a pas de postes à pourvoir dans un avenir proche et que Nicolas Sarkozy n'a pas à intervenir, la polémique retombe. Sans doute parce que chacun pense qu'entre deux nominations, le danger s'estompe et que la vie de l'audiovisuel public reprend cahin-caha. Eh bien non ! Car la réforme de l'audiovisuel public est encore beaucoup plus grave que ne le soupçonnent même... ses plus farouches détracteurs. Pour la bonne raison que Nicolas Sarkozy peut intervenir non seulement lors des nominations mais aussi... à tout bout de champ...
___Dans
Cartes sur table (Plon), Patrice Duhamel raconte ce qu'a été au quotidien, à partir de mai 2007, la relation entre France Télévisions et l'Elysée : une cascade ininterrompue d'oukases, d'humiliations, de colères, de pressions, d'intimidations... Et si le récit de Patrice Duhamel finit par faire peur, ce n'est pas du fait des mots qu'il emploie – ils sont toujours sobres; c'est par l'accumulation des anecdotes qu'il rapporte. Tout commence très vite, raconte Patrice Duhamel, sitôt l'élection présidentielle passée : « Une fois ses fonctions prises, Nicolas Sarkozy ne tarda pas à se manifester auprès de nous : de mémoire, il nous a convoqué, dans son bureau, plusieurs fois entre le mois de juin et décembre 2007. Pour être honnête, je n'ai jamais autant vu, dans aucune de mes fonctions et tout au long de ma vie professionnelle, un président de la République, quel qu'il fût, à une telle fréquence : que ce soit en tête à tête ou dans des rencontres élargies. Je dis bien, jamais ! »A tout bout de champ, pour un oui, pour un non, Nicolas Sarkozy convoque donc à l'Elysée ou téléphone à Patrice Duhamel ou Patrick de Carolis...."

___________La censure ouvertement interventionniste d'un Peyrefitte avait le mérite de la clarté et de la franchise. Celle de Nicolas, libéral en paroles, est d'une grande duplicité, jouant de ses relations privilégiées pour tenter de faire de la télé un outil conforme à ses voeux et à ses ambitions.

samedi 20 novembre 2010

Le Congrès et les lobbies


Influences au coeur de l'Etat

__Sport national et pratiques juteuses_

"Je crois qu'il y a plus de cas de réduction des droits des gens par des empiètements graduels et discrets par ceux au pouvoir que par une usurpation soudaine et violente. "(J. Madison)

__Malgré de timides efforts des démocrates pour contrer la corruption au coeur des instances législatives des USA , la mise en place d'organismes de contrôle purement formels, certaines initiatives citoyennes, force est de constater que la vieille pratique du lobbying a encore de beaux jours devant elle, selon une tradition maintenant bien établie.
La démocratie américaine ne serait-elle pas un mirage, les élus une caste?
Les limites institutionnelles et le fonctionnement de ce grand pays ne contribuent pas à la guérir de ses tares.
Tocqueville en avait déjà pointé certains aspects.

On peut se demander si les lobbyistes n'ont pas acheté le Congrès américain...__Par exemple"...C’est en toute légalité que des groupes d’intérêt ont dépensé 32 523 dollars par jour de session et par parlementaire pour acheter leurs votes (des élus). Ce qui ailleurs est jugé comme une activité criminelle est admis comme un simple business dans un pays qui refuse la notion d’intérêt général et fonde la représentativité parlementaire sur des coalitions d’intérêts particuliers..."

