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mardi 24 novembre 2009

Juifs déchirés

Désarroi profond



Un certain nombre de Juifs français, fidèles à leurs origines, leurs traditions..ne sont pas ou plus en accord avec la politique israëlienne du moment et rejoignent les critiques d'Israëliens hostiles à la politique menée notamment depuis Sharon et au processus de colonisation, comme Burg,WARSCHAWSKI ,Grossman,La Paix Maintenant, un certain nombre de journalistes(Haaretz) comme Gideon Levy et d'intellectuels
Coincés entre leur judéité et la réalité d'une politique prétendant agir au nom de leurs valeurs essentielles, ils s'estiment trahis , dénoncent les dérives d'un nationalisme qui ne dit pas son nom et prennent leurs distances, comme cette organisation
Esther Benbassa est de ceux-là
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Esther Benbassa : «On ne peut plus être juif aujourd'hui comme avant Gaza» | Mediapart
"«Comment être juif après l'offensive israélienne contre Gaza ? Mais peut-on cesser d'être juif ?» Directrice d'études à l'École pratique des hautes études, Esther Benbassa est aussi l'auteur, parmi de nombreux ouvrages, d'Etre juif après Gaza, paru au début de l'automne. Moins d'un an après l'offensive israélienne qui fit 1400 victimes palestiniennes, dont au moins 700 civiles, l'intellectuelle franco-israélienne s'interroge : quel est le rôle d'un Juif de la diaspora aujourd'hui? Le fait d'être juif ne convie-t-il pas à une certaine «éthique», au regard de l'histoire et de la souffrance passée? Israël est-il condamné à s'enfermer dans un autisme caractéristique des «nationalismes qui ont mal tourné»? «Juif, nous dit Esther Benbassa, en tout état de cause, probablement le reste-t-on, si du moins être juif relève d'abord d'une posture fondatrice, celle du regard constant porté sur soi et sur autrui pour établir invariablement la balance entre soi et le monde. À ce Juif-là, Gaza, de toute évidence, lance plus d'un défi.» Entretien._____Esther Benbassa, pourquoi poser la question des Juifs après Gaza, et non pas simplement des Israéliens, alors même que, selon vous, de plus en plus de Juifs de France et des États-Unis se détournent d'Israël __Ce n'est pas en tant qu'Israélienne que j'ai fait ce livre, même si je possède la nationalité. C'est en tant que Juive. Et aujourd'hui, pour beaucoup de Juifs, le judaïsme en Occident n'est pas envisageable sans identification à Israël. C'est devenu un marqueur identitaire. Et c'est un vrai problème. Aujourd'hui, ce judaïsme ne se définit que par Israël et l'histoire de la Shoah qu'il partage.Or, sans la diaspora, Israël n'existe pas non plus. Le soutien, politique et financier de la diaspora, est très important pour Israël, ce qui est amusant si on se souvient qu'au début de son histoire, le sionisme a en quelque sorte malmené le Juif de la diaspora, qui n'avait pas choisi «la voie du salut», celle de l'émigration en terre sainte. Il y avait d'ailleurs, au début de la création de l'Etat, des affiches montrant une caricature du Juif de la diaspora, malingre, pâle, faible, opposé au nouveau Juif d'Israël, fort, élancé, beau, qui avait profité du soleil et surtout qui travaillait la terre. Cela ressemblait étrangement aux codes d'autres nationalismes qui ont mal tourné.
Aujourd'hui évidemment, comme Israël dépend d'eux, les Juifs de la diaspora sont plutôt bien vus.
Mais la majorité des Juifs de la diaspora n'existent, en tant que Juifs, que par rapport à Israël, qui représente un «lieu de survie», de protection. C'est un investissement dans sa sécurité pour que les Juifs, dans des temps durs, puissent avoir un endroit où aller.
C'est donc un lien très compliqué, d'autant que la majorité des Juifs qui soutiennent Israël ne sont pas pratiquants. Et, de fait, ceux qui critiquent Israël sont très peu nombreux.

C'est dans cette perspective que j'ai voulu montrer mon propre désarroi en tant que Juive, qui est favorable à l'existence de l'Etat d'Israël, même si je le critique. Comment serais-je juive aujourd'hui à côté de cet Israël qui a commis ces crimes de guerre ? Je pense donc vraiment qu'il y a un tournant : les Juifs en diaspora ne pourront plus l'être comme avant. Pourquoi Gaza serait-il un tournant ? Israël a été régulièrement impliqué dans des conflits depuis sa création. Conflits qui ont fait de nombreuses victimes civiles...Il s'est certes passé des choses terribles avant Gaza, qui est un «aboutissement», si on peut dire, et certainement pas un début. Mais quelque chose s'est passé, dans le sens où les images qui ont défilé sur Internet ou à la télévision étaient terriblement choquantes, insupportables. Israël a perdu la guerre de l'information. Je ne crois pas qu'il y ait eu jadis un tel changement dans la perception d'Israël par l'opinion publique. Les gens ont été bouleversés par ce qu'ils ont vu. ___A l'inverse, j'étais en Israël pendant Gaza, et à la télévision israélienne, on ne voyait pas grand-chose... Je suis arrivée à Tel-Aviv le 24 décembre, et même à partir du 27, quand l'offensive a débuté à Gaza, c'était comme s'il ne se passait rien. On ne parlait pas beaucoup de la guerre. Les gens continuaient à vivre comme d'habitude. À la télévision, on voyait les interviews des habitants de Sderot, qui subissaient les roquettes du Hamas, qui avaient quelques tuiles cassées.... mais les habitants de Gaza, on n'en parlait pas, ils n'existaient pas. ___Et quand je suis rentrée en France, j'ai été impressionnée par ce que les gens avaient ressenti ici, par ce décalage, par cet autisme israélien. Et je me suis demandé s'il n'était pas temps, pour les Juifs de la diaspora, de dire non à Israël, et ne plus soutenir tout ce qu'Israël fait. Parce que ce n'est plus possible.L'histoire que nous, les Juifs, avons derrière nous, cette histoire nous convie à une certaine éthique, face à ceux qui sont opprimés, colonisés, maltraités. Nous sommes dans l'obligation de suivre cette éthique, qui est en quelque sorte la genèse de ce livre....
Je crois que les Juifs n'étaient pas faits pour le nationalisme. À force de vivre en diaspora, d'avoir même presque oublié le souvenir d'un Etat hébreu dans l'Antiquité, ils ne connaissaient pas le nationalisme. Au XIXe siècle, le sionisme, projet autant européen que juif, est une réponse au nationalisme. Sauf que jusque-là, les Juifs n'avaient pas cette habitude. Je cite d'ailleurs une correspondance d'un instituteur de l'alliance israélite universelle qui écrit que, du fait des souffrances que les Juifs ont subies à cause des nationalismes, s'ils devenaient nationalistes eux-mêmes, ils deviendraient les pires nationalistes. C'est vrai, car en Israël aujourd'hui, il y a une sorte de zèle, comme s'il fallait avoir un nationalisme encore plus ravageur que les autres, qui ont fait beaucoup de mal : on connaît l'histoire du XXe siècle, quand même...
On ne peut pas nier que ce qui se passe aujourd'hui en Israël est une dérive du nationalisme. D'autant que la création de l'Etat d'Israël n'est pas liée à la Shoah : s'il n'y avait pas eu le sionisme avant, il n'y aurait jamais eu d'Etat. Le génocide a hâté sa fondation, mais Israël est davantage issu d'un long parcours.
Bref, il faut le dire : on n'a pas le droit en tant que Juifs de soutenir ce qu'Israël fait subir aux Palestiniens. J'ai encore été très choquée quand j'ai lu qu'Israël s'opposerait à l'indépendance des Palestiniens s'ils la proclamaient devant l'ONU. Car pour l'heure, il n'y a plus d'autre issue....
La Shoah est ensuite passée par là. Et l'on a regardé toute l'histoire des Juifs avec les yeux de ceux qui avaient subi le génocide. Mais souffrir ne rend pas meilleur. Et la souffrance des Juifs les empêche aujourd'hui de percevoir celle des autres. C'est tout le problème.
"

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Edgar Morin, juste d’Israël ?
-La Paix Maintenant
- "La critique d'Israël ne constitue pas une "nouvelle forme d'antisémitisme"
-Parti socialiste : l’impossible critique d’Israël
-Criminaliser la critique envers Israel
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-Quel rapport à la la judéité ?
-Union Juive Francaise pour la Paix
- Israël : divisions et dérives
- Israël - Palestine : enlisement
- Israël : crises
-Gaza: autre regard
-Israël: pacifisme en recul
-A quoi sert le CRIF ?
-Israël : entre mythe et histoire

lundi 23 novembre 2009

Pétrole: vers la fin?    