Priorité est souvent donnée aux intérêts privés "...Si le Congrès fédéral des États-Unis est un haut lieu de trafic d’influence, sa médiatisation permanente oblige les parlementaires à la retenue. Au contraire, l’indifférence qui entoure les Congrès des États fédérés y a facilité une généralisation de la corruption. Non seulement celle-ci n’y est pas réellement réprimée, mais elle a été légalisée au travers de « règles éthiques » qui obligent les élus locaux à se vendre de manière transparente au plus offrant en établissant entre eux une libre-concurrence. Une enquête du CPI montre que chaque parlementaire local reçoit légalement en moyenne 150 000 $ par an de pots-de-vins.
___Pour le président James Madison (1751-1836), l’un des pères fondateurs des États-Unis, «
Le système politique États-unien fut basé sur l’inégalité naturelle des hommes ». En effet, la valeur philosophique triomphante étant la richesse et la richesse engendrant le pouvoir, les personnes exerçant le pouvoir -une minorité supérieurement douée et essentiellement composée d’hommes blancs- n’ont de compte
s à rendre qu’à leurs pairs. La population, quant à elle, doit se contenter de la lutte économique pour répondre à sa quête de sens. On ne s’étonnera donc pas de constater que les législateurs états-uniens se présentent comme les défenseurs de groupements d’intérêts et non de l’intérêt général. Et que, dans la pratique, ils défendent souvent leurs intérêts personnels plutôt que ceux des groupes coalisés qu’ils prétendent représenter...
__Capitol Offenders
rappelle à plusieurs reprises des faits essentiels : en 1999, 36.959 entreprises, entités commerciales ou groupements d’intérêts étaient répertoriés comme faisant du lobbying auprès des législateurs des États fédérés, ce qui équivaut à 6 groupes de lobbying pour chaque élu ! Par ailleurs, 18 % des parlementaires d’État ont des liens financiers avec des entités commerciales ou organisations faisant du lobbying auprès des gouvernements fédérés. Au cours des périodes électorales de l’année 1998, individus et organisations ont versé plus de 1,1 milliard de dollars aux candidats, ce qui revient à une effarante moyenne de plus de 150.000 dollars de contribution pour chaque élu en fonction. Enfin, entre 1998 et 2002, plus de 100.000 lois ont été adoptées par les États fédérés, affectant la vie de chaque citoyen états-unien...
___La morale puritaine, dont se prévaut la classe dirigeante aux États-Unis, condamne sévèrement non seulement la corruption active, mais aussi l’acceptation de situations où l’on est susceptible de céd
er à un conflit d’intérêt. Le département d’État conduit des campagnes au sein des institutions internationales, comme l’OCDE ou l’ONU, pour sanctionner des comportements qui portent atteinte à la libre-concurrence. La NED/CIA, via l’association Transparency International, dénonce les États qui tolèrent les bakchichs. Cependant, la même morale puritaine s’accommode sans difficulté des mêmes pratiques lorsqu’elles sont légalisées. Elle ne s’indigne pas des flots d’argent versés par de grandes entreprises sur les élus locaux états-uniens pour acheter leurs votes dès lors que les lobbyistes sont dûment répertoriés et les sommes déclarées. Dans la pratique, les lois d’encadrement éthique aux États-Unis n’ont pas pour finalité d’interdire la corruption, mais de la légaliser et de la rendre transparente. Le marché des élus est érigé en libre-marché et les élus eux-mêmes se vendent en respectant des règles de libre-concurrence. Dans les États du tiers-monde, on encaisse discrètement des dessous-de-table. Aux États-Unis on déclare des pots-de-vins sous le nom politiquement correct de « contributions ». Dans les États du tiers-monde, on peut acheter des dérogations aux lois. Aux États-Unis, on peut acheter les lois..."

-On peut par exemple, trouver
huit lobbyistes santé pour chaque élu à Washington, un puissant lobby des opérateurs auprès du congrès américain. Le poids du lobby pro-israëlien est particulièrement puissant: des relations très particulières. L'AIPAC est devenue incontournable. L'écologie(à l"américaine) fait aussi l'objet d'un lobbyisme intense
....

___________________________________________Bruxelles n'est -il pas devenu aussi un carrefour privilégié d' intense lobbying, comme le pense l'ancien expert européen Raoul M. Jennar?

vendredi 19 novembre 2010

Sauver l'Irlande

Etre ou ne pas être aidé?

__Il y a « Du défaut dans l’Eire », ironise la banque Natixis
Où la ballade irlandaise nous mène-t-elle ?

Fin de la success story:

__De la pauvreté au miracle économique, parent pauvre devenu trop riche, trop vite, grâce à un développement spectaculaire, mais dans des conditions très spécifiques, une concurrence faussée (subventions aux investissements, fiscalité avantageuse, etc...), avec la bénédiction de l'Europe. Un mirage de
miracle? Ou un gâchis ?
"...Pour les économistes Alexis Garatti et Romain Sarron, de Natixis, le "miracle irlandais" a pris fin car il était par plusieurs aspects "artificiel". D'abord, l'économie du pays reposait énormément sur les activités financières et de construction. L'effondrement du marché immobilier et l'implosion du système financier ont lourdement pesé dans la balance. Dublin a d'ailleurs volé à plusieurs reprises au secours de ses banques, qui restent parmi les plus fragiles du vieux continent. Ensuite, les économistes de Natixis expliquent que la croissance a été artificiellement soutenue par un gonflement de la dette des ménages et la bulle immobilière, comme cela fut le cas en Grande-Bretagne par exemple, un autre pays européen qui déchante aujourd'hui. Enfin, le boom économique irlandais a rendu le pays très dépendant des Etats-Unis, qui y investissaient lourdement. La récession américaine a donc eu un effet démultiplié sur la République...."

_
Le tigre celtique est malade. Il était en fait en papier.
_____________________"...
Dans les années 1990, le tigre irlandais affiche une croissance de 6 % par an, et se voit décerner tous les bons points possibles par les chantres du libéralisme sauvage et de la concurrence libre et supposément non faussée. C’est un paradis des entreprises, qui y paient un impôt sur les sociétés dérisoire. En réalité, ce dumping fiscal n’est possible que parce que l’Irlande reçoit un pactole d’aides européennes. C’est, en fait, de la concurrence, très très très faussée. Faussée avec notre argent et à notre détriment. Les multinationales affluent, font venir des immigrés de partout, s’emplissent les poches à plus soif..."
__Une thérapie de choc est nécessaire. On sait qui va en souffrir le plus...Le chômage explose déjà.
La situation du pays peut être le detonateur d'une nouvelle crise, qui peut faire exploser ceux qui sont les plus exposés. Le risque de contagion est redouté.
"Le reste de la zone euro s'inquiète d'une contagion à des pays comme le Portugal, la Grèce ou l'Espagne, dont les taux d'emprunt à long terme ont également flambé.Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, a parlé d'une risque "élevé" que son pays doive aussi faire appel à l'aide de l'Europe..."
_Une panade dont on ne voit pas pour l'instant comment en sortir...
Malgré le relatif
optimisme de DSK et du FMI et l'o
ptimisme de façade du gouvernement irlandais, la situation des banques irlandaises, plombées par une bulle immobilière, semble désespérée. "Sous l'impulsion d'un secteur bancaire largement dérégulé, qui accorde prêts sur prêts, de gigantesques programmes de construction sont lancés au tournant des années 2000. Le prix moyen d'une maison passe de 75.000 euros en 1995 à 390.000 euros en 2006. Mais le scandale des subprimes révèle les risques inconsidérés pris par les établissements bancaires. Le pays est aujourd'hui jalonné de logements vides et de ghost estates, des quartiers fantômes jamais terminés..." (S.Mouillard)
__Certains redoutent un vrai désastre.
Un séisme européen de plus, après la crise grecque? L'Irlande n'est pas la Grèce, une Grèce traumatisée, mais...
_________________________
"...
Les plans de rigueur successifs agissent comme les saignées pratiquées au Moyen-Age sur les malades. Elles affaiblissent le malade sans le guérir le moins du monde. Le nouveau plan démontre toute la perversité du modèle irlandais puisque la population subit une double peine : baisse des revenus (le SMIC va baisser de 11%, les prestations sociales sont coupées) et hausse des impôts (la TVA passe à 23%). Tout cela alors que l’impôt sur les sociétés ne bouge pas et pour financer les banques !_L’Irlande nous donne l’exemple d’une exploitation inique de l’homme au profit des multinationales. Car les grandes entreprises ne vont pas contribuer à l’effort pour rembourser les créanciers du pays. Ce sont uniquement les citoyens qui vont le faire. Et certains, coincés entre une baisse de leurs revenus et une augmentation des impôts risquent de perdre leur logement. Il faut noter qu’en dehors de l’euro, une dévaluation aurait permis à l’Irlande d’éviter la baisse des salaires…Oui, ce qui se passe en Irlande est grave. Voici un pays qui démontre que le système économique actuel est aussi inefficace, qu’injuste et instable. Pire, quand vient la catastrophe, il devient encore plus injuste puisque ce sont les petits qui paient pour protéger les gros. Bienvenue dans la loi de la jungle. " (Laurent Pinsolle)
Faut-il sauver l'Irlande pour sauver l'Europe?
Beaucoup d'ombres sur l'euro, qui jouerait sa survie...
_____On s'apprête à tuer l'Irlande
S
ecourir l'Irlande ne suffira peut-être pas...
Un
dérapage incontrôlé n'est pas à exclure.
__
A quand un sursaut ?
"La perspective de voir l'Europe enfin dotée d'un dispositif de solidarité budgétaire pérenne acceptable par tous les Etats européens vaut bien cependant les quelques dizaines de milliards d'euros qu'il va falloir verser, à fond sans doute en bonne partie perdus, à l'Etat irlandais." (GL)