Une déplétion inévitable et proche



Pour quand?





Les avis divergent (à 10 ans près...). Les meilleurs spécialistes -souvent ex-géologues pétroliers- sont les plus alarmistes et dénoncent l'omerta et la falsification des données fournies par les Etats ou les grandes compagnies, compliquant les prévisions-les réserves ayant été surestimées .Certaines
cependant affichent leurs préoccupations et des politiques mettent les pieds dans le plat, non sans arrière-pensées.

Le peak oil pourrait déjà être en cours. Au sein de l’Aspo, nous considérons tous qu’il est probable qu’il interviendra à un moment ou un autre au cours de la présente décennie, dit Laherrère, qui a été longtemps directeur des techniques de prospections du groupe Total, avant de prendre sa retraite. Compte tenu du flou savamment entretenu autour des réserves, on ne sera vraiment sûr qu’il a eu lieu qu’une fois que les prix de pétrole commenceront à augmenter de manière systématique (...) Je crois que d’ici là, nous allons connaître une dizaine d’années au cours desquelles la courbe de la production pétrolière va ressembler à un plateau bosselé, avant qu’elle ne commence irrémédiablement à chuter. »
-Vers la fin du pétrole bon marché-
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La production pétrolière va commencer à décliner dans les 5 ans:
"...Après plusieurs années passées à étudier ce dossier, Robert Hirsch estime aujourd’hui que nous disposons de moins de cinq ans avant que la production pétrolière mondiale ne commence à décliner, provoquant à coup sûr une récession de grande ampleur. Il est grand temps, dit-il, que les responsables politiques aient le courage de faire face aux mauvaises nouvelles en provenance du secteur énergétique et osent enfin aborder cette question de front.

L’histoire du pic pétrolier est certainement l’histoire de mauvaises nouvelles. Il n’y a aucun moyen pour embellir la réalité, à l’exception peut-être de ce que j’ai fait parfois, c’est-à-dire de déclarer qu’en 2050, nous aurons réussi, nous aurons traversé la récession due au pic pétrolier - très probablement une très profonde récession. À un certain point, nous allons nous en sortir parce que nous sommes des êtres humains, et que nous ne nous décourageons pas. J’ai foi dans les gens en fin de compte. Mais ce sont de mauvaises nouvelles et tout responsable du gouvernement qui prendra la parole pour annoncer ces mauvaises nouvelles devra enchainer immédiatement en déclarant « voici ce que nous allons faire à ce sujet ». Mais personne ne semble prêt à cela.Le pic pétrolier est un problème plus important que celui du système de santé, du déficit du budget fédéral, et ainsi de suite. Nous parlons de quelque chose qui, pour prendre une position médiane entre les prévisions apocalyptiques et l’optimisme inconscient de certains, sera extrêmement dommageable pour l’économie américaine et mondiale pour une très longue période. Il n’y a pas de remède miracle.______Question : Comment décririez-vous les enseignements majeurs que vous avez retiré de votre étude de 2005 ?Hirsch : Ce que nous avons fait, consistait à étudier ce que serait un programme mondial d’urgence pour atténuer les conséquences [du pic]. Nous voulions savoir quel était le maximum de ce qui était humainement possible. C’est ce qui délimitait la recherche. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles, même dans les meilleures conditions, les choses ne peuvent pas et n’iront pas aussi vite que ce nous avions présupposé. Nous savions dès le départ que le système énergétique est énorme et que la quantité de produits finis dépendant du pétrole était considérable. Nous savions que cela ne pouvait pas être transformé rapidement, et que dans un certain nombre de cas, il n’y aurait rien à faire - car il n’existe aucune alternative aux combustibles liquides. Nous savions aussi que l’efficacité énergétique pourrait faire une grande différence, mais nous avons été surpris d’apprendre que l’amélioration des économies en carburants des véhicules serait beaucoup plus lente que ce que nous avions imaginé avant de faire notre analyse. Nous nous sommes aperçus qu’avec un taux de déclin de la production mondiale de pétrole qui allait atteindre plusieurs pour cents par an, cela prendrait très longtemps pour que les mesures de mitigation puissent compenser la baisse de la production mondiale de pétrole. Fondamentalement, notre résultat le plus important, c’était que le lancement d’un programme d’urgence mondial 20 ans avant que le problème n’apparaisse éviterait de graves problèmes. Si on ne commence que 10 ans avant on a beaucoup plus de difficulté, et si on attend jusqu’à la dernière minute, jusqu’à ce que le problème soit devenu évident, alors on est dans le pétrin pendant bien plus longtemps qu’une décennie. Au train où vont les choses, nous ne disposons plus des 10 ou 20 ans de ces deux scénarios..."

- Les réserves de pétrole sont dangereusement surévaluées, dénonce un groupe d'experts:
"...L’affaire est entendue, le monde devra bientôt se passer de pétrole. Mais quand exactement ? Mystère... Voilà trois ans que BP Amoco a adopté son nouveau slogan : "Au-delà du pétrole". Pourtant, aucune donnée officielle sur la production pétrolière ne mentionne de déclin des extractions avant (au pire) 2030. Depuis quelques mois, un contre-discours officieux s’impose peu à peu de colloques spécialisés en sites web. Il est nettement moins optimiste. Le "peak oil" - c’est-à-dire l’instant à partir duquel la production pétrolière mondiale va commencer à s’effondrer irrémédiablement, faute de réserves suffisantes - ne serait pas pour 2030, mais juste là, "à portée de main". Le pic de production pétrolière pourrait même être déjà en cours sans que personne n’ait encore pu s’en apercevoir !______
L’association qui, depuis 2001, tient ce discours pour le moins iconoclaste sur l’avenir du pétrole mondial s’appelle l’Aspo
: Association for the study of peak oil. Elle rassemble plusieurs départements universitaires européens de géologie autour d’un noyau dur d’une dizaine de retraités bénévoles, tous anciens hauts responsables de la prospection de groupes pétroliers tels que Fina, Total ou Shell.Vers un choc pétrolier permanent.Officieusement admise depuis toujours par les connaisseurs du monde pétrolier, la falsification des données officielles sur les réserves de pétrole encore disponibles serait systématique, clament les membres de l’Aspo. L’accusation concerne à la fois les Etats qui produisent le pétrole, ceux qui le consomment ainsi que les groupes privés qui le vendent.L’Aspo met le monde en garde : le peak oil entraînera un choc pétrolier permanent aux conséquences vertigineuses. Seront touchés non seulement les transports qui, d’après l’OCDE, dépendent toujours à plus de 96% des hydrocarbures, mais aussi les grands équilibres géopolitiques, l’industrie, la production agricole et, in fine, la démographie planétaire._______________
"Pas de plan B"
__"Aujourd’hui, je crois que le peak oil ne pourra être correctement prédit qu’une fois qu’il aura déjà eu lieu. Ce qui est certain, c’est qu’il va arriver. Et mon analyse personnelle me porte à croire que le pic est déjà là, à portée de main, et pas à plusieurs années devant nous. Si j’ai tort, eh bien j’ai tort. Mais si j’ai raison, les conséquences seront imprévisibles et dévastatrices. Si j’ai raison, malheureusement le monde ne dispose d’aucun plan B.
A la fin des années soixante, les humanistes du
"club de Rome" avaient raison de pointer du doigt les "limites de la croissance."L’homme qui s’est exprimé ainsi le 27 mai dernier, lors d’une conférence de l’Aspo organisée dans les locaux de l’Institut français du pétrole (IFP), est tout sauf un écologiste confit de paranoïa. Matthew Simmons, un banquier d’affaires, a été l’un des principaux conseillers du vice-président américain Dick Cheney au sein de la task force chargée en 2001 d’élaborer la politique énergétique de l’administration Bush. Les experts de ce groupe étaient pour la plupart issus des entreprises de l’énergie américaines, et leur partialité en faveur du lobby texan du pétrole est aujourd’hui vivement critiquée aux Etats-Unis.____
Le débat sur l’imminence du peak oil n’est pas cantonné à quelques obscurs laboratoires de géologie indépendants.
Jean Laherrère est le seul français parmi les membres fondateurs de l’Aspo. Aujourd’hui retraité et bénévole, ce géologue a travaillé pendant trente-sept ans pour Total, et a longtemps été le patron des techniques d’exploration du groupe. Il témoigne : "Cela fait 50 ans que les experts tentent d’anticiper le peak oil . Aujourd’hui, tout le landernau pétrolier connaît les thèses de l’Aspo. Mais le grand public, lui, ne les connaît pas encore (...) Les Browne (patron de BP, ndlr), Cheney (ancien patron du géant américain Halliburton) et autres Khodorkovsky (ancien patron du groupe russe Yukos, arrêté par le Kremlin en octobre) sont parfaitement au courant du problème. Voir naître un débat autour de l’authenticité des chiffres officiels sur les réserves de pétrole est sans doute la dernière chose au monde que souhaitent ces gens-là."Pour l’instant, ils n’ont pas à s’en faire. Selon Laherrère, les experts en prospective énergétique du ministère français de l’Industrie ne disposent pas de données fiables sur les réserves pétrolières. Leur niveau d’alerte vis-à-vis de l’imminence du peak oil est "nul", déclare-t-il. Laherrère va plus loin : "Aujourd’hui, il est impossible pour un pétro-géologue de parler ouvertement du peak oil s’il n’est pas à la retraite." L’ancien responsable de la prospection de Total se refuse toutefois à parler d’"omerta"ou de "désinformation". Pourtant..."