jeudi 18 novembre 2010

Prendre la Chine "telle qu'elle est"?


Où vont nos rapports avec la Chine?

____A chacun sa Chine?...___

_Se faire une représentation adéquate de la Chine n'est pas simple. Chacun, chaque pays voit la Chine à travers le prisme de ses préjugés, de ses intérêts, de ses fantasmes. Nos images sur la Chine changent selon que nous la regardons côté cour (son régime autocratique, ses inégalités de développement...) ou côté jardin (sa croissance rapide, ses performances économiques...)Admirations ou critiques, selon les cas.

Notre image de la Chine est ambivalente.Le rapport de force avec la Chine a changé. Faut-il s'accomoder des relations existantes?

Naïveté ou réalisme?
___Deux tendances se manifestent en France:
L'une , exprimée de plus en plus par ceux qui voient dans la Chine une puissance désormais dangereusement concurrente, qui, après avoir représenté un atelier intéressant à faible coût de main d'oeuvre, finit par affaiblir et décomposer finalement nos économies, comme M.Bouygues:

"...« Je fréquente la Chine depuis plus de trente ans et je peux vous dire que le marché chinois du BTP, hormis Hongkong, est inaccessible aux entreprises non chinoises. Les Chinois s'appuient sur un énorme marché intérieur, une devise sous-évaluée et de faibles coûts salariaux pour gagner des marchés. De plus, ils ont un gouvernement et des fonctionnaires qui font bloc pour distribuer des subsides et aider leurs entreprises à conquérir des marchés, ce qui n'est pas vraiment le cas en Europe. Il y a distorsion de concurrence quand on les voit arriver sur des appels d'offres internationaux avec des prix inférieurs de 20% aux nôtres. L'Europe, dans ce domaine, fait preuve de naïveté. Bruxelles doit donc modifier ses relations avec la Chine, sinon cette distorsion de concurrence va intensifier la machine à détruire massivement des emplois. Le préalable serait d'obtenir une réévaluation de leur monnaie face à l'euro. Le laisser-faire en l'occurrence n'est pas une solution. Il serait en tout cas inadmissible que des subventions européennes soient accordées pour des affaires en Europe traitées par des entreprises chinoises qui n'exécuteraient pas les contrats dans les conditions et les standards sociaux, économiques et fiscaux européens. Il faut faire vite. Le phénomène atteint une vitesse et une ampleur considérables. La Chine développe à présent des produits à forte valeur ajoutée et l'Europe se fait distancer. Prenons l'exemple de la téléphonie mobile : il y a trente ans, l'Europe imposait au monde la norme GSM. Aujourd'hui, c'est un Chinois, Huawei, qui est devenu leader de l'équipement avec 60 000 ingénieurs en R&D