-Pic pétrolier : le compte à rebours a commencé
-Reporterre.net - Le pic pétrolier est tout proche
-Oleocene.org | Site dédié à la fin de l'âge du pétrole
-Peak Oil : sommes-nous prêts ? -
-Peak oil : pour quand ?
-Reporterre.net - Total se prépare
-Dick Cheney, le pic pétrolier et le compte à rebours final
-Terre De Brut
-Pétrole
-Pic pétrolier - Wikipédia
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-Energie: base de tout

dimanche 22 novembre 2009

Chine-USA : entente (moins) cordiale ?

Complémentarité conflictuelle


-La guerre des tigres-





-Grâce à sa vertigineuse croissance économique, la Chine génère des conflits, assimilés à une « guerre sans limites ». Le champ de bataille s’étend désormais à l’énergie, aux médias, à la finance, au commerce ou encore à l’industrie, et culmine avec le cyberespace, qui déploie des armées de soldats numériques. A la guerre militaire conventionnelle se substituent alors de nouvelles règles : « Gagner le combat sans tirer une balle ou plutôt gagner le combat sans perdre un seul homme », explique un ancien dirigeant de la CIA en Asie. Reste à méditer la phrase de Deng Xiaoping : « Il ne peut y avoir deux tigres sur la même colline. » (F5)

-"..Ce lundi matin, la République populaire, par la voix du porte-parole au ministère du Commerce, a taxé les Washington de protectionnisme croissant. «Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux étaient des partisans de la liberté de commerce (...), et nous avons soudain des Etats-Unis protectionnnistes, a déclaré à la presse Yao Jian. Les Etats-Unis (...) ne devraient pas créer diverses barrières commerciales pour protéger leur industrie nationale.»Le porte-parole de Pékin a par ailleurs réaffirmé que les autorités chinoises préserveraient la stabilité du yuan, s'indignant des pressions «injustes» des Etats-Unis pour une réévaluation de la monnaie chinoise, alors qu'eux-mêmes ont laisser le billet vert se déprécier «pour accroître leur compétitivité».«Il est préjudiciable à la reprise mondiale et injuste [de la part des Etats-Unis] de demander aux autres [monnaies] de s'apprécier tout en laissant le dollar continuer de plonger», a déclaré Yao Jian. Le yuan est de facto réarrimé au dollar depuis l'été 2008. Et les grands partenaires commerciaux de la Chine - Etats-Unis et Union européenne en tête - l'accusent de garder sa monnaie sous-évaluée pour favoriser ses exportations...(Libé)__________________

Chine-USA : G2 ou aimable discorde ?:
"Nicolas Sarkozy avait réussi à convaincre le Président brésilien Lula de militer en faveur d’un G14, alternative au G8 de l’ancien temps et au G20 trop lourd à manier. De son côté, Barack Obama avait fait savoir qu’il trouvait ce « G-agenda » un peu trop chronophage. On comprend mieux pourquoi en voyant comment l’administration américaine a mis les petits plats dans les grands pour recevoir une délégation chinoise imposante de 150 membres et inaugurer ainsi ce que la presse internationale a immédiatement décrypté comme un G2 susceptible de remettre le monde sur les rails. Ah, que ce sigle sonne délicatement aux oreilles de nos économistes ! Imaginez un instant une fusion Chine-USA : l’ensemble serait parfaitement équilibré entre le déficit américain et l’excédent commercial chinois, et assez complémentaire, les nouvelles technologies, la chimie, l’industrie militaire et l’agro-alimentaire américains s’articulant bien aux atoûts industriels chinois. L’économiste Patrick Artus ne cesse de célébrer les vertus de cette alliance.
Oui mais la géolitique est plus proche de l’algèbre que de l’arithmétique. Autrement dit, on est peut-être en train de célébrer un G2 au moment où Etats-Unis et Chine voient se multiplier les sujets de discorde. La Chine et les Etats-Unis apparaissent comme les deux géants du monde. Mais ces géants ont de nombreuses faiblesses. Le déclin de l'empire américain n'est plus une lubie pour personne. Chacun sait que le leadership du dollar est compté et que l'industrie américaine aura toutes les peines du monde à se redresser. Quant à l'émergence chinoise, elle suscite de plus en plus d'inquiétude. Dans combien de temps la bulle immobilière du pays éclatera-t-elle ? Quand découvrirons-nous les actifs pourris de ses banques ?Chine et USA doivent aussi compter avec leurs nombreux différents. Pékin a besoin que les consommateurs américains continuent à acheter du made in China, alors qu’Obama espère de ses concitoyens qu’ils vont moins consommer et davantage épargner. Washington exigeait du gouvernement chinois qu’il réévalue la monnaie chinoise pour faire baisser le déficit commercial américain. Ce n’est plus de saison. En cédant une partie de leurs bons du Trésor et en évoquant l’hypothèse d’un nouveau système monétaire qui se passerait du dollar, la Chine a montré que les cartes économiques et monétaires étaient désormais dans sa main.
La Chine souhaite aussi que les capitaux de son plan de relance servent d’abord les intérêts des grands groupes chinois, d’où l’apparition d’un protectionnisme discret dans les appels d’offres de grands travaux. De son côté, le gouvernement américain est parfois obligé de lâcher du lest devant les lobbies industriels américain qui exigent des mesures protectionnistes.
Bref, si un nouvel équilibre se fait jour, il traduit le rapport de forces d’un moment et non les contours d’un nouveau monde. En fait, il faut lire à l’envers, à la manière d’Orwell le discours de Barack Obama : si le numéro un américain tend la main à la Chine aujourd’hui, c’est peut-être parce que celle-ci n’a pas vraiment besoin de la saisir. Ce G2 à moitié réussi pourrait finalement n’avoir qu’une seule vertu : montrer aux Européens, aux Russes et aux Japonais qu’ils auraient tout intérêt, eux aussi, à se concerter. Pour jeter les bases d’un capitalisme libéré de son virus spéculatif. On peut toujours rêver
. "
-Geithner fait "confiance" à la Chine pour laisser sa monnaie remonter

-La Chine avertit les USA qu’elle pourrait bientôt cesser de financer leur dette:
Les USA ne doivent pas espérer se sortir de cette crise en empruntant sans limite, car la Chine n’est pas prête à continuer ad vitam aeternam à recycler ses dollars sous forme de bons du Trésor, avertit le China Daily, un quotidien en langue étrangère contrôlé par le Parti Communiste. La Chine s’irrite visiblement du risque croissant de la chute de la valeur des bons US, et lance des menaces à peine voilées : « toute négligence sur la gravité de ce problème causerait de graves difficultés à la fois pour le débiteur et le créancier. »
-Vers une nouvelle guerre froide
-Vers une nouvelle guerre froide?
- La Chine verte et Gulliver verrouillé
- Le jeu dangereux du yuan faible
-Chine et USA engagés dans une nouvelle guerre froide pour l’or noir africain
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-Chine: si loin, si près
- Que fera la Chine ?
-Craindre la Chine ?
- Mondialisation à crédit
- Economie chinoise : fragilités
-Chine et Etats-Unis : condamnés à vivre en paix ?

samedi 21 novembre 2009

Grand emprunt: confusion

Pour laisser un nom?

Méthode brouillonne qui aiguise les appétits des lobbies

-
Malentendus sur les objectifs -

-"...On se demande, pourquoi l’Etat fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait dans le contexte actuel de la crise, c’est-à-dire insuffler des liquidités dans le circuit de la consommation pour relancer la machine économique ? Seule explication à laquelle il est pourtant difficile de souscrire : il s’agirait d’aider les banques et autres prêteurs à placer leur argent de façon sûre, sachant que le pouvoir d’achat de la population, toujours en berne, ne le permettrait pas sans risquer de renouveler la crise des subprimes. Le justifier ainsi serait une façon d’avouer qu’on préfère aider les banques que la population, ce qui est impensable…Ou encore emprunter actuellement à moyen terme, en profitant des bas taux en vigeur, - tablant sur le fait que ce taux augmenterait forcément -, pour rendre cette opération moins onéreuse qu’elle le deviendrait.Quant à l’ancienne méthode qui consistait à diminuer le poids de la dette en faisant marcher la planche à billets, c’est devenu impossible à cause de la BCE qui bloque toute velléité dans ce sens, en décrétant des taux directeurs dissuasifs..."(L.Peretz)

-Le grand emprunt ne sera « que » de 35 milliards maximum, et non de 50 à 100 milliards comme l'espérait Henri Guaino. Mais l'emprunt devient anachronique : l'Assemblée débat depuis des semaines du projet de budget de l'Etat pour 2010 (adopté mardi), qui prévoit déjà quelques 212 milliards de besoin de financement supplémentaire pour l'an prochain !
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"Grand emprunt" Sarkozy : les trois erreurs du gouvernement -Rue 89
"Le grand emprunt tourne à la complète confusion..., il est intéressant de revenir sur les trois causes principales de cet enlisement : une méthode imprécise, l'oubli de quelques principes, une insuffisante prise en compte des caractéristiques de l'innovation._________Une méthode brouillonne qui aiguise les appétits des lobbys:La méthode pour commencer : en remettant à plus tard les décisions portant sur le public visé par l'emprunt, son montant, son architecture, le gouvernement ouvrait la porte à toutes les revendications sectorielles et instrumentalisations politiques.On n'a pas été déçu ! Face au slogan noir et blanc d'« ardente obligation nationale » brandi par Bertrand et Besson, un PS transformé en inflexible gardien des finances publiques dénonce un endettement accru, rejoignant Jean-François Copé, pour qui il faut d'abord réduire les déficits et ne choisir l'emprunt qu'en dernier ressort !Parallèlement, tous les lobbys industriels sont montés au créneau avec leur projet d'investissement clé en main : infrastructure très haut débit et réseau logistique pour le Medef, avion « vert » pour l'aéronautique, télésanté, réseau électrique, très haut débit et route intelligente pour les industries électriques et électroniques…La liste est trop longue pour être détaillée. Chacun craint de ne pas être invité à partager le gâteau final, comme les biotechnologies végétales affirmant hier leur désir de ne pas être oubliées…___________Des malentendus sur les objectifs d'un tel emprunt_On le sait, l'Etat emprunte en permanence sur les marchés pour équilibrer son budget mais ce dernier reste néanmoins principalement financé par l'impôt (les recettes fiscales couvrent 76% des dépenses hors dette en 2009).Ce prélèvement collectivement consenti permet de fournir au pays des biens publics (défense, justice, éducation, infrastructures) qui n'existeraient pas sinon car non rentables pour les acteurs économiques traditionnels.Emprunter hors budget sur les marchés financiers est ainsi une opération de nature différente, dans laquelle il redevient un investisseur standard qui devra rembourser le crédit obtenu et les intérêts par les recettes générées.Si un effort massif est indispensable en faveur des universités, la suggestion de mobiliser à cette fin le grand emprunt est ambigüe. Il ne faudrait pas qu'afin d'assurer ce service, pour lequel nous contribuons tous par l'impôt, l'Etat s'exonère de ses responsabilités en renvoyant le dossier à l'extérieur, et en s'abstenant de définir ses propres priorités et choix budgétaires.Pour les investissements plus classiques, rentrant dans un cadre marchand, d'autres questions se posent : quelle est la valeur ajoutée apportée par l'Etat emprunteur par rapport aux entreprises ? Sur les sujets évoqués, cela peut-il se mener en dehors d'un cadre européen ? Comment, et avec quelle expertise, l'Etat choisira et sélectionnera les meilleurs projets, technologies, activités à soutenir ?____________Une idée mal adaptée aux innovations d'aujourd'hui :Certes des grands programmes classiques restent dans certains cas utiles et efficaces.Mais pour beaucoup d'opportunités avancées de croissance et d'emplois futurs (environnement, santé, numérique…), il est très difficile de fixer aujourd'hui quels seront les produits, les technologies, ou les applications qui s'imposeront demain.Ces innovations sont de nature transversale, avec plusieurs secteurs très variés en jeu ; de nombreuses solutions techniques alternatives sont en concurrence ; l'expérimentation par les usagers jouera un rôle important dans la sélection des vainqueurs.La concentration de moyens sur une technologie avec un champion industriel et la garantie de futures commandes publiques ne peut garantir dans ce contexte le succès économique et commercial.Des clarifications semblent donc indispensables. Il est tout à fait légitime de soutenir ou de s'opposer à l'initiative d'un grand emprunt conduisant effectivement à un endettement accru. Cependant…Si l'on soutient le grand emprunt, il faudrait bien justifier les motivations (il y en a), la valeur ajoutée, le champ, l'organisation de l'implication de l'Etat dans un emprunt dédié à vocation économique. Cela impose sans doute un fil conducteur unique, évitant l'éparpillement et l'inventaire hétérogène de projets._Si on s'oppose au grand emprunt,l'orthodoxie des finances publiques ne peut seule tenir lieu de réponse. Le refus d'un emprunt supplémentaire en son nom exige logiquement d'expliquer quelles recettes alternatives on compte trouver (hausse des impôts, lesquels ? ) ou bien quelles dépenses publiques on entend réduire."