- L'énigme de la puissance chinoise
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__"Chaque jour qui passe nous éloigne un peu plus de cette idée, émise dès l'ouverture de Deng Xiao Ping de 1979, que le marché ramène forcément à la démocratie. Sauf à considérer que tous les capitalismes se valent, celui de Pinochet comme celui de Willy Brandt. L'exemple est cité à bon escient : le capitalisme neolibéral qui s'est imposé à la planète a utilisé le Chili de Pinochet comme laboratoire avant d'être étendu au monde entier. ..En trente deux ans, nous n'avons que peu constaté d'améliorations libérales en Chine, sauf à considérer que la consultation de sites de rencontre sur Internet est un progrès démocratique. Et il faut la naïveté de Rocard pour croire que la désignation de ses délégués aux forums Europe-Chine a échappé au Parti communiste chinois comme il l'a dit sur France Inter ce matin. Les dirigeants du PCC n'accepteront jamais la démocratie car elle ruinerait leur pouvoir. C'est la raison de fond pour laquelle, contrairement à ce que nous disent les économistes, les experts et autres raffariniens du lobby pro-chinois français, le marché intérieur chinois progresse si lentement : trente deux ans après l'ouverture aux grands vents de la mondialisation, seuls 60 à 80 millions de Chinois gagnent plus de 20 000 dollars par an. Soixante millions sur 1,4 milliards de personnes, on retrouve à peu près le poids de l'aristocratie et de la bourgeoisie françaises avant la révolution. L'émergence d'une classe moyenne est refusée par la majorité du PCC car, bons connaisseurs de l'histoire, ils savent bien qu'elle amènerait la revendication démocratique. Les princes rouges préfèrent donc créer une toute petite classe de milliardaires qu'une classe moyenne d'entrepreneurs, qui après être apparu au début des années 1980, a été consciemment refoulée et réprimée par le régime : plutôt le néolibéralisme, la priorité aux exportations, que des dizaines de millions d'entrepreneurs ruraux ! Alors bien sûr ces quelques dizaines de millions de nouveaux riches et ces milliers de milliardaires font rêver les chefs de Renault et Peugeot. Mais ils ne signifient pas pour autant l'émergence d'une vraie classe moyenne."
Donc,nous n'aurions rien à gagner aux contrats chinois!

_____D'un autre côté, il y a ceux qui, au nom du "réalisme politique", comme Raffarin et Rocard, incitent à prendre la Chine telle qu'elle est" et parient sur la nécessité de continuer à faire du commerce avec ce pays, en estimant qu'il se transformera progressivement de l'intérieur et finira par rééquilibrer ses échanges avec nos économies_
"A l'antenne de France inter, Michel Rocard a pu rebondir sur la visite du président chinois Hu Jintao à Paris et plus largement sur la question de la Chine. Il a notamment insisté sur la nécessité de
"prendre cette nation telle qu'elle est". Il a également précisé que la Chine était consciente des efforts à fournir pour améliorer les conditions des droits de l'homme. "La France, tout en critiquant ce qu'il faut critiquer, ne doit pas en rajouter". Selon lui, la condition des droits et libertés des Chinois est perfectible mais s'améliore progressivement à mesure que son expansion économique se poursuit...."
___Rocard n'exclut pas cependant un certaine forme de protectionnisme limité et provisoire
"...La question de la protection fait partie de ces idées qui ont été massacrées par un excès de symbolique. Je conviens que tout au long de l'histoire le protectionnisme a signifié la mort des pays qui s'y sont voués, qu'il est même porteur de guerre. Je suis un libre-échangiste convaincu, mais je partage aussi l'avis de Maurice Allais : le libre-échange est pertinent entre des pays dont le niveau de développement est comparable. Le monde a fait une folie suicidaire en ouvrant le libre-échange à des pays de niveaux tout à fait différents. L'Afrique illustre tragiquement cette erreur. Elle vit un drame alimentaire, une baisse de l'autosuffisance, et elle doit importer pour manger. La clef pour qu'elle importe moins passe par l'agriculture vivrière. Or celle-ci est détruite par les importations, venues d'Europe et du Brésil notamment. Il faut corriger cela. De manière pragmatique, il faut reconnaître que certains domaines sont stratégiques et doivent faire l'objet d'un protectionnisme sectoriel et temporaire. Mais, pour que cela marche, la mesure doit être mise sous contrôle international"