-L'emprunt Sarkozy : "Emprunter plus, pour dépenser plus ?
-L'emprunt Sarkozy - AgoraVox
-"Quels sont les objectifs d’un emprunt ? __Premier cas : l’Etat se trouve face à une inflation à deux chiffres comme c’était le cas depuis l’après-guerre, jusqu’aux années 80, considérée alors comme trop forte, difficile à assumer pour les entreprises qui veulent importer des matières premières, dont le pétrole. En effet, leurs cours était libellés en dollars dont la valeur restait stable par rapport au franc. Pour la France c’était le cas à la suite du plan Marshall qui a insufflé de grandes quantités de liquidités nécessaires à sa reconstruction. Or cette inflation était justement due à l’importance de ces liquidités. Inflation également défavorable aux prêteurs qui sont remboursés en « monnaie de singe », lesquels ont fini par avoir l’oreille des gouvernements, de droite comme de gauche. Il a fallu donc, pour y remédier, « pomper » les liquidités par un et même plusieurs emprunts. Les sommes d’argent sorties de la poche des prêteurs, banques et particuliers à qui l’on promettait de bons rendements, ont permis de limiter l’inflation, et surtout de la stabiliser. Nous ne sommes plus dans ce cas, d’autant qu’avec un Euro fort, l’importation de matières premières et du pétrole est facilitée. En revanche, l’entreprise peut délocaliser dans de bonnes conditions…__Deuxième cas : renflouer les caisses de l’Etat. En effet, si elles sont vides, comment payer toutes les charges de fonctionnement, les remboursements d’anciens emprunts, les services de la dette actuelle (les agios), comment continuer à investir et entretenir les infrastructures, bref tout ce qui figurait comme engagements dans les budgets précédents ? En somme, comme c’est le cas avec n’importe quelle entreprise, il faut combler ce qu’on appelle le déficit, dû à l’insuffisance des prélèvements par rapport aux dépenses. Ce qui revient à dire que le montant des impôts et taxes est insuffisant pour le financer. D’où la nécessité d’emprunter. Ce que l’Etat fait depuis pas mal d’années.__Le problème est que le service de la dette augmente systématiquement le déficit, ce qui nécessite d’emprunter à nouveau, et ainsi de suite. Jusqu’à quand ? Normalement il suffirait d’augmenter les impôts, pour rétablir la situation. Pas de chances, ils ont diminué : impôts sur le revenu, bouclier fiscal, et récemment baisse de la TVA sur la restauration, et enfin la suppression de la taxe professionnelle.__On se demande, pourquoi l’Etat fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait dans le contexte actuel de la crise, c’est-à-dire insuffler des liquidités dans le circuit de la consommation pour relancer la machine économique ? Seule explication à laquelle il est pourtant difficile de souscrire : il s’agirait d’aider les banques et autres prêteurs à placer leur argent de façon sûre, sachant que le pouvoir d’achat de la population, toujours en berne, ne le permettrait pas sans risquer de renouveler la crise des subprimes. Le justifier ainsi serait une façon d’avouer qu’on préfère aider les banques que la population, ce qui est impensable…Ou encore emprunter actuellement à moyen terme, en profitant des bas taux en vigeur, - tablant sur le fait que ce taux augmenterait forcément -, pour rendre cette opération moins onéreuse qu’elle le deviendrait.Quant à l’ancienne méthode qui consistait à diminuer le poids de la dette en faisant marcher la planche à billets, c’est devenu impossible à cause de la BCE qui bloque toute velléité dans ce sens, en décrétant des taux directeurs dissuasifs.__Quant aux projets d’investissements dans tel ou tel secteur, ils valent ce que valent les promesses précédentes de qui vous savez, sachant que les recettes fiscales, sont réputées neutralisées dans le pot commun budgétaire, quelles qu’en soient les origines. La règle est qu’aucune destination future n’est programmable. De toute façon investir ne produit des effets qu’à moyen et long terme, alors que nous sommes dans l’urgence. Enfumage ?Pour rompre le cercle infernal d’emprunter de plus en plus, d’augmenter à nouveau les impôts, l’Etat devra recommencer à augmenter les impôts, en se déchargeant de plus en plus de cette tâche nationale depuis le début de la décentralisation, sur les localités, mais fatalement plus d’impôts plus tard. Malgré ce qui a été promis par qui vous savez. __Toujours l’enfumage ?La colère des Français n’aura plus qu’à se retourner contre elles. Les régions peu peuplées seront défavorisées et ne pourront plus investir. Les plus riches, comme la région parisienne et la côte d’azur, deviendront encore plus riches car elles seront les plus attrayantes. Les inégalités, vont là aussi se creuser. L’équation, moins d’impôts compensés par des économies, ne fonctionne pas malgré les suppressions de postes bâclées dans la fonction publique, l’Education nationale, les hôpitaux publics. Et si au lieu de ce « plus d’impôts » qui retombera fatalement sur la population, on taxait les entreprises ultra-bénéficiaires, banques et multinationales ? Sachant que depuis les années 80, tout a été fait en faveur des entreprises et des banques, on peut toujours rêver__.Louis Peretz (www.voixcitoyennes.fr)
-L'emprunt : impréparation et confusion

vendredi 20 novembre 2009

Copenhague 2009: quels enjeux?


Un tournant ou du surplace?

Risques d'échec

-"...Une fois encore, ceux qui sont à l’origine des problèmes nous expliquent qu’ils ont des solutions : le marché d’émission de gaz carbonique, le soit disant "charbon propre", l’énergie nucléaire, les agro-fuels, et même un "new deal" vert. Mais ce sont des fausses solutions, des illusions néolibérales. Il nous faut aller au-delà de ces illusions. Les solutions réelles au changement climatique sont en train de ses construire avec ceux qui ont toujours protégé la terre et ceux qui se battent tous les jours pour défendre l’environnement et leurs conditions de vie. Nous devons aujourd’hui globaliser ces solutions. Pour nous, les luttes pour la justice climatique et la justice sociale sont la même chose. C’est la lutte pour l’accès à la terre, la défense des forets, l’accès à l’eau, la réforme agraire et urbaine, la souveraineté alimentaire et énergétique, la lutte pour le droit des femmes et le droit des travailleurs. C’est le combat pour l’égalité et la justice pour les populations indigènes, pour les peuples du "Sud global", pour la répartition des richesses et la reconnaissance de la dette écologique historique que doivent les pays du Nord. Contre les intérêts désincarnés et dominés par la logique du marché des élites et contre le modèle dominant de développement basé sur le consumérisme et la croissance sans fin, le mouvement pour la justice climatique revendique la défense des "biens communs" et met les questions sociales et économiques au cœur de notre combat contre le changement de climat..." (Appel de Belem)
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Copenhague : ultime rappel des scientifiques avant le sommet

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Conjuguer l'urgence climatique et la justice sociale :

"Le développement d’une crise écologique globale, affectant l’avenir des habitants de la planète, est devenu une évidence. Son ampleur a été démontrée par les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui a précisé la réalité du réchauf-ement climatique global et en a identifié la cause principale : l’augmentation de la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre, en premier lieu le dioxyde de carbone (CO2) issu principalement de l’utilisation des combustibles fossiles, qui explose depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais la dégradation de l’environ-nement se manifeste également par la déforestation, la désertification, l’épuisement et la pollution des sols, de l’air et de l’eau, et les atteintes sans précédent au fonctionnement des écosystèmes et à la biodiversité. Les milieux naturels qui ont permis à l’humanité de se développer pendant des millénaires posent désormais des problèmes colossaux : sécheresses, famines, maladies, migrations de populations, guerres pour les ressources, à une échelle que l’humanité n’a jamais eu à affronter à ce jour, et qui peuvent remettre en cause, à terme, sa pérennité.La crise climatique révèle la profondeur de la crise écologique globale et l’accélère. Elle apparaît aujourd’hui comme la condensation des limites et contradictions d’un modèle d’organisation des sociétés écologiquement non viable et socialement injuste et destructeur. La mondialisation et l’extension du capitalisme à l’échelle planétaire ont considérablement accéléré un processus à l’œuvre depuis près de deux siècles. Les menaces induites remettent en cause la possibilité de vivre dans des sociétés construites sur des valeurs de liberté, de solidarité, de justice sociale et de démocratie.__________Face à de tels enjeux, nous aimerions avoir le temps. Mais le changement climatique ne donne plus aucun répit, car le GIEC indique très clairement que, si l’on ne veut pas dépasser la limite que l’Union européenne a fixée pour 2100 (augmentation maximale de la température terrestre de 2°C par rapport à la période pré-industrielle), le monde devra d’ici 2050 réduire ses émissions de 90 % [1]. Il faudra pour cela « que la courbe de nos émissions commence à décroître en 2015, explique Jean-Paul Céron, membre du groupe de travail II du GIEC. Puis il faudra baisser de 6 % par an. Les progrès technologiques ne pourront pas suffire à atteindre cet objectif. Il va falloir un changement des modes de vie. Si on ne fait rien, on va inévitablement en payer les conséquences ». Elles seraient lourdes. Le GIEC avertit les États qu’« un changement climatique non atténué conduirait vraisemblablement, à long terme, à dépasser les capacités d’adaptation des systèmes naturels, gérés et humains. » et que « les dernières observations confirment que le pire des scénarios est en train de se réaliser ».Lutter réellement contre le réchauffement climatique oblige donc à des remises en cause radicales et, de plus, rapides, comme le soulignait le rapport du PNUD 2007-2008, affirmant qu’« un des enseignements les plus clairs du changement climatique est que le modèle économique des pays riches (poussant à la croissance et à la consommation) (...), est écologiquement insoutenable ». Mais, bien que certaines ONG écologistes aient porté cette exigence lors de sa négociation, le protocole de Kyoto, visant à réduire modestement les émissions de gaz à effet de serre, n’est entré en vigueur qu’en 2005. Et, après de nombreuses péripéties – en particulier le refus des États-Unis de se soumettre à des objectifs chiffrés –, il n’évoque à aucun moment la nécessité de transformations profondes du modèle de développement dominant pour atteindre ces objectifs. Et malgré l’échec désormais patent du modèle néolibéral, la croyance en une croissance matérielle infinie, assortie du dogme du libre-échange absolu et de la capacité du marché à réguler les sociétés et le climat, demeure.Si elle n’est pas le seul lieu où se jouera en réalité l’avenir du réchauffement climatique, la conférence de Copenhague en décembre 2009, appelée à mettre en place l’accord qui fera suite au protocole de Kyoto sur la période 2013-2020, sera l’un des éléments déterminant pour l’avenir de notre planète, en conditionnant en partie les choix des sociétés. L’enjeu climatique obligera également à revoir les formes de la coopération internationale Nord-Sud, les modalités de répartition de la richesse, la justice sociale, et la gestion des biens publics et des biens communs. Sur tous ces points, les décisions de Copenhague auront un impact..."

-L'ultimatum climatique:
-Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique
- Copenhague 2009 : réunion stratégique et réussite obligatoire !
-Copenhague 2009
-Réchauffement climatique
-Controverses sur le réchauffement climatique
-_______________________________
-Avenir énergétique problèmatique
-Climat : controverses
-Prophétisme écologique?
-Ecologie et société de coopération
-Pour un "localisme" ouvert
-Développement durable ou décroissance soutenable ?

jeudi 19 novembre 2009

Banques et banquiers (suite)


Du nouveau? Non...

Rien n'a changé

-"Les banques peuvent dormir tranquilles: le gouvernement est prêt à continuer à leur accorder une garantie illimitée sans contrepartie" (M.O)

-Un Prix Nobel critique les banques américaines : "« Nous n'avons rien fait de significatif jusqu'à présent et les banques repoussent les actions..."( M. Stiglitz)
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-Eric Laurent explore la face cachée des banques - AgoraVox:
"Ce livre nous emmène dans les coulisses des établissements financiers et nous brosse le portraits des maîtres de l’Amérique, une poignée d’hommes déterminés qui traversent le temps au rythme des crises et des élections et dans les mains desquels mangent les politiques -et notamment les démocrates - avec une aisance déconcertante.
Ce n’est pas un livre sur la crise, mais sur les banques qui ont traité la crise. « Chaque fois qu’il y a une crise, souligne Eric Laurent que j’interviewe ci-dessous pour Les RDV de l’Agora, des livres qui éclosent et l’on se demande pourquoi la plupart des auteurs n’ont pas publié ces ouvrages avant la crise pour l’annoncer puisqu’ils ont des jugements tellement lucides et péremptoires a posteriori ».
Nous avions interviewé il y a quelques mois Jean Montaldo pour sa Lettre ouverte aux bandits de la finance. La face cachée des banques est lui aussi un outil indispensable pour comprendre les mécanismes financiers.
Cette enquête a demandé huit mois de travail à Eric Laurent. Huit mois à rencontrer des financiers et hommes politiques qui souvent, lorsqu’ils veulent bien répondre, exigent l’anonymat le plus complet. Face à ce livre sorti à la fin du mois d’octobre, la presse reste « inerte et passive », selon les propres mots d’Eric Laurent. Il y a plusieurs raisons à cela, m’explique l’auteur que j’interviewe ci-dessous : « D’abord parce que c’est un sujet compliqué à traiter pour les journalistes. Ces derniers fonctionnent dans l’immédiateté absolue, donc on leur a vendu l’idée que la crise était en voie de Résorption, donc il y a moins d’exigence ou d’obligation d’en parler.
Et puis je crois que pour beaucoup de journalistes aujourd’hui il y a une totale inculture qui fait que c’est un sujet trop barbare. Enfin il y a une une quatrième raison aujourd’hui c’est que l’information circule de plus en plus mal ».
Les banques ont pourtant provoqué une crise d’une ampleur considérable, comparable au
séisme de 1929. Les citoyens du monde entier en payent encore chaque jour les conséquences. La crise de 2008 a commencé sous l’ère Clinton, lorsque ce président supprime d’un trait de plume le Glass Steagall Act, disposition prise sous le gouvernement Roosevelt et destinée notamment à séparer pour les banques les activités de dépôt et de d’investissement.
Aujourd’hui, de rares économistes, comme Frédéric Lordon, demandent qu’on instaure à nouveau cet outil indispensable de régulation.
Depuis, l’influence de la finance sur l’administration américaine est allée grandissante. Le point culminant étant atteint lors de la dernière année du mandat de Georges Bush pendant laquelle la maîtrise de la Maison blanche lui appartenait moins qu’à un certain Henry Paulson...(O.Bailly)

-La loi de Wall Street:__________"Ignorant avec superbe l'ampleur des difficultés dans lesquelles le monde est plongé, Wall Street et la City de Londres renouent avec la fête et les pires habitudes. Et, pratiquement comme toujours, Goldman Sachs donne le ton. Depuis de longues années, les dirigeants de cette banque symbolisent les liens fusionnels existant entre l'univers de la finance et l'exécutif américain. L'un des prédécesseurs de [Henry] Paulson [NDLR : secrétaire d'Etat au Trésor de Georges W. Bush, l'équivalent du ministre des Finances] à la tête de cette firme, Robert Rubin, fut le très influent ministre des Finances de Bill Clinton. [...](OB)___l'interview d'Eric Laurent-:
"En janvier 2009, au moment de quitter la scène politique, Paulson pouvait se montrer rassuré : l'influence de Wall Street demeurait intacte au sein de la nouvelle administration et les hommes choisis par Barack Obama pour l'épauler dans les domaines économique et financier étaient les symboles de la continuité : Tim Geithner, ancien patron de la Fed de New York, associé à Paulson dans la gestion de la crise, et Lawrence Summers, ancien ministre des Finances de Bill Clinton, consultant chez Goldman Sachs, qui dirigeait jusqu'à l'élection présidentielle de novembre le puissant fonds spéculatif Shaw. [...] Il sera nommé par Barack Obama au poste clef de chef du Conseil économique de la Maison-Blanche. Summers possède une longue habitude des allées du pouvoir. Grâce à lui, l'amendement Glass-Steagall qui encadre les banques a disparu du paysage politique. C'est un homme de petite taille, au physique enveloppé et au regard glacial, réputé pour ses colères et son ton méprisant. [...] Il était l'ami de Paulson, qui lui avait demandé de siéger également comme conseiller à la direction de Goldman, et [...] Tim Geithner avait travaillé sous ses ordres durant les années Clinton. Summers est un véritable apôtre de la dérégulation et un défenseur des causes ultralibérales. Barack Obama hérite d'une crise si grave qu'elle exige des hommes qui en connaissent chaque rouage. Summers est un des rares à remplir ces conditions, même s'il fait penser à un pyromane brusquement reconverti en pompier. [...]
Le plan Geithner prévoyait de débloquer jusqu'à 1 000 milliards de dollars pour racheter les actifs toxiques détenus par les établissements financiers. Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, en démonta avec une précision toute chirurgicale les mécanismes et démontra qu'il s'agissait d'un marché de dupes. "[Le plan] est bien pire que la nationalisation. C'est un ersatz du capitalisme, la privatisation des bénéfices et l'étatisation des pertes. C'est un partenariat dans lequel l'une des parties vole l'autre [...]. Alors, quels sont les avantages d'un plan comme celui-ci ? Sans doute est-ce le genre de dispositif qu'adore Wall Street : astucieux, complexe, opaque, autorisant d'énormes transferts de richesses vers les marchés financiers......"