_______Difficile d'anticiper sur l'évolution politique et économique de la Chine, à la fois forte et faible, dans les années à venir. Bien des choses peuvent se passer, que nous ne pouvons imaginer. En tous cas, des transformations géopolitiques profondes se dessinent, qui ne sont pas sans ambiguïtés. A travers la grande récession, c’est donc une vaste redistribution des cartes géopolitiques qui s’opère à l’échelle planétaire. Avec le lot d’instabilités qui peuvent en découler.
« Halte à la géopolitique des naïfs », c’est le leitmotiv de François Lenglet, directeur de la rédaction du quotidien La Tribune qui, dans La guerre des Empires démonte point par point le mythe du G2 : un condominium sino-américain qui « dirigerait la planète et serait en charge du bien commun ». Les deux géants seraient condamnés à s’entendre dans un équilibre de la terreur post guerre froide : « pour l’Amérique surendettée, il n’y a pas de salut sans le banquier de Pékin, qui achète des dizaines de milliards de bons du Trésor. Et pour le premier exportateur mondial qu’est désormais la Chine, il n’y a pas de croissance sans accès au marché clé : celui des Etats-Unis ». Autant d’idées reçues qui n’existent que dans l’esprit de diplomates « qui sont à peu près aussi clairvoyants que les économistes avant la crise » ironise l’auteur. Si cette interdépendance des puissances trouve une certaine logique en période de croissance économique, il en va tout autrement en temps de crise. Loin du concept survendu de « Chinamérique », François Lenglet auteur, en 2007, de La crise des années 30 est devant nous, voit venir au loin une inéluctable confrontation des empires : « Nous sommes à la veille d’un choc comme notre planète en connaît à intervalles réguliers, toutes les trois ou quatre générations lorsque le leader en devenir affronte la puissance déclinante. L’histoire montre que cette lutte pour la puissance ne se déroule jamais de façon paisible. Au contraire, elle constitue le ressort des guerres les plus violentes ».
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-Haro sur la Chine?__-
Chine en pointe__-Chine , la mutante__-La Chine déstabilise__- Chine: si loin, si près___- Chine-USA : entente (moins) cordiale ?_- Craindre la Chine ?__- Que fera la Chine ?___-Chine d'hier, Chine d'aujourd'hui...
- CHINE : notre énigme ?_
__- Mondialisation à crédit__- Economie chinoise : fragilités__--Chine et Etats-Unis : condamnés à vivre en paix ?

mercredi 17 novembre 2010

Dollar en péril (suite)

Cavalerie en monnaie de singe

« Le dollar est notre monnaie, mais votre problème »
(L’ancien secrétaire au Trésor John Connally)

-"Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n'hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par le loi. Concrètement, elle aboutit aux mêmes résultats. La seul différence est que ceux qui en profitent sont différents".(Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences economiques 1988.)

"Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin"

"La jeunesse qui pourra résoudre la question monétaire fera plus pour le monde que toutes les armées de l'Histoire" (Henry Ford (1863-1947)

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Entre violence et confiance, la monnaie est ambivalente: moyen d'échanges féconds quand l'économie est saine, les rapports équilibrés, la richesse partagée. Elément potentiel de destruction, d'appauvrissement, de régression, quand les finances sont toxiques, quand les dérives spéculatives prennent le dessus. Elle fonctionne alors contre l'humanité.
Le dollar est malade de la Fed, d'une crise entretenue qui a détruit toute confiance, de dettes abyssales générées par l'émetteur. Reste encore l'apparente puissance en déclin, et la monnaie (encore) de référence, contestée.
Tout est bon pour lui donner de quoi durer malgré tout, pour la mettre sous perfusion, en état de coma avancé. La planche à billet joue ce rôle, qui déconnecte un peu plus la masse monétaire de l'économie réelle, perturbant
les échanges mondiaux, tous les pays à qui le billet vert s'est imposé... Le recul du dollar-roi , déjà gravement atteint, va-t-il échapper à tout contrôle?
Quand la bulle du dollar éclatera....que restera-t-il de l'économie américaine et de sa suprématie résiduelle?
__Au vu des choix économiques adoptés par La Maison Blanche et les lobbies financiers, rares sont ceux qui parient sur la pérennité du dollar et sa suprématie durable, dans une Amérique devenue insolvable .
Si la chute du dollar est en partie due à la volonté d'exporter dans de meilleures conditions et de renforcer la difficulté d'importer, donc de faire payer aux autres pays une partie de la dette abyssale, elle est aussi et surtout l'effet d'une dégradation de fait d'un système qui s'épuise à se recomposer et à durer, mais dans les conditions à peu près identiques qu'avant l'éclatement de la crise. On conserve la même logique que celle qui a mené au désastre, ce qui laisse présager de
nouvelles déconvenues.

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_Pour temporiser, en attendant une problématique reprise, les USA jouent aux Faux-Monnayeurs
___________________"...Les Etats du reste du monde sont, par nature, acheteurs de Bons US afin de recycler et de rentabiliser leurs (parfois) immenses réserves en dollars ainsi que leurs excédents commerciaux. Pour autant, la masse de Bons du Trésor actuellement sur les marchés est tout simplement vertigineuse et sans précédent dans l’Histoire du fait des besoins vitaux en liquidités du Gouvernement Fédéral Américain. Gouvernement qui affirme que ses Bons – toujours plus nombreux en circulation – trouvent facilement des amateurs qui feraient même monter les enchères en payant toujours plus cher ces papiers-valeurs Américains… Pourtant, ces investisseurs étrangers – privés et institutionnels – expriment publiquement les doutes les plus sérieux vis-à-vis de la valeur et de la fiabilité de ces mêmes Bons du Trésor US
._En fait, c’est l’Etat Américain qui achète lui-même – via la Fed – ses propres Bons en laissant croire que les investisseurs internationaux sont heureux de s’en porter acquéreurs à des prix qui, de surcroît, se retrouvent à leur plus haut niveau historique. Cette propagande....n’ayant évidemment pour but que d’éviter un glissement – voire un effondrement – de la valeur de ces obligations avec, comme conséquence immédiate, la remontée des taux d’intérêts Américains qui sera le signal de la liquéfaction nationale Américaine… La Réserve Fédérale et le Gouvernement Américains se lancent ainsi dans une tricherie d’une ampleur gigantesque afin de s’épargner la faillite de leur Etat et de leur économie.
_Le fait est que le bilan de cette Réserve Fédérale, fondée en 1913 et prétendument arbitre de la stabilité des prix, est absolument désastreux puisque le billet vert – qu’elle est censée défendre – a perdu 97% de sa valeur depuis cette époque ! Dernier Président en date, Ben Bernanke s’est donc lancé dans la destruction des 3% résiduels en faisant tourner à un rythme infernal sa planche à billets afin de remplacer rapidement les anciens dollars par de nouveaux … qui ne vaudront quasiment plus rien. La croissance sera-t-elle au rendez-vous de ces injections massives de billets considérablement dévalorisés ? Et quand bien même elle le serait : cette croissance hypothétique ne sera qu’illusion. En fait, nous n’assistons pas seulement à la banqueroute programmée de ce pays mais également à la faillite intellectuelle des Gouvernants Américains ! Qui pourrait nier que cette masse de billets créés à partir du néant et injectée dans le système ne sert qu’à diluer les actuels dollars et, donc, à fortement entamer ce qui leur reste de valeur … à l’instar d’une société qui chercherait à améliorer ses résultats en émettant à vide quantités de nouvelles actions ?.."