-Faut-il brûler les banquiers ? - AgoraVox
- Où sont cachés les secrets de la finance ?
-La régulation financière joue l'arlésienne - AgoraVox
-Nouvelles subprimes: on efface tout, et on recommence!
-The Money Masters
-Ecureuil: les alertes de la Commission bancaire que personne n'a voulu entendre :"... les Caisses d'épargne, comme nous l'avons vu au cours de notre épisode précédent, ont perdu 751 millions d'euros en octobre 2008 non pas du fait d'un malencontreux « incident de marché » mais du fait d'une cascade de dysfonctionnements ? Le plus étrange dans notre histoire, c'est que le gendarme a précisément fait son office. Il a sifflé les infractions à chaque fois qu'il a vu la banque en commettre. Mais cela s'est passé comme cela se passe si souvent en France – à la différence du système américain – de manière discrète, sans qu'il en soit fait la moindre publicité.Cette histoire des relations entre les Caisses d'épargne et la Commission bancaire, à la fois secrètes et tumultueuses, nous avons essayé de la reconstituer. Pour chercher à comprendre ce paradoxe : pourquoi cette perte des 751 millions d'euros est-elle survenue précisément dans l'une des banques les plus contrôlées en France, placée presque continûment sous surveillance depuis plusieurs années ? Lourde question qu'il est évidemment important de cerner pour essayer de comprendre certaines des caractéristiques françaises de la crise financière..."
-Etats-Unis : pourquoi les banquiers se font casser partout
-Comment Dexia et les autres ont intoxiqué les collectivités locales
-AIG : l’assureur qui n’assurait pas
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- Banques: hold-up sur l'Europe
- Banques choyées

mercredi 18 novembre 2009

La Palestine maintenant?          

Forcer le destin ?

Des Israëliens lancent un défi- irréaliste?-

...Pour sortir des
atermoiements, des ambiguïtés , des blocages et des refus

[La remise en question du processus de paix israélo-palestinien est sans précédent]- Obama consterné-

_______________Abbas: électrochoc
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Mahmoud Abbas doit proclamer unilatéralement l’Etat Palestinien::
"C’est précisément maintenant que le président palestinien Mahmoud Abbas ne doit pas perdre espoir, et ce non pas en raison des déclarations vides et doucereuses de Shimon Peres au sujet de l’espoir venant de Ramallah, lors d’une manifestation ce dimanche.Abbas avait raison lorsqu’ il a décidé d’annoncer qu’il allait bientôt démissionner : Il est impossible de mener des négociations « sans conditions préalables », tant que la colonisation se poursuit. Pendant 42 ans, Israël a égrené les conditions préalables et les « faits accomplis », sous la forme de toits de tuiles rouges, réduisant le processus de paix à rien d’autre qu’un processus sans fin.Mais avant qu’Abou Mazen ne quitte ses fonctions, il lui reste encore une mission à accomplir : il doit déclarer unilatéralement la création d’un Etat palestinien indépendant. La Palestine maintenant.Les deux parties ont le droit d’agir unilatéralement. Abbas le doit à son peuple, à lui-même, et à nous. Cette semaine, la presse a indiqué que le Premier ministre Benjamin Netanyahu considérait cette éventualité comme très effrayante, et qu’il espérait que les Américains la tuent dans l’œuf. Mais son cauchemar est notre seule chance de mettre fin à l’occupation de notre vivant.En déclarant l’indépendance, M. Abbas devrait s’adresser aux Juifs vivant dans l’État de Palestine, afin qu’ils préservent la paix et prennent leur part dans la construction du nouveau pays en tant que citoyens à part entière et égaux, jouissant d’une représentation équitable dans toutes ses institutions. David Ben-Gourion n’aurait pas été fâché par un tel acte de plagiat de sa propre Déclaration d’indépendance.Ainsi, Abbas deviendrait le Ben-Gourion palestinien. La situation n’était pas moins inextricable et les circonstances n’étaient pas plus assurées lorsque Ben-Gourion a proclamé son indépendance en 1948. Mais notre père fondateur a pris ce risque, et nous sommes heureux qu’il l’ait fait.Le risque pris par Abbas serait bien moindre. Sur les 192 Etats membres des Nations Unies, plus de 150 reconnaîtraient une Palestine libre, et elle deviendrait rapidement le 193ème Etat de l’organisation. Bien que la position américaine reste une inconnue, il est difficile de croire que Barack Obama serait d’accord pour laisser l’Amérique s’isoler, maintenant qu’elle a commencé à nouveau à faire partie du concert des nations.Et que pourrait faire Netanyahu ? Envahir et reconquérir la Cisjordanie ? Restaurer le gouvernement militaire dans la Muqata à Ramallah ?Et quels ordres donnerait à son armée Ehud Barak ? La Serbie n’a pas osé envahir le Kosovo après sa déclaration d’indépendance, et même la grande Russie ne s’est pas autorisée à se maintenir sur le territoire souverain de la Géorgie après la guerre.Immédiatement après la déclaration, les célébrations débuteront dans la capitale, Jérusalem-Est, et les gens de partout dans le monde viendront y participer, y compris les Israéliens. Les gens de la maison d’Ismaël festoieront joyeusement à travers les quartiers de la ville, surtout dans ces quartiers d’où ils ont été expulsés par des personnes avançant des prétextes religieux. Cela devra être une joie sans aucune manifestation de violence, sans une seule pierre lancée.Cette semaine, j’ai téléphoné à M. Abbas, pour la première fois depuis au moins quatre ans. Je lui ai dit tout ce que je vous écris aujourd’hui. Je lui ai également dit autre chose : ce qui est advenu au mur de Berlin il ya 20 ans, et à l’apartheid quelques mois plus tard, adviendra aussi à l’occupation : elle va s’effondrer, même si des tentatives dérisoires auront lieu pour la renforcer."
(Yossi Sarid est membre du parti Meretz. Il a siégé plusieurs fois à la Knesset depuis 1973. Il a été ministre de l’Environnement dans le gouvernement de coalition formé par Yitzhak Rabin en 1992 puis ministre de l’Éducation dans le gouvernement de coalition formé par Ehud Barak.)

-
Mahmoud Abbas refuse de négocier sans arrêt de la colonisation
-Mahmoud Abbas, l'espoir déchu
-Les Palestiniens demandent le soutien de l'ONU pour proclamer leur Etat
-Israel could annex more of West Bank
-Ban estime qu'Israël devrait mettre fin au blocus de Gaza
-Le puits sans fond : Du prolongement de la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie - AgoraVox
- Rapport Goldstone
Paroles d'Israël
Politique israëlienne: vers l'isolement
Etat palestinien compromis?
Israël: pacifisme en recul

mardi 17 novembre 2009

Faim au Sommet


Un sommet pour rien?

FAO:Une réunion symbolique où sont absents les pays riches

Malgré les belles déclarations... pas d'objectifs chiffrés

L'OMC en question
_____________La faim n'est pas une fatalité
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-"C'est plutôt sur la question, très délicate, de la coordination des institutions internationales que la réunion romaine pourrait se révéler utile. En clair, comment faire pour que les institutions internationales parlent à l'unisson face à la crise alimentaire ? Pour l'heure, entre la FAO, qui milite inlassablement pour la défense de l'agriculture familiale, et l'Organisation mondiale du commerce, qui ne jure que par la disparition des tarifs douaniers, c'est le grand écart. «Le plus efficace, face à la crise, serait d'autoriser les Etats du Sud à mettre des droits de douane sur les produits vivriers, comme l'Europe l'a fait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ce qui permettrait de fixer des prix sur le marché intérieur»( Bruno Parmentier). Sauf que l'OMC dit tout le contraire, et bloque toute avancée" (L.L.)