__Mais Washington semble se soucier comme d'une guigne de ce qui peut arriver aux autre monnaies, rivées au dollar et à ses aléas. Dans son pragmatisme à courte vue, l'urgence est pour elle de relancer la consommation, donc la production et les exportations, aux prix les plus bas, assurant ainsi un protectionnisme qui ne dit pas son nom, qu'elle n'a jamais abandonné en fait.
__________"... La Fed va imprimer des centaines de milliards de dollars pour acheter des obligations que le Trésor américain émet pour rembourser ses anciens emprunts.
_Cela consiste, pour résumer les choses de façon un peu simplifiée, à faire de la cavalerie en utilisant de la monnaie de singe. Ou si l'on préfère encore, à mettre en place un schéma de Ponzi, comme
Bernard Madoff, mais à la puissance 100 000, et en rémunérant de surcroît les clients avec de faux billets.
_M. Bernanke justifie cette pratique peu recommandable par la volonté de maintenir les taux d'intérêt à long terme à de très bas niveaux (ce qui aidera en théorie le marché immobilier à redémarrer) et de favoriser l'achat d'actions (ce qui enrichira les Américains et les incitera à "re"consommer).
_Foutaises que tout cela, a répondu en substance, dans le Financial Times, l'économiste de Harvard Martin Feldstein. Les bienfaits économiques à attendre du "QE2" sont minimes, mais les risques multiples et grands. Au premier rang desquels, celui de provoquer d'énormes perturbations dans le système monétaire mondial. Car les dollars créés par la Fed ne vont pas rester aux Etats-Unis, mais émigrer vers les pays à forte croissance, où ils sont mieux rémunérés. Déjà, le Brésil, la Thaïlande, la Corée du Sud et l'Indonésie ont annoncé des mesures pour empêcher un afflux trop massif de capitaux chez eux. Ils érigent des barrières, font du " Quantitative Tightening", du resserrement monétaire quantitatif. "QE2 contre QT1", c'est le titre du film de la guerre monétaire qui se profile.

_Après la politique laxiste d'Alan Greenspan qui a conduit à une crise mondiale du crédit, c'est donc maintenant le
"QE2" de Ben Bernanke qui menace de diffuser son poison à toute la planète. Cela commence à faire beaucoup. On connaît la phrase du secrétaire au Trésor de Richard Nixon, John Connally, à propos du dollar. "Le dollar est notre monnaie et votre problème." On peut l'actualiser : "La Réserve fédérale est notre banque centrale et votre problème."...

_Quand quelqu'un d'aussi intelligent et d'aussi compétent commence à faire des choses déraisonnables, il y a lieu de s'inquiéter. Surtout lorsqu'on sait ce que M. Bernanke a pu expliquer un jour :
"Si l'on comparait la politique monétaire à la conduite d'une voiture, il s'agirait d'une automobile avec un compteur de vitesse fantasque, un pare-brise embué et une tendance aux embardées." Pas très rassurant pour les passagers que nous sommes.

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"...La prépondérance du billet vert... reflète d’abord l’importance de la première économie du monde. Mais aussi, et surtout, le fait que les États-Unis sont déliés de toute contrainte en matière de création de monnaie, ce qui leur permet d’inonder la planète de dollars. En effet, depuis le 15 août 1971, la devise américaine n’étant plus convertible en or, la création monétaire aux États-Unis n’est plus assujettie à la possession de stocks de métal jaune par la Réserve fédérale. En clair, l’Amérique peut créer autant de dollars qu’elle veut. Ce qui lui offre un avantage considérable par rapport aux autres pays : non seulement ces derniers constituent majoritairement leurs réserves en dollars (et non pas dans leur propre monnaie), mais ils sont obligés d’utiliser le billet vert dans tous leurs échanges financiers avec les États-Unis. En son temps déjà, lé général de Gaulle avait dénoncé ce « privilège exorbitant de l’Amérique », reprenant la formule de l’économiste Jacques Rueff. « Ce que les États-Unis doivent à l’étranger, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre », avait-il estimé. Depuis, la problématique n’a guère changé. Les États-Unis renforcent en permanence l’influence du dollar puisqu’ils continuent à s’endetter dans leur propre monnaie via notamment les bons du Trésor. Officiellement, les gouvernements américains expliquent que c’est au marché des changes de fixer la valeur des monnaies, tout en affirmant vouloir un dollar fort. En réalité, le département du Trésor oriente le billet vert à la hausse ou à la baisse selon ses intérêts du moment...."
-(Vidéo : Le dollar, « notre monnaie et votre problème »)
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-Le sort du dollar se joue à Pékin
-Le dollar, l'empire et la monnaie
-Fin de l'empire US: un mythe?
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Les FAUX MONNAYEURS