-Invité de France inter le 31/05/2008, Edgar Pisani, qui fut Ministre de l’agriculture de 1961 à 1966, proposait les pistes suivantes : déposséder l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de son monopole comme instance de règlement des problèmes commerciaux, lier de façon rigoureuse politique agricole et politique alimentaire, considérer que le problème de la faim est l’un des plus dangereux pour la sécurité mondiale, organiser le monde en zones les plus homogènes possibles ayant des règles internes correspondant à leur réalité et des règles externes d’échange prenant en compte l’équilibre du monde .L'urgence est là : selon la FAO, la « flambée des prix des denrées alimentaires provoque d’immenses souffrances et privations: elle peut avoir des effets dévastateurs sur les 800 millions d’êtres humains déjà victimes de sous-alimentation chronique. Déjà leur nombre se grossit de plusieurs autres millions de pauvres qui ne sont plus en mesure d’aujourd’hui de se procurer la nourriture dont leur famille a besoin pour mener une vie saine »
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-FAO: les chefs d'Etat se mettent à table, le monde a toujours faim | Mediapart:
"Un sommet mondial sur la «sécurité alimentaire» se tiendra à Rome, du 16 au 18 novembre, nouvel effort de la communauté internationale pour trouver des réponses au marasme alimentaire qui secoue la planète. A quelques semaines du très attendu sommet de Copenhague sur le climat, les chefs d'Etat ne devraient pourtant pas promouvoir des avancées majeures.________D'après l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), 1,02 milliard de personnes – une personne sur sept – souffre de la faim dans le monde. Avec deux régions particulièrement touchées : l'Afrique sub-saharienne et l'Asie du Sud. Ce nombre ne dépassait pas 800 millions de personnes il y a encore trois ans. «La nouveauté depuis 2007, c'est que les victimes habitent les villes», précise Marc Dufumier, agronome, spécialiste du développement, et auteur de Nourrir l'humanité (La Découverte, 2008)._______La flambée des cours agricoles de 2007-2008, qui avait provoqué des «émeutes de la faim» dans plusieurs capitales de pays en développement au printemps 2008, n'est plus d'actualité. A l'exception du sucre, les prix, certes très volatils, sont désormais orientés à la baisse sur le long terme, grâce, entre autres, à des perspectives d'améliorations des rendements et à de bonnes récoltes dans des pays exportateurs comme l'Australie et l'Ukraine. Mais ce sont désormais les effets de la crise économique qui se font sentir, et sapent les revenus des plus pauvres. Les Nations unies estiment à une centaine de millions le nombre de personnes qui n'auraient plus les moyens de se nourrir à cause de la crise.
Quant aux prévisions, elles sont vertigineuses. Pour nourrir les 9,1 milliards d'habitants de la planète à horizon 2050, il faudra augmenter d'ici là les volumes de production de 70%. D'après la grande majorité des agronomes réunis fin septembre à Rome, l'équation, pourtant, est tenable. Grâce, notamment, à l'ampleur des surfaces non cultivées (au moins trois milliards d'hectares, contre 1,5 milliard d'hectares cultivés). L'enjeu serait plutôt de savoir si cette production sera accessible aux pays du Sud, et surtout à quel prix.
____Au-delà de la flambée des cours et/ou de la crise économique, des raisons plus structurelles continuent d'expliquer les désordres alimentaires sur la planète. Parmi celles-ci :• La hausse structurelle des prix de l'énergie (qui se répercute presque mécaniquement sur les cours), • L'explosion démographique dans certains pays du Sud, • L'engouement pour les agrocarburants, • La
spéculation financière sur les cours dès qu'une récolte s'avère moins bonne que prévu, ou encore les modifications des régimes alimentaires dans les pays émergents (en mangeant plus de viande et moins de riz, «à l'occidental», les Chinois utilisent de plus en plus de terres pour l'élevage, et moins pour l'agriculture stricto sensu). Reste une grande inconnue : les effets du changement climatique sur l'agriculture.
___C'est la grande affaire des derniers mois sur le front agricole : des pays d'Asie et du monde arabe, assis sur des réserves de change confortables, achètent, ou louent pour 99 ans, d'immenses terrains cultivables, dans des pays pauvres, en Afrique, en Asie du Sud et en Amérique latine. Les Sud-Coréens à Madagascar, les Chinois aux Philippines, etc. A chaque fois, la production est exportée vers les pays propriétaires des terres en question, pour garantir leur souveraineté alimentaire.___La presse s'est emparée du phénomène et a lancé un débat sur ce que certains considèrent comme de nouvelles formes de néocolonialisme. L'ONG
Grain, qui a réalisé, en octobre 2008, le tout premier rapport de référence sur la question, tient à jour un site passionnant, mais vite anxiogène, de recension de tous les accords en discussion et déjà conclus d'achats de terres par des étrangers. Même le G-8, d'ordinaire assez lent pour réagir aux questions sensibles, s'est prononcé, en juillet, pour un «code de bonne conduite».[
Razzias sur terres cultivables]

Certains experts veulent toutefois relativiser l'importance de ces accords, très opaques, et dont beaucoup n'ont jamais réussi à dépasser le stade de l'annonce. Comme l'expliquait Jean-Michel Severino, patron de l'Agence française de développement (AFD), à Mediapart, «ces grands programmes d'acquisition foncière sont absolument irréalistes sur le plan technique comme sur le plan politique». Et de poursuivre : «J'observe d'ailleurs que les grandes annonces fracassantes des derniers mois ne se traduisent pas vraiment par des choses très concrètes
L'aide de Paris est très en deçà des promesses, (presque) comme d'habitude. D'après le budget français pour 2010, l'aide au développement, notamment en direction de l'agriculture au Sud, devrait s'établir à 0,44% du Produit intérieur brut (PIB) l'an prochain. Soit une stagnation (0,44% déjà en 2009). Paris s'était pourtant engagé à atteindre 0,51% en 2010, pour atteindre les désormais très hypothétiques 0,7% d'ici 2015, conformément aux objectifs du Millénaire des Nations unies. Raison avancée par l'exécutif pour justifier ce retard : la crise. Sauf que des pays européens parmi les plus touchés par le marasme économique, comme l'Espagne et la Grande-Bretagne, vont, eux, nettement augmenter leur effort en 2010, pour atteindre les 0,6%.___«La priorité donnée dans les discours à l'Afrique et à l'atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement est loin de se traduire dans la réalité», déplore Coordination Sud, plateforme des ONG françaises de solidarité internationale. En fait, la France est en train de rejoindre le rang des mauvais élèves de l'Europe, aux côtés de l'Italie. Ce qui ne devrait pas faciliter son travail diplomatique à Rome...
Côté promesses chiffrées, il ne devrait pas se passer grand-chose : les chefs d'Etat avaient déjà annoncé une enveloppe de 22 milliards de dollars sur trois ans (en fait quelque dix milliards véritablement «neufs»), à destination de l'agriculture au Sud, lors du G-8 élargi de L'Aquila, en Italie, en juillet. D'autant que le sommet de Copenhague sur le climat approche.
C'est plutôt sur la question, très délicate, de la coordination des institutions internationales que la réunion romaine pourrait se révéler utile. En clair, comment faire pour que les institutions internationales parlent à l'unisson face à la crise alimentaire ? Pour l'heure, entre la FAO, qui milite inlassablement pour la défense de l'agriculture familiale, et l'Organisation mondiale du commerce, qui ne jure que par la disparition des tarifs douaniers, c'est le grand écart. «Le plus efficace, face à la crise, serait d'autoriser les Etats du Sud à mettre des droits de douane sur les produits vivriers, comme l'Europe l'a fait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ce qui permettrait de fixer des prix sur le marché intérieur», plaide par exemple Bruno Parmentier. Sauf que l'OMC dit tout le contraire, et bloque toute avancée.__Les chefs d'Etat réunis à Rome devraient donc réactiver une vieille structure endormie, liée à la FAO, le «conseil de sécurité alimentaire», qui permettrait de réunir, autour de la table, plusieurs fois par an, ONG, Etats et institutions internationales, afin de mieux coordonner la lutte contre la faim. D'après les projets français, ce même Conseil, totalement archaïque sur le papier, serait apte pour désigner un comité d'experts, chargé de produire une expertise indépendante sur l'agriculture. Objectif rêvé : la formation d'une sorte de «GIEC» agricole, du nom du Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat, dont les travaux font désormais référence pour lutter contre le réchauffement climatique. Si ce volet scientifique, au point mort depuis juin 2008, avançait à Rome, il s'agirait sans aucun doute de la vraie bonne nouvelle du sommet
."(L.Lamant)


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